‹ Synonymes françaisChapitre 52 sur 218 · IN, DIS · texte numérisé non relu

IN, DIS

Infamant, diffamant Qui produit l'infamie ou ternit la repu?tation. Le premier a une plénitude de sens qui manque au second. In nie la réputation , la bonne renommée d'une manière absolue et positive; dis marque une séparation inachevée, en train de se faire, peint l'effort avec lequel on l'opère. Il n'est pas plus négatif et rigoureux que dé dans déraisonnable. Ce qui est infainant porte infamie, rend infâme, et c'est parce que ce mot marque un effet plus complet qu'il se dit des actes de justice, a Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune des autres plutôt que de perdre un bon mot méritent une peine infamante. » Labr. Ce qui est diffamant expose à perdre ou fait perdre peu-à-peu la réputation, fait descendre, ou plutôt tend , cherche à faire descendre du rang qu'on occupe dans l'opinion publique. « Ce qui est infamant est une tache honteuse dans la vie, fait perdre l'honneur et attire l'aversion des gens de probité. Ce qui est diffamant est un obstacle à la gloire , fait perdre l'estime et attire le mépris des honnêtes . gens. » GiB.

IN, mal.

Inhabile, malhabile. Qui manque d'habileté. Vinhabile en manque absolument, le malhabile n'en montre pas beaucoup dans ce qu'il fait. L'un est incapable; l'autre maladroit , gauche, simplement peut-être faute d'habitude. M nie; mal présente sous un mauvais jour, donne une idée défavorable. Vinhabile n'est pas né pour, n'est pas apte à; le malhabile s'acquitte mal, d'une manière peu distinguée , qui laisse beaucoup à désirer , d'une tâche, d'une certaine opération. Le premier de ces mots dit donc plus que le second. Etre inhabile dans un art , c'est être condamné à n'y jamais réussir; y être malhabile, c'est l'exercer d'une manière peu habile ; y avoir peu de succès. On dit plutôt inhabile en parlant des dispositions^ de l'aptitude, et malhabile en parlant de la conduite.

Digiti/ed

a Ua ministre malhabiie Tçut tonjours vous avertir que vqus êtes esclaves. Mais si cela était vrai^ il devrait chercher ^ le f^ire ignorer. » Mo^tesq.

Impropre^ malpropre. Qui n'eçt pas propre à, bon pour, convenable. Un terme impropre est déplacé là où U se trouve, il dénature le sens^ un terme mal propre cboque moins ; seulement^ il ne convient psis> il ne rend ps^s bien l'idée. Dans un autre sen$.on est imprç^e ^ ce pour quoi on n'est (t^s né, et malf^opre ^ cç qu'on fait sans beaucoup de succès. Le boeuf est improjyre à la guerre; quand il est trop jeune ou trop vieux, blessé, malade, il est malpropre au labour, ç'est-à-dire qu'il laboure mal, fauitç de forée. Les hommes sont de même impropres et 7nal propres à certaine^ choses. Un paysan grossier, sans instruction^ est impr(h pre aux affaires; un artiste, un poète y sont malpropres. Dans le iHisanthrope, Oronte veut savoir d'Alceste si le sonnet qu'il a fait est. bon. « Monsieur, répond Alceste, je s\Ai.mal propre à décider la chose. Veuillez m'en dispenser (i).. » v, L'homme, attentif \ la vérité , a connu ce qui était propre ou mal propre à ses desseins. » Boss, Montaigne dit d'une manière absolue que, ce impropre à faire bien et à faire mal, il ne cherche qu'à passer ; » el, d'une manière relative, que « les bossus sont malpropres ^i|x exercices du corps. »

Indisposé, mal disposé. D2iïïs une mauvaise disposition de corps ou d'esprit. Pour être indispçsé, il faut étre.ms^lade ; il suffit de ne pas se sentir bien, de flotter entre la santé et la maladie, pour être mal disposé. D'autre part, on est indisposé contre quelqu'un^ et m,al disposé pour quelqu'un ; on est fâché, aigri contre celui-là, on ne fera rien pour lui ; on n'est pas porté à écouter celui-ci, cependant on peut encore faire pour lui quelque chose. On est indisposé contre l« personne dont on î| à se pl^indr*, et mai ditjmi iftvolontairemant à l'égard de celle danU'4ir>latourBttr« ne revtemieftt Pdi ou ne préviennent pas en (^ faveur.

Wj IL.

invisible, ilHêiklê. Qu'en ne mut lire. Jniisi&l^ est formé eontfe l'tnalogie. Devant l, in devient U: légal, illégal; leitré, ilt4iê$fd^; Hmiié, illimiié. On doit donc le supprimer ou y attacher une signl* ficatioB propre. Or, un écrit peut n'être pas lisible, soit parée que

(s) lu Théêtre Vrançaiton le p^rmel de corrif^ Motiè^e, et par uns fMÊê% délifiHifiM l'actiur mbsOtut /»«« pnepn à mal pnfra.

les caractères en sçnt mal formés oa indistincts, soit parce que le sens en est mauvais, insupportable. Pourquoi ne pas représenter ces deux Tues de Tesprit par deux termes différents ? Et inliiible, itvhgulier dans sa forme, produit de Tignorance, ne convient-il pas pour désigner un défaut grossier, apparent, qui nç demande pour être vu qu'une opération toute simple, savoir, le défaut d'être indéchiffrable? Tandis que illisible servirait à qualifier les écrits qu'on ne saurait lire, tant on y trouve à reprendre. Voltaire a dit dans V Histoire cff Russie : « Sa main ne forme que des caractères inKr sibles. » ce Pourquoi c*es hommes n'ont-ils écrit que ôUllisible^ ouvrages ? » Lahakps.

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