CHAPITRE IV
SYjrOSTMlS î>Uê aOMS GOIXBGTIFS AU fiIir617IJB& AVBG D8S VOUS . ORDUTAiaBS AU PLUAIBL.
Chevelure fcheçjeua. Cnniêre^ etins, Peuitîage ^ feuilles. Branchage ^ bran-' ehes. Plumage ^ plumes. Mobilier ^ meubles. Vitrage , litres, Armure ^ «r* mes, Ëutourage, entours. Bétail^ bestiaux. Campagne ^ cfiamps. Huma* nité, hommes.
Ils expriment» les unsL et les autres» une réunion de choses. Mais d'abord les noms cdlectifs sont plus généraux; ils comprenriènt idwolument et complètement toute une classe de choses ; au lieu que les noms au pluriel s'entendent souvent dans un sens partitif et ineomplet. Les ehweuaf et les feuiUêê ne sont soutent qu'une portion
lao TKAJTÉ
de la chevelure y et du feidlla^e, au lien d'en être la totalité. Vkur manité ne meurt pas, quoique les hommes meurent. Des ha* rengères qui se battent s'arrachent les cheveux et non la chevelure. Et non seulement le nom collectif s'étend à la totalité des choses, mais encore il faut que les choses qu'il exprime soient nombreàses. Une rose a des feuilles et non un feuillage. Une chevelure est une réunion de cheveux longs et bien fournis ; on n'appelle de ce nom ni les cheveux courts du nègre, ni les cheveux du Yieiliard à demi chauve. D'un autre cAté, une conséquence de ce premier ea-. ractère distinctif, c'est qu'il faut se servir seulement du nom au pluriel toutes les fois qu'on veut exprimer Ame réunion de choses sur lesquelles une action est produite par parties et successivement. Un arbre perd ses feuilles, ou ses feuilles tombent plutôt que son feuillage. On coupe les cheveux ou les branches plutôt qne la chevelure ou le branchage. L'expression, vendre le mobilier, désigne comme unique et indivisible l'effet marqué par le verbe, et vendre les meubles le représente comme appliqué en détail à telles et telles choses particulières.
Une différence plus considérahle consiste en ce que le nom collectif n'a rapport qu'à Tensemble, et le nom pluriel aux individus qui font partie de l'ensemble. La ehevelurey la campagne, etc., deviennent un être simple, un nouvel individu dans lequel les éléments se dérobent à la vue. L'un fait considérer le tout et les qualités qui en résultent d'une manière synthétique et complète; l'autre les présente d'un point de vue analytique et dans le tout fait songer aux individus pris un à un. La beauté de la chevelure, de la crinière^ du feuillage, du branchage, du plumage, de Varmure, de la campagne, etc., est la beauté qui résulte de l'assemblage des cheveux, dès crins, des feuilles, etc., objets qui individuellement peuvent bien n'être pas beaux; tandis que la beauté des cheveux, des crins, des feuilles, etc., est la beauté même qui se retrouve dans chaque cheveu, dans chaque crin, dans chaque feuille, etc. De là vient que le nom collectif est plutôt poétique et pittoresque, et le nom pluriel plutôt scientifique et abstrait. Les épithèles qu'on joint au premier sont générales, vagues, et n'expriment que des qualités apparentes qu'on aperçoit au premier regard ; celles qu'on ajoute au second déterminent les propriétés précises, la nature de chacun des individus de la classe. Le mot feuillage, par exemple, ne rappelle pas les idées de la forme, de la couleur, de la grandeur des feuilles.
On dit le murmure du feuillage, et non des feuilles, parce que
\fAfmUleê ne oiari&urent qu'ensemble. On se met à i'ombre sous \e feuillage, et non sous les feûUles : c'est l'ombre de l'ensemble qae l'on recherche plutôt que celle de chaque feuille en particulier.
Nous croyons que les distinctions précédentes s'appliquent exactement à tous les synonymes de celte classe. Il en est toutefois auxpels la règle parait ne pas convenir aussi immédiatement.
i. Bétail, beêHauaf. Bétail se dit du genre : gros béiail, menu héiail. Bestiaux se dit des individus dans le genre : les bestiaux mangent plus l'été que Thiver. On dira bien : tout son bétail périt dans l'incendie, piirce que là, la mort des animaux est simultanée et arme en un seul coup ; mais il vaut mieux employer le mot bestiaux dans la phrase suivante : la maladie, la peste a fait périr les bestiaux, parce qu'ici l'action est successive.
2, Entourage, entours, U Entourage est plus compréhensif; il s'entend de toutes les personnes avec qui l'on est en relation, de près ou de loin ; les entours sont plus intimes, et le mot ne se dit guère que des parents ou des amis avec qui l'on vit familièrement. Entourage, d'ailleurs, signifie plutôt l'ensemble des entours, et les entours s'emploient plutôt quand il faut qualifier les individus qui entourent. Vous avez un bel entourage ! ne vous laissez pas influencer par vos entours,
8. Campagne, champs. Bouhours et Beauzée ont déjà marqué la différence qui existe entre ces deux mots dans les expressions^ maison de campagne et maison des champs, Bouhours dit simplement que la première expression est plus noble que la seconde. Cela doit être, puisque, suivant la règle, le nom collectif est plus pittoresque et plus poétique. Beauzée sgoute qu'une maisoîi de campagne est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues deUbertè, d'indépendance et de plaisir qui en ont suggéré l'acquisition, comme, avenues, remise, jardins, parterre, bosquets^ parc même, etc. ; au lieu qu'une maison des champs est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues économiques qui l'ont fait construire ou acheter, comme un verger, un potager, une bassecour, des écuries pour toute sorte de bétail, un vivier, etc. Il n'y a là rien que de conforme aux distinctions ci-dessus établies. La campagne doit donner l'idée de quelque chose de très grand, de très étendu, où l'on se meut librement, et aussi de quelque chose de gracieux et de poétique, où l'on goûte surtout les plaisirs de la vue. Mais les champs doivent réveiller les idées des qualités phy- ^uês propres à chaque champ, lesquelles sont d'étrç qi^ltivé et de
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porter dM frttiu d^nne cêflaiM e^^ et efi plts oa «oiai «rindt «bondanee.
4« BumanUé, homm^. Vhwn<mUé ne seprtiid jmabycomne Iti hommes f dans un sens partitif, relatif, successif ou incomplet. VhumanUé ne meurt pas, quoique les hommes meurent. LVtttfmaniié comprend tous les indiridus du genre, mâles et fènelles ; lee homm£ê se prennent quelquefois par opposition aux femmes. Ga qn'oo dit de l'humanité s'applique à l'ensemble des hommes, mais non pas toujours à chaque homme en particulier ; ce qu'on dit de* hommsê s'entend des individus de l'espèce. Le seul moyen de concilier la providence dime avec la liberté humaine, c'est d'admettre que Dieu règle d'avance les événements de Vhumaniié, sans prédéterminer pourtant les actions des hommes. Les hommos passent par trois âges, l'enfanœ, la virilité et la vieillesse.