I. — ORCHI-EPIDIDYMITE TYPIQUE
Observation 41. — Orchi-Epididymite syphilitique gauche cédant au bismuth (Cochin).
De G..., 30 ans.
Tuméfaction de la bourse gauche, ayant débuté, aux dires du malade, il y a un mois, et augmenté progressivement depuis. Douloureuse au début, est complètement indolore maintenant.
Antécédents personnels : Blennorragie et Syphilis primaire il a y huit ans, traité par Î|0 injections intra-musculaires. Trois ans après : une réaction de Wassermann positive l'obligea à à un nouveau traitement mercuriel et novarsénobenzolique, court et irrégulier.
Actuellement : Testicule gauche de moyen volume, dur, mdolore, SA régulier mais difficilement palpable à travers une lame assez épaisse d'hydrocèle. Pincement de la tête épididymaire assez grosse.
Funiculite appréciable avec déférent normal, prostate régulière et souple. Vésicules perceptibles mais indolores.
Cicatrice à peine visible de Syphilis primaire sur le fourreau. Cicatrice pigmentaire sur la face antérieure de la jambe gauche d’une ulcération datant de deux ans et cicatrisée par un traitement local.
Large dépoli de la commissure droite. Leucoplasie gauche légère. Réflexes normaux.
Wassermann positif.
Après 8 injections de Quinby l'hydrocèle a disparu et le testicule gauche devenu lisse et souple, reste encore légèrement augmenté de volume.
On continue le traitement.
Observation 42. — Orchi-Epididymite Bilatérale, plus marquée à gauche) guérie par le bismuth (Cochin).
B. Belckacem..., 26 ans.
Augmentation de volume progressive des deux testicules qui aurait débuté, il y:a trois mois, sans douleur.
Testicule et Epididyme sont gros et durs, à gauche plus qu’à droite. Leur sensibilité est conservée en partie. Cordon, déférent, prostate, vésicules sont normaux.
Wassermann : ‘très positif.
Dix injections de Muthanol et 4 gr. de KI prodie amènent une amélioration considérable.
Observation 43. — Orchi-Epididymite syphilitique Bilatérale, plus marquée à gauche, à début apparent douloureux (Cochin).
F..., 64 ans. — Il y a six semaines, le malade a ressenti une violente douleur dans les bourses, qui l'obligea à s’aliter. Le médecin consulté conseille repos et révulsion.
Si la douleur céda rapidement, le volume des bourses, par contre, ne diminua pas. Le malade entre alors à l'hôpital.
Antécédents personnels. — Pas de Blennorragie. Pleurésie double et bronchites à répétition. w
Syphilis primaire il y a cinq ans, traitée par six injections intra-veineuses.
Examen intra-scrotal : Scrotum normal et libre.
A gauche : Testicule très augmenté de volume, d’une consistance dure, ligneuse par endroits, est irrégulier. L'Epididyme non isolable du testicule apparaît dur, irrégulier, avec un assez gros noyau à la tête. Les deux sont indolores spontanément ou à la pression. La vaginale peut être pincée.
Le canal déférent est normal, mais 1l y a de la funiculite.
À droite : La glande de taille inférieure est aussi plus souple et plus sensible.
De ce côté également on note une funiculite légère.
Les réflexes tendineux sont faibles.
La pupille gauche est irrégulière, mais réagit.
Traité au Quinby, s'améliore rapidement.
Observation 44. — Orchi-Epididymite Bilatérale, plus marquée à gauche. Azoospermie (Saint-Louis).
Ch... 34 ans, consulte à Saint-Louis pour une syphilide acnéiforme de l'aile droite du nez datant de trois mois.
Un examen complet du malade découvre une syphilide médio-thoracique en placard papulo-croûteux, une syphilide de la langue et une double lésion testiculaire.
Antécédents personnels. — A 14 ans, fièvre thyhoïde suivie d’une phlébite droite et d’une orchite gauche, depuis cette époque, ce testicule reste plus gros et plus sensible que l’autre.
À 18 ans Blennorragie.
Nie la Syphilis, et n'a remarqué aucune modification du côté des bourses, sauf un gonflement passager, il y a quelques années. Signale cependant que, depuis un an, quoique l'appétit sexuel soit intact, son ardeur s'éteint dès qu'il doit passer à l'acte.
Examen scrotal :
À gauche : la glande assez augmentée de volume, apparaît déformée en avant, présentant une induration à peu près complète de sa surface, avec au pôle supérieur un noyau dela taille d’un petit pois, qu’on peut confondre avec la tête épididymaire en inversion. Le pôle inférieur du Testicule est encore souple et conserve sa sensibilité, sa face externe est criblée de plusieurs grains de plomb. Nulle part on ne pince la vaginale, on pince par contre, la tête épididymaire qui semble normale.
