SIGNES PHYSIQUES
a) Téguments.
L'Orchi-Epididymite syphilitique, dit Fournier, est une dégénérescence qui se prépare et s'opère à froid. C'est le type des affections aphlegmasiques. Les enveloppes scrotales sont d'ordinaire normales. Cependant, indépendamment des cas à début ou à poussée inflammatoire, les téguments peuvent être infiltrés, œdémateux. Ce qui se sent plus qu'on ne le voit. On ne plisse plus, ou on plisse mal la peau scrotale ; le pli est plus épais. D'autres fois, ils perdent en un point leur mobilité sur les plans sous jacents, ou ils rappellent par leurs rides et leur aspect chagriné, les bourses rétractées par le froid.
Quelquefois, dans les cas de grosse tumeur avec hydrocèle abondante, les tuniques sont amincies, presque transparentes, ou sillonnées de nombreuses veines.
à Exceptionnellement, elles sont le siège d'une gomme supercielle.
b) Vaginale.
Immédiatement au-dessous des téguments, l'on peut souvent, sinon toujours, constater la participation de la Vaginale à la lésion glandulaire.
La Syphilis du Testicule étant le type des inflammations chroniques et atteignant le plus souvent la corticalité de la glande, 1l n'est pas étonnant de voir la fréquence de l'atteinte vaginale.
Cette réaction peut être sèche ou exsudative. Quelle qu'elle soit, elle abolit partiellement ou complètement une propriété importante de la séreuse normale : le pincement.
a) Sèche : C'est une vaginale irrégulièrement épaissie et adhérente par places ou partout à l’albuginée, et quelquefois aux plans® superficiels. Unie au Testicule, la vaginale ne se laisse plus pincer. De plus, l’épaississement et l'adhérence de la séreuse ne se font qu'au niveau des îlôts d'albuginite ; 1l arrive donc que, quoique généralisée, cette vaginalite n'est pas totale, et que
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la vaginale présente, en un ou plusieurs points, des dépressions plus ou moins circulaires, des zônes de trépanation qui sont, pour ainsi dire, pathognomoniques de Syphilis.
Par contre, nous n'avons jamais retrouvé de vaginalite sèche plastique, se traduisant par des frottements rudes, que T'edenat a signalés dans deux observations.
B) Exsudative : Gosselin considérait l'épanchement comme un des meilleurs signes de Syphilis du Testitule. Boursier écrit que l'hydrocèle est habituelle dans le testicule scléreux ; rare (ainsi que l'avaient déjà indiqué Pitha et Billroth) dans les gommes du Testicule.
Pour Jullien, elle est exceptionnelle.
Reclus, par contre, la trouve dans la moitié des cas.
Nous-même, sur 26 observations d'Orchi-Epididymite syphihtique, nous relevons 16 fois de l’hydrocèle, alors que dans les livres les plus récents, on la signale comme « bien inconstante ).
En réalité, il est difficile d'établir une juste moyenne. Et comme le faisait remarquer Reclus, tout dépend de l'époque où l'on voit le malade.
S'il existe certainement des cas évoluant à sec, 1] nous paraît que le plus souvent, à un moment de l'affection, il yaun épanchement plus ou moins abondant. Mais il est passager ; souvent minime, il peut passer inaperçu.
D'autrefois, le processus inflammatoire, par ses épaississements considérables, jette des adhérences entre les feuillets de la vaginale, dont la cavité d'unique devient multiloculaire. L’hydrocèle se localise, perd sa mobilité et se cloisonne.
€ Minimum d'épanchement pour maximum d’adhérences » (M. Chevassu), telle devient alors la formule.
Le processus adhésif peut se poursuivre ; les feuillets se symphysent ; le liquide se résorbe. Il sè forme autour de la glande une carapace adhérente, superficiellement et profondément, un véritable capitonnage.
Nous retombons dans la vaginalite sèche.
Une remarque en passant :
Il nous a paru que dans presque toutes nos observations, l’hydrocèle coïncidait avec des lésions Epididymaires. Faut-il conclure que toute lésion Epididymaire entraîne fatalement une hydrocèle ? Non.
*. Cette coïncidence avait déjà frappé les auteurs.
Tedenat disait, en 1881, « que la vaginale est toujours intéressée quand les lésions envahissent tout l'Epididyme ».
. Et M. Chevassu écrit en 1913 : « que la vaginale est, pour ainsi dire, le réactif des lésions épididymaires ».