CHAPITRE IV. URE
Les substantifs en ure sont h hase verbale : les uns se formeqt de l'impératif français, comme tournure, tissure-^ les autres dju supin latin^ comme signature de signatum, texture de textum. A la différence de leurs synonymes sans terminaisons signifioatives et la plupart à base nominale, ils marquent donc un rapport à nne action. C'est en quoi ils ressemblent aux substantifs en ion et en ment. Mais ib ne sont pas relatifs, comme (;e$ derniers, à l'action elle-même ; ils se rapportent au résultat, et c'est pourquoi Butet les appelle des résultatifs. Ainsi, tandis que les noms à terminaisons indifférentes signifient la chose d'une manière absolue et en elle-même ^ les noms en ure la montrent cpmme étan( l'effet, le produit, le résultat d'une isuction marquée par Je verbe radical, et' comme ayante par suite de ceU« action» des qualités ei^trinsèques f^ indépendantes de sa nauire, une forme, une manière d'être» une disposition, un arrangement, une façon, survenus en elle et y ayant été mis pai* un agent m un ouvriiV. Le devant d'nne mai^ son est une expression qui signifie d'une manière abstraite la partie antérieure de la maison ; et La devanture .est un terwe d'art qni représente tous les ouvrages de menuiserie, de serrurerie, etc., qui je trouvent dans eetu partie. « La t^minaison ur^, di^ Bouhand >
DES STNONTM^^S GRAMMATICAUX. ^
4é^^ JÛ biAA m résultat , i^ii'elle ser^ mirm à esq^rimer pp eiir semble , UQ tout fiprfiié de la réunion, de l'assemblage de plusieurs choses du même genre. Ainsi, la moeurs est reu^emble des Vfki/Ui, la ferrmr^ I4 totalité du fer employé dans un ouvr^^^ \9iparuf^ Tensembie des ornements qui servent à parer > la figuré Vexir ^semble et le résultat des traits du visage^ ^ De même I4 toiture m tout ce qui sert à couvrir une maison, et le toif n'en est qa'up^ jpartie, celle qui e&t exposée k l'air et h Teau.
t. ^r^i^i armure, instrument pour se déCçpdre. 4*^^ eKpriqa^ la chose «n elie^^mey ind^pdamment d'un trayait subi anté^ fieuremeut; lequel ^t toujours r^ipp^lé par armure; dans ie d40^ ger, op se fait .une ^rn^, et non une armure j d'une pierre ou û'ufi hMm. Ejisuite , a l'âfVTiMri^^ 4U /ort bien Aoubaud, est l'ensemb)^ 4es 0rmeM d^un guerrier, »4îe sont ies arni^^ artist^mentag(sn<cées et fermapt ^si tout. 4^ynureest àono un nom collectif, et ii> guéM de rapport de synonymie areç arme, qii'autant que ce 4er*nier se preiul au pluriel A quoi il laut ajouter ^veo Girard qu'a^'^ mure s^ifie exclusivemapt le^ ar$fie8 défensives, parce ({m sap^ doute ce sont celles dans lesquelles se montre et l'on considère 44*- Tantage le trav^l, la fiaçpn, l'art et l'habileté de Varmurier, Ou f^ vétsoo Q/rmure^ et l'on prend &e& mmee^
X Tùiu^ tissure, {liaison de fils formant une étoffe. Le Hes^ est l'objet en lui^^néme, l'étoffe , ia toile , le tout formé par t'entre* lacement de différents fils , Touvrage /mt^, avec sa longueur , sa largeur et ses qualités intrinsèques, comme d'être de soie, de laine, de cheveux, rouge ou vert La tissure désigne la façon , la manier^ dont a été fait le tissu par le tisseur ou le tisserand , la qualité d^ la fabrication, résultant de la main-d'œuvr^ elle est lâche 09 serrée , égale ou iné^le. a Les lits des sauvages sont d'un tissu de coton. » MoNTAiG. a Tous nos efforts ne peuveut seulemeot arriver à représenter la tissure de la cbétive araignée. » In. « Jç n'aime point de tissure où les liaisons et les coutures paraissent )> In. On peut dire que la ïissure d'un tissu est tdie ou tella suivant le plus ou le moins d'habileté de l'ouvrier. Ces distinctions empruntées h Roubaud portent sur deux mots d'une synonymie peu étroite, mais elles sont propres h faire eomprendi*e et à confirmer la régie*
