‹ Synonymes grecs, recueillis dans les écrivains des différents ages de la littérature grecque et expliqués d'après les grammairiens, l'étymologie et l'usage avec des exemples tirés des meilleurs auteurs grecsChapitre 54 sur 105 · ἔπος, Médoc, Mérpov, Στίχος · texte numérisé non relu

ἔπος, Médoc, Mérpov, Στίχος

ἜΠΟΣ, εος (τό), vers, principalement vers épique ou héroïque 2 parce que les mesures se suivaient sans division de strophes : ἐπὶ μὲν τοίνυν ἐπῶν ποιήσει ὅμηρον ἔγωγε μάλιστα τεθαύμαχα, Xen. Mem. 1, 4, 3, oui, en effet, j'admire surtout Homére pour la composition des vers héroïques.

MÉAOË, εος (ré), proprement, membre; d’où, vers lyrique, parce qu’il était divisé en membres ou strophes ; toujours au pluriel : Εἰ δὲ τὴν ἡδυσμένην μοῦσαν παραδέξει ἐν μέλεσιν à ἔπεσιν, ἡδονή σοι χαὶ λύπη ἐν τῇ πόλει βασιλεύσετον ἀντὶ νόμον, Plat. Pol. Χ,, 607, ἃ, mais si tu admets une muse assaisonnée de vers lyriques ou épiques, le plaisir et la douleur régneront dans la ville pour toute loi.

MÉTPON, ov (τό), mesure ; d’où , par extension , la ligne mesurée, vers : Où τι τῶν μέτρων δέομαι ἀκοῦσαι, οὐδὲ μέλος εἴ τι πεποίηχας, Plat. Lys. 205, a, je ne demande à entendre ni des vers , ni de la musique, si tu en as composé,

ETIXOZ, ov (δ), ligne, répond au latin versus ; d’où, vers de tout genre de poésie : Μὴ πλείω τεττάρων ἡρωϊχῶν στιχῶν, Plat.

Legg. XI, 958, e, pas plus de quatre vers héroïques.

222. ἔργον, Épyua, Δράμα, Ποίημα, Noäyuæ, Πραγματεία, Πράξις.

ἔΡΓΟΝ, ov (τό), réalisation ou résultat de l’action; d’où, œuvre, fait, effet, action, par opposition à ἔπος ou λόγος, parole ; res : Πᾶς ἡμῖν αἰδείσθω τὸν ἑαντοῦ πρεσθύτερον ἔργῳ τε χαὶ ἔπει, Ρίαι. Legg. IX, 879 ,c, que tout homme parmi nous respecte

celui qui est plus âgé que lui, en action et en parole. Λόγῳ γὰρ ἦσαν, οὐκ ἔργῳ φίλοι, Eur. Alc. 339, car ils n'étaient amis qu'en parole , et non de fait, ᾿

ΕΡΓΜΔ, æroç (ré), poétique et rare, le fait, l'acte même : ῥῆμα δ' ἐργμάτων χρονιώτερον βιοτεύει, Pind. Nem. IV, 6, la parole vit plus longtemps que les actes.

APÂMA , ατος (τό), œuvre , ouvrage qu’on accomplit, besogne : Τὸ μὲν τοίνυν τῶν μαιῶν τοσοῦτον, ἔλαττον δὲ τοῦ ἐμοῦ δράματος, Plat. Theæth. 150 , a, ainsi donc l'ouvrage des sages-femmes , si important qu’il soit, ne l'est pas autant que celui que 7 αοcomplis.

HIOÏHMA, œroç (ré), action, dans un sens philosophique , par opposition à πάθημα, passion : Πάντα τὰ τοιαῦτα τῶν ἐναντίων ἀλλήλοις θείης εἴτε ποιημάτων εἴτε παθημάτων; Plat, Pol, V, 437, b, πὲ diras-tu pas que de tels faits sont contraires les uns aux autres , soit comme actions , soit comme passions ?

ΠΡΑ͂ΓΜΑ, ατος (τό), chose, dans le sens d'événement, comme dans ce passage d’Euripide , où il est opposé à ἔργα» les actions particulières : ἀλλὰ πάντ᾽ ἔχουσα δυστυχῆ, τοῖς πράγμασιν τέθνηχα τοῖς δ᾽ ἔργοισιν οὔ, Eur. Hel. 286, mais ma perte est due à la force des choses et non à mes propres actions.

TIPATMATE{A , ας (à), pratique d'un art, affaire, dans le sens d'occupation, soin, travail : Λέγεις ὅτι πειθοῦς δημιουργός ἐστιν ἡ ῥητοριχὴ χαὶ ἡ πραγματεία αὐτῆς ἅπασα καὶ τὸ χεφάλαιον εἰς τοῦτο τελευτᾷ, Plat. Gorg. 453, a, tu dis que la rhétorique crée la persuasion, et que tous ses soins, 50Π affaire capitale, tendent à celte fin.

