‹ Syphilis du TesticuleChapitre 5 sur 65 · SO) LES · texte numérisé non relu

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néoplasique où une gomme tuberculeuse. Nous pensons à deux malades dont nous rapporterons les observations, l’une au chapitre des associations pathologiques, l’autre, à la fin de ce travail.

Chez le premier, l'exploration sanglante montra l'existence d'une gomme syphilitique à peu près certaine ; or, histologiquement, il s'agissait d'un séminôme — vraisemblablement sur syphilitique. \

Le deuxième présentait cliniquement une Syphilis du Testicule. La coupe de la glande après castration confirma ces présomptions : gomme géante à aspect syphiloïde. Or, le microscope prouva que c'était une tuberculose massive.

Ce qui démontre l'utilité de l'Examen microscopique.

Examen microscopique (1)

T'esticule

Rappelons d'abord brièvement la structure du tissu testiculaire normal.

Sur une coupe, on aperçoit au microscope les tubes pressés les uns contre les autres et presque tangents. [ls sont englobés dans une gangue conjonctive très peu abondante chez l'adulte, très riche chez l'enfant.

La trame conjonctive est formée de cellules fixes, de quelques fibres conjonctives et élastiques, laissant une certaine indépendance aux tubes séminifères, de mastzellen et de cellules spéciales dites interstitielles.

Les tubes sont formés d'une paroi propre, constituée par du tissu conjonctif du type lamelleux, sur laquelle est implanté l’épithélium, de structure et composition très complexes.

On y distingue des cellules de Sertoli et des cellules de la lignée séminale.

Voyons les modifications que la Syphilis fait subir à ces différentes parties :

1° Le tissu conjonctif, peu développé à l’état normal, prend un développement considérable, en sorte que les tubes sémini-

(1) Pour la rédaction de ce chapitre, écrit d’après la lecture des nombreuses lames que nous possédions, et qui ne répond pas toujours à la conception de certains auteurs, auprès desquels nous nous excusons (Darier) nous avons été bien heureux de recevoir les conseils de M. Giroud, agrégé d’histologie, chef de Laboratoire à Cochin.

Inutile d'ajouter que nous l’en remercions vivement.

fères, au lieu d'être contigus les uns aux autres, sont. séparés par de larges espaces.

La structure de ce tissu est très modifiée. Dans les points où l'hypertrophie étant la moins considérable, les lésions sont le moins avancées, c’est l'abondance des éléments cellulaires qui domine. On y voit :

A) Des cellules conjonctives plus ou moins hypertrophiées, quelques-unes semblent en voie de division.

(Jusqu'alors pas de grandes différences entre la Syphilis et d'autres inflammations testiculaires. Par contre, voici ce qui -est plus caractéristique) :

B) On remarque disséminés ça et là, entre les tubes et surtout autour des vaisseaux, des infiltrats cellulaires formés :

1° soit par des cellules rondes embryonnaires, analogues aux lymphocytes (lymphoides), à côté desquelles les Plasmazellen (Unna) sont très caractéristiques ;

29 soit par de grosses cellules granuleuses, comparables aux cellules épithélioïdes de la Tuberculose.

Mais cette infiltration n'est pas toujours diffuse. Le plus souvent les cellules lymphoides et surtout les cellules épithélioïdes, se groupent en amas cellulaires.

Ces amas qui contiennent un plus ou moins grand nombre de capillaires, sur le trajet desquels ils semblent s'être développés, constituent une véritable éruption, apparaissant dans les espaces : qui séparent les uns des autres, les tubes séminifères et les gros vaisseaux, pouvant, quand ils sont plus volumineux, refouler plus ou moins ceux-là, contourner, voire entourer complètement ceux-ci et leur former des manchons périvasculaires tout à fait caractéristiques.

C) Quand ces petits nodules se développent très près les uns des autres au lieu de rester isolés, ils peuvent arriver à se toucher. Ainsi conglomérés, ils constituent alors une véritable gomme microscopique (nodule syphilitique de Malassez, follicule syphitique de Brissaud), pathognomonique de la Syphilis au point qu'on peut l'appeler : Syphiléme histologique.

4 , D sis à Très schématiquement, voici comment ils peuvent se présenter :

a) Une couronne de cellules lymphoides où embryonnaires, à protoplasme très réduit, mêlées à de nombreuses plasmazellen (véritable plasmôéme d'Unna).

b) Une zone moyenne de cellules épithélioïdes plus volumineuses à protoplasme plus abondant, à noyaux vésiculeux, à limites plus ou moins nettes. Un certain nombre d’entre elles

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semblent se fusionner et apparaissent avec 2-3 noyaux : véritables ébauches de cellules géantes.

c) Au centre, on peut rencontrer des cellules volumineuses à contours irréguliers, à protoplasme acidophile central très développé, à noyaux disposés en croissant ou irrégulièrement répartis, rappelant parfois les cellules géantes. Ces éléments, qu'Unna et Darier avaient déjà entrevus dans certaines lésions syphilitiques en général, vont dégénérer progressivement, jusqu'à aboutir à une caséificatian centrale.

