I. — Présence du Spirochète dans le Sperme
Dès 1736, Astruc soupçonne la contagiosité du sperme. Il affirme que la ( semence et les autres humeurs séminales, sont les plus sujettes à être infectées du virus vénérien. »
Si Hunter ne partage pas cette opinion Poster, en 1857, la confirme et quelques années plus tard, Diday écrit cette PASE singulièrement troublante pour AAA
« Le sperme peut infecter directement et le spermatozoïde, qui est l'agent de transport de la matière virulente pénétrant jusqu'à l'ovaire, a assez de force pour infecter l’ovule et l’organisme de la femme qui le porte. »
Et, cependant, l'expérimentation ne vint pas étayer ces hypothèses : En 1867, Mireur à la suite d’inoculation négative de sperme de Syphilis secondaire à quatre sujets, conciue à la non infectiosité du liquide séminal.
Ce qui n'empêcha pas Fournier d'écrire et d'enseigner (Syphilis et Mariage, hérédité syphilitique) que l’ovule est fécondé par un spermatozoïde porteur de virus, que les deux se développent, le dernier envahissant l'organisme de la mère et l’infectant. Le grand Syphiligraphe admettait donc la présence du virus dans le spermatozoïde et la nécessité d’une grossesse pour la contagion (Syphilis conceptionnelle).
La présence du virus spécifique dans le sperme, supposée par les cliniciens classiques, devait être démontrée par les expérimentateurs.
À) Inoculation.
Neisser fit avec du sperme, sept inoculations au singe; toutes furent négatives. Cependant, en inoculant les organes d'un simge syphilitique, ik démontra que la moëlle osseuse, la rate, les ganglions et surtout les Testicules, sont infectieux.
En 1905, enfin, Finger et Landsteiner, de Vienne, parviennent à transmettre la SH par inoculation de sperme de Syphilitique à l’arcade sourallière du singe cynocéphale.
Nous tenons à rappeler ces expériences si importantes et si peu connues en France. Quatre singes furent inoculés, dont l’un est mort quelques jours après.
187 cas. — Il s'agissait d’un malade dont la Syphilis évoluait depuis quatre
mois et qui présentait des lésions cicatricielles d'un accident primitif excisé, et des lésions secondaires du tronc et des membres. On obtint le sperme par
expression vésiculaire par voie rectale. Le sperme, ne contenait ni sang, ni pus, mais des spermatozoïdes nombreux et mobiles. On l'inocula à la paupière et au Mont Vénus d'un singe. Trois semaines après, cet animal présentait des érosions nombreuses, confluentes, suintantes aux paupières ; et au niveau de l'abdomen, des nodulss non ulcérés, indurés. Toutes ces lésions se cicatrisèrent au bout d’un mois, laissant une pigmentation intense. Dans les deux mois qui suivirent, la réinoculation resta sans résultat.
2e cas. — C'était, cette fois, un Syphilitique vieux de 3 ans, présentant une Orchite interstitielle double. Le sperme obtenu de la même façon que dans le cas précédent, ne contenait ni pus, ni spermatozoïde. On en fait une inoculation à la paupière d’un singe qui, 36 jours après, présente à ce niveau des nodules infiltrés, mais pâles. Les manifestations furent dans ce cas atténuées.
32 cas. — Le malade présentait des syphilides psoriasiformes palmaires et plantaires. On inocule son sperme et à l'endroit inoculé, 1l n'apparaît rien. Mais une réinoculation, un mois après, resta négative.
Et les auteurs de conclure que, dans ces conditions, on ‘peut affirmer que le sperme du Syphilitique est infectieux alors même qu'il ne présente aucune lésion de la sphère génitale. Ils ajoutent qu'on doit continuer les expériences, pour voir à quel moment le sperme est plus virulent.
De son côté, Rochon, cité par Hoch, aurait obtenu deux fois, avec du sperme d'un Syphilitique sans lésions testiculaires, un chancre typique de la peau de l'abdomen.
Tout dernièrement, encore, le professeur Uhlenluth reprenant ses recherches expérimentales sur la Syphilis, débutées avec Mulzer en 1909, vient d'en publier un exposé remarquable. En ce qui concerne le sperme des Syphilitiques, il s’est montré, dit-il, virulent dans deux cas sur six inoculations pratiquées au testicule du lapin.
Le sperme avait été fourni par des Syphilitiques florides qui avaient tous subi une endoscopie uréthrale négative.
L'un d'eux avait reçu, 4 mois 1/2 avant l'inoculation, 2 injections de 0.60 de Salvarsan.
Dans tous ces cas, le temps d’inoculation chez le lapin, fut de 7 semaines à 7 semaines 1 /2,
Les résultats de Finger et Landsteiner sont, donc, complètement confirmés. |
Par conséquent, l'inoculation prouve que le sperme des Syphilitiques peut contenir l'agent de la Syphilis.
B) Recherche directe.
