TEINTURE ÉTRÉRÉE DE VALÉRIANE
(Tinctura ælherea cum Valerianu ,)
Poudre de racines de valériane. 100 gr.
Éther alcoolisé à 0.76. 500 gr.
Traitez la poudre de valériane par l’éther, dans un appareil à déplacement, et renfermez le produit dans un flacon bien bouché.
Cette préparation tient en dissolution toute la matière résineuse, l’huile volatile et l’acide valérianique, c’est-à-dire toutes les parties actives de la racine.
ACIDE VALÉR1ANIQÜE.
(Acidum valericum .)
Racine de valériane concassée. 5000 gr.
Acide sulfurique à 1,84. 500 gr.
Bichromate de potasse. 300 gr.
Eau. 23000 gr.
Dissolvez le bichromate de potasse dans une partie de l’eau, ajoutez l’acide sulfurique ; versez la solution et le reste de l’eau sur la racine de valériane, et faites digérer pendant vingt-quatre heures. Distillez ensuite, et lorsque le premier quart du liquide aura passé avec l’huile essentielle, versez le produit distillé dans lacucurbite; recommencez la distillation, et conlinuez-la, jusqu’à ce que l’eau qui passe ne présente plus de réaction acide. Saturez ensuite la liqueur distillée avec du carbonate de soude, réduisez la solution par l’évaporation en consistance sirupeuse; ajoutez un léger excès d’acide sulfurique étendu, et laissez reposer le liquide dans une éprouvette : l’acide valérianique se rassemblera à la surface, sous forme d’une couche oléagineuse. Décantez-le, et rectifiez-le dans une cornue de verre munie d’un récipient.
Purifié par distillation, l’acide valérianique est un liquide incolore, oléagineux, doué d’une odeur particulière, désagréable,
Il se dissout dans trente fois son poids d’eau à 20°, et en toutes proportions dans l’alcool et dans l’éther. Sa densité à 0° est égale à 0,955. Il bout à 175“.
L’addition du bichromate de potasse, déterminant une action oxydante en présence de l’acide sulfurique, dispense d’exposer la décoction à l’air pendant un mois, comme cela se pratiquait autrefois, pour transformer tout le valérol en acide valérianique; de plus le rendement se trouve augmenté.
On peut aussi produire artificiellement l’acide valérianique par l’action de l’acide chromique, ou du bichromate de potasse, ou du noir de platine sur l’alcool amyliqüe ou huile de pommé de terre C ,0 H ,2 O a ; il se fait de l’eau par le fait de la réaction : C'°H' 2 0 3 4- 4 0 = C ,0 H‘°O 4 + 2 HO.
On peut encore l'obtenir en distillant de la gélatine, de la fibrine, de la caséine, de l'albumine avec un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse ou de peroxyde de manganèse. Mais, ainsi obtenu artificiellement, il contient toujours de l'acide butyrique en plus ou moins grande quantité. Ceci s’explique par l’analogie de composition de ces deux corps qui ne diffèrent que par C 2 H 2 . Ce qui prouve du reste la facilité avec laquelle l’acide butyrique peut se former aux dépens de l’acide valérique, c’est que si on soumet une dissolution de valérate de potasse à l’action de la pile, il y a formation de butylène. Il résulte de ces faits, qu’on devra employer exclusivement l’acide valérianique de la valériane pour la préparation des valérianates destinés aux usages pharmaceutiques.