a. Sein^, signaturs^ Le nom de quelqu'un, écrit par lui-même au bas d'iuie lettre , d'une promesse, dîun contrat ou d'un acte quel' conque, pour le certifier, le confirmer, ou le rendre valable. Le seing exprime b ehpse d'une n^miére absolue m par rapport à la n^itune
de eette chose; la signature la désigne d'une manière relative on par rapport à la personne qui appose le seing. Le seing n'a pas ' toujours été le nom de la personne^ mais un signe quelconque : une tache d'encre , imprimée avec la paume de la main sur un acte public, était le seing ordinaire des empereurs ottomans. Du Gange pense que le mot seing vient du signe de la croix qu'on apposait autrefois au bas des actes avec la signature , comme un symbole du serment qu'on faisait de les observer. Aujourd'hui^ votre nom est votre seing, et votre ^eing est votre signature, quand on le considère par rapport à vous, en tant que vous l'écrivez et à la manière dont vous récrivez. Deux frères ont le même seing et peuvent avoir des signatures bien différentes ; c'est ainsi que deux écrits peuvent être les mêmes sans être delà même écriture. Le seing ordinaire et commun des rois d'Espagne est lo, et Rè, moi, le Roi. L'écriture distingue la signature particulière de chacun d'eux. Mettez au bas d'un écrit un nom imaginaire , votre seing est faux; c'est un déguisement qui consiste à ne pas signer son nom : mettez-y le nom de quelqu'un, votre signature est fausse^ tous coiiimettez la fraude qui consiste à signer du nom d'autrui. Enfin, signa-ture, à la différence de seing, rappelle si bien l'action de signer, qu'il signifie quelquefois la cérémonie, le soin, la formalité, avec lesquels cette action se fait, et qu'il indiqiie plutôt un acte public, autheutique et revêtu de formalités, qu'un acte privé , simple, ordinaire.
4. Tour, tourîiure. Ces mots se disent tous deux, au figuré, des aff^Eiires, de l'esprit et du style, pour en marquer la manière d'être, Fétat, la tendance, la disposition. La tournure, et non le tour, est le résultat de l'action particulière de tourner, de changer: elle exprime par conséquent un état on une forme plus particulière, plus caractéristique, moins commune , moins ordinaire. c< Vous direz plutôt un tour de phrase, et la tournure du style. Avec la plupart des tours ordinaires à la prose, la poésie a ses tournures, sa tournure particulière et distinctive : les poètes , avec les mêmes tours, ont quelquefois leur tournure propre et un caractère particulier. Les formes ordinaires de la langue ne sont que des tours; mais j'appellerais plutôt tournures ces tours singuliers qui, contraires aux formes communes-, et même aux règles ou de l'analogie ou de la grammaire, mais reçus, servent, par leur singularité même et leur désordre grammatical , à donner plus de force à la couleur, plus de mouvement à la passion, plus de philosophie à l'arrangement des idées, plus de grâce ^'expression, Quet est votre
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m>eu§lement! Voilà on tour français et vulgaire. Quelaveuglement est le vôtre ! Voilà une tournure singulière empruntée de Pitalien. i> Roub. Ensuite, comme ure ne marque pas seulement le résultat d'une action^ mais aussi quelquefois l'assemblage de plu* sieurs choses du même genre , la tournure est pln^ compréhensive et plus habituelle que le tour, en même temps que plus spéciale et plus caractéristique, a Tonte forme est un certain tour, mais la tournure annonce la forme caractéristique et habituelle^ la manière d'être ou l'état des choses. Avec un tour d'imagination, on voit les choses comme on veut les voir : avec une certaine tournure d'imagination on ieUe manière habituelle de voir, on est heureux on malheureux dans toutes sortes de positions, quoi qu'il arrive. 3> Roub.