Dans son merveilleux livre sur la Syphilis paru en 1909, M. Levaditi écrit :
.© Il semble au premier abord qu'il y ait contradiction entre la virulence du sperme des Syphilitiques prouvée par l’expérimentation et rendue probable par la transmission héréditaire de
cette maladie et l'absence de Tréponèmes dans le liquide séminal examiné sur frottis. »
Or, un an après, en 1910, alors que les recherches de Thibierge, Ravaut et Le Sourd, de Radaele, de Bob, étaient restées négatives, notre maître, M. Marcel Pinard, au cours d'examens portant sur une douzaine de malades, eut la chance de constater à l’ultramicroscope, la présence du Tréponème dans le sperme d'un sujet atteint de Syphilis secondaire sans lésions génitales, et qui avait été examiné à l'uréthroscope par M. Marion, afin de s'assurer qu'il ne présentait aucune lésion uréthrale.
En 1920, M. Pinard a repris ces recherches avec Hoch qui les a consignées dans sa thèse.
Hoch examina le sperme de onze Syphilitiques : Il trouva
trois fois des Tréponèmes. Nous résumons très brièvement ses recherches :
Le 1®T cas n'est pas, à notre avis, démonstratif. Le sujet présentait, en effet, des Syphilides ulcéreuses de la verge.
Le 2 cas : Il s'agissait d’un malade atteint d’un chancre de la lèvre supérieure datant de sept semaines et de roséole syphilitique généralisée non encore traitée. Rien dans la sphère génitale. L’uréthroscopie fut refusée par le malade, dans le sperme duquel Hoch trouva « de rares Tréponèmes morphologiquement libres entre les Spermatozoïdes ».
Le 3 cas est encore plus intéressant. Le malade présentait, pour tout symptôme, une cicatrice de Syphilis primaire du fourreau et une roséole très discrète en voie de disparition.
L'uréthroscopie avait été rendue impossible par une Blennorragie aiguë. Le sperme contenait de nombreux tréponèmes typiques libres entre les spermatozoïdes.
En définitive, Hoch à la suite de ses recherches, dont quelquesunes avaient porté sur des Syphilis latentes ou à signes très discrets, obtient au moins deux résultats positifs sur onze.
Il convient de rappeler que cet auteur, après avoir dilué le sperme dans du sérum physiologique, l'additionnait, ensuite, de Formol, pour empêcher l'éclosion des microbes associés, le centrifugeait deux, trois fois et c'est sur le culot de centrifugation, qu'il épuisait, (puisqu'il en faisait 40, 50, voire 60 frottis), que portaient ses examens faits par la méthode de Tribondeau- Fontana.
C'est dire que le Tréponème n’est pas fréquent dans le sperme (1), qu'il faut s’armer d’une patience remarquable pour l'y
(1) Avec la précieuse collaboration du Dr Pierre Girand, chef de Laboratoire à Boucicaut, nous avons recherché le Tréponème dans le sperme de 4 malades : une Syphilis secondaire, une Orchi-Epididymite, deux Syphilis latentes. Dans trois cas nous avons centrifugé et imprégné au Tribondeau Fontana. Nous n'avons jamais trouvé de tréponèmes, mais nous nous empressons d'ajouter que nous étions loin d’avoir épuisé le culot de centrifugation.
trouver, mais c'est prouver aussi qu'il semble y exister d'une façon certaine. ; Quant à la question de savoir si, au moment de la pénétration . du spermatozoïde dans l’ovule, le spirochète est dans la tête du spermatozoïde ou accolé à lui, c’est à notre avis, une question du plus haut intérêt, mais qui sort du cadre de notre description. M. Pinard ne partage pas la façon de voir de son élève Hoch. L'un imagine le Tréponème à l’intérieur de la tête ; l’autre affirme qu'il existe libre entre les animalcules ( jamais accolés à ceux-ci, ni autrement en rapport avec eux. » Le jour où cliniciens et expérimentateurs collaboreront plus étroitement, cette question — comme d'autres — aura sa réponse.
Inoculations et recherches directes confirment la présence du spirochète dans le sperme.
Cette opinion a rencontré des objections :
1° Toutes les inoculations chez le lapin, dit-on, sont passibles d'erreur, car cet animal peut être atteint d'une spirochètose particulière (sp. cuniculi) qui donne singulièrement le change avec la Syphilis.
Argument sans valeur, car :
a) Toutes les inoculations n’ont pas été faites au lapin, mais aussi au singe.
b) La spirochètose cuniculi est, comme nous l'avons vu, complètement différente de la Syphilis et en particulier ne donne pas d'orchi:Epididymite.
2° Objection : La rareté des inoculations positives.
Après Mireur et Neisser, Hoffmann a publié en 1917 (Zeitschrift für Geburtshilfe und Gynaecologie, vol. IX, 1917) trois
inoculations de sperme négatives.
Nous-même, sous la bienveillante direction de M. Levaditi, et avec le concours de son collaborateur, M. Nicolau, avons repris ces expériences sans succès.
Nous les résumons brièvement :
À) Malade présentant une adénopathie généralisée, une alopécie diffuse en clairière du cuir chevelu et de la queue du sourail.
Antécédents : Pelade, père mort de P. G. M. Pinard en fait un Syndrôme de Tarnowsky. Wassermann légèrement positif. Recueil du sperme par coit. Dilution dans l’eau distillée. Injection 1/2 h. après dans les deux testicules. de deux lapins.
B) Malade ayant présenté en septembre 1924, chancre et roséole généralisée, traités par 9 injections de Novarsénobenzol. N'est plus traité depuis 8 mois.
