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ce sujet des avis un peu différents, et la question étaient tellement à l’ordre du jour en 1790, que la Société royale de médecine, dans sa séance publique du 3r août, propose comme sujet d’un prix la question suivante :
« Déterminer s’il y a des signes certains, par les— quels on puisse reconnaître que les enfants naissent infectés de la maladie vénérienne. Dans quelles circonstances elle se communique des mères infectées aux enfants et de ceux-ci aux nourrices et réciproquement. Quelle est la marche de cette maladie comparée à celle dont les adultes sont atteints et quel doit en être le traitement.
La société désire que les concurrents appuient leurs doctrines sur des faits nouveaux, bien observés et scrupuleusement recueillis. On recherchera d’abord si tout enfant qui naît d’une mère infectée est par cela même, atteint de la contagion, ou si, comme de très habiles observateurs l’ont avancé, ce ne sont pas des causes accidentelles qui la lui font contracter au passage, etc...
A décerner en séance publique, le jour de la fête de saint Louis 1791. »
Nous retrouvons dans les mémoires de Manon (1800) et de BerriN (1810) L'opinion sur la question des syphiligraphes et des accoucheurs du temps.
Bertin ne semble pas considérer la syphilis postconceptionnelle, dont il relate 5 cas, comme d’un pronostic fœtal différent de la syphilis anté-concep-
tionnelle, et il ajoute parlant de la vérole en général : « Des enfants nés de mères infectées et qui n’ont fait aucun traitement durant la gestation sont quelquefois exempts de syphilis ». |
Pour lui, plus le moment où la syphilis a été contractée est proche de celui de la conception, plus il y a de probabilité en faveur de l’hérédité, l'infection héréditaire est d'autant moins à craindre que l’invasion de la syphilis chez la femme est plus rapprochée du moment de l’accouchement. ;
LAMAUVE, en 1821, enseignait que les enfants héréditairement chargés par le père ou la mère ou par l’un et l’autre sont mis au monde, soit mort-nés, soit macérés, soit avant terme, soit présentant des éruptions, coryza, etc... soit sains en apparence, mais avec la possibilité d’être atteints plus tard.
Pour LaGneau (1828), l'enfant né d’une mère infectée est toujours syphilitique ; maïs, se ralliant à l’opinion jadis émise par Ambroise PARÉ et depuis par Gairraneur il écrit : « Je conviendrai qu’il est certains cas dans lesquels des enfants, qui s'étaient conservés sains dans le ventre de leur mère (dont probablement l'infection ne datait pas de longtemps avant le terme de la grossesse) contractent la syphilis pendant un accouchement laborieux en passant avec lenteur sur des ulcères, des pustules humides, ou en se trouvant en contact avec la matière des écoulements qui infectent les organes génitaux. »
Parror, en 1852, est d’avis que lorsque la syphilis survient après le septième mois, non seulement l’ac-
PRO 1 couchement se fait à terme mais encore que l’enfant, est le plus souvent indemne de syphilis.
ABERNETHY admet également que la femme dont la syphilis est postérieure au sixième mois n'’infecte pas son produit.
Henri Rocer (1864), réclame aussi l’immunité du fœtus durant plusieurs septenaires ; « car, dit-il, il faut six semaines pour l’incubation de l'accident primitif et deux mois ensuite pour celle des accidents secondaires. ;
Ricor», en 1864, s’exprime ainsi : « jusqu au sixième mois, la mère peut transmettre une syphilis constitutionnelle acquise pendant la gestation, mais si l’infection a lieu pendant les trois derniers mois, il n’est pas sur que la transmission soit possible ».
CnaBaLiEer, en 1864, prolonge la limite de la trans— mission au fœtus jusqu’au début du huitième mois.
Lecranp L., en 1885, rapportant à l’appui de son opinion des observations très intéressantes conclut ainsi : € Quant à nous, rejetant complètement l’opinion de Mauprox et de Kassowirz, nous pensons pouvoir démontrer la possibilité de l’infection jusque dans le courant du huitième mois et par suite, reculer la limite admise jusqu’à ce jour ».
CuLLerter, dès 1851, avait poussé beaucoup plus loin la possibilité de l’hérédité syphilitique, en prétendant que l'infection du fœtus était possible pen dant toute la durée de la grossesse.
Cette opinion est reprise par Norra, en 1860 :; CHaRRIER, en 1862 ; Durac, 1866 ; MIREuUR, 1867 ;
Rosex, 1862; Sruraiss, 1877. OEwRre, en 1878, va même, jusqu’à conseiller l'accouchement prématuré ‘toutes les fois que l'infection maternelle se produit à une époque où le fœtus est viable.
