‹ Syphilis du TesticuleChapitre 9 sur 65 · B}) CAUSES OCCASIONNELLES · texte numérisé non relu

B}) CAUSES OCCASIONNELLES

Pour expliquer la localisation testiculaire au cours d'une Syphilis légère, les auteurs cherchèrent à invoquer les causes occasionnelles.

Déjà Verneuil et son élève Petit avaient remarqué que les Syphilômes choisissent, de préférence, les organes affectés d’une tare. Ricord insistait, d’une part, sur les excès vénériens ; d'autre part, sur la continence trop prolongée. Et dans ses leçons, Fournier disait : « Sur plusieurs malades, le développement du sarcocèle a succédé manifestement à des prouesses érotiques immodérées. »

Pareillement, Valette, de Lyon, cité par Tédenat, pouvait s’écrier d'une façon pittoresque : « Si les Syphilitiques hommes de cabinet meurent de Syphilis cérébrale, les vérolés entachés du

vice de paillardise sont très menacés de Syphilômes testiculaires. » = Nous avouons ne pas avoir cherché à vérifier ces assertions. Elles sont logiques.

Nous avons de même constaté que le surmenage glandulaire imposé par la poussée génitale de la « puberté » du nourrisson ou du jeune homme, était une cause occasionnelle certaine de la Syphilis héréditaire.

Par contre, ce qui nous a frappé bien davantage, c'est l'importance capitale des lésions quelquefois traumatiques, très souvent inflammatoires, qui précèdent de près ou de loin, le développement de l’orchi-Epididymite syphilitique.

Les auteurs n’y insistent pas assez, et cependant tous en parlent : Tanturri, Reclus, Rohmer, Jullien. La traumatisme paraît dans certains cas (de Langenbeck, West, trois cas personnels) jouer un rôle incontestable. Il constitue alors une cause de débilitation, comme une inflammation banale.

De même, dans le passé d’une orchi-Epididymite syphilitique on pourrait trouver une Epididymite secondaire (Tanturri,

AV

Darier, Balme) : on trouve l'Epididymite Tuberculeuse. Nous avons trouvé une Orchi-Epididymite urinaire, une orchite typhique, mais surtout la Blennorragie avec ou sans localisation Orchi- Epididymaire. :

Nous avons l'impression qu'au Testicule la Blennorragie prépare le nid de la Syphilis, comme elle prépare celui de la Tuberculose (et quelquefois de la Syphilis aussi) à l'Epididyme. Qu'il s'agisse de locus minoris resistentiae, où qu'on imagine toute autre hypothèse pathogénique, le fait est là. ; On ne peut, en tous cas, admettre qu'il y ait simple coïncidence de deux affections vénériennes, dont l’une la Blennorragie est extrêmement fréquente. Et la preuve c'est que lorsque cette dernière se complique d'une Orchi-Epididymite c'est sur le Testicule antérieurement atteint, que dans la règle va se fixer la Syphilis. Quelquefois même, elles se suivent de si près, qu'elles semblent coïncider.

Deux exemples parmi plusieurs :

1° H.., 30 ans. Hérédo-syphilitique évident, blennorragie depuis un mois. Actuellement en très bonne voie. Découverte par le médecin d'une Orchi- Epididymite gommeuse, cédant rapidement au traitement.

2° M..., tuberculeux. Syphilis primaire il y a un an, soigné par une série de 914. Blennorragie depuis trois mois. Il y a 21 jours, Orchi-Epididymite à début aigu, traitée par révulsion et repos. Actuellement, gomme typique du Testicule, incisée par erreur. Epididyme légèrement augmenté de volume à la queue. Le traitement au 914 fait rétrocéder la tumeur testiculaire. L'Epididyme reste stationnaire.

Dans d’autres cas, l'infection syphilitique se localise sur un testicule malformé : une ectopie testiculaire, par exemple, sur laquelle se greffe, cependant, plus souvent le Cancer.

Enfin, dans un cas, chez un malade Heredo-syphilitique, nous avons vu une Orchi-Epididymite syphilitique se développer sur un testicule antérieurement atrophié, et nous nous sommes demandé s'il ne s'agissait pas là d’un véritable rappel tardif d'une affection syphilitique de l'enfance.

Par conséquent, tout ce qui lèse directement ou indirectement, la glande génitale : infection (et au premier rang la Blennorragie), traumatisme, malformation, constitue, malgré les réserves de Hélot, un point d'appel à la localisation testiculaire de la Tréponémose.

Mais si dans un certain nombre de cas, la cause occasionnelle est évidente, très souvent sinon le plus souvent, la Syphilis du Testicule apparaît sans cause, sponte sua (Fournier). C'est ce qui faisait dire à Dupuytren que chez un syphilitique le développe-

ment spontané d'une tumeur testiculaire doit faire penser à la Syphilis.

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