Actuellement, cicatrice de Syphilis primaire de la face antérieure du fourreau : adénite inguinale Bilatérale : ganglions, petits, durs, indolores : grosse rate. Wassermann : positif. ,
29 juin 1925 : Le malade recueille lui-même son sperme qui, après être dilué: est inoculé aux deux testicules de deux lapins.
L'examen direct n'avait montré la présence d'aucun spermatozoïde (M. Levaditi}.
C) Malade niant tout antécédent syphilitique et présentant une plaque d’albuginite avec Epididymite syphilitique droite et Wassermann très positif.
Inoculation du sperme 1 h. 1/2 après coït et dilution aux deux testicules de deux lapins.
Les six lapins inoculés examinés 3, 6, 8 et 10 semaines après, ne présentaient rien de particulier.
Le nombre de ces expériences est trop limité pour nous permettre de conclure. Nos recherches qui portent, comme on le voit, sur des Syphilitiques latents, continuent. Nous en publierons Héienrement le résultats Quel qu'il soit, 1l n'infirme en rien les résultats positifs, pas plus qu'un Wassermann négatif n'exclut la possibilité d'une Syphilis.
La rareté des résultats positifs a de multiples raisons :
1° D'abord, la rareté des moculations de sperme, vu la diffouhérédie-de se le procurer et de l’expériménter.
29 Les lésions testiculaires ne sont pas fatales au cours d’une Syphilis. ÿ
Je Tréponème est rare dans le sperme, surtout au cours du tertiarisme, et enfin il n'est pas constant. « Comme le dit Hoch, il ne se trouve dans le sperme que par moments, sans que l'on puisse savoir pourquoi à d'autres moments, il ny est pas », le tout c'est de tomber au bon moment. Or, le moment le bles propice paraît l'époque secondaire ou taire: époqué qui constitue, pour ainsi dire, » Ja puberté », l'âge d'or d'une Syphilis. Elle correspond à la septicémie tréponémique, qui peut coloniser aussi bien dans le testicule que dans la moëlle épinière, par exemple, dont les réactions sur le liquide céphalorachidien sont si fréquentes à a cette époque.
Et voilà qui répond en partie à la troisième objection.
<) Il est acquis, pourrait-on dire, que le virus syphilitique se trouve dans le sperme, mais il peut y provenir des vésicules séminales, de la prostate ou de l'urèthre. Et, de fait, les malades de Hoch n'ont pas subi d'uréthroscopie, mais il n'en est point ainsi des malades d'Uhlenluth et du malade de M. Pinard, qui, nous le rappelons, avait été uréthroscopié par M. Marion — garantie suffisante, à notre avis, pour l'intégrité tout au moins de l'Urèthre —.
En enfin, pourquoi refuser à la glande génitale « la Au » de contenir le tréponème, alors de son affinité pour cet agent est indubitablement démontrée ? Allons-nous rappeler ici que les testicules du singe syphilisé sont extrêmement virulents (Neïsser), qu'ils constituent le terrain le plus favorable à l'étude de la Syphilis expérimentale (Uhlenluth, Levaditi) et que le tré-
ponème y a été trouvé par les microbiologistes (Wartin, Fouquet, etc.) ?
c) Et pour clore le chapitre de la contagiosité du sperme aux arguments de Laboratoire, nous tenons à ajouter une preuve clinique SE : : :
Voici une observation que M. Marcel Pinard a publiée en 1921, : Ù e CA AUrESRA se 4 et qui constitue, comme il le dit lui-même, (« une véritable experimentation rigoureusement suivie }.
« Un malade atteint de chancre au début avec tréponèmes constatés et Hecht positif partiel (1/2-1/2) est traité, du 23 août au 4 octobre par 3 fr. 50 d’arsénobenzol (et non pas de Novarsénobenzol) 0 fr. 10 ,0 gr. 20, 0 gr. 30, 0 gr. 50, 0 gr. 60, 0 gr. 60, 0 gr. 60, O gr. 60. d
Deuxième série du 1°* novembre au 13 décembre, pareille à la précédente.
Troisième série analogue, en janvier-février. Dès le 25 novembre le Hecht
est négatif. \ L :
Les premiers rapports ont eu lieu le 5 décembre, la femme est saine, son
Hecht est négatif. Elle commence une gestation en janvier (dernières règles 5 janvier) ; le 27 février le Hecht est 1/3-1/2, sans qu'elle ait présenté à l'examen le plus minutieux observé chaque jour, aucun signe d'infection. »
Nous ne possédons pas nous-même des cas si fidèlement 6bservés. Mais parmi ceux que l'on trouvera au chapitre observations, 1] en est trois, où la contagion par le sperme est sinon la seule possible du moins la plus logique et la plus vraisemblable.
IL. — La Syphilis occulte du Testicule peut se traduire, non seulement par la présence du Tréponème dans le sperme (fait qui nous paraît maintenant acquis), mais aussi par les altérations, la diminution, voire la suppression des spermatozoïdes.