6. Tempe, température. Tous deux signifient Tétai de l'atmosphère sous le rapport de la chaleur et de l'humidité. Comme le tour est un trait, le temps est accidentel , momentané; on n'emploie ce mot que dans un instaiit donné, le tempe est chaud, froid, sec, humide. La température est, comme la tournure, plus propre à marquer un état habituel et spécial : on dit bien, la tem-pérature d'un climat ou d'une contrée est douce, agréable ; mais on ne saurait se servir dans ce cas du mot temps,
6. Bord, bordure. Extrémités de certaines choses, comme tableaux, vases, etc. Bordure ne se dit que du bord qui a été travaillé d'une certaine façon par la main de l'homme. On dit, les bords, et non la bordure ou les bordures de la mer. Les ^ord^d'un ruisseaupeuvent être couverts d'une bordure de fleurs. Les bords sont naturels, et non pas artificiels comme la bordure; ils ne sont point comme elle Routés à l'objet, ils en font partie.
1, Joint, Jointure. L'endroit où deux choses se joignent. Joint exprime cette idée sans aucun accessoire; jointure y £goiite celui d'arrangement, d'agencement des parties jointes. On appellera joint l'intervalle qui est entre deux pierres superposées, parce qu'il n'y a là aucune complication , aucun arrangement; par la raison contraire, on éir^ jointure en parlant des os : on a mal dans les jointures; « un ciron a des jambes avec des jointures. » Pasc.
8. Entaille, eniaillure. Coupure avec enlèvement de parties. Ventaille est simple, faite en ligne droite. Il n'en est pas de même de Ventailhtre. Ce dernier mot, du reste, se dit plutôt en termes d'arts et métiers. Un coup de sabre produit une entaille, et non pas une entaillure,
0. Teinte, teinture. Ils se disent tous deux en parlant d'une qualité que l'on ne possède que superficiellement. La teinte se consi-
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dère absoluoaent et dans le sujet; l^iéirUure appartU Q^mm$ w résultat. Il y a dans les paroles d'une personne une ieinU de ma* lice, de mélancolie, c'est-à-dire un peu de ces qualités^ on a quel^ que teùUure de philosophie, de physique, de belles*lettres , c'est*-* à-dire qu'on en est un peu teint, qu'on les a un peu étudiées^ iw peu apprises.
. Les substantifs en t»re éta^t à base ?erbale, ainsi qae les sabttafl** tifs en me»t, se rapportent comme eux à l'action iipûfié« par le mbe radical. Mais, an lieu de marquer l'action elle-même cdomm ces dei*niers> ils en marquent le résultat ; au lieu d'exprimer qn'uiM action se fait et la manière dont elle se fait, ils «xpHmefti l'éiat qui provient de Taciioa ; ils sont plut(k passifs qu'actifs, plnti^ rdaiHi à l'effet, à sa qualité, qu'à l'aetiott et à l'agent.
Une seconde différence, ^on moins essentielle, tknl à ce qnc la modificatioa représentée par urs comme étant subie par un objet , est presque toujours le résaitat dn travail de l'art, d'une opératioii manuelle de l'homme. Lors même que les deiixsyiieiiymesdéstgaeftt un état, un résultat ou un e£fet, celui qui se termine en m^t/ se die* tingue toujours de l'autre^ea ce qu'il est phis relevé, plie noble et s'emploie fréquemment au figuré, tandis qu'on se sert presque ex«* dttsivametit du substantif en ur^ en termes 4'art et en furiattt à» choses faites il la main. « La tormiiiaisen ure, dit Eoubaud à ce eu* jet, est tràs connue dans la langue des arts. »
i. BnehainemeHt, ^nchalnwre. Liaison de choses qui , dépem** dantes les unes des autres, forment une chaîne ou une sorte de chaîne. Beauzée et Boubaudn'ont pas eu grand' peine à trouver que le premier de ces deux mots ae se dit qu'au iguré des objets physiquement OH métaphysiquement dépemlants les uns des autres, et le second que dans le sens propre des ouvrages de l'art dont les parties sont effectivement attachées par une chaîne ; de serte que des causes, des idées, des malheurset autres objets qui conduisent successivement de l'un à l'autre, forment un efiehamemeni y et des anneaux , dee fils, des cordons et autres objets.semblables, entrelacés les uns dans les autres, forment une enchainure. Le dictionnaire de l'Académie leur présentait cette distinction toute faite. Cependant Roubaud avait Uop de sagacité pour ne pas entrevoir et appliquer à ces deux mots la première règle ci-dessus établie. « Ment, djoute-t-il, employé . substantivement, désigne la cause, Taclion, ce par quoi la chose est telle \ure désigne particulièrement l'effet de cette cause^ le résulte!
