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Voici deux cas qui le prouvent :
Observation 11 bis. — Double hydrocèle syphilitique (Strominger).
Augmentation rapide du volume d’une tête d'enfant.
La ponction à droite évacue 100 grammes de liquide citrin, et permet de distinguer un Epididyme épaissi, un testicule gros, résistant et lourd.
Au bout de quelques mois le liquide s'étant reproduit, on fait une nouvelle ponction : le Wassermann du liquide et du sang sont fortement positifs.
Mais comme le malade souffre, on lui fait un retournement de la vaginale à droite, tout en commençant le traitement.
On voit alors diminuer progressivement l’hydrocèle gauche, qui permet de sentir un noyau de la tête de l'Epididyme.
Toutes ces lésions disparaissent avec un mois de traitement.
Observation 12. — P1.., E..., 70 ans (Cochin).
Grosse hydrocèle remontant dans le cordon. Ponction : on retire 60 ce. de liquide citrin; on peut ainsi reconnaître consécutivement : un testicule irrégulier, bosselé, augmenté de volume. Wassermann-Hecht : positif. Le traitement. bismuthique fait rétrocéder les lésions ; le malade meurt d’un ictus trois semaines après.
B) Deuxième Catégorie.
Inutile d'insister. Tous les Syphiligraphes (1) ont vu chez les Syphilitiques tertiaires en accidents, disparaître par le traitement : une hydrocèle constatée fortuitement.
Voici un cas parmi plusieurs :
Observations 13. — G. Ph... 63 ans (Saint-Louis).
Glossite scléreuse de la langue ; leucoplasie commissurale et labiale. Epithélioma surleucoplasique de la lèvre inférieure. Hydrocèle gauche.
Revu 40 jours après : le malade qui a été opéré de son épithélioma, a été soumis immédiatement au traitement bismuthique. L’hydrocèle a considérablement diminué.
Voici une observation inverse :
Observations 14. — S..., 53 ans (Saint-Louis). Gommes typiques de la face externe jambe gauche. Erosions circinées du gland et du prépuce (Balanite). Leucoplasie commissurale étendue.
Inégalité pupillaire et réflexes paresseux.
Examen scrotal :
À droite : hydrocèle de moyenne abondance, surtout prononcée au pôle supérieur. ER
Après ponction, on sent un testicule lisse, non augmenté, de sensibilité légèrement diminuée. Epididyme normal, sauf à la queue qui présente un noyau dur, séquelle, sans doute, d'Orchi-Epididymite gonococcique.
Wassermann : dans le liquide : négatif, positif dans le sang. Le malade est revu après 8 injections de Bi et 6 jours de KI. Les lésions de la jambe se cicatnisent. L'’hydrocèle s'est reproduite, a même augmenté. Le
Comme on pouvait le prévoir, il ne s'agissait pas d’hydrocèle syphilitique.
Nous possédons une deuxième observation calquée sur la précédente.
(1) Queyrat, Darier, Gougerot, Pinard, communications orales.
C) Troisième Catégorie.
Observation 15. — Observation communiquée par le Dr. Lazard:
En 1917, se présente à lui un agent de la Sûreté, atteint d'une volumineuse hydrocèle droite développée depuis peu. Le Dr Lazard, se rappelant un cas d'hydrocèle syphilitique, examine et interroge le malade. Il. est frappé par ses troubles psychiques et généraux (asthénie) et apprend qu'il a eu en 1914 chancre et roséole, traités à peine-par quelques injections intramusculaires.
8 injections d'huile grise firent disparaître l'hydrocèle.
Depuis, le malade est soumis tous les ans à 1 ou 2 séries de Novarsénobenzol.
Nous le voyons en septembre 1925, très bien portant. Il conserve cependant sur le pôle suproexterne du testicule droit une petite plaque paraissant être un épaississement de l’albuginée.
Nous avons distingué un peu artificiellement ces trois catégories de malades, dont nous avons donné des exemples.