À) Altérations des Spermatozoïdes : ce que l’on peut appeler d'un mauvais mot : Cacozoospermie.
a) Avant de décrire ces altérations, signalons les modifications du sperme lui-même chez certains Syphilitiques : 1l perd son liant, n'est plus visqueux, il devient liquide, aqueux, rappelant d'autres fois le petit lait.
b) Les Spermatozoïdes : Dans une communication orale, notre maître, M. Marcel Pinard, attira notre attention sur les malformations fréquentes des spermatozoïdes chez les Syphilitiques : Ce sont des constatations que nous avons vérifiées. M. Levaditi, le Dr. Girand les ont faites devant nous, et M. Louste nous les a confirmées verbalement.
Au milieu de cellules épithéliales, de débris et de détritus cellulaires, on voit souvent des spermatozoïdes grêles, tordus, déformés, amputés, semblant avoir perdu leur vitalité et, comme le dit avec humour M. Louste, ( aux 3/4 morts ». Nous avons de
plus remarqué que quelquefois le colorant se fixait beaucoup moins sur la tête que sur la queue.
Ces modifications ont été signalées en 1911 par Scheuer de Vienne, qui les a remarquées 17 fois sur 20 examens de sperme de Syphilitiques aux différentes périodes. Cet auteur ajoute qu'elles portent souvent sur la pièce d'union, ce qu'il appelle le « Plasmamantel » et qui, d'après le physiologiste Ries, aurait une importance vitale certaine. La pièce d'union est déformée : en calice de fleurs, quelquefois ampullaire, d’autres fois en boule, et lé sperps rappelle alors un véritable cocon étranglé en son milieu.
B) Diminution des Spermatozoiïdes.
La Cacoszoopermie s'accompagne assez souvent d’Oligozoospermie, que l'on peut d’ailleurs trouver isolée.
Le nombre des spermatozoïdes est très diminué. On n'en trouve que quatre ou cinq, quelquefois moins par champ.
Caco et Oligozoospermie peuvent quelquefois précéder l'Azoospermie.
C) Suppression des Spermatozoïdes. Azoospermie.
C'est une observation de stérilité d’origine hérédo-Syphilitique, observation que l’on trouvera plus loin, qui nous a incité à étudier l’Azoospermie spécifique.
La littérature nous a paru assez pauvre à ce sujet.
En France.
En 1921, à la suite d’une discussion ouverte par M. Clément Simon à la Société de Dermato-Syphiligraphie, notre maître M. Milian déclara que la pathologie du sperme était peu étudiée, mais qu'il avait lu la relation par un médecin russe, d’un cas de stérilité par nécrospermie : les Spermatozoïdes étaient morts à l'émission.
En 1924, M. Milian, au cours d’une nouvelle discussion, cita deux observations de stérilité syphilitique.
La première : .
Malade qui avait eu un enfant vivant et qui dans la suite était devenu azoosperme, sans lésions appréciables du Testicule, les éjaculations étaient médiocres. Le sperme diminue rapidement. Il n’y avait pas de spermatozoïdes. Le Wasser mann était positif.
Dans la deuxième : RAGE
Il s'agissait d'un homme ayant eu la Syphilis, qui ne put avoir d'enfants de trois femmes différentes, alors que toutes les trois en avaient eu récemment d'autres hommes.
Le malade avait eu une Epididymite secondaire Bilatérale, au cours de laquelle les spermatozoïdes avaient complètement disparu du sperme. Ils avaient
reparu un an ou deux. après la disparition de l'Epididymite, et au moment de l'examen, le malade ne présentait aucune modification apparente du sperme ; les spermatozoïdes étaient nombreux.
Au cours de cette même discussion, M. M. Pinard cata deux observations, qu'il nous a confirmées depuis 4
19 Tabétique, marié depuis douze ans ; pas d'enfants. La femme avait eu des lésions tertiaires du larynx dix ans auparavant. Après une série de 606 au mari : gestation qui se termina à cinq mois par un enfant viable, qui meurt. La mère n'avait pas été traitée.
20 Femme atteinte d’aortie depuis longtemps. Jamais traitée. Pas d'enfants. Mène un enfant à terme, après une série de 914. Le mari paraissait indemme
de Syphilis.
En Allemagne, depuis longtemps déjà a été signalée et étudiée l’azoospermie d'origine Syphilitique :
En 1890, Casper de Berlin publie une observation d'un Syphilitique ancien, présentant des lésions ulcéreuses de l'amygdale et de la micropolyadénie généralisée, dont Je sperme, après coït, ne contenait pas un seul spermatozoïde.
Trois mois après une cure à peu près régulière de KT, le patient était blanchi, quoique persistassent les adénopathies multiples. Un examen microscopique du Sperme montra cinq spermatozoïdes mobiles et normaux.
On continue le traitement et moins de deux mois après, Casper trouve dans le sperme de son malade, une vingtaine de spermatozoïdes vivants.
Dans les semaines qui suivirent, le malade eut la joie d'annoncer à son médecin, la gestation de sa femme, qui accoucha à terme d’un enfant présentant des lésions syphilitiques ulcéreuses.
Casper profite de cette occasion pour citer les observations de Liégeois et Brysson, qui sur 21 examens de sperme de Syphilitiques, trouvent 16 cas d'azoospermie, et celles de Léwin confir-
mées par Zeissl, qui affirme l'absence de spermatozoïdes du sperme chez 50 % des Syphilitiques.
