‹ Syphilis du TesticuleChapitre 38 sur 65 · RAS · texte numérisé non relu

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déférent, de haut en bas, qu'on localisera l'Epididyme. Cet organe repéré ou non, il faut aller à la recherche de sa tête.

Pouce en avant, médius en arrière, collés contre la tumeur, remontent progressivement jusqu'à l'origine apparente du cordon, et là, à son pôle supérieur, plutôt sur son versant postérieur, 1l est fréquent qu'ils se rejoignent en pinçant un cordon élastique sensible, plus ou moins ‘homogène : c'est la tête épididymaire, dont le pincement, comme l'a montré M. Chevassu, a une importance capitale dans le Diagnostic de localisation.

Pareillement mais plus difficilement, lorsqu'on pince en masse les enveloppes scrotales, on peut sentir glisser immédiatement sous le doigt, pareille à une feuille de caoutchouc mouillée, qu'on peut à peine soulever, la Vaginale normale ; c'est là un signe plus aléatoire, plus trompeur et que, bien entendu, on ne retrouvera pas lorsque des adhérences soudent les feuillets de la séreuse ou qu'un épanchement les distend.

Dans ces cas, il est une épreuve qu'il faut toujours rechercher, mais que l’on recherche mal et rarement : c'est la transparence.

On se servait 1adis du stéthoscope et d'un rat de cave ; on préfère aujourd'hui une lampe de poche : observateur et parties à examiner placés à l'abri de la lumière du jour.

Les sources lumineuses nous paraissent, l’une désuète, toutes deux trop intenses. Elles peuvent par leur diffusion donner une fausse transparence.

La lampe des cystoscopes leur est bien supérieure, parce que la lumière en est à la fois intense et limitée. Mais le cystoscope-est un instrument fragile, coûteux, réservé au spécialiste. Aussi notre maître M. Chevassu a donc fait, construire, par la Maison Drapier, une lampe spéciale, remplissant les qualités de celle du cystoscope, sans en avoir les défauts. (fig. 6)

L'obscurité ne s'impose alors pas. Il suffit d’appliquer la lampe sur les quatre pôles de la tumeur et d'en noter les résultats. Les zones transparentes contrastent par leur rose ‘éclatant avec les zones opaques, plus ou moins uniformément noires,

Du Testicule lui- -même, les mains qui palpent, apprécient la ‘ taille, la forme, la consistance, la sensibilité.

Ce n'est pas tout. Les 1 impressions ne sont rien si on ne:les interprète pas. Depuis bien- longtemps M. Chevassu conseille à ses élèves (qui ne s'en plaignent pas) de faire un schéma. «Le

Cordon épaissi et peu élastique. x - Battements de la spermatique.

Cañal déférent normal.

Veines volumineuses. —

Pincement de l'épididyme.

Moins mou.

Mou. fiuctuant et transparent.

Zones dépressibles à rebord net.

Pincement

de la vaginale. Sensibilité” testiculaire.

Dur.

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Mou.

Fig. 7. — Graphique d'une syphilis du testicule après examen clinique. (Observation 87.

plus petit croquis, disait un capitaine illustre, m'en dit plus long que le plus long des discours. » C'est vrai

Si, à à mesure que la main palpe, l'on a soin de traduire par un trait son impression, il est fréquent de pouvoir déchiffrer aisément une tumeur testiculaire, à première vue incompréhensible.

Même si le Diagnostic n’en est pas posé, ce schéma bref servira à mieux suivre l’évolution ultérieure de la tumeur. Pour poser un Diagnostic de gros testicule, il suffit assez souvent d'un crayon et d’une feuille de papier !

Nous ne saurions trop conseiller cette méthode.

Quand on a examiné, ainsi, la tumeur testiculaire et que chemin faisant on a pu apprécier si elle est libre dans la cavité scrotale ou si elle adhérait à elle, si la peau était normale ou infiltrée, il convient de toucher la prostate et les vésicules séminales.

Dans un bon nombre de cas, le Diagnostic sera déjà soupçonné. Il n’en faudra pas moins explorer tout l'appareil urinaire : méat, urèthre, urines, par l'épreuve des trois verres.

Enfin, il est une règle capitale qu'il ne faut point omettre : l'examen complet. du sujet, la recherche des stigmates cutanés, mais, surtout, celle de la leucoplasie buccale et des réflexes.

Nous verrons que, malgré tout, le Diagnostic ne sera souvent posé que grâce au Laboratoire, voire au traitement.

C'est qu’en effet, à lire les livres didactiques, on imaginerait volontiers que le Diagnostic de Syphilis du Festicule ne souffre pas de difficultés.

