CHAPITRE XV. PRÉ
Cette préfixe, formée de la préposition latine prœ, a quelque analogie 9vec la précédente pour le sens comtne pour la forme. £lle, ^ut se rçndre par, d'avance, auparavant, par devant^ dans la partie antérieure. Ep général, et à la différence de^ro^ elle est comparative, et plus relative au temps qu'à l'espace; elle marque pUitiJt l^r^caution que /protection, prévoyance que jorovidence.
Méditer, préméditer . Chercher avec réflexion les moyens d'exécuter une chose. Ces deux mots supposent, mais le second plus particulièrement, que c'est d'avance qu'on se livre à celle recherche. Méditer un discours, c'est appliquer sa pensée à trouver ce qu'on doit dire. Onprémédite un discours^ quand on craint de ne pouvoir l'improviser et de rester court au moment de parler. Dans f Amphitryon de MolièrCj; Sosie dit : « II me faudrait pourl'ambasçaçle quelque discours prémédité. » On médite un projet quelconqpe, çt ce mot ne signifie guères autre chose sinon le fait de concevoir l'idée de ce prcjet et d'en cKîcuper sop esprit^ on prémédite celui qui demande qu'en fosse naître eu qu'on saisisse plus on
DÉS SYNONYMES ORAMAlàTICAUX. 9$l
meins kmgliiDpt à Pavaneelos oircoRSUmctsfaforiblcg^qv^ileiir égatfé on M UeBiie prêt eu sur ses gapd«s. Od esl teojoore coupable de méditm' un crime; mais plus coupable encore de leprémédiier, car cela prouve qu^on l'envisage et qu'on s'y prépare de sang froid plus 00 moins longtemps auparavant ^ et c'est une eirconstanee aggravante que cette plus grande participation de la volonté, tt Quand on demandait à César quelle mort il trouvait la plus souhaitable/ la moins préméditée, répondit-il, et la plus courte.» MoKVAia. La différence est la même entre les deux expressions se nrnniv et se prémunir, qui veulent dire, se fortifier, prendre des mesures, se pourvoir de choses nécessaires à la défense. On se mMuit dans le péril de BMiiière qu'on est en sàreté.« Dans les maux violents^ la nature se recueille tout entière, le cœqr se mtmii^t toute sa constance.» FLiOB* On se prémunit avant le danger, par précaution, de manière à n'être pas surpris quand le mal arrivera, s'il doitarrivet. Au oeeur de l'hiver, le voyageur se fmmii d'un manteau ) en toute autre saison, il w^prémunii d'un manteau, de peur que le temps ne devienne froid. On se munt^ contre ) on se prémunit d'avance.