‹ Syphilis du TesticuleChapitre 35 sur 65 · ASSOCIATIONS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS PATHOLOGIQUES

Nous appelons ce chapitre associations pathologiques et non pas hubride. L'idée d'hybridité, en effet (du grec Ubris, outrage), semble signifier la combinaison intime — chimique — de deux processus pathologiques formant un tout, dont les caractères ne rappellent plus les caractères des afechions originelles.

Or, il ne nous paraît nullement prouvé que ces ( combinaisons » existent dans les cas qui nous intéressent.

L'association, au contraire, implique pour nous, non pas des lésions mixtes, mais l'idée de concomitance.

La question du terrain (local ou général) ne nous intéresse pas. Elle intervient comme cause prédisposante ou modificatrice ; à ce titre, elle a été étudiée.

Nous nous en tenons strictement aux coexistences de la Syphilis avec d'autres affections de la glande génitale.

Or, il semble que ces deux questions aient été longtemps confondues par les auteurs ; Ricord, Fournier, Jullien, Reclus soupçonnent les coïncidences pathologiques, mais ne les précisent pas.

Mauriac, par contre, en cite dans son livre, deux observations et parle d’une véritable affection mixte Blennorratie et Syphilis du Testicule, plus compliquée, plus longue et plus difficile à guérir. Plus tard, Montaz en publie lui-même un exemple.

Au Congrès de Dermatologie de 1900, où l’on a étudié les associations de la Syphilis avec les autres affections, Ducrey signale la Blennorragie comme cause prédisposante de Syphilis testiculaire, mais ne donne pas d'exemple d'association.

Hamonic, au contraire, dans une Revue générale sur la Syphilis, parue en 1901, signale trois observations d'Hybridité tuberculosyphilitique et insiste sur l’évolution relativement favorable de ces cas.

En 1903, paraît, dans la Gazetta d'Ospedali, l'observation suivante de Secchi :

Il s'agissait d’un malade, qui au cours d'une uréthrite gonococcique, fit une Qi Epididymite typique, que l’on traita par le repos et les révulsifs,

tant et si bien qu'au bout de 15 jours la tumeur scrotale avait considérablement diminué et l'hydrocèle disparu; l'Epididyme était redevenu à peu près normal, le Testicule seul encore tuméfié, présentait! deux noyaux du volume d'une petite noix, dont un était ramolli et fluctuant. :

Le malade interrogé, avoua la Syphilis et, de fait, un traitement mercuriel remit tout dans l'ordre.

L'auteur, commentant son observation, conclut qu'il ne s’agit pas dans son cas de symbiose Blenno-Syphilitique mais de préparation de terrain de la première à la seconde.

On n’en doit pas moins retenir l’évolution rapide des gommes testiculaires et leur tendance au ramollissement.

En 1912, au cours d’une discussion à la Société d'Urologie de Bucarest, Jianu cite

l'observation d'un malade qui présentait une ulcération au niveau de Ja tête de l’Epididyme au fond de laquelle il existait trois fistules suppurant abondamment. Le pus contenait des hacilles de Koch et tubercalisa le cobaye. « On soigne le malade pour sa tuberculose épididymaire, sans aucun résultat ». Au contraire, un traitement antisyphilitique au salicylate de Hg amène très raprdement la cicatrisation de l’ulcération, sans parvenir cependant à tarir les trajets fistuleux.

L'auteur conclut à une association Syphilis et Tuberculose.

Deux ans plus tard, le professeur Colleville, de Reims, publie l’histoire d’un malade qui présentait une double Orchi-Epididymite évidente avec Syphilides ulcéreuses de la jambe et Wassermann très positif.

Un traitement sérieux (pour l’époque) ne laisse persister, au bout du compte, que quelques petits nodules de la tête épididymaire gauche et une moitié de cylindre bosselé à la queue de l'Epididyme droit.

L'auteur conclut, un peu prématurément, à notre avis, à une Syphilo-tuberculôme du Testicule.

Pareillement Herman et Kandler pubhèrent l'observation étonnante d'une jeume homme atteint de tumeur scrotale gauche, qui avait été incisée. [Il s'était constitué sur la face antérieure du scrotum trois fistules correspondant à une grosse et douloureuse tuméfaction du globus major. Tout le reste du système génital était normal.

Dans le pus des fistules on trouva le Bacille de Koch, tandis que le Wassermann du sang fut négatif à trois reprises différentes. Ces auteurs procédèrent à une Epididymectomie. Mais à l'examen macroscopique de la pièce, ils furent frappés par la dureté de la tête épididymaire. Ils firent chercher dans les râclures de la surface du noyau : le Tréponème, qui fut trouvé; d’ailleurs, l'examen histologique était tout à fait caractéristique d’une infiltration syphilitique.

Les auteurs admettant les conclusions de leurs bactériologistes, concluent à une dualité syphilo-tuberculeuse.

En 1920, Magee cite l'observation intéressante d’un malade âgé de 48 ans, syphilitique (Wassermann très positif) et tuberculeux (radioscopie nette) qui consultait pour une double tumeur scrotale.

À gauche : très grosse épididymite nodulaire avec funiculite . et énorme déférent.

À droite : noyaux multiples testiculaires ; l'Epididyme de ce côté se palpait mal.

Magee intervient à gauche et fait une large épididymectomie.

L'examen macro- et microscopique de la pièce, permit de poser le Diagnostic de Tuberculose.

Le patient, qui quitte l'hôpital après avoir subi un petit traitement antispécifique, revient deux moIs après, pour des douleurs intolérables du testicule droit. Aux signes physiques antérieurement trouvés, s'était ajoutée une fistule, partant du pôle supérieur de Pete et s'ouvrant à la face antérieure du scrotum. L'Epididyme était irrégulier et le canal augmenté de volume.

On intervient donc de ce côté également : on trouve un testicule à surface parsemée de kystes et dont le parenchyme, apparaissait de consistance fibro-gélatineuse. Magee se contente de faire une Biopsie sur Testicule et Epididyme qui démontra quil s'agissait d'Orchi-Epididymite syphilitique tout à fait caractéristique.

De fait, le traitement anti-syphilitique intensif, améliora rapidement les lésions.

La Tuberculose et la Syphilis semblaient s'être partagé le terrain, l’une à gauche, l'autre à droite. Peut-être celle-ci prédominait-elle

Ces observations nous permettent de cataloguer les faits pour étudier leurs caractères et leurs ‘influences réciproques. Les associations morbides peuvent être classées en trois groupes :

Syphilis et Blennorragie ;

Syphilis et Tuberculose ;

Syphilis et Orchi-Epididymite urinaire ou infectieuse en général;

Nous éliminons la Syphilis et le kyste de l'Epididyme, qui n'est pas une maladie, mais une malformation. Elle n'intéresse que l'Epididyme et à ce titre, elle a été étudiée.

Reste donc à considérer la coexistence de la Syphilis du Testicule soit avec une affection aiguë (Orchi-Epididymite gonococ-

cique ou infectieuse) soit avec une affection chronique (Epididy-

mite tuberculeuse). es Quelle que soit l'association, on peut dire qu'elle est rare.

Page 1