‹ Syphilis du TesticuleChapitre 6 sur 65 · PASS NES · texte numérisé non relu

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cavité tubulaire laquelle se rétrécit peu à peu, se réduit même à une fente linéaire ou étoilée.

Ainsi on aboutit à la lésion probablenïent irrémédiable d'un tube à paroi tellement épaissie, qu'elle a l'épaisseur de la lumière du tube qui, fort rétrécie elle-même, ne contient plus guère que des éléments indifférenciés : cellules de Sertoli plus ou moins manifestes, parmi lesquelles on peut rencontrer des cellules migratrices.

D'autrefois, le tube ne sera plus représenté que par une coque fibreuse aline avec vague lumière centrale, et peut même être transformé, au bout du compte, en un simple cordon fibreux : amas de fibres élastiques (Butchkus) qui, plongé dans un tissu conjonctif, trouve son maximum d'expression dans le testicule scléreux.

Prolifération conjonctive, puis ‘sclérose inter et péritubulaire ; syphilômes histologiques, artérite et phlébite scléreuses, souvent oblitérante ; atrophie des canaux séminiferes, tels sont les caractères microscopiques de la Syphilis testiculaire typique.

Mais les gommes vont évoluer — de microscopiques elles deviennent macroscopiques, constituant une masse caséeuse plus ou moins grande — et étant parfois le point de départ d’un fongus.

30 Les masses caséeuses sont comme les nodules, enkystées ou non. C'est un détritus granuleux opaque qui ne fixe plus les colorants basiques et est traversé par des portions claires : Chaque amas granuleux est un cadavre de cellule ayant fait partie d'un nodule. Les parties claires correspondent à la charpente conjonctive, à un vaisseau sclérosé, veine ou lymphatique.

Dans cette masse nécrotique, on peut quelquefois noter la persistance de travées conjonctives et de fibres élastiques, à contours plus ou moins nets ; et même des éléments cellulaires peuvent y conserver pendant un certain temps leur forme.

À la périphérie de cette masse, on trouve ou des nodules syphiltiques en voie de caséification, constitués par des éléments lymphoides et épithélioïides et quelquefois des cellules géantes ; ou une zone fibreuse opaque et très riche en éléments cellulaires.

Bien entendu, de la périphérie au centre, des éléments de passage en voie de dégénérescence plus ou moins accusée.

Le ramollissement et l'expulsion de la masse caséeuse peuvent quelquefois conduire au:

4 Fongus. Celui-ci semble être, à notre avis, toujours parenchymateux.

Voici l'examen histologique d'un cas de fongus du testicule, que nous rapporterons à la fin de ce travail :

€ Il est constitué par un tissu de granulation abondamment vascularisé, par des bourgeons charnus, par un tissu dont la surface tend à s'épid8êrmiser.

» À la surface du tissu de granulationet à l'intérieur des vaisseaux, de nombreux polynucléaires (infection secondaire) qui, plus bas, sont progressivement remplacés par des lymphocytes et des plasmazellen, de sorte qu'il n'y a pas de limite nette entre le fongus et la masse testiculaire. »

Une question se pose enfin, à savoir si dans ces testicules syphiltiques, il y a encore du parenchyme histologiquement intact.

Quand on étudie l’état microscopique du tissu testiculaire dans la Syphilis gommeuse, on est frappé par ce fait que d'une façon générale, le tube testiculaire est altéré, même à distance de la gomme. Ce fait n'est cependant pas constant. Nous avons étudié des testicules à gommes multiples, dans lesquels à distance de la gomme, on retrouvait un parenchyme d'aspect normal, tant par ses tubes, qui avaient conservé leur spermatogenèse, que par son tissu interstitiel, qui avait conservé ses cellules. Mais la règle c'est la lésion du tube et l'ædème ou la sclérose de la région intertubulaire. Dans une observation, que nous rapporterons, nous avons trouvé pas très loin d'une gomme syphilitique un tissu testiculaire impressionnant par son peu d'altération, mais à l'intérieur des tubes, il n'y avait pas d'évolution complète de la lignée spermatique. Ce cas est intéressant au point de vue fonctionnel et aussi au point de vue pratique : car une biopsie portant sur cetie portion de la glande aurait conclu à un testicule normal, alors qu'il contenait bel et bien une gomme.

