Infinitif sujet ou attribut
a) Avec Particle : cette construction, déjà rare au xvii« siècle (le ne savoir plus que dire ISévigné]), n'est plus usitée aujourd'hui.
b) Sans article : Crier n'est pas chanter ; — mentir est chose honteuse.
c) Avecdô : Il est honteux de mentir.
Remarque. — La construction • de faire telle chose, c'est.,, » est fréquente au XVII* siècle. Aujourd'hui, de ne s'emploie plus ainsi qu'au sens de cause : de travailler, cela nie fatigue.
Infinitif Indépendant
a) Exclamation, protestation ; Oser parler de la sorte I
b) Infinitif historique : Tous de rire.
c) Ordre ou défense (préceptes, ordonnances, recettes, recommandations) : Affranchir,
d) Délibération : Que faire? (pour le passé comme pour le présent).
Infinitif dans les Propositions Dépendantes
A. Infinitif dépendant d'un verbe :
1® Proposition infinitive : a) après les verbes signifiant dire ou penser ; — après saroir, pouvoir, devoir; — vouloir, désirer ; — sembler, paraître; — oser, daigner ; — faillir (voir pages 17-18).
6) Infinitif avec (t (voir page 18).
c) Infinitif avec de (voir page 18).
ri) Infinitif avec à ou avec de, suivant le sens (voir page 19). 2« L'infinitif qui dépend des verbes sentir; — regarder, voir; - enteiidre, éeouter, ouiTy peut avoir le sens actif ou le sens passif :
Je l'ecuute se vanter ; — je l'entends vanter (actif) ses ancêtres ; — je l'entends vanter (passiO par tous.
3^ Après laisser :
Laissez-los se battre; — laissez-les battre (aciiO les rebelles; — laissezles battre (passif) par leurs ennemis.
REMARQUE. — Jusqu'au commencement du xix« siècle, on omettait le pronom réfléchi devant l'infinitif dépendant d'un v«>rbe; aujourd'hui, il est de rigueur : Veux-tu que de sa mort je V écoute vanter (=^ le vanter.)
(GOKNBILLE.^
4«> Après faire :
Je l'ai fait taire (et non se taire, parce que faire ne fait qu'un avec le vprbe qui en dépend).
B. Infinitif dépendant d'une préposition. — Le sujet est, ou bien le même que celui de la proposition principale, ou bien indéfini {=on). — Le sujet de l'infinitif est quelquefois complément du verbe principal lorsqu'il n'y a pas d'équivoque possible.
à 1) Sens final ou de volonté: donner à boire ; — j'ai à vous parler — être invité à dîner ivoir les Finales page 2^i).
2) Sens consécutif : c'est à mourir de peur (voir page 25).
3) Sens suppositif : à les en croire (voir page 28).
de \) Gomplétif après : a) souhaiter, commander, ordonner y prescrire (toujours), permettre, conseiller (toujours), dissuader (toujours); — b) défendre, empêcher, éviter, pi'endre garde,
2) Causal ; a) Il est malade d'avoir ri; — b) après un verbe de sentiment,
de blâme ou d'éloge : Il se plaint d'avoir été trompé ; — je su^s bien bon de r écouter,
3) Consécutif : rt) après mériter, être digne (capable); — après 5?... de :
Qui le rend si hardi de troubler mon breuvage ? (La F'ontainb.)
4) Après un impersonnel de convenance, de possibilité, de sentiment, de
restriction (voir page 22, 8» et la note).
pour [) Final : Travailler pour réussir; — un conte pour rire; — pour parler
net.
"?; Causal : Il a été (je l'ai) puni pour avoir ri. 3) (ionsécutif : surtout après assez (trop, bien) pour, etc. : Je suis là pour
le dire ; — il est assez grand pour comprendre. 4)lGoncessif : Poi-r être roi, on n'en est pas moins Uomme^
5) Condition essentielle : Pour (=si l'on veut) réussir, il faut travailler. sans 1) Enonciatif : II parle sans réfléchir {=et ne réfléchit pas).
•?) Coitsccutif (après une négation) : Il ne saurait parler «ûn5 plaisanter,.
3) Goncessif : Cela va sans diréx= bien qu*on ne le dise pas).
par: seulement après commencer et finir : Il commence par m'ennuyer.
après: a) 1^1 'AS les expressions : a/jr^ç diner (d'^jeiiner, souper, boire) ', ^ b) devant le passé de rinfinitif : après avoir lu, il sortit.
jusqu^à^ seulement après aller : Il est allé jusqu'à dire.
entre (pour exprimer la différence ou le choix) : entre pouvoir et vouloir il y a une grande différence.
à force de (sens causal) : à force de travailler (= en travaillant beaucoup).
sous peine de (dans une défense = la peine sera de...) j
de peur de, de crainte de ; il n'ose avancer de peur de. glisser,
loin d& : loin de vous haïr , il vous aime ;
à mrOins de, faute de, à condition de, sous couleur de (= ayant Vair de), sous prétexte de, etc.
Remarque. — Dans l'ancienne langue, l'infinitif pouvait s'employer comme un substantif après n'importe quelle préposition : Ma guérison dépend de parler à Mélite. (Corneille) ; il repoussa l'injure par lui dire (Sévigné); les conditions ont roulé sur dire (Id.).