PRO, AD
Prolonger, allonger. Rendre plus long. Allonger^ ad long are y modifier la longueur en y ajoutant. Prolonger est le même mot, sauf la première syllabe pro, dû grec Troppw , en avant, au loin ; c'est faire aller au-delà, pousser en avant. Ces mots, quoique Pun se dise ordinairement des objets et l'autre du temps, sont synonymes et quand on les applique aux choses étendues et quand on les applique à la durée.
1° Allonger ne se dit que des objets qu'on rend plus longs. Prolonger est un mot abstrait qui ne se dit que d'une portion de l'étendue qu'on continue. On a//o/i^& et on ne ^o/on^^ pas une table, une robe , UQ fouet ; mais on prolonge la vue, une ligne , etc., parce que ce sont choses qu'on ne considère que par rapport à leur étendue. On allonge et on prolonge une galerie : dire qu'on V allonge, c'est appeler l'attention sur la galerie elle-même quidevientpluslongue; dire qu'on la prolonge, c'est appeler l'attention sur son étendue à laquelle on donne une suite. On a//o/i^«toutesles choses qui ne sont pas assez longues pour leur destination, et, par exemple, unegalerie qui ne peut contenir tous les tableaux qu'on veut y placer ; on ne doit se sevyir de prolonger que quand on ne considère dans la chose que son étendue; onprolonge une galerie, une allée, pour le coup-d'oeil, suivantle terrain dont on peut disposer. On allonge uneligne à pécher; onprolonge une ligne mathématique. Quand on dit^ la moelle épinière est un allongement de la matière cérébrale, on présente la matière cérébrale comme se dilatan t, s'étendant à travers les anneaux de la colonne vertébrale; et, quand on dit, la queue, dans les animaux, est un prolofigementàe l'épine dorsale, on montre la queue comme faisant suite à quelque chose d'étendu, comme étant une dépendance, une continuation, un appendice de l'épine dorsale.— -Pro/on^erne peut être employé qu'en parlant d'une chose qui a déjà une longueur assez considérable, soit absohiment, soit par rapport à sa largeur, au lieu que allonger se dit bien d'une chose très peu longue, comme une table, une rol)e, etc. Onprolonge une iavenue, un chemin, une perspective , etc.
2° Quand il s'agit de la durée. On allonge un procès ou une affaire par des chicanes , par des formalités inutiles, en faisant naître des incidents dans le sujet même , en donnant ou faisant donner beaucoup de temps à chaque partie. Pour qu'une affaire ou un procès soiiprolofigé , il suffît qu'il s'écoule plus de temps qu'il ne faut depuis son commencement jusqu'à sa conclusion, que sa durée soit augmentée , et cela peut avoir lieu en vertu de causes tout-à-fait étrangères à l'affaire et au procès , comme négligence , délais, re-
tards. On allonge \t travail en s'occupant de petits détails qu'on pourrait omettre; on le prolonge quand on ne le finit pas assez tôt (1).
Protester, attester. De testis , témoin. Témoigner, déclarer. Protester^ témoigner devant , en avant, c'est faire connaître hautement, ouvertement, publiquement, à la face du ciel, ne pas craindre d'avancer, de mettre au jour ou de jwoduire, de /professer , de jwpclamer. Il se dit surtout en parlant de ce qu'on fait connaître en le tirant de soi en quelque sorte, c'est-à-dire en parlant des sentiments où l'on est. « Vos adversaires /?ro^«#/en^ par leurs discoui*s , par leurs livres, et par tout ce qu'ils peuvent produire pour témoigner leurs sentiments , qu'ils condamnent cette hérésie de tout leur cœur. » Pasc. « Les Calvinistes n'en sont pas plus catholiques pour protester qu'ils ne suivent que la parole de Dieu. » P.-R. a Je proteste que j'ai beaucoup de respect pour quelques ouvrages de Tertnllien. » Mall. « Les philosophes protestent et prétendent même d'enseigner la doctrine d'Aristote. » Id, ^^«#^^r, témoignera, c'est faire connaître simplement, sans l'insistance qui caractérise la jyrotestation. Ensuite, on atteste^ non pas d'ordinaire ce qu'on tire de soi, ses sentiments, mais ce qu'on apprend à quelqu'un, ce qu'on porte à sa connaissance, c'est-à-dire un fait passé. La protesta- , tion est d'un homme qui veut être cru ','Vnttestation est la déclaration d'un homme d'une autorité plus ou moins grande, qui dit ce qnll a fait , vu ou entendu.