‹ Syphilis du TesticuleChapitre 12 sur 65 · PEU ER · texte numérisé non relu

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Nous précisons que cette réaction est le plus souvent Exsudative.

À cette réaction, de multiples raisons ont été données : anatomiques (Reclus), expérimentales (Schwartz et Terillon). Il semble, en effet, paradoxal que l’Epididyme en grande partie extra-vaginal, entraîne si fréquemment des réactions de la séreuse.

Mais il faut se rappeler que la vaginale, épaisse sur son trajet testiculaire, est une pelure d’oignon au niveau de l'Epididyme. Elle réagira, donc, plus facilement à une lésion de l'Epididyme, lui-même peu épais, qu'à une atteinte du Testicule, organe plus gros, protégé par son albuginée, — à moins que celle-ci ne soit primitivement (Syphilis) ou secondairement lésée (Cancer).

Volume de l'hydrocèle :

Dans ses leçons sur le sarcocèle syphilitique, Fournier dit : € L'hydrocèle symptomatique du sarcocèle est toujours minime, moyenne tout au plus ».

Reclus écrit : » Le liquide contenu dans la séreuse est variable (10 à 20 cc) ».

Parfois, en effet, c'est une simple lame de liquide mobile qu’on ne reconnaît même pas toujours, tant est facile l'appréciation de l'appareil epididymo-testiculaire sous-jacent.

Parfois, c'est une quantité plus abondante (60 à 100cc) sous laquelle on devine les irrégularités de la glande génitale. Dans ce cas, la ponction nous paraît faciliter l'examen.

Mais il n'est pas rare (dans la Syphilis congénitale ou non), — et c'est là une notion nouvelle, acquise, en partie, grâce à la recherche du complément dans le liquide, — que l'hydrocèle soit volumineuse. Dans 15 cas d’hydrocèle au cours de Syphilis du Testicule, six fois 1l s'agissait de gros épanchement, qui n'avait pas permis d'en faire le Diagnostic étiologique. L'importance de ces cas nous autorise à décrire une forme spéciale de la Syphilis du Testicule : la Forme liquidienne. Nous aurons à y revenir.

À l'opposé de ces hydrocèles minimes ou abondantes, mais libres, les hydrocèles localisées ou cloisonnées. Nous en avons exposé le mécanisme.

Elles se présentent sous la forme d’un ou deux, exceptionnellement plusieurs pseudo-kystes plus ou moins grands, plus ou moins tendus. x à

Quand ils sont tendus, on les confond avec le Testicule si l'on omet d'y rechercher la transparence.

Quand ils sont mous, fluctuants, comme ils sont souvent limités par la vaginale découpée à l'emporte-pièce, ils rappellent la

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pachyvaginalite chronique simple, camouflant complètement le Testicule sous-jacent.

Contenu de l'hydrocele :

C'est un liquide jaune citron, clair, pas très épais, mais visqueux, et surtout coagulant rapidement.

La formule leucocytaire est très inconstante et jamais de nature à éclairer le diagnostic (Sabrazés).

Au contraire, la réaction du complément est assez souvent positive. Nous l'avons recherchée 6 fois ; 3 fois le Wassermann donna un résultat positif. Dans un de ces 3 cas, la réaction était négative dans le sang. On devine dès lors son intérêt diagnostic, sur lequel nous aurons à revenir. Les examens se pratiquent comme pour le liquide céphalo-rachidien ou le liquide d'ascite. Le Hecht y est forcément illisible, mais on pourrait y rechercher la réaction à l'or ou au benjoin colloidal.

Contrairement à ce qui se voit chez l'adulte, le Wasserman du liquide d’hydrocèle est exceptionnellement positif chez l'enfant, ce qui n a pas lieu de surprendre.

L'épanchement vaginal peut ne pas être toujours clair.

Déjà Tedenat avait signalé qu'il pouvait être rosé, ce qui démontrerait, à son avis, sa tendance vers la transformation en hématocèle.

Oelnitz, dans sa thèse, à la suite des travaux de Kocher, qui assimilait les affections de la séreuse testiculaire à celles des autres séreuses, conclut que l’hématocèle est assez souvent un phénomène tertiaire de la Syphilis. Et il cite des observations.

Ravogli écrit, à l’occasion d’un cas démonstratif, qu il est reconnu que la pachyvaginalite avec épanchement sanguin est d’origine syphilitique.

Il convient d'être plus éclectique.

Il n'en est pas moins vrai que la tendance hémorragique de la Syphilis est bien connue. Pour notre part, nous avons vu d’un côté :

1° un malade opéré d’hématocèle présenter un testicule couvert de plaques de blindage qui, à l'examen microscopique, montrèrent une grosse sclérose périartérielle et une absence complète de foyers inflammatoires qui auraient pu faire croire à des lésions réactionnelles de voisinage.

De l’autre côté :

2° un malade syphilitique avéré, opéré d’une hématocèle, diagnostiquée néoplasme et qui avait été traité sans succès au novarsénobenzol. n Cependant, si l'on compare la fréquence relative des Syphi-

Prod

lis testiculaires et la grande rareté des Hématocèles en général, on comprendra que ces cas sont des exceptions.

