‹ Syphilis du TesticuleChapitre 10 sur 65 · FORME TYPE DE DESCRIPTION · texte numérisé non relu

FORME TYPE DE DESCRIPTION

Forme nodulaire diffuse. Albuginite F. scléro-gommeuse non suppurée. Orchite interstitielle

Âssez fréquente, elle réalise le type moyen. En voici une observation :

Observation 1. — Th.., Léon, 30 ans.

Entré à l'hôpital pour gonflement du Testicule droit datant d’un mois.

Marié, pas d'enfants, femme bien portante, pas de fausse-couche.

Antécédents personnels. — À 18 ans, Blennorragie, soignée à Cochin par des lavages, accompagnée d'orchi-épididymite droite. Nie tout antécédent spécifique. Ne tousse pas.

Depuis un an le malade habite la campagne, exerce la profession de meunier.

Jouit d'une bonne santé.

Habitué à porter des fardeaux lourds, il aurait eu il y a un mois un accident : en descendant un escalier, alors qu'il chargeait un sac sur son dos, «il'a glissé, lâché le sac, tout en ressentant une douleur appréciable dans la partie droite ».

2-3 jours après, est apparue de ce côté un gonflement énorme, qui aurait augmenté pendant une huitaine ; la peau y était normale, légèrement violacée, la tumeur piriforme aurait remonté jusqu'au canal inguinal, et son contour, précise le malade, aurait rappelé celui d’un haricot à convexité externe. La surface aurait été bosselée et d’une dureté ligneuse. Et cependant, elle n'était pas très douloureuse. Le malade a pu continuer à travailler très modérément, en se reposant la moitié de la journée. Au bout d'une dizaine de jours, la tumeur a regressé, prenant son aspect actuel.

Puis le malade est venu à Paris.

Actuellement :

À droite, on constate un gonflement du testicule, qui est à peu près ovoïde, long de 9 cm., large de 6 cm.

La peau est à ce niveau normale d'aspect, glissant bien sur la tumeur. Plissée comme normalement, ce qui n'est pas en rapport avec la distention qu'elle a dû subir lors de l'apparition de la très volumineuse tumeur du début.

Vaginale. — On sent à la partie supérieure de la tumeur, une tumeur molle, fluctuante, transparente, semblant être constituée par le cul-de-sac supérieur de la vaginale.

Ailleurs, la séreuse adhère au testicule et ne peut en général être pincée.

or

Testicule. — On y sent des parties formant saillie, des noyaux assez réguliers de forme, plutôt en plaques très dures bosselant la surface de la glande et irrégulièrement distribuées.

Epididyme. — Lorsqu'on saisit la glande, de manière à l'extérioriser du scrotum, on sent, en une zone paraissant répondre à la Tête de l'Epididyme un noyau très dur, non douloureux, bosselé. Au-dessous, on sent une série de saillies formant comme un chapelet.

Vers le pôle inférieur et en arrière de la tumeur, un noyau très dur.

Sensibilité. — On peut pincer profondément le Testicule, sans réveiller sur aucun de ses points la sensibilité normale spéciale de la glande.

Par contre, cette palpation profonde, permet de sentir profondément des noyaux plus ou moins aplatis, bourrant la glande sur les côtés et en arrière.

Cordon. — On sent mal la continuation du cordon perdu à son origine, perdu dans la tuméfaction molle du pôle supérieur de la tumeur. Ailleurs 1l paraît légèrement infiltré dans son segment antérieur, tandis que la canal déférent est normal.

À gauche, l'aspect est différent. Le testicule semble de volume normal. Le malade n’y accuse aucune modification, mais on sent au niveau de la queue de l'Epididyme et sur la glande de petits noyaux érès durs indolores, comparables à ceux de l’autre côté comme dureté, mais de taille inférieure.

A la partie moyenne de la glande, on reconnaît la consistance et la sensibilité normales.

La tête épididymaire est normale. La vaginale contient un léger épanchement. Le cordon est intact. :

Le Toucher rectal né montre rien de spécial du côté de la prostate ni des vésicules ou des déférents.

Les mictions sont normales. Les urines claires sans filaments. Tous les autres appareils paraissent normaux. On ne trouve pas de stigmates de Syphilis, pas de manifestations cutanées ou muqueuses. Les réflexes achiléens normaux, “otuliens forts. à

Pas s. d’Argyll Roberston.

Dans les trois jours qui ont suivi, le malade a fait du côté droit une poussée d'hydrocèle aiguë, pareille, mais moins intense, à celle qui semblait avoir marqué le début apparent de l'affection. *

Sur ces entrefaites, le résultat du Laboratoire Wassermann type +++ est venu confirmer les fortes présomptions du début, et montrer comme d’ailleurs l'évolution ultérieure sous l'influence d'injections de Novarsénobenzol, qu'il s'agissait indubitablement d’une Orchi-Epididymite syphilitique.

Voilà dans son ensemble une forme moyenne, à peu près typique, d'Orchi-Epididymite syphilitique.

Il convient de revenir sur les signes énumérés. Chacun mérite une analyse particulière. Et après les avoir analysés, il nous sera permis de voir que la prédominance de l’un d’eux ou leur mode de groupement, peut différencier en dehors de la forme moyenne, des formes cliniques multiples, que nous avons ren-

contrées.

1° DéBurT.

Dans l'observation qui précède, il semble avoir été marqué

pe une poussée d’hydrocèle aiguë, en rapport peut-être avec un eftort.

En réalité, il avait précédé certainemen: cet accident, qui eut l'avantage de révéler au malade son affection. Sans lui, peut-être, elle aurait continué à évoluer silencieusement, comme le prouve la lésion du testicule gauche, que le malade ignorait.

Le début dans cette forme chronique est toujours insidieux. C'est parfois une douleur, quelquefois un traumatisme, le plus souvent le hasard qui découvre l'affection au malade. Il est toujours antérieur au début apparent, et la preuve : c'est que dans les formes légères, c'est le médecin qui revèle au malade l'affection, dont il n'avait même pas conscience.

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