Avant de terminer l'examen microscopique du testicule, jetons un coup d'œil sur les annexes :

Annexes

Prolifération conjonctive avec infiltrats de cellules jeunes en manchons périvasculaires ou en gommes microscopiques, vascularite puis sclérose se retrouvent sur l’Albuginée, sur l'Epididyme, sur la Vaginale même, mais avec une moindre fréquence que dans le testicule proprement dit.

Le Cordon. — Les pièces de castration dont nous disposions nous ont permis de faire l'étude anatomo-pathologique du Cordon, qu'on ne retrouve guère dans les descriptions classiques.

Le cordon contient de véritables lymphangites (?) gommeuses, à localisation surtout péri-artérielle, et qui contrastent avec l’inté- grité à peu près absolue du canal déférent.

an.

L'on voit dans le tissu cellulaire qui sépare les vaisseaux, une infiltration lymphoide, voire à plasmazellen, constituer des manchons surtout périartériels, et souvent des sommes microscopiques qui peuvent, par leur abondance, aboutir à la formation de gros nodules perceptibles au toucher.

Indépéndamment de ces gommes, l'infiltration entourée d'œdème modifie toujours plus ou moins l’aspect du cordon qui perd de sa souplesse et est toujours épaissi.

Deux fois il nous a été donné d'étudier la totalité du cordon sur des pièces qui avaient été envoyées à M. Chevassu avec le diagnostic de « Cancer du Testiqule » et dans lesquelles on avait enlevé la totalité du cordon jusqu aux ganglions lombo-aortiques.

Dans les deux cas, le cordon abdominal présentait, à l'examen microscopique, des infiltrations périartérielles tout à fait caractéristiques. Nulle part elles n'étaient cependant, assez abondantes pour constituer une lésion reconnaissable à l'œil nu.

Il est bon d'ajouter que, dans les deux cas, l'opération qui avait été faite dans l'intention d’extirper des ganglions, n'avait pas permis d'en rencontrgr, ce qui va avec ce que nous savons du retentissement habituel sur le système lymphatique : pas de ganglions pris dans le territoire gommeux.

La lymphangite indiscutable, qui s'étend jusqu'au contact du ganglion sans atteinte appréciable de celui-ci, est d'une expli-

cation difficile.

Tels sont les signes microscopiques de la Syphilis du Testicule. On les retrouve dans la Syphilis héréditaire comme dans la Syphilis acquise, mais il convient de se rappeler, comme l'a fait remarquer Hutinel, que chez l'enfant le tissu conjonctif intertubulaire est normalement très riche, subissant une évolution active.

La Syphilis y trouve donc un terrain particulièrement propice, et la prohfération conjonctive étouffe l'infiltrat cellulaire et conduit . très rapidement à la sclérose. De fait, la Syphilis héréditaire précoce du testicule est essentiellement sclérogène. Il n’en est pas de même! dans la Syphilis héréditaire tardive : la glande spermatique ayant alors achevé son évolution, les lésions en seront. calquées sur celles de la Syphilis acquise : elles seront sclérogommeuses et surtout gommeuses.

Les différents caractères que nous venons d'énumérer peuventils permettre, au cours d'une lecture microscopique, de poser infailliblement le diagnostic de Syphilis ?