En 1911 Oskar Scheuer, de Vienne, publie dans une revue générale intitulée Azoospermie et Syphilis, une observation remarquable, qui non seulement confirme l’origine syphilitique de certaines. stérilités, mais donne aussi une explication anatomo-pathologique intéressante.
Il s'agissait d'un malade que l'auteur avait traité pour Syphilis deux ans auparavant, et qui, s'étant marié, était venu le consulter pour savoir s'il aurait des enfants.
Un double examen: du sperme 1/2 h. après coït, montra qu'il y avait azoos-
permie complète. Le Wassermann du malade était fortement positif. … Scheuer impose alors à son malade une abstinence complète et six jours après, il pratique sur les deux testicules, de multiples ponctions (opération, dit-il, d'une facilité enfantine) qui mettent en évidence des spermatozoïdes immobilesimais bien conformés.
Et l’auteur conclut : qu’il s’agit ici, comme vraisemblablement dans le cas de Casper, d'une Azoospermie par oblitération, soit des canaux testiculaires, ‘soit du tube épididymaire.
— Al —
Après un traitement local, à l'iode et général mixte (KI per os, et Hg en injections), le Wassermann redevint négatif et l'examen du sperme décela 10 spermatozoïdes mobiles.
On persévéra dans le traitement, et moins de trois semaines après ce dernier
examen, Scheuer trouva dans le sperme de son malade, de très nombreux spermatozoides normaux.
L L'obstacle était cette fois levé, la route des spermatozoïdes n'était plus arrée.
À ces observations françaises ou étrangères, nous pouvons ajouter trois observations personnelles de malades syphilitiques latents, dont le sperme ne contenait aucun spermatozoïde (un des examens à été fait par M. Levaditi). L'irrégularité des malades ne nous a pas permis de suivre chez eux les effets du traitement. Par contre, dans les dispensaires anti-syphilitiques de Bichat et de Boucicaut, nous avons pu rencontrer deux ou trois ménages stériles jusqu'alors, devenir féconds à la suite d’une ou deux séries de 914,
Voilà donc, qui démontre indubitablement l'existence d’une ÂAzoospermie syphilitique.
Présence du spirochète dans le sperme. Azoospermie syphilitique légitiment suffisamment, à notre avis, la description d'une Syphilis occulte du sr
III. — Faut-il y ajouter, pour être complet, un syndrôme, d'ailleurs exceptionnel, de dystrophie testiculaire par Syphilis acquise ?
Ïl s'agirait dans ces cas d’une inflammation latente, survenant dès la période secondaire, d'autrefois, plus tardivement, ne se manifestant par aucun signe physique immédiat, mais qui attire l’attention du malade et du médecin, par des signes fonctionnels tels que : mélancolie, épuisement, abattement, abolition des désirs vénériens, frigidité complète.
Cet ensemble de symptômes traduit une dystrophie testiculaire progressive qui, à son tour, retentit sur le reste du système endrocrinien : thyroïde en acer et par synergie fonctionnelle produit des modifications profondes dans l'organisme.
Ïl existerait donc une « dysorchitie syphilitique comme » il en existe une dysthyroiïdie.
La première observation est due à Gandy (1900), la Mine au professeur Jeanselme et à son élève Terris. Elle est récente. La voici résumée :
Homme de 38 ans qui, trois mois après le début de son chancre, voit apparaître des syndrômes fonctionnels tels que : mélancolie, abattement, frigidité, tous signes qui vont en augmentant, jusqu'au jour où les auteurs appelés à examiner le malade, constatent une atrophie testiculaire, sans déformation ni
nodosités de la glande. La verge, d'aspect normal, contrastait avec l'absence de poils aux aisselles, au thorax, au pubis ; leur diminution à la barbe et à la moustache, l’adiposité des seins, la forme arrondie du bassin, des hanches et de la racine des membres, l’altération de la voix ; bref, l'aspect féminin du malade, qui leur permit de conclure à un Syndrôme thyrotesticulaire d'origine syphilitique, remontant à la période secondaire.
Syphilis occulte héréditaire
Nous n'avons eu en vue jusqu'alors que la Syphilis acquise ; la Syphilis héréditaire peut atteindre elle aussi le Testicule d'une façon occulte.
1° Présence du Tréponème dans le Testicule
Nous n'y insisterons pas, elle ne présente pas d'intérêt clinique. Rappelons cependant que Ch. Fouquet trouva d'assez nombreux tréponèmes dans letissu interstitiel, dans les parois vasculaires et même dans les canaux séminifères des Testicules d'un mort-né à terme, bien conformé, ne présentant aucune lésion syphilitique et en particulier, rien dans la sphère génitale.
2° Azoospermie d’origine Hérédo-Syphilitique. Observation 33.
Un interne de nos amis nous adresse, en novembre 1924, une jeune femme de 28 ans qui, depuis quelque temps, se plaint d’amaigrissement, d’asthénie, d'apathie, de digestions pénibles. Mariée depuis bientôt six ans, elle n’a pas d'enfants et s'en désole. Aucune fausse-couche. Elle accuse quelques douleurs du bas-ventre et des lombes, assez bien réglée.