Le canal déférent est gros et dur. Il y a une funiculite sérieuse.
À droite : les lésions sont moins marquées, sans doute plus récentes, le
testicule est plus petit, en forme de carène, portant en avant un: petite poche d' hydrocèle ; ;1l est en général, moins dur. Sur sa face externe, près de son pôle supérieur, deux saillies : une grosse, dure, régulière, indolore, une plus molle, sensible, limitée par une véritable trépanation de la vaginale. Impossible de délimiter l'Epididyme. Le canal déférent est dur mais de taille normale. Il n’y a pas de funiculite.
On ne peut pincer la vaginale qu’en avant.
Rien au toucher rectal.
Grosse leucoplasie buccale. Wassermann-Hecht : très positifs. Floculation : 44, À L'examen du sperme ne montre la présence d'aucun spermatozoïde.
Antécédents collatéraux. — Femme présentant des céphalées vespérales sans aucune lésion évolutive apparente.
Wassermann : négatif.
On met le malade au traitement par le 914.
À la cinquième injection : les lésions tégumentaires se sont à peu près effacées. Les testicules diminuent et s’assouplissent.
Observation 45. — Orchi-Epididymite Syphilitique bilatérale prédo-
minant à droite (épanchement abondant). (Cochin).
A. P..., 37 ans présente :
À droite: un hydrocèle de moyen volume.
À gauche : un noyau de la taille d’un petit pois dur, indolore, siègeant à l'union du testicule et de la tête épididymaire gauche, qui sont insensibles.
Des deux côtés, les cordons sont normaux. Rien à la prostate. Par contre, lésions multiples de périostite des deux tibias et du cubitus gauche. Leucoplasie
commissurale bilatérale. Ne se rappelle pas avoir rencontré le tréponème. N'a pas été revu.
Observation 46. — Albuginite douloureuse (Cochin).
R... C.., 25 ans, se plaint de crises douloureuses survenant depuis 3-4 ans dans le festicule droit. Il y a quinze jours, une nouvelle crise, particulièrement violente, calmée par le repos, l'oblige à consulter.
On découvre à droite, sur un testicule souple dans l’ensemble et ayant conservé sa sensibilité, une plaque de blindage siégeant sur le milieu de la face interne, résistante, de la taille d’une pièce d’un franc, incluse dans la glande, sans saillie appréciable, sauf en un point où l’on sent un véritable noyau du volume d'un pois.
Sur la face externe de la glande, près de son pôle supérieur, qui est douloureux, un minuscule noyau pareil à un grain de mil.
Enfin au niveau de la fête épididymaire, qui est très sensible dans l’ensemble, on trouve un noyau dur, nettement limité, de la taille d’un petit pois.
On pince la vaginale en avant. Pas de funiculite. La prostate et les vésicules sont normales. L'examen somatique complètement négatif.
Le malade nie la Syphilisê mais avoue, cependant, avoir présenté il y a huit ans, une angine tenace avec des ganglions et des ulcérations anales.
Malgré la douleur spontanée et provoquée, on pense à une Orchi-Epididymite syphilitique.
Le Wassermann du sang est très positif.
La femme du malade a trois enfants bien portants, mais a accouché, il y a peu de temps à cinq mois, d’un enfant né viable, mort quatre jours après.
Son Wassermann-Hecht est partiellement positif.
Le malade est soumis au traitement novarsénobenzolique.
Très rapidement les lésions testiculaires s’améliorent, les douleurs disparaissent. 5
À la quatrième injection de 914, le malade abandonne le traitement pendant dix-huit jours ; lorsqu'il revient, il se plaint de douleurs dans le testicule gauche. qui paraît assez dur et indolore à la pression. 11 semble que par suite d'une véritable réactivation, la lésion se soit étendue du côté opposé.
Le traitement est repris, cette fois, très sérieusement et à la fin de la deuxième série de 914, l'appareil testiculaire épididymaire est devenu des deux côtés complètement normal. La réaction de Wassermann-Hecht du sang, n'est pas encore tout à fait réduite. On continue le traitement.
Observation 47. — Albuginite Bilatérale légère (Cochin).
B.. V.., 29 ans, pour des indurations des testicules qu'il a découvertes par hasard, il y a deux mois. Nie avoir rencontré le tréponème.
L'examen scrotal montre à droite un testicule augmenté de volume dans le sens transversal, très dur dans l’ensemble, et présentant en avant une plaque dure, indolore, marquée par un épanchement de moyen volume. On sent la tête épididymaire dure collée entre le pôle supérieur de la glande, le canal déférent normal contraste avec une funiculite assez marquée.
