GÉNÉRALITÉS
La Syphilis du Testicule suivant les époques et partant les conceptions des auteurs, suivant les tableaux cliniques ou les recherches anatomo-pathologiques, a reçu des noms divers, actuellement encore employés.
Où l'a appelée à l'origine Sarcocèle (54p£ — chair ; #1n — tumeur) qui signifiait primitivement toute tumeur développée dans les bourses, et était appliqué indistinctement à toutes les néoplasies nées aux dépens du Testicule et de ses dépendances.
On l'a appelée ensuite Albuginite, nom qui a le grand mérite de désigner, sinon la forme, du moins le caractère le plus fréquent de cette affection. Il a cependant le tort de prendre la partie par le bout.
La science progresse, les termes se précisent.
Il y eut : un Sarcocele scléreux par opposition au Sarcocele gommeux (Fournier) ; une Orchite interstitielle (Lancereaux) ou Orchite simple (Virchow) qui s'opposa à l'Orchite gommeuse. Ces termes gardèrent en France comme à l'étranger, pendant de longues années, leur droit de cité. Mais le microscope le leur enlève bientôt. Grâce à Reclus, l’orchite syphilitique devient l'Orchite scléro-gommeuse et se subdivise en forme non suppurée et en forme suppurée.
Ces dénominations, qui paraissent être correctes, ne nous semblent cependant pas parfaites.
Le qualificatif « suppurée » imposé par Reclus, a été l'origine de discussions innombrables. Il nous paraît prêter à confusion.
De plus, si dans la règle les deux processus scléreux et gommeux s'unissent, il est incontestable que l’un peut prédominer de beaucoup sur l’autre, et qu'il existe même, exceptionnellement il est vrai, des gommes pures du Testicule. Enfin, la forme suppurée n'est, au bout du compte, qu'une des terminaisons de la forme non suppurée, au même titre que le fongus ou l'atrophie scléreuse. Pour nous, comme dans la Syphilis, en général, il existe des gommes (ou si l’on veut, des scléro-gommes) crues ou des gommes ramollies, des gommes fermées ou des gommes ouvertes.
en
Dans ces conditions, il nous paraît plus logique d'éviter toute dénomination précise qui préjuge d'un processus anatomopathologique quelconque.
| nous paraît plus clinique de distinguer la Syphilis du Testicule selon sa date d'appartion :
La Syphilis du Testicule précoce : c’est en réalité l’Epididymite secondaire, très exceptionnellement l’Orchi-Epididymite.
La Syphilis du Testicule tardive : c’est l’Orchi-Epididymite syphilitique, plus rarement l’Epididymite tertiaire.
Nous disons Orchi-Epididymite tertiaire (interstitielle par défnition, forme scléro-gommeuse si l’on veut, albuginite .très souvent, sarcocèle quelquefois) parce que, ainsi que nous les verrons, l'atteinte de l'Epididyme nous paraît au cours de la Syphilis du Testicule beaucoup plus fréquente que ne le prétendent les auteurs.
Dans cette Orchi-Epididymite tertiaire nous considérerons à côté de la forme type de description (forme nodulaire diffuse) des formes cliniques multiples :
La forme légère, la forme hypertrophique, la forme liquidienne, la forme aigué).
Toutes, les unes plus que les autres, abandonnées à elles-mêmes, vont évoluer :
Soit vers le ramollissement, la fistulisation et le Fongus.
Soit vers atrophie scléreuse progressive et l'Haricocèle.
Mais 1] est évident que ce sont aujourd’hui des éventualités rares.
ORCHI-ÉPIDIDYMITE SYPHILITIQUE
ÉTIOLOGIE
L'orchi-Epididymite syphilitique est le produit direct de la Syphilis, mais au-dessous de cette cause primordiale, il est quelques circonstances d'importance secondaire, qui hâteront son apparition.
Nous avons donc à considérer successivement l'action essentielle de la Syphilis puis les causes occasionnelles, sans lesquelles peut-être la Tumeur ne se fût point otes