‹ Syphilis du TesticuleChapitre 14 sur 65 · SIGNES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

SIGNES FONCTIONNELS

Contrastant avec les signes physiques, que nous venons de décrire, les signes fonctionnels sont, pour ainsi dire, inexistants.

a) La douleur n'est cependant pas rare.

Nous avons déjà cité la douleur provoquée, et conclu qu'elle était rare mais incontestable.

Nous parlons, maintenant, de la douleur spontanée, elle est encore moins rare.

Dans l'observation placée en tête de ce chapitre, le malade voit une grosse tuméfaction testiculaire se développer très rapi- -dement, mais il remarque qu'elle n'était pas très douloureuse.

L'indolence spontanée comme l'indolence provoquée est un signe de orchi-Epididymite syphilitique. C'est à cause d'elle que le malade ne consulte pas. L'absence de souffrance diminue son inquiétude.

Heureusement, c’est un signe inconstant.

Prenons au hasard 23 de nos malades : 8 accusent des douleurs

actuelles ou passées, LL Her TE NAER de toute forme aiguë ou de toute poussée inflammatoire ou fluxionnaire qui précédait, de près ou de loin, l'ouverture d’une gomme. .

Ces douleurs étaient des pincements, des élancements testiculaires survenant par crises, plus ou moins rares, quelquefois aigus nécessitant, le repos au lit et des compresses chaudes, comme dans une orchi-Epididymite aiguë.

Il s'agit alors le plus souvent de Testicules normaux de taille ou petits de forme à tendance scléreuse. Le noyau sclérogommeux forme corps étranger intratesticulaire, mais surtout les filets nerveux testiculaires sont envahis et progressivement étouffés par le tissu de sclérose, comme par un tissu cicatriciel.

Au contraire, dans les formes hypertrophiques ou liquidiennes, la douleur n'est plus testiculaire mais inguinale et lombaire. Ce ne sont pas des crises, mais une sensation de lourdeur. Le Testicule est douloureux par son poids, le port du suspensoir le soulage.

b) Les désirs vénériens, les érections, ne subissent, le plus souvent, ee Oo en ren jamais d'ailleurs dans les observations du passé.

Nous avont eu l'occasion d'interroger plusieurs malades, et dans quatre cas seulement, il nous a été signalé une frigidité plus ou moins complète.

Dans un cas, il s'agissait d'une orchi-Epididymite bilatérale, dont l’une était ulcérée. Dans un autre cas, alors que la lésion était bilatérale, le malade nous faisait remarquer que son appétit sexuel était conservé, mais que son ardeur tombait dès qui devait passer l'acte.

Dans deux autres cas, il s'agissait de Syphilis monotesticulaire.

La diminution de la capacité congressive (T'edenat) du premier malade s’expliquait davantage par son état psychique que par la lésion génitale. Le deuxième malade Heredo-syphilitique présentait une Syphilis testiculaire droite, mais la glande gauche était depuis l'enfance complètement atrophiée. Pratiquement la lésion était donc bilatérale.

On peut, donc, dire que monotesticulaire la Syphilis ne modifie guère les désirs vénériens; que bilatérale, elle les modifie quelquefois, car même dans ces cas, les lésions testiculaires sont toujours assez partielles, ou du moins, ne sont pas assez généralisées pour que l’'amoindrissement de la puissance virile ne soit que rélatif et échappe à l'attention du malade.

c) Il en est de même de la Spermatogénèése.

Elle ne peut être troublée que tardivement quand les lésions sont avancées, généralisées, bitesticulaires ; ou monotesticulaires coïncidant avec un testicule re rabiret perdu.

LE

Chez deux des malades cités plus haut, nous avons constaté une Azoospermie complète, et chez l'un d’entre eux, qu'il nous a été donné de suivre, nous avons vu réapparaître les animalcules après un traitement prolongé. La liqueur séminale peut être elle-même modifiée.

Mais ce sont là tous points sur lesquels nous aurons à revenir longuement, car ils ont d’autant plus d'importants dans la Syphilis occulte du Testicule.

Tels sont les nombreux signes physiques et les quelques signes fonctionnels de la Syphilis du Testicule. Après les avoir recherchés, il convient de pratiquer un examen complet du malade. L'état général est, dans ces formes chroniques, parfait. L'aspect est florissant et seul le psychisme est atteint, comme toutes les fois qu'il s’agit d'une lésion de l'appareil génital.

La recherche des autres signes de Syphilis acquise ou héréditaire s'impose et nous avons vu que la coexistence des Orchi- Epididymites syphititiques, avec d'autres accidents de même nature, n'était pas fréquente.

Quant aux signes de laboratoire, ils ne font pas partie de l'examen clinique du malade. Nous les étudierohs au chapitre Diagnostic.

Page 1