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«teiCftUe M^êïïy ee qoi est produit daas la cImm uéHie. f^ec^ rapports 4|ue ks scteaces ont mtte elles fidriMat ietir snehaînemeni ; ito to eneham/eni ensiembie : la disposkkm mène des anneaux qui en^ trentles uns .dans les autres est \(Sfàv ^nchaînure g c'est l^état de la chose enehainée. »
S. DéçhMrement, déehvrure. Actkm de déchirer ou ré$«Hat de cette action. Mais le premier marque pistât l'action^ et le second le résultat; si bie» que la déeiwrwre est l'effet du déchirement^ l'état idftBS lequel l'action de déchirer a mis ia cbose. C'^st ai«si que la froidure est Teflet du froiftemsnt. Le déehtrement des tiahttt était, parmi les Juife , une marque de douleur et d'indignation ; on â mut déehmtre et non un déehiremeni à son indut. I)'ailleurs> dé*^ ckirwresf^ dit plutôt en pariant d'une action faite par la main de l'jhottflie : la éUeèdrure d'une pkie iie 4oit pas s'étendre ^ans k même sens ç[ue le déchirement des muscles, des ibres. La «ort de J*^. iat&icnBiaiée pai* Xtdéehwmtent^mouBi par la déchirure du voile du trât^. £nfin, déchirement est pins noMe et s'emploie seul au figuré : déchir^n£nt9 d'entrailles, déehiremsntê du coeur; l'I* Uàk, au flwyen-âge, fut len proie à et longs déchirements.
z. Snfaneementy enfençure. Ces deux «Ms rappeflent l'action sigillée par k vert)e enfoncer. Venfimeement est cette action «èoe : Venfoneem^it d'ui^ porte , d'une iMirrlcade ; Venfmçtfme est uae «avité i^rodulte par un enfoncement r U y a plusieurs en^ fençureë dans ce pavé ou ce parquet. Enfantement est seul fa-^ sage au figuré: ûmsVenfoncement ê^ \9i Tallée, delà scène, du tableau ; et, au contraire, enfonçure se dit des choses les plus com« munes, comme de l'assemblage des pièces qui/orment le fond d'un tonneau et de l'assemblage des ais que l^n met à.nn Imns de lit pour soutenir la paillasse et les matelas.
4. Poliment^ polissvre. Ils rappellent l'action de polir. L'un fait penser à l'ouTrier qui taille ou frotte pour donner & un corps l'édat ou le poli, et l'autre appelle l'attention sur le corps même qui a reçu cet éclat ou ce poli. « Combien soudainement Tiennent à mépris la |w/mMr«etrichessedesTêlements! » MoNtaig. Foftm^n^^ suivant l'Académie, est peu usité dans l'acception où il signifie Tétat de ce qui .est poli ; peut-être ne l'est-il pas du tout. Mais l'Académie a raison de dire, sans restriction, que jpofiMwre signifie l'action de polir ou le résultat de cette action. Seulement nous devons ajouter que jw/ewitfw^ exprime plutM l'action de polir des choses de prix et relevées, les diamants, les glaces, le marbre j et /?o/«wwn^, celle de polîr des dioses communes : la poiissure de la vaisselle.
5. PK$9ement,plit9utê, lU renferment tons deux l'idée signifiée par le verbe plisser. Plinemeni est l'action , et plisture Tart de plisser. PlUsure est relatif, non pas à Tagent, mais aux qualités qne reçoit son ouvrage. Ce pimentent t&t pénible; cette blanchisseuse n'entend rien à la plUture. Ensuite, plUsure marque quelquefois simplement, non pas l'action, mais le résultat de l'action depHêser : etlXeplùsure est bien ou mal faite.
6. Ligament, ligature. Ces deux termes techniques expriment ce qui attache des choses ensemble. L'un est un terme de science , c'est-à-dire d'anatomie; l'autre un terme d'art, c'est-à-dire de chirurgie. L'un exprime des liens qui n'ont pas été faits de main d'homme, des parties blanches et fibreuses qui servent, dans le corps de l'animal, à attacher des os ou des viscères; l'autre exprime des liens ou des bandes , produits de l'industrie humaine , et dont les chirurgiens font usage dans différentes opérations.