ΠΡΑΞΙΣ, eus (#), action, pratique , en parlant de la conduite ou de l’ensemble des actions dirigées vers un but : Τοὺς πλεονεχτεῖν ζητοῦντας, ἔργῳ κωλύειν καὶ πράξεσιν, οὐχὶ λόγοις δέον, Den. Phil. 11, 66, 7, c’est par des effets et des actions, non par des paroles, qu'il faut arrêter les projets des ambitieux.

223. ἔρις, ἔρισμα, ἄμιλλα, App, ἀμφισβήτησις» Διαφορά, Νεῖχος, Φιλονειχία.

ÉPIS , ιδὸς (ἡ), dispute , rite : Avyéueve δ᾽ ἔριδος χαχομηχάνου, ; » μ' P

EPIS. 301 II. 1X, 257, et mettre un terme à une dispute cause de tant de maux. D'où, concurrence : Kai ὑμῖν δέ, ὦ ἄνδρες δημόται, παραινῶ ὁρμᾶσθαι εἰς ἔριν ταύτης τῆς μάχης πρὸς τοὺς πεπαιδευμένους τούσδε, Xen. Cyr. 11, 3,10, et vous aussi, 6 hommes du peuple, je vous engage à entrer en concurrence dans ce combut-ci avec les hommes instruits que voici, Personnification de la Discorde, dans les poëtes : Καὶ ἔρις ἄμοτον μεμανῖα, Il. IV, 441, et la Discorde brülant d'une insatiable fureur.

ÉPIEMA, æroç (τό), ἀ᾽ ἐρίζω΄, sujet de discorde : Μὴ τοῦτό γε γεῖχος ὀπίσσω σοὶ χαὶ ἐμοὲ μέγ᾽ ἔρισμα μετ᾽ ἀμφοτέροισι γένηται, IL, IV, 37, de crainte que cette querelle ne soit désormais pour toi et pour moi un grand sujet de discorde entre nous deux.

ÂMIAAA , m (à), concurrence , lutte , principalement de beaucoup de.concurrents, comme de ceux qui se disputaient le prix dans les jeux publics ; au propre dans les poëtes, et plus souvent au figuré en prose, rivalité de deux partis , de deux armées, émulation : Τὴν δὲ τῶν δήμων ἐλευθερίαν ἡ τῶν ἀγαθῶν ἀνδρῶν ἅμιλλα, ἣν ἐπὶ ταῖς παρὰ τοῦ δήμου δωρεαῖς πρὸς ἑαντοὺς ποιοῦνται, φυλάττει, Dem, in Lept. 490 , 1, l’émulation avec laquelle les hommes de bien cherchent à mériter les faveurs accordées par le peuple conserve la liberté des États.

ÂMIAAHMA , ατος (ré), verbal poétique, combat : Μιαιφόνων γάμων ἁμιλλήματα, Soph. Electr. 493, des combats pour un hymen souillé de sang.

AM#ISBHTHSIS, sax (#), altercation, contestation résultant de prétentions contradictoires , et qui donne matière à procès : Καὶ ἐπειδὴ ἀνεχρίθησαν πρὸς τῷ ἄρχοντι ἅπασαι αἱ ἀμφισθητήσεις, καὶ ἔδει ἀγωνίζεσθαι ἐν τῷ δικαστηρίῳ, Dem. in Olympiod. 1173, lorsque l'enquête fut faite par l'archonte sur toutes les contestations , et qu’il fallut plaider devant le tribunal.

AIASOPÀ , ἂς (ἡ), différend entre particuliers et même entre deux peuples : Περσέων μέν νυν οἱ λόγιοι Φοίνιχας αἰτίους φασὶ γενέ-σθαι τῆς διαφορῆς, Herodot. T, 1, les plus savants d'entre les Perses disent que les Phéniciens furent cause du différend.

ΝΕΙ͂ΚΟΣ, coç (τό), querelle, principalement en paroles, invective : ἀλλὰ τίη ἔριδας καὶ νείκεα νῶϊν ἀνάγκῃ νειχεῖν ἀλλήλοισιν ἐναν--

802 EPXES@AL.

τίον; Il. XX, 107, mais quelle nécessité de nous livrer l'un contre l’autre à des disputes et des invectives? Ce mot est moins usité en prose que φιλονειχία,

SIAONEIKÉA , ας (%), proprement, amour des débats, de la dispute ; d’où , Jalousie, en bonne part, rivalité, émulation : Φιλονειχίαν ἐνέδαλε πρὸς ἀλλήλους τοῖς μετ᾽ αὐτοῦ ὅπως ἕκαστοι αὐτῶν ἄριστοι φαίνοιντο, Xen, Ages, 11, 8, il inspirait à tous ceux qui l'entouraient une rivalité qui les portait à se montrer braves à l'envi Les uns des autres.