Pour Robert Lory, le fœtus ne serait contaminé
‘dans la syphilis post-conceptionnelle, qu’au moment
de la séparation du placenta. La contamination aurait lieu par le sang maternel qui pénétrerait par la veine ‘ombilicale.
A côté de ces dernières opinions, s’en placent
d’autres, diamétralement opposées.
CaPDevizLA, en 1856, essaye de démontrer qu’une femme syphilitique avant la grossesse ne peut donner la syphilis à son fœtus.
Pour ManproN (1856), si la syphilis anté-conceptionnelle est transmissible, celle acquise durant la gestation laisserait indemne l’embryon.
KassowiTz soutient la même thèse.
Narazis, Guizzor et Bois DE Lucy ont vu des femmes portant à l’époque de l’accouchement des accidents primitifs acquis dans les derniers temps de leur grossesse donner le jour à des enfants chez lesquels aucune trace de syphilis ne s’est manifestée.
Pour Dipay (1854), il résulte du dépouillement de 11 Cas, que jamais la syphilis contractée par la mère après le septième mois révolu n’a été une cause de syphilis pour l'enfant.
Bzaise, dans sa thèse d’agrégation, pense qu'après le septième mois, non seulement l'accouchement
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survient ordinairement à terme, mais encore l'enfant est le plus souvent indemne de syphilis.
TarnER, dans son Traité d'accouchement s'appuyant sur NEUMANN qui a constaté des lésions syphilitiques chez des enfants dont la mère avait été contaminée au huitième mois et des enfants sains chez des mères contaminées au premier mois, termine en disant : « on peut juger par ces faits combien ces questions. sont loin d’être définitivement résolues et combien il ya encore d’inconnues qui échappent à l'observation».
M. le Professeur A. Fournier dans son traité : Syphilis el mariage, dit que : « plus la syphilis arrive tard dans le cours de la grossesse, plus l'enfant a de chances pour échapper à l'infection.
Paul-Louis Gasrou (1906), pense que par suite de la transmission intra placentaire, la syphilis postconceptionnelle est plus bénigne pour le fœtus, et cela, d'autant qu’elle surviendra à une époque plus reculée de la grossesse.
La découverte du tréponème, la réaction de Wassermann ont permis d'affirmer la syphilis dans bien des cas imprévus.
Ces nouveaux moyens d'exploration ont permis en Allemagne à WecHsELMAnNN (1909) et à BaB (1909), de démontrer la syphilisation fatale de l'embryon quel que soit l’âge de la gravidité lors de l'infection de la mère.
Cependant, M. le Professeur Gaucner dans une clinique, le 20 novembre 1910, déclarait : « cette syphilis transplacentaire, outre qu’elle paraît plus bénigne, n'est prouvée que pendant le sixième et le septième
1 MONT EN HT EsSSS WYS A IA
mois elle est probable. Après le septième mois, c’est l'exception, cependant il est des observations d’enfants nés syphilitiques de mères ayant contracté la syphilis au septième, huitième, neuvième mois. Ces cas sont exceptionnels, mais authentiques. La conséquence c’est que, quand une femme contracte la syphilis après le septième mois, l’enfant naît généralement sain et ne doit pas être allaité par sa mère.
D'autre part, comme il ne serait pas prudent de lui donner une nourrice, on s'adressera à l’allaitement artificiel ». |
Depuis, la pratique des examens sérologiques s’est généralisée, et, dans les consultations prénatales, on fait systématiquement, une réaction de Wassermann à toutes les femmes enceintes.
Dans certains services d’accouchement, on fait même des examens sérologiques aux enfants nés de mères syphilitiques.
Levaprri a montré que lorsque l’enfant présentait des lésions actives de syphilis le Bordet-Wassermann de la mère est positif dans 96 %.
M. le Professeur Nosécourr à insisté sur le parallélisme à peu près constant des réactions sérologiques de la mère et de l'enfant.
Il semble qu’actuellement tout le monde soit d’accord pour admettre l'infection syphilitique du nourrisson jusqu’au terme de la grossesse et M. le Dr M.PinarDp pense qu'il faut traiter un enfant lorsquesa mère présente un accident primitif quelques jours après
l’accouchement.
Introduction.