7. Parement y parure. Ce qni pare on orne. Parement est d'un usage très restreint ; mais, dans les limites où on l'emploie, il signifie une parure riche, noble, distinguée, destinée à des objets relevés. Un parement d'autel est l'étoffe qui décore le devant d'un autel. <i Ou "voyait dans la messe luthérienne et les parements et les habits sacerdotaux.» Boss. ^o& parements d'habits n'ont été ainsi appelés primitivement que parce que les hommes portaient autrefois sur leurs manches de riches étoffes. Parure comprend tout ce que la main de l'homme fabrique pour parer, y compris tous les colifichets qui n'ont de valeur que par le caprice de la mode. U faut jyouter au^si que /?arur^ entraîne presque toiyours une idée de vanité ou de frivolité.
8. Enjolivement^ enjolivure. Ce qui enjolive ou rend joli. jBnjolivement signifie quelque chose de plus grand, de plus relevé, de plus noble, qui sgoute considérablement à la beauté d'un édifice, par exemple. Les enjolivures, dit l'Académie , sont des enjolivements qu'on fait à de certains petits ouvrages de peu de valeur, comme un étui. Enjolivure semble aussi supposer une opération purement manuelle. Les fleurs de rhétorique , les traits d'esprit, semés dans nn livre, en constituent les enjolivements; ce qui ne Tempéche pas d'avoir pour enjolivures des vignettes et des culs-de-lampe.
9. Elargissement, élargissure. Ils rappellent tous deux l'action d'élargir. Le premier exprime cette action et son résultat abstrait, l'augmentation de la largeur; le second désigne son résultat concret ou ce qu'on a ajouté pour élargir. Secondement, on se sert d'élargissèment en parlant d'objets considérables , comme un chemin , un
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canal, une rivière, et A'élargùmre^ quand il s'agit de petits objets qui se façonnent à la main, comme un vêtement et un meuble. Enfin, élargissement est seul employé au figuré : il signifie délivrance de prison.
10. Emboîtement, emboîture. Ils rappellent tous deux l'état qui résulte de l'action d'emboîter, d'enchâsser une chose dans une autre. Mais emboîture seul suppose que cet état est produit par le travail de rhomme; c'est particulièrement un terme de menuiserie. Si on dit Vemboîture comme on dit VemboUement des os, la première expression n'est ni aussi propre, ni aussi relevée que la seconde, a Ce qu'il y a de plus remarquable dans les os, c'est les divers emboîte-' ments des uns dans les autres. » Boss. De plus, emboîtement désigne simplement le fait ou l'état deis os emboîtés $ emboîture y ajoute l'idée de complication, d'assemblage et d'agencement. .
ÙRE, ION.
La désinence ion marque l'action, la manifestation, plus encore que la désinence ment, et elle est moins susceptible de s'objectiver, de se prendre dans le sens de résultat, d'effet ou d'état; c'est-àdire dans le sens qui est proprement celui de la terminaison ure. Aussi les substantifs en ure ont-ils beaucoup moins dç synonymes de même radical parmi les substantifs en ion que parmi les substantifs en ment/ et, quand ils en ont, ils en diffèrent par les mêmes caractères, mais plus tranchés, par lesquels ils diffèrent de leurs synonymes en ment. Mixtion, mixture, deux termes de pharmacie qui donnent l'idée d'un médicament obtenu par un mélange, pourraient d'abord sembler synonymes; mais ils ne le sont guère plus que création et créature, nutrition et nourriture , par exemple. La mixtion est le mélange des drogues^ et la mixture le médicament qui en résulte. On obtient telle mixture par la mixtion de telles ou telles drogues. Quand on va chez le pharmacien acheter wne mixture, il faut souvent attendre qu'il fasse Immixtion. Fraction est noble et ne s'emploie que dans certaines phrases consacrées, comme en parlant de l'hostie et du pain que rompit J.-C. en présence des pèlerins ù'Emmms; fracture est de tous les styles, et se dit particulièrement dans l'art chirurgical. Projection est un terme de science, et projécttire un terme d'art. Scission se dit au figuré, et^ei^n^r^au propre. Il en est de même déposition relati* vement à posture.