C'est une femme de taille moyenne, physiquement et intellectuellement, bien conformée, d'ordinaire enjouée et mondaine. Elle présente les lobules de l'oreille soudés, de petites dents naines, trapues, mais régulières et, fait curieux : de l’anonychie des doigts et des orteils. L'ongle n’y est représenté que par une petite pellicule irrégulière qui atteint à peine | cm. de hauteur (1). L'utérus est infantile, mais le col n'est nullement atrésié. La trompe droite est douloureuse ; contrastant avec ces stigmates infimes, les antécédents héréditaires sont particulièrement chargés.
Fille d’une famille de 15 enfants, sur lesquels 8 sont morts en bas âge de convulsions ou méningite. Deux de ses sœurs sont mariées : ont 1, 2 faussescouches au début, ont perdu ensuite chacune 2 enfants en bas âge.
ù Le 18 novembre, nous commençons un traitemént au Novarsénobenzol intraveineux.
(1) Nous avons été frappé par la fréquence des malformations unguéales chez les Hérédo-Syphilitiques. Elles sont peu signalées par les auteurs. Nous nous proposons de revenir, un jour prochain, sur ce sujet.
Le 4 décembre, la malade nous déclare avoir retrouvé sa gaîté, sa force et son appétit.
Le 30 décembre. Fin du traitement : 5 gr. de 914 admirablement tolérés.
Le 17 janvier 1925, à l'époque des premières règles ayant suivi le traitement, la malade voit à sa grande stupéfaction, sa menstruation arrêtée.
Pour la première fois depuis plus de six ans et coincidant avec la fin d'un traitement spécifique, la malade est enceinte. Cette coïncidence nous frappa.
ous poursuivons le traitement un peu tardivement (la malade étant à
l'étranger dans les premiers mois de sa gestation), et le 6 novembre 1925, elle accouche d’un magnifique enfant exempt de toute tare et que nous soignons à cause d’un placenta légèrement hypertrophique.
Cette observation peut paraître paradoxale dans un travail sur la Syphilis du Testicule Elle n’y figure que par analogie, et pour montrer ce qui à l'origine nous a poussé à étudier la stérilité spécifique.
Revenons à l'azoospermie hérédo-syphilitique. C’est M. Clément Simon qui, en 1921, puis en 1924, insista sur ce nouveau Syndrôme glandulaire.
Il cite deux observations de sujets âgés l’un de 33 ans, l’autre de 46, atteints l’un de lésion oculaire avec Hecht positif après réactivation ; l’autre, de Hecht positif d'emblée. Tous deux admirablement constitués, exerçant des professions libérales, ne présentant aucun antécécent personnel, aucune manifestation épididymo-testiculaire, étaient azoospermes. Tous deux étaient aussi hérédo-syphilitiques.
Au cours d'une conférence sur la Syphilis du Testicule, M. Louste relate deux cas d'agénésie hérédo-spécifique.
1] s'agissait de ménages stériles depuis des années et chez lesquels le désir de procréer constituait une véritable monomanie. Les femmes avaient subi dilatations, stomatoplasties et autres interventions, sans plus de résultat.
Lorsqu'un examen du sperme de leur partenaire, fait immédiatement après éjaculation, prouva à M. Louste que
Dans le premier cas, il y avait azoospermie complète tandis que dans le deuxième
cas les spermatozoïdes étaient très rares, peu mobiles, malformés « aux troisguarts morts. »
Or les deux sujets, parfaitement normaux, par ailleurs, sans aucun antécédent
pathologique personnel,’ étaient issus de pères Syphilitiques, dont l’un était connu par M. Louste lui-même.
Voici donc quatre cas d’agénésie d'origine syphilitique « et 1l est permis de penser, comme le dit M. CI. Simon, qu'il en existe bien d’autres. Et il ajoute : « Peut-être aussi peut-on admettre l'hypothèse que des faits analogues existent chez la femme et expliquent certains cas de stérilité, alors que l'examen gynécologique le plus minutieux, ne fait rien découvrir d'anormal ».
L'observation placée en tête de ce chapitre confirme cette hypothèse.
L'intérêt des quatre observations que nous venons de résumer est accru de cette particularité capitale :
C’est que l’Azoospermie est l'unique signe qui attire l'attention sur la sphère génitale. at
Dans tous ces cas, non seulement il s'agissait d'une Syphilis testiculaire occulte, puisque les glandes apparaissaient normales d'aspect, de volume, de forme, de consistance, mais aussi d’une véritable dissociation de leurs fonctions.
La glande endocrine était intègre, les sujets étaient tous des hommes dans toute l’acception du terme ; voix normale, pas d'absence de poils, squelette bien conformé, organes génitaux bien développés, appétits sexuels et éjaculation normale.
La glande exocrine était seule atteinte.
En résumé comme la Syphilis acquise, la Syphilis héréditaire peut se localiser sur le testicule d’une façon occulte, se traduisant : 1° Par la présence du tréponème dans la glande mise en évidence par un examen anatomo-pathologique ; 2° Par un syndrôme caco-oligo-azoospermique isolé. Elle peut enfin se traduire comme la Syphilis acquise, par une dystrophie congénitale : Ce sont des testicules touchés ab ovo : petits et souples à la naissance, ils vont rester tels. Atteints dans leur double fonction, ils provoqueront des troubles profonds des caractères sexuels secondaires et de toute l'économie. Troubles classiques que nous avons déjà énumérés parmi les séquelles de la Syphilis héréditaire classique du Testicule.