4 CA " 224. Ἐρχεσθαι, Huerv, ἵκειν, ἱχάνειν, ἱχνεῖσθαι, Αφιχνεῖσθαι, Κίειν, Μολεῖν, Νέεσθαι, Νίσσεσθαι.

ἔρχεσθαι, aller, mais presque toujours dans un sens relatif, de manière à désigner 1° soit le lieu où se trouve déjà transportée la personne qui parle, d’où on le rend généralement par venir : Αὐτὰρ πεζὸς ἐς Duov εἰλήλουθα, IL. V, 204, mais je suis venu à pied à Ilion ; 2° soit le lieu où l’on se transporte par la pensée et où doit se passer l’action : ἔρχομαι, ὄφρ᾽ ἀχιλῆϊ δαΐφρονι μῦθον ἐνίσπω, Il. XI, 839 , je vais pour dire au belliqueux Achille La parole.

DKEIN, venir, être arrivé, être présent, suppose le trajet achevé : Καὶ ἦχον οἱ ἄνδρες φέροντες τὴν ἐπιστολήν, Xen. Cyr. II, 2, 7, οἱ les hommes vinrent apportant la lettre.

ÎKEIN , poélique , venir, arriver : Adrèp ὅγ᾽ te ῥόδον Tes ἀλώμε-νος, Il. 11, 667, puis errant il arriva à Rhodes.

IRKÂNEIN, forme allongée du précédent , dans Homère, Pindare et Æschyle : Αὐτὰρ ἔγωγς πολλὰ βροτῶν ἐπὶ ἄστε᾽ ἀλώμενος ἐνθάδ᾽ ἱκάνω, Od. XV, 492, mais moi, après avoir erré dans beaucoup de villes , je viens en ces lieux.

ἱΚΝΕΙ͂ΣΘΑΙ, venir, arriver : Στείχων δ᾽ ἱχνοῦμαι τούσδε τοὺς χώρους, Soph. ΟΕ «. R. 785, Puis, poursuivant ma marche, J'arrive dans ces lieux mêmes.

ÂYIKNEÏSOAI, composé plus usité, surtout en prose, 1° arri= ver : ἐπεὶ δὲ ἀφίχετο ὃ Κῦρος εἰς Μήδους πρὸς τὸν Κυαξάρην, Xen. Cyr. , 1,2, lorsque Cyrus fut arrivé chez les Mèdes auprès

de Cyazare. 2e Quelquefois en poésie , revenir : ἑλών τε Δαρδάνου

“χλεινὴν πόλιν ἀψίχετ᾽ εἰς τόδ᾽ ἄργος, Eur. Electr, 5, après avoir pris la célèbre ville de Dardanus il revint dans cette Argos.

ΚΙΕΙΝ, épique, formé par métathèse de ἵχειν, rendu quelquefois par aller, venir : Τῶν μὲν πεντήκοντα νέες xiov, Il. XI, 705, de ces peuples cinquante vaisseaux étaient venus [ἃ Troie].

ΜΟΛΕΙ͂Ν, poétique, venir, revenir : Κάδμος ἔμολε τάνδε γᾶν Tü= pu, Eur. Phœn. 651, Cadmus le Tyrien est venu en ce pays. Quoi qu’en disent les grammairiens, le participe μολῶν, très-usité dans les poëtes, ne forme pas pléonasme, même lorsqu'il est construit avec les verbes de mouvement, et il rentre dans l’analogie de notre venir construit avec l’infinitif : ὦ Sata Τέκμησσα, δύσμορον γένος, ὅρα, μολοῦσα.... Soph. 4. 712,6 malheureuse Tecmesse, race infortunée , viens entendre.

ΝΈΕΣΘΑΙ, poétique, revenir, retourner + ἀλλήλοισιν ὀδύ-povrar οἷκόνδε νέεσθαι, Il. 11, 290, ils se lamentent entre eux pour retourner dans leur patrie.

ΝΙίΣσσεσθαι, forme allongée du précédent, dans Homère, Pindare et les chœurs des tragiques : Τηλέμαχον μεμάασι χαταχτάμεν ὀξέϊ χαλχῷ οἴχαδε νισσόμενον, Od. IV, 701, ils veulent tuer Télémaque avec un fer tranchant , à son retour dans sa patrie.

225. ἔρως, ἀγάπη, ἀγάπαι, ἀγάπησις, ἀσπασμός, ἵμερος, Πόθος, Ποθή, Ilofnrus, Στερχτιχόν, Στοργή, Φιλία, Φιλότης, Φίλτρον, Φιλοστοργία, Φιλοφροσύνη, Χάρις.