À gauche, le testicule paraît normal comme taille, comme consistance, comme sensibilité.
On sent cependant, sur sa face externe, près de son pôle supérieur, une petite plaque de blindage faisant face à une zone indurée qui siège sur la tête épididymaire.
Rien ailleurs.
On conclut à une Orchi-Epididymite syphilitique, mais le malade refuse l'examen du sang et à plus forte raison le traitement.
Observation 48. — Orchi-Epididymite gommeuse droite. Epididymite. gauche (Cochin).
G..., Léon, 40 ans, entre à Cochin avec le Diagnostic d'Epididymite bacillaire, disgnostic d'autant plus légitimé que le malade a eu des hématuries et de la pollakiurie nocturne.
À peu près à la même époque, le testicule droit a commencé à grossir progres sivement mais lentement. Il y a un mois, augmentation de volume brusque avec douleurs violentes nécessitant alitement et révulsion.
Antécédents personnels : opéré il y a deux ans d’un polype vésical. Ni Blennorragie, ni Syphillis.
À droite, le scrotum présente une large zone d’adhérence, d'infiltration, rouge violacée, lisse et amincie à son centre, prêteà s'ouvrir. Ellecorrespondà deux. bosselures du volume d’une noix, fluctuantes, siégeant vraisemblablement sur le testicule près de son pôle supérieur. La glande ainsi immobilisée en avant, est nettement augmentée de volume, surtout suivant son diamètre vertical. Elle est lisse par ailleurs, mais a perdu sa souplesse et sa sensibilité.
Il est difficile de délimiter l'Epididyme. Cependant, au milieu d’une grosse funiculite à l’origine du cordon, il semble que l’on puisse pincer un organe plus. souple : la tête épididymaire. Le canal déférent, gros, indolore est en baguette:
e verre.
Du côté opposé le testicule est normal, mais la tête épididymaire est dure, irrégulière, indolore.
Contrastant avec ces lésions, le toucher rectal ne montre aucune modification prostato-vésiculaire.
Une ponction de la région fluctuante du testicule droit laisse sourdre une sérosité purulente, dans laquelle on n’a pas trouvé de Bacille de Koch.
L'examen des urines fofales a décelé d'assez nombreux polynucléaires, de nombreux bâtonnets à gram négatif, pas de Bacille de Koch.
Malgré l'absence d'antécédents, malgré une Réaction de Bordet-Wassermann négative, on conclut à une Orchi-Epididymite syphilitique et on tente un traitement d’épreuve : Cy Hg. intra-veineux et KI per os.
Revu après la sixième injection : l'infiltration scrotale a beaucoup diminué, les zones fluctuantes se sont affaissées, la funiculite à diminué et on sent parfaitement la tête épididymaire qui est souple.
L'Epididyme du côté opposé diminue.
On continue le traitement au Novarsénobenzol, mais le malade repris de cystite avec hématurie l’abandonne.
Observation 49. — Orchite gommeuse du Testicule non améliorée par le traitement. Exploration sanglante (Cochin).
G... E.…., 25 ans, a été pris, il y a deux mois, de douleurs dans le testicule droit qui a augmenté peu à peu de volume. Consulte quelques jours après, et comme le malade a eu une Blennorragie, il y a quelque temps, on pense à une Orchi-Epididymite gonococcique et on lui conseille le repos et la balnéation chaude.
Le malade n'étant pas amélioré, revient consulter quelque temps après.
Il présente un testicule droit piriforme à grosse extrémité supérieure ferme, à petite extrémité de consistance normale.
Sur la face externe de la zone ferme, on trouve un placard saillant dont Je sommet est de consistance cartilagineuse, la base étant fluctuante.
Sur la face interne de la zone normale, on sent une crête transversale dure et indolore.
La tête épididymaire est normale. Le cordon et le canal déférent sont souples. On ne pince la vaginale qu'en bas et en dehors.
Sur la face externe du testicule gauche qui est très sensible, près de son pôle supérieur, on palpe un petit noyau dur assez profond.
Rien à signaler ailleurs.
On porte le Diagnostic de Syphilis du Testicule bilatérale, et on adresse le malade à un service voisin aux fins du traitement.
Plusieurs injections de Novarsénobenzol restant sans effet, le malade entre à l'hôpital pour Exploration sanglante.
Opération du Testicule droit. — Ouverture de la vaginale qui est libre et contient une quantité infime de liquide. Pas de traces d’albuginite même au niveau de la partie saillante et fluctuante. Incision sur ce point. On arrive sur une gomme. Après excision d’un fragment on referme par suture soignée de l'albuginée. Réunion per primam.