Il nous reste à envisager maintenant la pathogénie de la Syphilis testiculaire occulte, et d'en laisser entrevoir l'importance, à la fois théorique et pratique.
Pathogénie
Le spirochète est-il libre dans le sperme et y circule-t-1l comme dans le sang, ou s'y trouve-t-il par suite d’une altération de l'Epithélium intra-canaliculaire ? Les modifications ou la suppression des spermatozoïdes sont-elles dues à des altérations directes de l'Epithélium séminal, ou à la difficulté, voire à l’impossibihté pour les animalcules de se frayer un passage ?
À ces questions on ne peut répondre qu'avec circonspection.
À) I apparaît qu'il y a toutes chances pour que le tréponème
u sperme soit en rapport avec des lésions testiculaires cachées, larvées, mais néanmoins existantes.
Et cependant, des auteurs ont pu comparer le sperme au lait de la femme, où l'on a trouvé le spirochète, alors que les glandes
e mammaires ne présentaient aucune lésion apparente, Apparente !
D'autres identifient le sperme et le liquide céphalo- rachidien dans lèquel on a mis quelquefois en évidence le tréponème alors qu'aucune réaction biologique ne traduisait la souffrance du nevraxe. [Identification qui ne paraît pas toujours heureuse d'un liquide d’excrétion avec un exsudat.
Mais il y a des arguments plus impressionnants :
Wartin trouve des tréponèmes dans plusieurs testicules de Syphilis acquise ou Congénitale alors qu'il ne peut y reconnaître aucune modification histologique.
De son côté Ch. Fouquet, comme nous l’avons vu, découvre d'assez nombreux tréponèmes dans le tissu interstitiel dans les parois vasculaires et dans les canalicules d’un testicule de Syphilis congénitale, mais ne peut y déceler aucune lésion microscopique.
Il semble donc que l’on soit autorisé à penser que tout au moins a certaines périodes de la Syphilis (la période septicémique en particulier), la présence du tréponème dans le sperme ne traduit pas nécessairement une lésion du Testicule.
Il n'en est pas moins vrai que, le plus souvent, cette lésion doit exister, mais elle nous échappe.
Rappelons-nous Weston qui affirme, avec quelque exagération, avoir trouvé de l'orchite chronique chez tous les Syphilitiques autopsiés.
Rappelons-nous Symmer qui la trouve dans 39% des cas. Il cite 61 observations d'orchi- Epididymite syphilitiques sur 171 syphilitiques, qui n'avaient fait l’objet d'aucune remarque clinique pendant la vie du malade,
B) Les modifications des spermatozoïdes et l’azoospermie sont-elles dues à des lésions obturatrices ou à des lésions destructives ?
L'observation de Scheuer de Vienne, que nous avons résumée plus haut, prouve que dans certains cas, l'azoospermie est en rapport avec un obstacle à l'exode des spermatozoïdes, comme l'a montré la prise du sperme après coit, et après ponction.
Guizetti qui a examiné macro et microscopiquement les testicules de quatre Syphilitiques autopsiés, trouve quelques îlots de dégénérescence sans lésions inflammatoires dans un cas ; dans le 2°, une orchite typique, qui n'avait pas été diagnostiquée" pendant fe vie : dans le troisième, les séquelles d'une gomme guérie ; le quatrième, enfin, une orchite fibreuse avec dégénérescence complète de l'Épithélum séminal.
Il est donc permis d'admettre, que les altérations des spermatozoïdes ou leur suppression, sont en rapport le plus souvent
° avec une lésion obstruant quelque part les voies testiculaires ou épididymaires, lésion évolutive, rétrocédant facilement ; lésion cicatricielle et alors immuable.
Beaucoup plus rarement, elles sont en rapport avec une destruction bilatérale de l'Epithélium séminal. L'altération est, d'emblée, définitive.
Ce qui vient d’être dit de la Syphilis acquise, vaut pour la Syphilis congénitale. Nous y avons déjà fait allusion chemin * faisant. '
Il y a cependant quelques légères différences.
Ainsi : il est vraisemblable que l’Azoospermie syphilitique héréditaire contrairement à l'acquise est le plus souvent en rapport avec une destruction complète des tubes séminifères au cours de la vie fœtale, ou au cours du développement.
Mais il ne faut pas oublier que ces lésions peuvent être tardives et évoluer lentement, qu’elles peuvent donc quelquefois rétrocéder, comme le prouvent des cas exceptionnels de guérison incontestable et des observations d'’oligo et de caco-spermie (observations Louste).
Pratiquement on peut conclure que l'on est autorisé à traiter ces malades même tardivement, car comme l'a fait remarquer M. Balzer on ne peut savoir combien de temps il faut pour anéantir les fonctions du Testicule.
Voilà ce que l'on peut dire de la Syphilis occulte du Testicule. Pour ne pas en scinder l'étude, nous avons réuni en un seul chapitre Syphilis acquise et Syphilis héréditaire.
Nous y avons insisté longuement. C'est quil nous paraît que son intérêt est énorme.
Importance
La présence du spirochète dans le sperme peut expliquer, à notre avis, certaines contagions mystérieuses qui, pour beaucoup d'auteurs, ne le sont qu’en apparence ; ces Syphilis décapitées, que tous les syphiligraphes ont rencontrées, et dont il existe des observations certaines, malgré la négation de certains auteurs éminents.