ἜΡΩΣ, wro (5), besoin physique ou envie, comme celui de boire et de manger : Αὐτὰρ ἐπεὶ πόσιος χαὶ ἐδητύος ἐξ ἔρον ἕντο, IL, 1, 469, et quand ils eurent satisfait le besoin de boire et de manger. D'où, amour : Où γὰρ πώποτέ μ᾽ ὧδε ἔρως φρένας ἀμφεχά-λυψεν, I, 1Π|, 442, car jamais l'amour ne s’est ainsi emparé de mon cœur.

ἀγάπη, me (%), ἀ᾽ ἄγαμαι, amitié, ou plutôt témoignage d'affection mélé d'égards, de considération ; cependant on le trouve dans l’Ancien Testament en parlant d’un amour inecstueux : ὅτι μέγα τὸ μῖσος ὃ ἐμίσησεν αὐτὴν ὑπὲρ τὴν ἀγάπην ἣν ἀγά-

804 ΕΡΩΣ, races αὐτήν, Reg. 11,18, 15, de sorte que la haine qu'il lui portait était encore plus excessive que la passion qu'il avait eue pour clle. Dans le Nouveau Testament, amour de Dieu ou du prochain , charité : ἀλλ᾽ ἔγνωχα ὑμᾶς ὅτι τὴν ἀγάπην τοῦ θεοῦ οὐχ ἔχετε ἐν ἑαυτοῖς, Joan, V, 42, mais je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu. Au pluriel ÂTÂTIAI, ὥν (ai), AGAPES, repas de charité que les premiers chrétiens célébraient en commun, et dont les riches faisaient les frais ; coutume qui s'observa jusqu’au 1v° siècle; alors ils furent supprimés par le concile de Laodicée. Dans le Nouveau Testament : Οὗτοί εἰσιν ἐν ταῖς ἀγάπαις ὑμῶν σπιλάδες, Jud. 1, 12, ce sont des taches dans wos repas de charité.

ἀγάπησιΣ, ες (ἡ), affection, amour : H τοῦ Περιχλέους ἀγάπησις γενομένη πρὸς ἀσπασίαν, Ρίμι, Pericl, 24, l'affection de Périclès pour Aspasie.

ἀσπάσμόσ, οὔ (δ), proprement, embrassement ; d’où, penchant à embrasser, affection, inclination au figuré dans Platon, opposé à μῖσος : Κρινέσθω γε μὴν ὑπὸ τῶν τὰ ἀριστεῖα εἰληφότων τῷ ἐχείνων μέσει χαὶ ἀσπασμῷ, Plat. Legg. ΧΙ, 919, e, cela sera Jugé par les citoyens qui ont remporté le prix de vertu, d'après leur aversion ou leur inclination.

ἵΜΕΡΟΣ, ου (δ), de ἕεμαι, penchant déterminé par le besoin physique de posséder ce qu’on aime; d'où, désir : Καί με ἡλυχὺς ἵμερος αἱρεῖ, 1,111, 446 , et un doux désir me transporte.

11680, ον (6), Socrate, dans le Cratyle de Platon (Crat. 420 , a), imitant, pour le tourner en ridicule, le faux et absurde système étymologique des sophistes, dérive ce mot de ποθί, où? et le définit, amour ou désir d’un objet absent ; mais les éléments de ce mot se retrouvent dans πέπονθα, parfait de πάσχω, et lui donnent de l’analogie avec πένθος ; d’où il signifie plutôt la souffrance ou douleur que fait éprouver l'absence ou la perte de l'objet aimé ; de là, regret de la perte, de l'absence : Αλλά με σός re πόθος θυμὸν ἀπήυρα, Od. XI, 201, mais le regret de ton absence m'a διέ la vie.

ΠΟΘΗ͂, ἧς (#), poétique, pour πόθος : H ποτ’ ἀχιυλλῆος ποθὴ ἵξεται vlas ἀχαιῶν σύμπαντας, Il. I, 240 , oui, lc jour viendra où

ΕΡΩΣ. 305 tous les enfants des Achéens auront du regret de l'absence d'Achille.

ΠΟΘΗΤΥ͂Σ, voç (ἡ 1» poétique, tendresse des parcols pour leurs enfants, dans Oppien : Οὐχ ἀμφοῖν ἀτάλαντον ξὴν μερίσαντο ποθητύν, Opp. Cyn. 11, 609, ils ne partagérent pas également leur tendresse entre tous deux. :

ZTEPKTIKON, οὔ (ré), principe des affeclions naturelles, disposition à aimer : Καὶ γὰρ φιλότεκνοι χαὶ φίλανδροι χαὶ τὸ στερχτικὸν ὅλως ἐν αὑταῖς, ὥσπερ εὐφυὴς χώρα καὶ δεχτιχὴ φιλίας, Plut. Amator. 769, ο΄, elles sont en effet pleines d'amour pour leurs enfants et leurs maris, et le principe de toutes les affections est en elles comme un champ fertile et fécond pour l'amour.