On y apprend qu'avant l’ulcération, il peut être posé « avec la Tuberculose, les Tumeurs malignes et l’Hématocèle » :

Que pour la Tuberculose c'est facile ; elle débute par l'Epididyme, est plus douloureuse et affecte ordinairement le reste des voies génitales.

Que les tumeurs malignes s'en distinguent encore plus facilement par l'évolution, par l'atteinte de l’état général, par l'âge du malade. :

Que seul pour l'Hématocèle, le Diagnostic est difficile et seulement dans le cas où le testicule y inclus, ne peut être palpé.

Qu'en cas de doute, la Réaction de Bordet-Wassermann établira le Diagnostic.

Eh bien ! Quand on a eu l’occasion d'observer de nombreuses Orchi-Epididymites syphilitiques, on n'hésite pas à déclarer que le Diagnostic ne se pose pas ainsi, ou qu'il ne se pose ainsi que dans un nombre limité de cas.

Et, en particulier, disons dès maintenant, que la Réaction de Bordet-Wassermann dans le sang n’a jamais été un signe pathognomonique de la Syphilis du Testicule, pas plus que de la Syphilis en général.

Il suffit, en eflet, de se rappeler qu’au cours des accidents tertiaires, (voire secondo-tertiaires,) dont fait précisément partie l'Orchi-Epididymite, le pourcentage de positivité décroît pour tomber, d’après nos statistiques personnelles, à 60 % (tout au moins dans les formes fermées, car il est nettement supérieur dans les formes fistulisées).

Il y a plus. Dans certains cas, exceptionnels il est vrai, où elle est positive, surtout faiblement positive, la Réaction de Bordet- Wassermann qui prouve que le malade est un Syphilitique,

ne prouve pas obligatoirement qu'il est atteint d’une Syphilis testiculaire (deux observations personnelles). Le Laboratoire ne prononce donc pas un arrêt sans appel.

En réalité, dans le Diagnostic de la Syphilis du Testicule, on peut distinguer deux sortes de cas :

19 Des cas faciles :

29 Des cas difficiles (ces derniers étant, à notre avis, plus fréquents que les premiers).

On pourrait même en distinguer une troisième ; elle n'est pas exceptionnelle :

Les cas de Diagnostic impossible.

l.—"CAS FACILES

Ce sont la plupart des Orchi-Epididymites syphilitiques typiques réalisées :

tantôt par un testicule amplifié présentant une ou plusieurs plaques de blindage, un ou plusieurs grains de plomb ; bref, l'Albuginite.

tantôt par un testicule bosselé, bourré de noisettes, ou par une gomme plus ou moins ramollie qu'on palpe facilement (c'est la gomme du testicule).

Dans les deux cas :

— C'est une tumeur irrégulière ; — Le testicule est très exceptionnellement (en galet placé de champ dans la vaginale » ;

— Jl y a alternance de zones sensibles et de zones anesthésiées ; à — La vaginale, plus ou moins régulière, se pince partout,

par places ou nulle part ; — L'EÉpididyme présente, le’ plus souvent, quelque irrégularité dure ou ramollie.

Dans ces cas nous considérons le Diagnostic comme facile : Les différents éléments de l’appareil testiculo-épididymaire y sont facilement reconnaissables et limitables.

— Cela élimine, ipso facto, toutes les affections de la vaginale ;

— Le Syphilôme y est essentiellement festiculaire ; cela élimine facilement les affections strictement ou essentiellement épididymaires ;

— On ne peut donc le confondre qu'avec une affection testiculaire proprement dite.

À) La Tuberculose ? Nous n'en parlons pas. Elle atteint rarement le testicule et quand elle l'atteint, il y a bien longtemps que l'Epidi dyme est gross.

B) Le Cancer ? Le Diagnostic pourraitsse poser en cas de gomme isolée. Mais il es plus théorique que réel. Pour deux raisons :

10 I] est exceptionnel, malheureusement, de voir le malade à l’époque eù le Cancer est représenté, en tout et pour tout, par un simple noyau dur intratesticulaire.

205 Ta gomme existe rarement isolée ; il est bien rare, comme nous l'avons vu, qu'il n'y ait autour d'el'e des réactions:de voisinage, qui la signent.

C) La Lépre ? C'est évidemment un Diagnostic de grande exception. Nous ne l'indiquons que pour être complet.

- [] ne peut se poser que dans certains milieux, dans certaines conditions.

L'Orchi-Epididymite Hansénienne rappelle, par sa bilatéralité, ses plaques de blindage, ses grains de plomb, l'Orchi- Epididymite syphilitique, mais comme cette localisation n'est jamais isolée, qu ‘elle coïncide avec d’autres signes tégumentaires ou névritiques autrement plus frappantes, le Diagnostic ne peut hésiter.

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