Sous la vaginale, directement quand elle est normale, facilement si elle est distendue par une hydrocèle minime, après ponction si l'hydrocèle est volumineuse :

c) Le Testicule.

Le Volume — en est variable. La glande est plus grosse que sa congénère. Mais il faut à ce sujet, interroger le malade car il n’est pas rare que les glandes soient congénitalement inégales. Elle peut être doublée ou triplée de volume.

C'est en général un grand œuf de poule ; ce peut être un œuf de dinde (forme hypertrophique). Elle atteint exceptionnellement

la taille d’un gros poing. C’est là un caractère important. Le testi-

cule syphilitique est gros, mais rarement volumineux. Au maximum de son développement il n'atteint jamais le gros volume de certains testicules néoplasiques.

De même le Testicule syphilitique peut être de volume absolument normal, ou au contraire minuscule : un galet, une olive, un haricot.

En réalité, comme le fait remarquer Reclus, le volume dépend du stade de l'affection.

Grosse dans une première période, la Tumeur peut rester stationnaire pendant très longtemps et puis après un temps indéterminé, décroître et s’atrophier.

La Forme — est, dans son ensemble, conservée.

Reclus écrit que és beule syphilitique est aplati tel ( un galet placé de champ dans la vaginale », Cette 1 image, restée classique depuis, est très rarement vraie à notre avis. Et s'il fallait poser le diagnostic de Syphilis du Testicule sur le signe du galet, on rencontrerait bien rarement cette affection.

Nous ne l'avons notée qu'une fois sur 30 observations, encore s’agissait-il d’une Orchi-Epididymite syphilitique atrophique.

Herman a comparé le Testicule syphilitique dans sa forme «interstitielle » à.une « boule de billard ». Or, si nous avons rencontré des Testicules syphilitiques lisses, nous n'en avons jamais rencontré de ronds.

En réalité, la glande conserve généralement à peu près la forme normale ovoide. Elle semble tout au plus avoir étendu ses diamètres primitifs : c'est, comme le disait très Justement Fournier, un Testicule amplifié.

Le volume en est donc moyen, la forme conservée.

- La Consistance — par contre, en est complètement modifiée; toutes les comparaisons peuvent se faire ; toutes sont vraies :

Copa:

et cette variabilité s'explique par les irrégularités même que présente le Testicule syphilitique.

Tantôt la glande offre une rénitence générale étendue à toute la périphérie. Tantôt elle présente ça et là, un excès de rénitence, qui rappelle la balle de caoutchouc plein ou le fibrôme.

Tantôt à côté de noyaux durs, quasi ligneux, indolores, on trouve des parties molles et sensibles.

Tantôt, enfin, la souplesse des deux pôles contraste avec le disque cartilagineux du centre.

La consistance du Testicule syphilitique est, donc, très irrégulière, comme, d’ailleurs, sa surface.

Surface. — Si le Testicuüle syphilitique peut être lisse (boule de billard), les lésions syphilitiques envahissant dans nombre de cas le parenchyme testiculaire tout en respectant sa membrane externe, il faut reconnaître que l'altération de l'albuginée est très fréquente.

Aussi le nom d’Albuginite donné par Ricord, ou celui d'Orchi- Epididymite nodulaire, est-il exact dans la majorité des cas.

Dans 88 % de nos observations, nous notons des irrégularités de la glande.

Elles sont variables : |

Il s'agit quelquefois d'une ou plusieurs tubérosités, de vraies bosselures, pareilles à une moitié de noisette, à large base d'implantation, qui déforment plus ou moins le Testicule, le rendant parfois méconnaissable. C'est le Testicule Bosselé, bourré de noisettes, Testicule mamelonné dans la règle gommeux.

D'autrefois — et ce sont à notre avis, les cas les plus fréquents — ce peuvent être des incrustations plus ou moins étendues, sans relief appréciable au toucher : soit de véritables plaques de cartilage, qui blindent en quelque sorte l’albuginée, c'est le Testicule Blindé (Fournier);

Soit de petites sailles pisiformes ou des nodules fibreux, de la taille de la moitié d'un pois, d’une tête d’épingle, d’un gros grain de plomb, d'une tête de clou, uniques ou multiples, Jamais très nombreuses, confluentes ou semées au hasard. On les trouve surtout sur les côtés de la glande, près de l'insertion épididymaire. C'est le Testicule bourré de grains de plomb.

Mais bosselures, plaques de blindage, grains de plomb peuvent coexister.

Ainsi ce sont essentiellement les irrégularités de sa surface et de sa consistance qui caractérisent le testicule syphilitique. Elles expliquent aussi un autre caractère fondamental :

L'Indolence. — On peut le palpér, le presser hardiment, le malmener, il se laisse faire (Fournier), ce qui facilite singulièrement l'exploration d’un organe si peu maniable à l’état normal.

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