ΣΤΟΡΓΗ͂, ἧς (#), poétique, affection des parents pour leurs enfants, amour paternel , piété filiale , dans l’Antholoyie : Τέχνη Τιμομάχου στοργὴν nai ζῆλον ἔδειξε Mndeinç , τέχνων εἰς μόρον ἔλχομένων, Anthol. Plan. ΚΝ, 135, l'art de Timomaque « représenté l'amour et la jalousie de Médée au moment où ses enfants sont entraïnés à la mort:

bIAÏA, ας (à), amitié : ἀλλ: ὅμως διὰ τούτων πάντων ἡ φιλία διαδυομένη συνάπτει τοὺς χαλοὺς τε χἀγαθούς, Xen. Mem. 11, 6, 29, mais cependant à travers tout cela l'amitié s'insinue et réunit les hommes honnétes et vertueux.

SIAÔTHE , ητος (%), poétique, 1° umitié, amour, οἵ très-souvent, dans Homère, 2 jouissance de l'amour, union amoureuse : Τῷ δὲ γυνὴ Προίτου ἐπεμήνατο, δὲ᾽ ἄντεια χρυπταδίῃ φιλότητι μιγήμεναι, IL VI, 160, et la femme de Prœtus, la divine Antce, brülait du désir de s'unir à lui par un secret amour.

ΦΙΛΤΡΟΝ, ou (τό, au pluriel dans Euripide, amours : Τὰ θεῶν δὲ φίλτρα φροῦϑα Τροίᾳ, Eur. Troud. 859, mais les amours des dieux n’ont été d'aucun secours pour Troie.

ΦΙΛΟΣΤΟΡΓΙΑ, ας (à), naturel on caractère affectueux : Οὕτω καὶ Κύρον x τῆς πολυλογίας où θράσος διεφαίνετο ἀλλ᾽ ἁπλότης τὶς καὶ φιλοστοργία, Xen. Cyr. 1, 4, 3, de méme aussi dans la loquacité de Cyrus se mantfestait , non de l'audace , maïs une certaine simplicité et un naturel affectueux.

ΦΙΛΟΦΡΟΣΥΝΗ͂, ἧς (%), sentiment d'amitié, disposition ami-

306 EPATAN

cale : Σὺ δὲ μεγαλήτορα θυμὸν ἴσχειν ἐν στήθεσσι" φιλοφροσύνη γὰρ ἀμείνων, Il. IX, 256, et toi, réprime La colère de ton cœur magnanime, car les dispositions amicales sont les meilleures

XAPIE, uroç (%), marque d'affection réciproque, retour, faveur, caresse de l'amour : Oixrpés, ἀπὸ μνηστῆς ἀλόχου χουριδίης, ἧς οὔει χάριν ἴδε.... Il. ΧΙ, 243, malheureux! loin de la jeune épouse qu'il venait de fiancer, et dont il n'avait point encore reçu une caresse...

ÉPOTAN, 1° faire une question, questionner, demander une répouse précise, affirmative ou négalive : ἀλλ᾽ ἐρώτα, ἔφη, ὦ Κῦρε, 8 τι βούλει ὡς τἀληθῆ ἐροῦντος, Xen. Cyr. HI, 1,30, demande, dit-il, 6 Cyrus, ce que tu veux: je te dirai lu vérité. 2 Demander, dans le sens de prier, dans le Nouveau Testament : ὡς οὖν ἦλθον πρὸς αὐτὸν οἱ Σαμαρεῖται ἠρώτων αὑτὸν μεῖναι rap αὐτοῖς, Joan. 4, 40, les Samaritains, étant donc venus vers lui, le prièrent de demeurer chez eux.

ÉPEX@AI, poétique , pour ἐρωτᾷν : Εἴρεαι ὁππόθεν εἰμέν" ἐγὼ δέ χέ τοι χαταλέξω, Od. III, 80, tu demandes de quel pays nous sommes : je vais te l'expliquer.