Tous prouvent que la forme liquidienne se présente sous l'aspect d'une hydrocèle banale :
Scrotum aminci et fin. Tumeur plus ou moins piriforme, plus ou moins grosse, fluctuante ou rénitente. Transparente, irréductible, gênante par son poids, ou simplement inesthétique.
Comme la transparence ne permettra pas d'apprécier à coup sûr et à sa Juste valeur l’état de l'appareil Epididymo-testiculaire, ces formes doivent être ponctionnées.
La Ponction.
A) Facilite l'examen de la glande génitale et permet de constater une lésion -testiculaire isolée, ou souvent testiculo-épididymaire comme dans les formes types.
B) Elle permet l'examen du liquide.
a) Chimique, extemporané : coagulation du liquide, spontanée ou après addition du chloroforme (Lisbonne).
Elle a peu d'importance, car se voit dans toutes les hydrocèles symptomatiques.
b) Bactériologique. Lymphocytose abondante et fréquente. Aucune valeur, puisqu'elle se rencontre également dans la
Tuberculose (Sabrazes).
c) Biologique. Très important : permet la recherche du Bordet- Wassermann type, souvent positif en cas de Syphilis (Dufour).
C) La ponction enfin, dans les cas de très grosses hydrocèles, est un adjuvant du traitement anti-syphilitique. Pour toutes ces raisons, nous la considérons comme indispen-
sable.
I. — Forme hypertrophique ou mieux .pseudo-néoplasique (Syphilôme)
Le terme ( hypertrophique » ne désigne pas forcément un testicule volumineux. Il désigne surtout des testicules augmentés de volume, le plus souvent dépourvus de toute irrégularité qui pourrait faire penser à la Syphilis et que, vu l'absence d'’antécédants ou d’un examen de sang positif, on prend pour un néoplasme et on opère. Ils représentent assez souvent des gommes géantes nécrosées, ce qui explique l'inefficacité possible du traitement d'épreuve.
Cette forme a été décrite pour la première fois par notre maître M. Chevassu dans sa thèse. Elle est d’un très haut intérêt, non pas : à cause de sa fréquence, mais à cause de la difficulté de son Diagnostic avec le néoplasme du Testicule qu’elle simule complètement. Voici comment il l’a décrit :
Le Testicule a le volume d’un œuf de dinde et même davantage.
Sa forme est conservée, sa surface est lisse et régulière.
L'Epididyme le coiffe de la même façon qu'il coiffe les néoplasmes. |
Les autres signes accessoires syphihtiques peuvent manquer complètement. Le Testicule, du côté opposé, peut être absolument sain. Le cordon peut être infiltré et augmenté de volume comme il est dans les néoplasmes. On peut sentir les battements de l'artère spermatique comme dans tous les cas de gros testicules.
Seules les irrégularités de la vaginale permettent, quand elles existent, de soupconner la Syphilis dans cette forme qui, même pièces en mains, est souvent difficile « à différencier du néoplasme, à ce point, que le microscope seul vient parfois trancher la question ».
Observation 16. — M..., 47 ans, entre à Cochin pour une tumeur de la bourse gauche, ayant débuté assez rapidement, il y a trois semaines.
Actuellement sous une peau scrotale normale on palpe un testicule gauche du volume d’un œuf de poule lisse. En réalité, on y sent deux régions : une antérieure ovoïde, plus dure que normalement, et présentant la sensibilité testiculaire ; une postérieure, entourant la précédente d’un véritable cimier de casque réguher, qui lui constitue une vraie niche. Elle est nettement plus dure et indolore. On serait tenté de la prendre pour un Epididyme augmenté de volume, si l’on ne sentait au-dessus du pôle supérieur de la tumeur, une tête épididymaire normale que l’on pince aisément.
Il s’agit donc, d'un gros testicule coïncidant avec une funiculite légère ; un canal déférent souple, une prostate et des vésicules normales.
Le malade nie toute spécificité et la réaction de Wassermann-Hecht est néga- VE a
Aussi, craignant un néoplasme, on intervient d'urgence. Aer
L'opération (castration) faite le surlendemain, montre qu'il s'agissait de deux gommes syphilitiques testiculaires, vérifiées macro et microscopiquement .