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Comment expliquer que désireux de la connaître, promettant depuis des années à qui veut l'entendre « de se rendre n importe où, n'importe quand » pour palper un Epididymite atteint de Syphilis secondaire, M. Chevassu n'ait pu se faire présenter un seul cas par ceux de ses collègues qui affirmaient l'avoir rencontrée, sans trop d'ailleurs le lui prouver ?
Il planait là un mystère quil était tentant de percer.
Après nous avoir familiarisé, pendant les deux années de notre séjour à Cochin, avec le palper de l'appareil testiculo-epididymaire, notre maître nous fit l'honneur de nous confier cette mission.
Au début, notre parti fut rapidement pris.
Passant- au crible d'une critique sévère les observations de Dron, de Guilleret, de Balme, de Tanturri, de Pascalis, de Giov. Melle, nous eûmes la certitude que nombre d'entre elles étaient des erreurs de diagnostic : il s'agissait, non seulement d'Epididymites tertiaires, mais aussi d'Epididymites gonococciques, voire tuberculeuses et très souvent de kystes épididymaires.
Certaines conservaient, néanmoins, une authenticité indubitable.
Dans un deuxième temps alors, nous interrogeâmes des maîtres notoires : l'Epididymite secondaire ne rencontrait auprès d'eux que haussements d'épaules et sourires ironiques.
La » Maladie-Mystère » n'existait donc pas.
Elevé dans cette idée, nous étions nous-même porté à la nier, lorsque la poursuite de notre enquête auprès de syphiligraphes éminents qui affirmaient l'avoir rencontrée, nous obligea. à quelque réserve.
Nous avons alors recherché systématiquement l'Epididymite secondaire. Cette recherche qui a porté sur un très grand nombre de malades examinés à peu près quotidiennement et pendant de très longs mois à la consultation de Saint-Louis, nous a révélé le pourquoi de la divergence qui sépare les auteurs. Elle nous a montré :
1° Que l'Epididymite secondaire existe incontestablement ;
29 Que c'est une affection rare, qu’elle l’est d'autant plus que les manifestations cliniques en sont si discrètes que non seulement elles passent toujours inaperçues du malade, mais qu’elles échappent même au médecin s'il ne les recherche systématiquement et s’il n'a pas du palper épididymo-testiculaire une habitude consommée :
3° Que dans les travaux qui lui ont été consacrés, la multiplicité des formes décrites, la diversité et l'imprécision des périodes auxquelles elle apparaît, et aussi — pourquoi le cacher ? — les erreurs de diagnostic qui s'y sont glissées, ont été la source de confusion.
Voyons maintenant ce qu'est cette fameuse affection.