ÉPEEÎNEIN, forme poétique allongée d’époux, employée aussi par Plutarque : Τυδείδη μεγάθυμε, τίη γενεὴν ἐρεείνεις; IL. VA, 145, magnanime fils de Tydée, pourquoi t'informes-tu de ma race ἢ

METAAAÂN, se faire détailler les faits l’un après l’autre, prendre des informations en détail sur, demander des détails : H δ᾽ εὖ δεξαμένη φιλέει χαὶ ἕκαστα μεταλλᾷ, Od. XIV, 128, εἰ celle-ci le reçoit avec bienveillance ct s'informe de chaque chose en détail. 9

ΠΥΝΘΆΝΕΣΘΑΙ, 1° s'informer, demander des détails : Μερμή-ριξα δ᾽ ἔπειτα κατὰ φρένα ἐλθεῖν ἠδὲ πυθέσθαι, Od. X , 151, ensuite je balançais en moi-même si j'irais pour prendre des informations. 2 Apprendre sans faire de question, entendre dire, entendre parler d’une chose dont on ne s'était point informé : Πυνθανόμην ἰθάχης καὶ ἐν Κρήτῃ εὐρείη, Θά. XI, 256, j’entendais parler d'Ithaque jusque dans la vaste Crète. ἸΝὺν δ᾽ ὅτε

EPQTHSIS. 307 δὴ μέγας εἰμί, καὶ ἄλλων μύθον ἀχούων πυνθάνομαι, Od. Π,814, à présent que Je suis grand , Je m'instruis en entendant les. discours des autres.

ÉPÔTHSIS , εως (2), interrogation , question qui demande une des cinq réponses que les grammairiens appellent συμδόλιχαι ἀποφάσεις, qui son! : væi, out ; οὔ, non ; ἀμφίβολον, c'est douteux ; σαφές, c'est vrai; ἄδηλον, Je n'en sais rien; où une réponse courte et précise, comme lorsqu'on demande : ἔστιν ἡμέρα; est-il Jour? et que lon répond : ἡμέρα ἐστί, il fait jour : ψεύδους γε οὐδεμία ἐρώτησις δεῖται, Xen. Cyr. NII, 4,13, certes aucune question ne veut un mensonge pour réponse.

ÉPÉTHMA , ατος (τό), objet de l'interrogation, question : Φαμὲν γὰρ πρὸς τὸ ἐρώτημα τὸ βραχύ, Thuc. LIT » ὅ4, nous répondons à la courte question qui nous est faite.

ἀνά ΚΡΙΣΙΣ, εὡς (ἡ), 1° action d'interroger, interrogation , dans Hérodote : ὁ δὲ Λυχόφρων οὐδὲ ἀναχρίσιος ἠξίωσξ τὸν φέροντα τὰν ἀγγελίην, Herodot. 111. 53, mais Lycophron ne daigna pas même interroger celui qui apportait la nouvelle, 2 Enquête, examen, interrogatotre qu’on faisait subir à l’accusateur avant de recevoir sa plainte, ou, selon Harpocration , aux deux parties avant d'introduire l’action : Καλούντων αὐτὸν εἰς τὴν ἀνάχρισιν τῶν ἀρχόντων, Dem. ἐπ Theocrin, 1324, 12, les urchontes l'ayant appelé à l'enquête.

ΠΕΥ͂ΣΙΣ, εως (#), information que l'on prend, et à laquelle on ne peut répondre qu'avec quelques détails, comme lorsque, dans Homère, Hector, adressant la parole aux femmes d’Andromaque, leur demande : Πῇ éên ἀνδρομάχη; IL, VE, 377, où est allée Andromaque ? et qu’elles lui répondent : ἀλλ᾽ ἐπὶ πύργον ἔθη μέγαν ἰλίου, οὔνεχ᾽ ἄχουσε τείρεσθαι Τρῶας, 11. VI, 375, elle est allée à la grande tour d'Ilion » Parce qu'elle a appris que les Troyens ont le dessous.

308 EXOIEIN.

228. Ἐσθίειν, Βιδρώσκειν, Βροχθίζειν, Εδειν, Ἐρέπτεσθαι, μασᾶσθαι, Πατέεσθαι, ῥοφεῖν, Tpoyew, Φαγεῖν.

ἘΣΘΊΕΙΝ, manger, en général ; d’où le latin esse : ἔπει δὲ καὶ ἐσθίοντα αὐτὸν ἑώρων, ὥσπερ χαὶ αὐτοί, ἡδέως χαὶ πίνοντα, Xen. Cyr. 1, 5, 1, mais lorsqu'ils le voyaient manger et boire avec plaisir comme eux-mêmes.

ΒΙΒΡΩΣΚΕΙΝ, poétique, manger avec-voracité ct avec l’idée accessoire d’une grande consommation, dévorer, se repañtre; vorare : ὥστε λέοντα, ὅς ῥά τε βεδρωχὼς βοὸς ἔρχεται ἀγραύλοιο, Od. XXII, 403, comme un lion qui se montre apres s'être repu de lu chair d'un bœuf sauvage.

