XI. FORMES NE CÉDANT PAS AU TRAITEMENT
Observation 85. — Tumeur du Testicule ne cédant pas au traitement d'épreuve, diagnostiquée Néoplasme à l'exploration sanglante. Castration. Examen histologique : Syphilis. (Observation Mercadé.) L..., 30 ans, entre dans le service pour une tumeur du testicule droit, datant
de quatre ou cinq mois. Testicule gros, très augmenté de volume, lisse, très
douloureux à la pression même la plus légère, de consistance uniformément dure.
Epididyme difficile à reconnaître, testicule du côté opposé, absolument sain, pas de ganglions perceptibles.
Le malade nie la Syphilis et on n’en trouve chez lui aucun vestige. On le soumet cependant à un traitement mercuriel, en même temps qu’un second malade de la salle atteint de Syphilis testiculaire nette.
En huit jours, on voit chez celui-ci le testicule diminuer de moitié, alors qu'il venait pour se faire castrer.
Au contraire, le testicule de L... ne se modifie pas.
On décide alors l'intervention.
Avant la castration, on fait une orchidotomie exploratrice. Le Testicule tout entier est pris. Le Diagnostic de cancer ne paraissant pas douteux, on poursuit le cordon spermatique jusqu'à l’orifice inguinal interne : puis on procède à l'exérèse des ganglions lombaires et à la dissection du pédicule spermatique jusqu’à son origine.
Examen microscopique (M. Chevassu).
Coupe du paquet spermatique adbominal.
Lésion périartère spermatique avec intégrité absolue des deux veines. Dans la paroi externe de l'artère spermatique il existe une abondante infiltration lymphocytaire ayant par endroit l'aspect d’une véritable petite gomme. Lymphangite périartérielle typique.
Canal déférent absolument normal.
Epididyme présente un Epithélium à peu près normal, mais l’espace intertubulaire ést plus riche en lymphocytes, et on note par endroits une infiltration allant jusqu’à la production de gommes. En d’autres points, le tissu gommeux est visible sur la coupe à l'œil nu.
Testicule : vaste nécrose syphilitique.
Observation 86. — Syphilis gommeuse du Testicule avec volumineuse
Hydrocèle, ne cédant pas au traitement ‘d’épreuve. Castration. (Observation Alglave).
Le malade consulte pour une tuméfaction douloureuse du testicule droit, ayant débuté, il y a sept mois. Comme il a eu un chancre induré, il y a dix ans, on pense à la Syphilis testiculaire et on le traite au calomel en injections et à l'iodure par la bouche.
Après trois injections, l'état est stationnaire. Le malade quitte l'hôpital mais revient un mois après.
Cette fois la bourse est grosse comme deux poings. Volumineuse hydrocèle qui permet difficilement l'exploration du testicule. L'Epididyme cependant, paraît gros, dur, irrégulier, bosselé surtout à la tête et à la queue.
Le cordon est empâté, mais le toucher rectal est négatif.
On a alors quelques doutes.
1° Parce que le traitement n'avait rien donné ;
2° Parce que le malade avait des antécédents tuberculeux. Cependant, on essaie un fraitement anti-syphilitique pendant quinze jours. Aucune améliora- ‘tion, on opère.
Il s'écoule un liquide citrin en grande abondance.
Orchidotomie : albuginée et partie sous-jacentes œædémateuses, volumineuse gomme testiculaire centrale. Castration.
Examen mucroscopique : une coupe transversale montre une énorme gomme
à contours sinueux, occupant le testicule. L'intérieur de l'Epididyme est luimême nécrosé.
Examen histologique :
Foyers gommeux constitués à leur centre par des tissus nécrosés avec fragmentation parcellaire fine de la chromatine nucléaire qui subit la dégénérescence granulo-graisseuse,
On trouve à la périphérie quelques cellules géantes, d'ailleurs rares.
Infiltration lymphocytaire et à plasmazellen diffuse, autour des vaisseaux «et des tubes séminifères.