Les trois zones que nous venons de décrire ne sont jamais aussi schématiques. Elles sont presque toujours floues. Leurs éléments sont plus ou moins intriqués et les cellules géantes sont rares. L'ensemble forme bien un tout, une gomme tendant plus ou moins à la caséification, qu'on peut quelquefois lire à l'œil nu sur la préparation, et qui est d'autant mieux circonscrite que le tissu scléreux périnodulaire tend quelquefois à lui former une coque. |

Hypertrophie du tissu conjonctif avec infiltration lymphoiïde et épithéhoïde en éléments isolés, mais surtout en amas, gommes microscopiques, accompagnent et sont souvent dominées par des lésions vasculaires considérables.

D) Non seulement les gros vaisseaux sont atteints, mais les capillaires sont également pris : |

Au lieu d'être simplement soutenus, comme à l'état normal par quelques fibrilles conjonctives, les capillaires sont entourés d'une enveloppe, sorte d'adventice, dont l'épaisseur et la structure paraissent en rapport avec l’âge et l'intensité de la maladie. Cette enveloppe devient de plus en plus dense et épaisse en même temps que le calibre des capillaires diminue.

Les artères et les veines subissent des modifications de leurs tuniques : externe et interne surtout.

La tunique externe s’hypertrophie, se remplit de cellules Jeunes et devient en même temps fibreuse. La lumière des vaisseaux se rétrécit peu à peu et se ferme souvent par suite d’endartérite oblitérante ou de thrombophlébite.

Les altérations des canaux lymphatiques paraissent peu importantes ; les nerfs, par contre, souffrent assez souvent d’endonévrite et de périnévrite.

Infiltration conjonctive, petites gommes, vascularite, trois signes suffisants pour porter le diagnostic de Syphilis.

Mais lorsque le tissu conjonctif proliféré est plus avancé en âge, sa structure est modifiée; on y retrouve bien, quoique

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en plus petit nombre, les éléments cellulaires, mais la charpente conjonctive a pris un développement considérable. .

Les faisceaux qui la composent sont devenus volumineux, rigides: le tissu conjonctif de lâche qu'il était, est devenu fibreux.

Remarquons que sur un seul et même testicule, ces lésions ne sont pas toutes au même degré, mais qu'elles s'y rencontrent toutes à une phase assez éloignée du début de la maladie, fait qui montre que la Syphilis n'attaque pas en même temps et en une seule fois l'organe dans toute son étendue ; elle agit comme par poussées localisées et successives.

Telles sont les modifications du tissu intertubulaire. Examinons les tubes eux-mêmes.

20, Les lésions du tube séminifère sont en général proportionnelles à celles du tissu interstitiel. Cependant, il semble qu'en particulier l’épithélium séminal est moins résistant que les cellules interstitielles.. Il est ainsi des points où les tubes sont déjà altérés et où le tissu interstitiel l'est relativement moins (ce qui se passe vraisemblablement dans certaines formes de ce que nous appellerons la Syphilis Occulte).

Elles peuvent être assez minimes si le malade a été quelque peu traité.

À un faible grossissement, on voit les tubes allongés et amincis sur coupe, à contours parfois méconnaissables — et déjà l'on remarque leur paroi très épaissie et par suite leur lumière très diminuée.

À un plus fort grossissement, ils présentent à étudier une paroi propre et un contenu épithélial.

a) La paroi propre, formée de lamelles conjonctives très nombreuses, concentriques, se continue insensiblement avec le tissu conjonctif interstitiel. Lâche au début, plus ou moins riche en cellules, elle devient ensuite fibreuse et se rétracte en dehors pendant qu'en dedans la lamelle la plus interne se plisse, se fronce à l'instar d'un tube trop large enfermé dans un tube trop étroit.

b) L'Epithélium des tubes est plus ou moins altéré. Au début, le contenu cellulaire des tubes consiste en éléments polymorphes, répondant aux stades de la spermatogénèse, mais en général, leur évolution ne va jamais au stade spermatozoïde. Elle s'arrête d'abord au stade des spermatocytes, puis au stade de spermatogone croûtelleuse ou poussiéreuse.

* Assez rapidement les spermatogonies disparaissent et les éléments Sertoliens perdent peu à peu leurs caractères spécifiques.

Dans les cas plus avancés, les cellules épithéliales sont confondues en un amas ratatiné, granuleux, graisseux qui remplit la

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