L'Examen histologique confirme le Diagnostic de Syphilis. On remet le malade au traitement anti-syphilitique.
Ur
Observation 50. — Orchite Syphilitique gauche. Grosse funiculite (M. Chevassu).
D..., 36 ans, souffre depuis dix à douze jours dans le testicule gauche. À eu, il y a sept ans, un chancre du prépuce accompagné d'adénopathie froide et indolente.
Le testicule gauche du volume d’un œuf de poule présente sur son versan gauche près de son pôle supérieur, une plaque assez étendue, dure, régulière indolore sur laquelle on ne sent plus de pincement de la vaginale.
Au-dessous d'elle, près du pôle inférieur de la glande qui, par ailleurs paraît lisse, diminuée de souplesse et de sensibilité, se trouve une dépression circulaire de la vaginale. Celle-ci, qui est irrégulièrement épaissie, peut être pincée en avant du testicule; elle adhére par ailleurs. L'Epididyme nettement délimitable sur tout son trajet, apparaît normal, mais le canal déférent est plus gros et plus dur que l'opposé. Le reste du cordon est fondu par une funiculite irrégulière et dure.
La prostate et les vésicules sont, cependant, saines.
Observation 51. — Orchi-Epididymite Syphilitique gauche. Gommes du Cordon (M. Chevassu).
B..., 67 ans, entre à l'hôpital Necker pour une tumeur intra-scrotale gauche, qu'il a remarquée, il y a une quinzaine, parce qu'il y ressentait une lourdeur et des tiraillements dans le bas-ventre.
Depuis son début apparent, le volume en est resté stationnaire, l'évolution en est froide et indolore.
Le malade nie toute affection vénérienne, aucun trouble urinaire. Le testicule droit est normal.
Le testicule gauche se présente sous la forme d’une tumeur du volume d’un œuf de canard. Il est libre dans la cavité scrotale, dont les téguments sont cependant tendus, rouges (intertrigo) et épaissis.
Aux deux extrémités de la tumeur testiculaire : deux zones fluctuantes, indolores, transparentes (hydrocèle).
Entre les deux zones, coiffant la partie antérieure de la glande et empiétant sur ses deux faces : une masse dure, irrégulière, bosselée, opaque, indolore.
La partie inférieure de la tumeur est souple et on y réveille la sensibilite testiculaire. En remontant, une bosselure en YŸ, dure, étendue : ce paraît êtré la tête épididymaire intimement unie au segment initial du cordon.
Le cordon, à peu près normal à son origine, présente à un em. au-dessus du pôle. supérieur de la tumeur et à l’orifice externe du canal inguinal, une bosselure irrégulière, indolore de la taille d’une grosse noisette.
La prostate est normale, les urines claires. Le canal perméable à l’exploration. | \
La réaction de Wassermann est très positive.
Le malade soumis au traitement mixte (Benzoate de Hg et KI) s'améliore rapidement.
Observation 52. — Orchite Bilatérale, peut-être congénitale, traitée par des injections de 606 (M. Chevassu).
C..., âgé de 25 ans, présente une tuméfaction de la bourse droite. Le malade gaconte qu'il y a trois mois, a remarqué par hasard, des irrégularités de son testi-
cule droit qui, depuis, a augmenté progressivement et sans douleur jusqu’à ce Jour.
Nie avoir rencontré le tréponème. À eu une Blennorragie il y a trois ane, dont une goutte matinale persiste encore.
Actuellement le testicule droit, du volume d’un œuf de poule, présente à sa partie antérieure, occupant les deux tiers supérieurs de la glande, une vaste noyau résistant, lisse, arrondi, indolore, au niveau duquel la vaginale adhère : gomme probable.
Au-dessous au pôle inférieur, une zone plus molle mais complètement insensible. On y pince la vaginale.
L'Epididyme, le canal déférent, le cordon, la prostate sont normaux.
gauche, on sent au pôle inférieur du testicule près de la queue épididymaire un noyau dur, indolore pareille à une moitié de noisette, incluse dans la glande.
Rien par ailleurs, sauf une taie sur l'œil droit.
Les antécédents héréditaires ou collatéraux n'ont pu être précisés.
Quatre jours après la première injection de 606 (0 gr. 50) le testicule diminue de volume et le noyau y inclus se ramollit.
Les jours suivants, la résorption continue, si bien que le dixième jour, lors de la deuxième injection de 606 (0 gr. 40) il ne reste plus qu’un noyau petit et dur à la partie antéro-externe du testicule droit, tandis que la nodosité du testicule gauche a complètement disparu.