‹ Syphilis de la rateChapitre 5 sur 28 · I. — Syphilis héréditaire · texte numérisé non relu

I. — Syphilis héréditaire

La sypbhilis viscérale a été étudiée depuis longtemps déjà. Dès 1850 Depaul signale les lésions syphilitiques du thymus et du poumon.

Gubler en 1852 décrit les lésions hépatiques et crée le nom classique de « Foie silex ».

Ce sont ces trois viscères qui les premiers attirent seuls l’aitention. On ne remarquait probablement pas les lésions des autres organes, on constatait simplement l’hypertrophie de la rate, par exemple, sans y attacher une grosse importance.

En 1864, Langlebert dans son Traité pratique des maladies vénériennes ne fait mention que de ces derniers auteurs : sur la rate aucune remarque.

Ce. sont les auteurs allemands qui ont étudié les premiers, la syphilis splénique héréditaire, et c’est en. 1864 que Bœrensprung-dans sa « Syphilis héréditaire » parle des altérations de la rate : il fait allusion à Phy-

persplénie et à la périsplénite.

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Rendu dans le Bulletin de la Société anatomique en 1870, donne une description parfaite des lésions spléniques et pulmonaires syphilitiques, et plus particulièrement des gommes.

2e En 1867 $S. Gée fait à la Société royale de médecine de Londres une communication très importante sur l'hypertrophie de la rate dans la syphilis, hypertrophie qu'on trouverait d’après lui, dans 1/% des cas de syphilis héréditaire. |

Il appelle l'attention sur les rapports qui existent entre le développement de la rate et la gravité de la cachexie.

En un mot il fait ressortir la fréquence de la splénomégalie et son importance pour le diagnostic et le pronostic. |

Nous reviendrons, dans la suite, sur cet important mémoire.

En France ce n’est qu'en 1872 que Parrot s'occupe de cette question : il déplore qu'on ne se soit pas assez intéressé aux altérations de la rate et à l’importance qu’elles peuvent avoir : il émet l’idée, reconnue fausse aujourd'hui, que la splénomégalie, chez l'enfant, est rare après quatre mois.

Rafinesque en 1874, dans les Archives de tocologie, publie un mémoire où il étudie les causes et les manifestations de la syphilis héréditaire : il fait une simple mention de la rate.

Carl Rüge en 1877 fait des recherches sérieuses sur les rapports qui peuvent exister entre le poids de la

rate et le poids du corps des fœtus syphilitiques mort-

‘nés, macérés ou non, et compare les résultats avec ceux des fœtus sains, il observe une augmentation considérablé du poids de la rate chez les syphilitiqués.

Lomer fait des études semblables et arrive à des résultats analogues. (

Nous trouvons dans une leçon de Potain en 1878, une étude sur la syphilis congénitale du foie, de la rate et des reins : il ne s'occupe de la rate que d'une façon occasionnelle, après avoir longuement étudié les lésions hépatiques.

Cornil vers cette époque, déclare que la rate est constamment hypertrophiée dans la syphilis héréditaire ; il remarque que sa capsule est épaissie et son tissu plus dur qu'à l'état normal.

A l’Étranger on s'en occupe beaucoup plus.

Hintzen en 1869, déclare que sur 14 cas examinés, il a toujours trouvé de lhypertrophie ; sur 28 examens Barlow l’a trouvé 24 fois.

Puis Birch-Hirschfeld traite le sujet une première fois en 1875 et publie en 1880 dans le Traité des maladies des enfants, un long article où il note les observations de S. Gée, Hecker, Wagner et déclare l'hypersplénie presque constante.

En 1882, Haslund constate que le rôle de la rate dans l'infection syphilitique n’est pas élucidé ; il admet une bypertrophie indéniable dans 37 0/0 des cas. A la même époque Sevestre fait les mêmes remarques.

Müller en 1883, dans les Archives de Virchow, signale cette hypersplénie dans la moitié des cas observés; dès

cette époque d’ailleurs la question commence à être

A5 — assez connue, grâce aux études de Lancereaux, Jul- Tue

Tissier décrit à la Société de dermatologie, en 1885, les lésions de la rate syphilitique, et y note surtout les lésions vasculaires. OH:

M. Hayem et son élève Luzet appellent l'attention en 1885 sur une anémie syphilitique avec mégalosplénie dont nous recauserons.

Chauffard en 1891 fait une leçon sur un cas de syphilis héréditaire à forme spléno-hépatique.

M. le professeur Fournier dans son livre de la Syphilis héréditaire tardive, relève un certain nombre de cas de splénomégalie chez des hérédo de 18 à 20 ans.

Mauriac, Baginsky signalent à leur tour l’hypertrophie et en 1896 Albert Schônberg (Sem. méd. de Munich) déclare que sur trente-neuf cas, il n’en a trouvé que sept ou il n’y en avait pas.

O. Macé en 1897, dans sa thèse sur La rate du nouveau-né, étudiée au point de vue clinique, s'occupe de celle des syphilitiques et s'applique à des recherches analogues à celles de Rüge : ses conclusions diffèrent un peu de celles de ce dernier ; nous y reviendrons. |

En 1900 Rabeck publie un travail sur la syphilis héréditaire précoce, dans lequel il étudie la fréquence des lésions : il remarque que celles de la rate sont assez rares.

La même année Surico fait, dans un mémoire, un historique assez complet de la question et se livre à

des considérations pathogéniques originales, en faisant

= 14 — jouer au sang le principal rôle comme cause de l'hypertrophie splénique syphilitique.

David dans sa thèse en 1903 traite de la splénomégalie dans la syphilis héréditaire, d’une façon sérieuse et s’efforce de mettre la question au point.

La même année M. Marfan dans la Revue des maladies de l'Enfance, étudie d'une façon approfondie la rate syphilitique chez le nouveau-né. D’après ses recherches la splénomégalie est fréquente et sa valeur au point de vue du diagnostic et du pronostic considérable.

Nous devons ajouter à cette liste déjà longue les recherches faites par MM. Labbé et A. Delille, sur la « syphilis héréditaire précoce avec splénomégalie, anémie et réaction myéloïde du sang », ainsi que le travail de MM. Paris et Salomon en 1904, paru dans les Archives expérimentales où il est traité des organes hématopoiétiques chez l’enfant syphilitique héréditaire, au point de vue histologique : Enfin la communication faite cette année même à la Société de Biologie par M. Lenoble (de Brest) relative à la valeur séméiologique et pronostique de Ja réaction myéiloïde chez les enfants hérédo-syphilitiques à grosse rate, sur laquelle nous aurons occasion de revenir.

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