On a vu dans les pages précédentes que, de tout temps, les auteurs se sont occupés de la syphilis postconceptionnelle. C’est, qu’ils s’étaient aperçus que, lorsqu'une femme avait contracté la syphilis au cours de sa grossesse et que celle-ci allait à terme, elle pouvait mettre au monde un enfart ne présentant souvent aucun signe clinique de syphilis. D’où les deux théories, l’une de la syphilisation fatale quelle que soit la date de la contamination de la mère, l’autre dans laquelle le fœtus ne pouvait être contaminé que dans les cinq ou sept premiers mois de la grossesse, dans les deux derniers il était mdemne.
Donc, d’après ces auteurs, était hérédo-syphilitique tout enfant procréé par des parents syphilitiques ou, dont la mère contractait cette maladie pour les uns, pendant toute la grossesse, pour les autres, pendant les sept premiers mois de sa grossesse.
: C'était nier les renseignements offerts par la clinique qui montrait qu'un enfant présentait d'autant moins de signes de syphilis que la mère avait contracté celle-ci plus près du terme de sa grossesse.
CazeNAvE avait senli le premier cetle différence entre
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les produits de la Syphilis post-conceptionnelle et ceux de la Syphilis anté-concéptionnelle. |
Il avait appelé les premiers syphilitiques congénitaux, les seconds syphilitiques héréditaires.
La syphilis congénitale pour lui, est la syphilis contractée par un fœtus pendant la vie intra-utérine, mais ce fœtus a été procréé par des Por qui étaient sains à cette époque.
Le syphilitique héréditaire a été procréé par un ou ‘deux procréateurs atteints de syphilis.
Après lui, en 1889, M. le Professeur À. Fournier a dit : « Une maladie transmise des parents à l'enfant ne sera taxée médicalement de maladie héréditaire que si elle préexiste chez les parents à l’acte de la fécondation, et inversement une maladie transmise à l'enfant pendant le cours de la vie intra-utérine ne sera pas un acte d’hérédité... »
Puis Paul Louis Gasrou, en 1906, a Lu tqu « l'hérédo-transmission, résultant du passage à l’enfant
d’une syphilis du père, de la mère ou des deux, anté-
rieure à la conception, et l’hérédo-contagion ou syphilis d’inoculation donnée toujours par la mère à l’enfant après la conception ».
«La syphilis anté-conceptionnelle, dit-il, est tout à fait distincte comme transmission à l'enfant de la syphilis post-conceptionnelle.
Dans le premier cas, l'enfant vient sur un terrain anciennement ou récemment syphilisé, la virulence de la syphilis sera pour lui d’autant plus à craindre que la syphilis sera plus récente ou moins traitée.
R. Pinasseau 2
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Mais quelle que soit cette virulence l’action de cette syphilis sera néfaste pour lui par l’intoxication chronique réalisée dans le milieu maternel pendant toute la période de gestation.
Dans le deuxième cas, l’action de la syphilis dépendra de la période de la grossesse où s’est faite la contamination ; comme la transmission est intra-placentaire, elle semble moins active et, en tout cas, l’action toxi-infectieuse est de moindre durée.
M. le Pr. A. FourNIER avait montré que l’enfant issu d’une syphilis post-conceptionnelle était atteint d’une syphilis qu’on ne pouvait pas appeler héréditaire.
Gasrou avait montré que la syphilis post-conceptionnelle était moins nocive pour le fœtus.
CAZENAVE avait réuni ces deux arguments pour différencier le syphilitique héréditaire du syphilitique congénital. Mais son travail est depuis tombé dans l’oubli, à tel point que lors du Ile Congrès de l’Association Internationale de Pédiatrie préventive en 1932 à Genève sur « La prophylaxie de la syphilis chez les enfants de parents syphilitiques avérés » la question du traitement d’un enfant issu d’une syphilis net conceptionnelle fut passée sous silence.
M. le D' Marcel Pixaro ayant constaté tant dans son Service de Cochin qu’à Baudelocque les nombreuses différences existant entre ces deux catégories d'enfants issus de syphilitiques et estimant qu'il y avait là un sujet de thèse intéressant nous a fait le grand honneur de vouloir bien nous confier ce travail.
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«L'enfant ayant contracté une syphilis congénitale, dit-il, pourra naître avec des signes variables de syphilis dont l’évolution pourra subir l'empreinte du milieu liquide dans lequel il vit (macération, pemphigus). Il à d'autant plus de chances de paraître avec le mininum de signes qu’il aura été contaminé plus tardivement.
L'enfant hérédo-syphilitique frappé dès la réunion des deux cellules qui le créent pourra présenter une plus grande richesse de signes et de stigmates. »
Dans notre travail nous suivrons le plan suivant :