BPOX@ÏZEIN, faire entrer dans le gosier : Σημεῖον δὲ τὸ μὴ πίνειν πολύ, ἀλλὰ καὶ βροχθίσαι, Arislot. Probl, 27, 3, et l'in= dice, c'est qu'ils ne boivent pas beaucoup, maïs qu'il leur suffit de faire entrer quelque chose dans le gosier. ”

ÉAEIN , verbe poétique et défeciucux , et rare en prose, manger; d’où le latin edere, au propre et au figuré : ἔδουσί τε πίονα μῆλα, Il. Χ11, 319, et ils mangent de gras moutons.

ἐρέπτεσθαι, se dit des animaux frugivores, dans l’Iliade, brouter : Λωτὸν ἐρεπτόμενοι ἐλεόθρεπτόν τε σέλινον, Il. 11, 776, broutant le lotus et l'ache qui croît dans les lieux marécageux.

ΜΑΣΑ͂ΣΘΑΙ, 1° mdcher : Macüvra γὰρ ἅπαντες οἱ ἐν τῇ χώρᾳ τὸν πάπυρον χαὶ τὸν μὲν χυλὸν καταπίνουσι, τὸ δὲ μάσημα ἐχθάλλουσι, Theophr. H. PL ἸΝ, 9, tous les habitants de cette contrée mâchent le papyrus, et ils en avalent le suc, mais rejettent ce qu'ils ont mäché. 2° De là, manger, en général, comme en latin mandere : Μασώμενος τὸ λοιπὸν οὕτω τῷ χόπῳ ξυνεῖναι, ÆAristoph. PI, 320 , et après avoir mangé, me livrer ensuite au travail.

ΠΑΤΈΕΣΘΑΙ, dans Homère et Hérodote, prendre de la nourriture , manger : Πάρος γε μὲν οὔτι πεπάσμην, ἰΐ. XXIV, 642, RARE certes Je n'avais rien mangé.

PO#EIN, verbe formé par onomatopée du bruit de la déglutition , avaler avec bruit un liquide, un œuf, etc. : ὦ μαχαρία βονλὴ σὺ τῆς Θεωρίας,, ὅσον ῥοφήσει ζωμὸν ἡμερῶν τριῶν; Aristoph.

ETAIPOS. 309

Pac. 716, ὅ bienheureux sénat, quel bonheur pour toi que cette Théorie : que de bouillon tu avaleras pendant trois jours !

TPÔTEIN, proprement, 1° brouter, se dit des animaux herbivores, et, par extension, des hommes, en parlant de légumes, de fruits et de friandises : Τοὺς γενομένους χυάμους οὔτε τρώγουσι οὔτε ἔψοντες πατέονται, Herodot. IT , 37, et les fèves qui viennent , ils ne les mangent pas crues et ne les font pas cuire pour les manger. 2° Manger, sinon avec excès, du moins avec l’idée accessoire de superflu, de gourmandise; dans Démosthène, en parlant d’une orgie : Ταύτην τὸ μὲν πρῶτον οὕτωσι πίνειν ἡσυχῇ καὶ τρώγειν ἠνάγχαζον οὗτοί μοι δοχεῖ, Dem. de Legut. 402, 21, d'abord , et assez tranquillement, ils la provoquèrent , à ce qu’il me semble, à boire et à manger.

ΦΑΓΕΙ͂Ν, usité seulement comme aoriste second d'écôtes : ὦ γέρον, οὕπω τόν γε χύνες φάγον οὔδ᾽ οἰωνοί, Il. XXIV, 411, ὅ vieillard ! les chiens ni les oiseaux de proie ne l'ont pas encore

mangé.

229. ἑταῖρος, Ἀναγχαῖος, ἐπιτήδειος, ἐραστής, ἕτως, Ἠθεῖος, Oixsioc, ὀπαδός, ὀπάων, Φίλος.

ἙΤΑΙ͂ΡΟΣ, ου (δ), ἀ᾽ ἔτης, camarade, compagnon , soit d'armes οὐ dans toute autre espèce d'association temporaire, celui dont on a été rapproché pendant quelque temps, soit par le rapport d'âge ou de travaux, soit par un commerce habituel, Homère l’emploie en parlant du vent : ἡμῖν δ᾽ Exuevoy οὖρον {st πλησίστιον ἐσθλὸν ἑταῖρον, Θέ. ΧΙ, 7, et il nous envoie un vent favorable qui enfle la voile, utile compagnon.

