Cette observation a paru en 1904 dans le Bulletin de la
Société de Pédiatrie.
cytes mononucléaires, de volume double ou triple de celui des lymphocytes, avec protoplasma assez abondant, sans granulations, à contours irréguliers ; ces dernières cellules sont plus abondantes que les lymphocytes ; les veines de la pulpe splénique sont très distendues, ia pulpe est elle-mème remplie de sang ; on y voit beaucoup de globules dégénérés et de granulations pigmentaires.
En somme congestion et hémorragie de la pulpe, infiltration et gonflement des corpuscules de Malpighi présentant le début d’une formation gommeuse ; lésions des artères caractéristiques de la syphilis, avec un léger dégré de dégénérescence amyloïde de l’advendice. Aux aitérations vasculaires se joint quelquefois de la périsplénite (Bœrensprung) qui peut déterminer des adhérences entre la rate et les organes voisins.
Plus rarement et seulement chez les sujets morts tardivement, se voient dans le parenchysme splénique surtout sous la capsule, de petits nodules tantôt blancs et durs, tantôt jaunes et plus mous qui sont de véritables gommes (cas de Rendut et observation précédente).
La dégénérescence amyloïde observée dans le cas que nous citons plus haut, est, d’après la généralité des auteurs, tout à fait exceptionnelle.
Les lésions concomitantes que l’on trouve à l’autopsie, sont celles de la syphilis héréditaire, il est nécessaire de mentionner celles du foie, parce qu’on a voulu établir entre elles et celles de la rate une rela-
tion. Le foie est très souvent touché par la syphilis.
EN pas D'après Beau, la rate augmenterait de volume lorsque la circulation hépatique serait gènée. Bærensprung et Parrot ont rattaché la splénomégalie syphilitique à une altération du foie : Cette théorie est délaissée, car les altérations de la rate ne sont pas celles de la simple stase et aussi, parce que de grosses lésions spléniques correspondent souvent à des lésions hépatiques très faibles.
Les lésions de la syphilis héréditaire tardive sont les mêmes que celles qu'on observe dans la syphilis acquise, splénite, gommes, dégénérescence amyloïde,
dont l'étude va nous occuper maintenant.
Il. — LA RATE DANS LA SYPHILIS ACQUISE
Les altérations qu’on a constatées chez l’adulte sont, tantôt une simple hypertrophie sans lésions apparentes, tantôt une splénite interstitielle ou parenchymateuse, tantôt des dépôts gommeux, enfin la dégénérescence amyloïde.
L’hypertrophie. — L'augmentation de volume de la rate est un phénomène fréquemmentrencontré au cours des autopsies ; c’est un fait banal.
L'individu autopsié, fût-il entaché de syphilis, rien ne vient montrer qu’il faille rechercher dans l'infection syphilitique la cause de cette hypertrophie, s'il n’y a aucune lésion concommitante caractéristique. Les autopsies ont révélé que cette hypertrophie est surtout considérable dans l'hérédo-syphilis et la syphilis ter-
OU un tiaire. Il est difficile de dire quelle en est la fréquence; de mème qu'il n’est pas possible de donner les différentes dimensions que peut avoir l'organe : depuis la légère augmentation, jusqu’à la tumeur énorme remplissant tout l’hypocondre il y a place pour de nombreuses variétés d’hypertrophie.
En quoi consiste cette splénomégalie anatomiquement ethistologiquement? Nous l’ignorons encoreen l’absence de toute étude, qui ait pu nous renseigner sur ce point.
Ce que nous savons c’est que du fait de la syphilis acquise seule, comme du fait de presque toutes les maladies infectieuses, la rate peut subir un excès de développement plus ou moins instable, voire très accentué dans certains cas.
La splénite interstitielle. — Dans ce cas,le volume de la rate n’est pas très considérable ; sa consistance est accrue, sa surface devenue irrégulière est parsemée de productions fibreuses. C’est une lésion que l’on constate rarement à l’état isolé, elle est généralement associée à d’autres lésions syphilitiques siégeant dans le foie, les reins, etc.
La rate se présente sous le même aspect que s’il s'agissait d’une tumeur chronique produite sous l’influence d’une interruption permanente de la circulation, comme cela se produit en cas de maladie de cœur ou de cirrhose du foie.
Mais il ne s’agit pas là d'une simple hypertrophie comme on la rencontre dans ces cas, il existe un processus interstitiel évoluant en même temps.
A la coupe le parenchyme parait anémié, il est d’un
rouge-pâle; le tissu conjonctif est hyperplasié, et apparaîit sous forme de bandes rayonnantes d’un blanc gris : la pulpe est raréfiée et offre en certains points une pigmentation jaunâtre qui correspond à un début de dégénérescence graisseuse.
D’après Virchow (1) cette lésion se produirait de la facon suivante : sous l'influence d’une hyperhémie modérée quelques parties du parenchyme splénique se tuméfient, tantôt, il se forme des noyaux lobulaires, tantôt l’altération s'étend irrégulièrement dans tout l’organe, les points affectés sont durs à la coupe ; ils apparaissent plus foncés, plus secs, plus consistants : quelquefois ils sont colorés en rouge noir, ils ressemblent à des foyers hémorrhagiques, et il est même difficile de les distinguer des engorgements inflammatoires. Plus tard la rougeur disparaît en commençant par le centre : en même temps qu'il devient plus sec et plus dur, le tissu prend une coloration plus pâle. A partir de ce moment l’augmentation du tissu conjonctif se fait sentir.
Dans les points où l’altération s’est faite sous forme de foyers, on remarque plus tard une rétraction, un épaississement et une dépression cicatricielle, comme on l’observe dans les lésions syphilitiques du foie, du testicule.
A cette période l’adventice des artères est remarquablement épaissie et leur lumière ainsi que celle des
veines est devenue très étroite.