Elle pourrait expliquer aussi les Syphilis conceptionnelles dont l'apparition n'est pas due, dans la très grande majorité des cas, à une imprégnation fœtale comme le pensait Fournier, mais comme le dit M. Carle, à une Syphilis régulièrement acquise. Nous disons : À peu près régulièrement, car si M. Carle admet qu'il s'agit dans ces cas d’une Syphilis dont l'accident initial passe dans la règle, inaperçu, parce que, ou insignifiant, ou mal observé, nous croyons que, dans un certain nombre de ces syphi-
lis, il passe inaperçu, parce que profond, utérin ? péritonéal utero-placentaire (Fraenkel) peut-être ? bref, porté au loin par la projection de liquide spermatique, vecteur de tréponèmes.
Et c'est précisément ce qui expliquerait que la plupart des Syphilis conceptionnelles (1), soient différentes cliniquement des Syphilis normalement acquises, ne se manifestant que par la positivité plus ou moins complète de la réaction de Wassermann et par l'apparition ultérieure, tardive, de lésions spécifiques tertiaires, viscérales surtout.
S'il est vrai que le spermatozoïde soit lui-même porteur de tréponèmes, cela pourrait motiver l'existence dans un nombre limité de cas, d’une infection germinative, l’ovule étant en même temps fécondé et infecté. Il existerait ainsi quelquefois une hérédo- syphilis paternelle, véritable hérédo-syphilis spermatique.
La présence des spirochètes dans le sperme et dans le parenchyme testiculaire en général, montre que le testicule peut être un véritable réservoir de virus. Or, s’il est vrai, comme on l'a prétendu, que le Testicule, comme le foie, a un rôle antitoxique et qu'il abaisse la toxicité des poisons internes et microbiens, on comprend que le spirochète y trouve un repère excellent d’où il ne demande qu à sortir à l'occasion (Fouquet).
Le spirochète du sperme est de plus inconstant. Cette inconstance pourrait expliquer les alternances d'enfants sains et d'enfants malades, issus d'une même mère, dont le partenaire toujours le même, présente une sérologie négative.
Au cours de la Syphilis héréditaire, elle pourrait expliquer les réveils tardifs d’une Syphilis congénitale et aussi la Syphilis atavique de deuxième génération.
Poser ces questions, n'est, hélas! pas les résoudre. Elles ne font pas d'ailleurs partie de notre sujet.
De son côté, le syndrôme glandulaire azoospermique a une importance capitale eu égard à à l'individu et à |’ espèce.
1 l montre qu ‘au cours de la Syphilis héréditaire, comme 1l vaut mieux prévenir que punir, il convient de traiter systématiquement les enfants issus de parents mal traités, car s ‘ils échappent aux lésions évolutives, ou aux dystrophies apparentes, ils peuvent plus ou moins tardivement être atteints dans leurs fonctions les plus nobles : La Reproduction.
Il montre qu ‘au cours de la Syphilis acquise la règle dasique peut-être en défaut qui dit, ane ‘la descendance des Syphilhtiques se succède selon un one à peu près invariable : avortements, morts-nés, hérédo- dystrophiques, enfants normaux.
(1) Conceptionnel signifierait, le plus souvent qu'elle apparaît à l'occasion de la conception, mais non par son intermédiaire.
Le cycle peut être quelquefois arrêté par l'agénésie spécifique.
Nous possédons des observations de syphilitiques, qui ont vu leurs femmes rester d'emblée stériles, ou le devenir après une bonne ou mauvaise couche, jusqu'au jour où, à l'occasion d'un accident syphilitique intercurrent, d’un Wasserman fortuit, un traitement approprié est venu revigorer chez eux les spermatozoïdes, ou simplement leur ouvrir le chemin.
Le syndrôme azoospermique montre enfin, qu il s'agisse de Syphilis acquise ou héréditaire que dans les ménages involontairement stériles, avant d'imposer à la femme des traitements gynécologiques, aussi ennuyeux qu ’imefficaces, il suffit quelquefois d'examiner, entre lame et lamelle, le sperme de leur congénère, pour découvrir la clé du mystère.
Au moment de clore ce chapitre, par trop condensé peut-être, tombe sous nos yeux un article paru en mai 1883 dans le Journal de Médecine et de Chirurgie Pratiques.
L'auteur, J.-L. Championniere, y donne une très élogieuse critique de la monographie de Reclus, qui venait de paraître. Il ajoute Ë
€ On aurait dû nous dire un mot de ces conditions anormales de la glande testiculaire créées par la Syphilis, dans laquelle la sécrétion testiculaire reste stérile. Dans ce cas, le spermatozoïde existe-t-il ? Est-1l misérable ou absent ?
» Certains faits paraissent le démontrer fort clairement, bien qu'on n'ait pas vu chez les individus des lésions testiculaires apparentes.
» Dans une histoire très complète de la Syphilis du Testicule, ces faits ne doivent pas être oubliés. »
À de très longues années de distance, il nous est agréable de nous rencontrer avec le savant chirurgien et d’avoir essayé de combler une lacune, que déjà il avait entrevue.