‹ Syntaxe du verbe dans la Chronique normandeChapitre 8 sur 37 · III. Verbes impersonnels · texte numérisé non relu

III. Verbes impersonnels

L'ancien fianrais l'tait plus riche en verbes impersonnels «[ue n'est le français nujdeme, voir M. Haase, Sijnt. Uni. p. 68. Cependant presi[ue tous ceux (jue nous trouvons dans notre chronique, nous les trouvons aussi dans le français moderne. — La plupart des verbes impersonnels pouvaient autrefois être employés h d'autres personnes, ou à un autre nombre <pie la 3:e personne du singulier: Ce est il wr qui pleut et tonne (Eoman de la I\ose). Aussi dans le français moderne quelques-uns d'entre eux peuvent, en prenant un sujet déterminé, devenir simplement neutres ou intransitifs. Ex. cju importent de vaines menacex'f Les balles jdeuraient de toute part.

Verbes impersonnels dans la chronique normande: Il y a. M. Darmesteter dit dans son Cours de la grammaire historique "Le latin pop ularie disait dcji( habet hominem

. L'ancien français dit de même, avec le sujet logique à l'accusatif,

a home. Peu à peu se prit l'habitude d'introduire l'adverbe i " et il

nous en donne deux exemples de Eoland. On rencontre pourtant cet / dans des textes plus anciens encore: Leod. ô.5 mi compte i oth: Ale.cis I, 3 dont ore ni ot nul prut. Comme la locution est commune pour les langues

roiniines, il y a «le bonnes raisons pour croire que cette locution fi a home) fNistait dt\jà diins le latin vulgaire (ibi luihel honiineni). f'e n'est qu'au .\ll:e siècle qu'il so présente dans la litti'rature. Après ce temps on les rencontre tous les trois: a, ij a, il // a jusqu au .\VI:e siècle quand il // a a remporte sur les deux autres.

Dans notre texte, nous les rencontrons tous les trois. Do plus nnus y trouvons une autre locution // a. de sorte que nous eu avons quatre: a. il a, 1/ II, il II a.

Nous les rencontrons:

a •"•'.• iois

il a 14 „

il u a 21 „

Il II a avec un participe passé dans l'ancicu l'ranc.ais coircspond dans lu latin au participe passe employé impersonnellement. Par exemple: p. 117 lii ou il 1/ lit vaillanmcnt combat n: p. liKi et i/ ot en pliiseurs lieux bien combalu.

Cette construction nTtait pas rare dans l'ancien français.

S'il y a un sujet logique, le participe passé équivaut à un adjectif qualificatif, ipii le qualifie. Ex.: p. 159 et ij ot mainte saillie et mainte raillanee faite: p. 148 et ij en of bien XII -^'-^ mom. Cette dernière locution est très fréquente dans notre texte.

C'est peut-être iei qu'il faut placer l'exemjjle p. (UJ // arnit un rhcial efieii en l'ouverture de la ditte jiorte.

Dans un exemple, p. 158, le sujet logique est sous-cntendu ot doit être suppléé de la proposition précédante: En rellui temps tcnoient Enylois trahie — — — et pluseurs antres forteresses, et d'assaut ij en eut prinses Ut "Il Engloii- furent mors et jirins.

A côté de ces constructions avec il // a et le participe passé, on trouve aussi le participe passé avec le verbe rtre: p. 38 Et lui fut jugii\ que — — — : p. 50 et fut jiigie, que — — — ; i).\o'd qui fut nommée la besongnc du rhamp Genestous, laquelle fut très vaillamenf combatue.

Et j)our re que très oaiUament fut romhatue — — — . Arient. La locution // ar'ient que est très fréquente dans notre texte. Une seule fuis nous trouvons avient employé personnellement: p. 130 Et ai'indrent ces rhoses ù Amiens ■ — — — .

Convient. Ex. p. 34 et convient jiar force que cil se rendissent — .• p. 55 et

convint aux Anglais rrtraire en mer: p. If58 Ht furent si destrains de vivres que il convint que Hi se rendissent: p. 201 que il leur convint hastivement deslogier.

Convient employé personnellement ne se trouve pa.s dans notre texte. Cependant il n'est pas rare dans l'ancien français et M. Gebhardt, Zur Siibjehtlosen Konstr. im Altfranz. p. 9, en cite plusieurs exemples de Oxf. Ps., de Ercc, de Yvain. de Rou et de CUev. II esji. Sur convient voir M. Haase, S;/n(. Unf. p. (18 et M. Gebhardt, Zur SidijeJcil. Konstr. p. *J.

Plusieurs verbes neutres pouvaient être employés impersonnellement

dans l'ancien français. Ainsi par exemple: Cheoir. Kx. p. 81 et en chug mors jiluseurs: p. 195 il chait un grani //an du mur. Mourir. Kx. p. 73 El en cet ost mourut pluseurs autres nobles /tommes: pp. 7(). 88,

lOfJ, 148, 159, 1(J4, 169, 172 et d'autres.

\enir. Ex. p. (J quant vint it la chaleur du jour .

!^/-ri ypiinir Kx. p. 108 et s'en revint en l'obeissanee des Escoz II contréez.

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