Quand ils se rencontrent tous, 1l est indiscutable. Quand il y a gommes microscopiques, 1l est presque certain. Quand linfiltrat est diffus, non congloméré en gommes, mais avec tendance au manchon périvasculaire, quand les vaisseaux sont atteints de

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vascularite, il est probable. Cependant, dans un certain nombre de cas, le diagnostic microscopique ne se fait que par élimination. On élimine les autres, inflammations chroniques (Tuberculose ou Mycose) la sclérose diffuse chez le vieillard, parce qu on nen trouve pas leurs caractères nets et bien définis. à

Ainsi de douteux, le diagnostic devient probable. Il finit par être certain lorsqu'on confronte les renseignements microscopiques avec les données macroscopiques, l'examen clinique et les antécédents.

C'est ce qui nous est arrivé dans deux ou trois cas et en particulier, au cours d’une nécrose brutale du testicule par oblitération probable d'un gros tronc artériel, dont nous rapportons l'observation parmi les formes de la Syphilis testiculaire aiguë.

Il est une question que l’on peut se poser : La découverte du tréponème a-t-elle facilité ce Diagnostié ? Pa

Nous ne le croyons pas. Si, au cours de la Syphilis héréditaire précoce, il semble que le tréponème soit facilement décelable, aussi bien dans le tissu interstitiel que dans les tubes séminifères (Fouquet), dans la Syphilis acquise, il paraît plus exceptionnel. Cependant Wartin et Magee rapportent des observations où les recherches du tréponème dans les lésions syphilitiques testiculoepididymaires ont été couronnées de succès. Il y aurait donc lieu de les poursuivre toutes les fois que l’occasion s’en présente.

Avant de clore ce chapitre, nous essayerons de donner un aperçu rapide de la physiologie pathologique et de la Pathogénie des lésions que nous venons d'étudier.

Physiologie pathologique.

Ainsi donc :

Dans un premier stade de l'infection :

Il y a apparition d'éléments jeunes embryonnaires, éléments lymphoïdes à siège (ou point de départ) surtout périvasculaire, et qui vont diffuser dans le tissu interstitiel péritubulaire et dans les travées de l’albuginée. Cette infiltration diffuse générale, mais plus souvent partielle, que soupçonnait déjà Ricord lorsqu'il parlait d’envahissement de la glande par un exsudat gélatiniforme, va distendre le testicule en totalité ou surtout en partie.

Tandis qu'à la périphérie elle entraînera des irrégularités de surface {orchite nodulaire diffuse), à l'intérieur, elle aura tendance

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à comprimer tubes séminifères et vaisseaux gênant la spermatogénèse et la nutrition de la glande. Mais ces lésions sont assez légères et le plus souvent suffisamment localisées, parcellaires, pour que les fonctions glandulaires s’exercent pendant un temps assez long normalement.

Qu'un traitement efficace intervienne, et cette inffammation essentiellement résolutive, qui rappelle un peu la médiastinite syphilitiquelautour d'un foyer d’aortite, va se résorber remarquablement et la restitutio ad integrum sera rapide et complète.

Mais si à ce moment la résolution ne se fait pas, faute de traitement, ou pour toute autre raison, la lésion aura plus ou moins rapidement une évolution fatale, qui la conduira à deux processus terminaux bien différents, mais non moins fâcheux : le premier s'appellera la sclérose, le second sera la nécrose, amenant à sa suite, soit la résorption ou une cicatrice, soit une fistulisation donnant lieu à l'élimination.

Dans un deuxième stade :

La prolifération conjonctive s'accentue autour des vaisseaux et des canaux séminifères, les englobe dans son épaisseur et peu à peu les entoure de coques scléreuses plus ou moins denses.

Tandis que le passage du sang devient de plus en plus difficile, impossible même dans les vaisseaux, l'épithélium des tubes devient granuleux, graisseux, puis finalement se résorbe. Cette cicatrice interstitielle qui est en train de s ‘organiser, étrangle et étouffe progressivement les éléments nobles de la glande, voire même les nodules gommeux, s'ils sont peu développés. La réaction atteignant la dernière limite conduit à la sclérose et à l’atrophie.

