‹ Syntaxe du verbe dans la Chronique normandeChapitre 10 sur 37 · III. Parfait · texte numérisé non relu

III. Parfait

Le parfait s'emploie souvent connue temps du récit dans l'ancien français pour le passé défini, notaniiiient dans le style poétique. Dans les Fabliaux on le trouve très souvent, chez les autevu-s en prose beaucoup plus rarement. Chez Yillehardouin on ne le trouve que sporadiquement et nous ne pouvons pas en noter un seul exemple chez Joinville Cfr. M. Haase, Syiit. Uni. p. 84. D'après M. Yising, Fr. St. YII 2 p. 74, il en est de même des Nouvelles des XIII:e et XIY:e siècles, exception faite poiir Henri de Yalencieunes qui semble avoir employé assez fréquemment le parfait pour le passé défini.

Dans notre texte nous ne trouvons guère un seul exemple où le parfait n'aurait pas été h sa place dans le français moderne, sinon p. 21 J'ay respondu aux messuiges,. que ce ne feroye point — — — .

lY. Passé antérieur.

Fasse antérieur pour le plus-que-parfait.

Comme noiis avons dit plus haut, on employait souvent dans l'ancien français lepassé défini pour l'imparfait. De la même manièie, on employait aux temps composés le passé antérieur pour le plus-que-parfait.

Dans Koland il y a encore une distinction nette entre les deux temps, voir M. Bockhoff, Synt. Gebrauch der Temp. im Oxf. Fol. p. 60, 61. Cette distinction ne se trouve plus chez lîaoul de Houdenc, voir M. Abbehusen p. 9. ("hez Eaoul de Houdenc le passé antérieur est plus fréijuent que le plus-que-parfait; dans YiHehardonin les deux temps se trouvent aussi fréquemment l'un que l'autre et dans .loinville le plus-que-parfait est plus fréquent que le passé antérieur, voir M. Haase, Synt. Unters p. 91.

Dans notre texte nous rencontrons le passé antérieur dans plusieurs passages où le français moderne metterait le plus-que-parfait. Ce dernier temps est pourtant beaucoup plus fréquent (|ue l'autre.

C'est sartout dans les propositions temporelles iiuc Ion trouve le plus souvent le passé antérieur employé pour le plus-que-parfait. Ex. p. 3 et te comte manda ses aini/s tt envoia GuillaiDue sun fil.: à Douai/. Et Guillaume filz du conte de Flandres cust espousi'c la fille Baoul connestàble de France: p. 13 — — — et le i)rinces de Gales qui moult ot perdu de ses hommes . . .: pp. 30, 32, 4!l etc. — — — .

Passé antérieur jjour le passé défini.

Le passé antérieur s'emploie quelquefois dans le français moderne pour indi(iuer qu'une action fut terminée immédiatement avant qu'une antre fût commencée.

Dans l'ancien français son emploi comme temps du récit était beaucoup plus étendu. M. "N'ising, Fr. St. VII, 2 p. 79 dit: l7i dcr altfranzosichen Litteraiur, hesonders in dcr Poésie lam dièse Farm ohne Einschrilnkung mit perfektischer Bedeutung vor, und sic nar eine dcr hauptscichlichen erzà/ilenden Tempora.

Cela est peut-être un peu exagéré. M. Abbehusen dit sur l'usage du passé antérieur chez K. de Houdenc, (p. 9): im G(auvain) dient mehrfach das Plusq II als

Tempus dcr Erzcihlung statt des hi-9t. Perf. — . Dieser Gebrauch seheint dcn o

iibrigen Texten (Meraugis, Sojige d'Enfer. Li Romans des Eles) fremd zu sein.

Cependant l'emploi du passe antérieur pour le passé défini était très fréquent dans l'ancien français et avec les locutions fut mors et fut né = mourut et naquit on aura des exemples en abondance, spécialement des Xl.e — XIILe siècles.

Remarque. Fut mor: corresponde à la locution latine mortuus fuit qui fut introduite assez tôt dans la langue et au même sens que mortuus est (parf. de mori) ex. de Plante; voir M Foth. B. St. II 321.

Fut morz se tenait assez longtemps dans la langue avant qu'il fût entièrement supplanté par mourut.

Dans notre texte nous trouvons des exemples des deux temps (fut morz, mourut.)

Ex. p. 26 et l'oriflamlte du roij fut à terre versée et Anciaux de Cfievrcux

qui la porta fut ce jour mort de chaut et de paine. p. 156 Avant que le roij Jelian feust venu à Pari.>; fut morte Jefianne sa femme — .

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