ÂNATKAÏOZ (ὃ, ἡ), qui est attaché par les liens de parenté ; necessarius : Καὶ φίλους πρὸς τοῖς ἀναγχαίοις χαλουμένοις ἄλλονς κτῶνται βοηθούς, Xen. Mem. IT, 1, 14, et outre ceux qui leur sont attachés par des liens de parenté, ils ont des amis dont ils se font des alliés. :

ÉIITÉAEIOZ (5, ἡ), avec qui l’on est lié, intime; d’où, pris comme substantif par ellipse, ami intime : ἔστι δὲ τῶν αἰεὶ πλεόντων, ἡμέτερος ἐπιτήδειος, Plat. Epist. ΧΤΠ, 3683, ες ἡ! est

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de ceux qui font continuellement la traversée; c'est mon intime ami.

ÉPASTHE, où (6), d'épäo, proprement, qui aime d'amour, amant; au figuré, amateur, ami, où passionné, où avide : ἐραστὴς ἐπαίνου , Xen. Cyr. 1,5, 7, avide de louanges.

ÉTHE, ov (Ὁ), ἀ᾽ ἔθος, ne s'emploie qu’au pluriel ÉTAI, ὧν (oi), dans un sens plus étendu que ἑταῖρος ; il indique moins d'affection et plus de familiarité, et plutôt les rapports journaliers de parenté, de communauté, ou d’association, comme celle des citoyens d’une ville, des membres d’une tribu , d’une famille; on n’en trouve guère d'exemples que dans les poëtes ; concitoyens, compagnons : ἀμύνων σοῖσιν ἔτῃσι, I. VI, 262, combattunt pour la défense de tes concitoyens.

HOEÏOS, εἰα, poétique , cher, honoré, se trouve dans un sens absolu au vocatif, comme appellation respectueuse employée par un jeune frère envers son aîné : Hôeë, ἦ μάλα δὴ σε καὶ ἐσσύμενον χκατερύχω, [ἰ. VI, 518, cher frère, sans doute Je te retarde beaucoup , toi si empressé.

OÏKEÏOZ, six, proprement, domestique ; d’où, intème , cher, attaché : ὁ δὲ Κῦρος ἐχέλευσε τὰ μὲν τοῦ Κναξάρους διαλαδόντας φυλάττειν οὺς ἤδει οἰκειοτάτους αὐτῷ ὄντας, Nen, Cyr. IV, 6,7, Cyrus ordonna que le butin réservé pour Cyaxare fût gardé par ceux qu'il savait lui être le plus attachés.

OTAAOE (6, #), synonyme du précédent, dans les tragiques et quelquefois dans la prose attique, suivant, compagnon : Τέχνων ὀπαδὲ πρέσθυ τῶν ἰάσονος, Eur. Med. 52, vieux compa= gnon des enfants de Jason.

ὁπάων (ὃ, ὁ}, poétique et ionien , mais admis par Pindare et les tragiques, proprement, suivant, compagnon : Aid γὰρ χέρες Θησέως ἔσωσαν, φιλτάτων τ᾽ ὀπαόνων, Soph. ΟΕ «. (οἱ. 1105, car ce sont les mains de Thésée et de ses chers compagnons qui nous ont sauvées.

ΦΊΛΟΣ, ον (8), ami; le compagnon (ἑταῖρος) π᾿ ὁδὶ pas toujours ami (φίλος) ; mais Vami est toujours compagnon, ou du moins l’a été, puisque cc n’est que dans un commerce habituel

que l'amitié a pu se furmer : Avéyxn φίλον εἶναι τὸν συνηδόμενον

ΕΤΕΡΟΦΘΑΛΜΝΟΣ, ETOS. 811

τοῖς ἀγαθοῖς καὶ συναλγοῦντα τοῖς λυπηροῖς, Aristot. Rhet. IT, 4, il est nécessairement notre ami, celui qui se réjouit avec nous de notre bien et s’afflige avec nous de nos maux.

ÉTEPOHOAAMOES (ὃ, ἡ), qui a perdu un œil par gecident : ἀντίγονος ὃ Φιλίππον, ὃ χαὶ ἑτερόφθαλμος, καὶ ἐκ τούτου Κύχλωψ προσαγορευθείς, Ælian. Var. Hist. XII, 43, Antigone, fils de Philippe, qui avait perdu un œil, et fut pour cela surnommé le Borgne. |

MONO#OAAMOZ (ὁ, ἡ), qui de sa nature n'a qu'un œil, comme les Cyclopes de la fable ou comme les Arimaspes , autre peuple de mineurs dont parle Hérodote d’après les légendes de son lemps, qui les représentaient comme n'ayant qu'un œil; légendes auxquelles, malgré la crédulité qu’on lui attribue généralement à tort, il avoue qu’il ne peut croire : Πείθομαι δὲ οὐδὲ τοῦτο, ὅκως μουνόφθαλμοι ἄνδρες φύονται, Herodot. TT, 116, εἰ je ne crois pas que des hommes naissent n'ayant qu'un œil.

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