‹ Synonymes grecs, recueillis dans les écrivains des différents ages de la littérature grecque et expliqués d'après les grammairiens, l'étymologie et l'usage avec des exemples tirés des meilleurs auteurs grecsChapitre 36 sur 105 · Aù, Adre, Αὖθις, Αὐτις, ὧψ, Πάλιν · texte numérisé non relu

Aù, Adre, Αὖθις, Αὐτις, ὧψ, Πάλιν

AY, adverbe de lieu, proprement, en arrière, acception dont on ne trouve de trace, même dans l’Iliade, que dans la locution αὖ ἐρύειν, que les meilleurs critiques écrivent d’un seul mot , αὐερύειν : Αὐέρυσαν μὲν πρῶτα, Il. I, 459, d'abord ils renversérent en arriére [les têtes des victimes]. Il ne reste ainsi à cet adverbe d’autre emploi que le figuré; et il répond à rursus et à la particule re, qui, en latin et en francais, se construit avec un grand nombre de verbes : 1° dans les transitions, comme rursus, en latin, au rebours, d'un autre côté, au contraire, d’ailleurs, mais , donc : ἀρχοὺς αὖ νηῶν ἐρέω νῆάς τε προπάσας, IL. IT, 493, mais je dirai les chefs des vaisseaux et tous les vaisseaux. 2 Dans les narrations et les énumérations , encore , ensuite : Δεύτερον αὖ Σολύμοισι μαχήσατο, Il, VI, 184, en second lieu ensuite il combattit les Solymes. 3° Dans les dialogues , les réponses ou reparties ; mais cet emploi d’x paraît être plus fréquent dans l'Odyssée que dans PTliade : Τὸν δ' αὖ Τηλέμαχος πεπνυμένος ἀντίον ηὔδα, Od. IV, 496, ct à son tour le prudent Télémaque lui répliqua.

AÏTE, composé et synonyme poétique d'a, dont il a les significations, et dont les Latins ont fait autem ; est principalement usité dans les répliques, emploi qu’il a plus particulièrement dans l’Iliade : Τὸν δ' αὖτε προσέειπε θεὰ γλαυχῶπις ἀθήνη, ΠῚ. 206, et à son tour Minerve , déesse aux yeux glauques, lui dit.

ΑΥ̓͂ΘΙΣ ou AŸTIS, chez les Ioniens , qui rejetaient les aspirées, dérivé et synonyme ἀ᾽ αὖ, conserve davantage le sens primitif, en arrière; d’où l’idée de retour, de répétition. Il répond à la particule inséparable re, en latin et en français, et se construit avec les verbes de mouvement. Ainsi αὖτις dans Homère, avec ἰέναι, exprime l'idée, 1° de rebrousser, revenir sur ses pas : Τὼ δ᾽ αὖτις ἔτην παρὰ νῆας ἀχαιῶν, IL T, 347, et ceux-ci retournérent vers les vaisseaux des Achéens. 2 De revenir à l’endroit où l'on était déjà venu : Μή σε, γέρον, χοίλῃσιν ἐγὼ παρὰ γηυσὶ κιχείω, ἣ νῦν δηθύνοντα, ἢ ὕστερον αὗτις ἴοντα, I. T, 27, vieillard, prends garde que je ne te retrouve un seul instant

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