Mais le plus souvent, cette sclérose est limitée, et pendant que ces phénomènes se passent sur certains points de la glande, sur d'autres ou même sur la glande entière, une évolution différente peut se faire, qui aboutira au ramollissement caséeux.

L'infiltration cellulaire spécifique, d’abord diffuse, puis con-glomérée en petits syphilômes histologiques, encore résolutifs, va se préciser et former de grosses gommes, dont la caséification progressive entraînera des dégâts plus ou moins considérables.

Sclérose d’une part, gomme, d'autre part, produisent donc des troubles directs d'atrophie ou de nécrose. Ils sont également la source de troubles indirects mécaniques de compression canaliculaire et vasculaire, c’est-à-dire de diminution et de suppression de la spermatogénèse et de la circulation.

Si à ces troubles vasculaires on ajoute les lésions d’artérite oblitérante directement spécifique, on comprendra que le manque di irrigation — qui devrait être au contraire augmentée ; — produise, d’une part, la mortification des gommes crues syphilitiques.

primitives, et d'autre part, des zones de nécrose plus ou moins étendues, selon le calibre des vaisseaux comprimés ou oblitérés, véritables gommes secondaires. e

Si les zones scléreuses tendaient à diminuer le volume de la glande, les gommes au contraire, tendent à l'augmenter. Ainsi se trouvent constitués ces testicules scléro-gommeux, de surface irrégulière et bosselée, de consistance variable.

Troisième stade.

Quand la sclérose domine, comme par exemple dans la Syphilis héréditaire précoce, le processus atrophique se poursuit, se généralise et au bout du compte, l'organe diminue en masse, se ratatine et réalise"peu à peu l'haricocele, « véritable castration sous albuginée ».

Si les gommes se développent, comme dans la Syphilis héréditaire tardive et souvent dans la Syphilis acquise, elles évolueront vers la périphérie ou vers le centre.

Dans le premier cas, le ramollissement gagnera vers la superficie et s'évacuera au dehors, entraînant, selon l'importance de la gomme évacuée, une perte de substance plus ou moins considérable de la glande. On se trouvera alors en présence d'une véritable caverne, dont les parois peuvent ou se rétracter, finir par se toucher et finalement se cicatriser ; ou au contraire, rester béantes, bourgeonner, et ses bourgeons prenant une extension inaccoutumée, pousseront au dehors un fongus, qui extériorisera petit à petit, le testicule.

Dans le deuxième cas, les gommes bridées par une coque albuginique épaisse, envahissent peu à peu tout le parenchyme glandulaire, réalisant ces testicules à peu près réguliers, hypertrophiques, que nous décrirons sous le nom de formes pseudonéoplasiques. |

Quand des gommes se sont installées dans un testicule, on conçoit qu'un traitement antispécifique, qui pourra bien arriver à faire résorber les infiltrats, à faire régresser les inflammations et les gommes microscopiques, ne puisse plus rien contre la sclérose bien établie des parois des tubes séminifères et des vaisseaux, ou contre la destruction massive du tissu testiculaire.

Et il est naturel que de pareils testicules, même guéris de leurs lésions en évolution, restent des testicules cicatriciels et scléreux tout à fait différents d’un testicule normal et souvent beaucoup plus petits, lorsqu'une perte de substance considérable a frappé, par ses gommes crûes, le tissu testiculaire.

n conçoit même, à voir la crudité étendue de certaines gommes intra-testiculaires, combien il sera difficile aux parties vivantes qui les entourent, de résorber ces véritables « corps étrangers », ces

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«€ séquestres » intra-testiculaires et c'est ce qui explique probablement que de gros testicules bien manifestement syphilitiques résistent, au moins en partie, aux traitements (dits spécifiques, » lesquels ne peuvent pas plus faire disparaître des scléroses, que revivre des tissus tués !

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