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que tu veux lui cacher ton mal en le lui donnant et il vaut mieux user d’intrigue, simuler une longue indisposition en lui retirant tes caresses que de maculer de ton mal terrible cet être que tu aimes.
Ce n’est pas tout de ne pas contagionner les autres, il faut encore, à tout prix, suivre une bonne hygiène, mener une vie régulière et douce, suivre religieusement les conseils et le traitement de son médecin, si le syphilitique veut arriver, après quelques années, à s'assurer une bonne santé et à convoler en mariage.
Il ne faut pas se faire illusion sur la longueur du traitement et quelle que soit l'apparence grave ou légère d’une syphilis à son début, un tritement de trois années est nécessaire pour permettre à un véroleux de contracter mariage et être certain de ne pas contagionner son épouse. À part ce traitement strictement suivi, le syphilitique doit abandonner généreusement ses habitudes malsaines qui qui lui seraient certainement préjudiciables. Il doit cesser de boire, s’il en a l'habitude; il doit régler sa vie, en abrégeant les longues soirées, consacrées aux jeux de tous les genres dans des pièces surchauffées et toujours mal aérées.
Il doit plutôt se coucher à une heure raisonnable et toujours la même ; se lever assez matin et et prendre un exercice en plein air, pour mieux disposer l’économie à bien supporter les fatigues de la journée et pour préparer tous les organes à leur fonction normale et faciliter ainsi le travail de la digestion et de l'assimilation.
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Un véroleux ne doit pas négliger de se traiter parce qu'il se sent bien ou mieux, ce sentiment très légitime de se croire en état de santé est souvent la cause d’un grand écart de la part de celui qui s'illusionne ainsi, et plusieurs ont payé bien cher la négligence qu'ils ont mise à se bien surveiller. Ce n’est pas qu'il doive se saturer d'une manière continue de la médication spécifique, ce traitement est pour le moins superflu, mais il doit prendre un soin jaloux et sévère de sa personne, dans toutes les circonstances accidentées de sa vie.
Il n'entre pas dans le cadre de ce travail, de mentionner spécialement le traitement auquel doit se soumettre un syphilitique, mais il serait peutêtre à propos de faire connaître l'opinion des différents auteurs sur l'urgence ou l'opportunité de médicamenter le malade tout le temps pour prévenir des accidents d’après les uns. ou de n’agir que quand il y a des accidents pour les conjurer, d’après d'autres qui soutiennent que la médication est inutile quand la maladie ne manifeste son activité par aucun signe.
En général, dès que le chancre spécifiquement induré est déclaré, tous les auteurs sont d'accord pour instituer immédiatement le traitement. Attendre, pour prescrire ce traitement, que la maladie se soit manifestée sous ses formes secondaires, serait une pratique mauvaise ou irrationnelle.
Pourquoi retarder la défense quand l'ennemi est dans la place? dit Langlebert. Mauriac dit qu'il ne faut pas attendre la période secondaire pour intervenir, 1l faut au contraire agir dès que la
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nature du chancre est établie. Ainsi pensent Ricord, Jullien, Fournier et, je crois sans aucune réserve, tous les syphiligraphes actuels. Mais, si tous sont d'accord pour le traitement immédiat du début, beaucoup diffèrent sur le traitement à instituer dans la suite. Langlebert et Lancereaux ne veulent pas de règle précise pour diriger le traitement de la syphilis. Ce serait une grave erreur thérapeutique que de vouloir systématiser ce traitement ; que de prescrire au malade : pendant tant de mois, vous ferez ceci; pendant tant de temps, vous ferez cela, puis vous recommencerez et ainsi de suite quoiqu'il arrive. Pour eux, le seul véritable guide est dans la production des accidents et de leurs récidives, dans l'appréciation de l'état général du syphilitique, de son tempéramiment, de sa constitution. En admettant que la syphilis puisse guérir, Lancereaux non seulement croit mais affirme que c'est l'organisme lui-même qui s'en débarrasse et non le traitement spécifique qui en détruit le virus. Les anciens, et lus près de nous, Hunter, sans nier la possibilité de la guérison de la syphilis, disent que le mercure ne détruit pas l'action syphilitique, une fois qu’elle existe. Ricord dit aussi: Je ne conclus pas à l’incurabilité absolue de la vérole. Je me demande si la vérole ne pourrait pas guérir en ne laissant après elle, comme la variole, qu'une modification préservatrice.
L'observation nous apprend que chez beaucoup de syphilitiques, devenus en bonne santé et procréant des enfants sains et robustes, la maladie s'est reproduite avec tous les siwnes du début. Folhin,
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Diday et d’autres citent des cas de double infection. Il faudrait donc adinettre que la syphilis guérit. Lancereaux, le pire ennemi du traitement systéimatique de la syphilis se demande comment s'opère cette guérison et il dit: La syphilis, comme toutes les maladies, finit par céder aux seuls efforts de la nature, c'est-à-dire que l'organisme s'en débarrasse d’une manière spontanée et le traitement spécifique n'agit que sur les manifestations qu'il combat et non sur la maladie elle-même. Il ajoute: faire prendre indéfiniment, même avec des intervalles de repos, du mercure et de l'iod. de potassium à un malade, sous prétexte qu'il a eu un chancre syphilitique, est une méthode que je n'hésite pas à qualifier de barbare, car la syphilis, pas plus que toute autre maladie spécifique n'est arrêtée dans son évolution, par une médication quelconque.
C’est donc dire que, pour Langlebert et Lancereaux, il est inutile et erroné de traiter un syphilitique qui ne présente aucun accident, vu que le traitement spécifique n'agit pas sur la maladie elle-même, mais sert seulement à conjurer les accidents qui surviennent.
D'autres auteurs, à la tête desquels vient Four-
nier, le plus autorisé en la matière, veulent que le
syphilitique poursuive le traitement pendant les trois premières années suivant une règle invariablement la même pour tous les véroleux, et Fournier donne à l'appui de cette thèse une statistique qui tendrait à enrôler sous sa banniere les praticiens soucieux de bien accomplir leur devoir et toujours fiers de succés et de résultats favorables.
Fournier dit donc que traiter la syphilis, ce n'est pas seulement combattre et guérir les manifestations d'un jour, voire d’une période, c’est aussi et surtout attaquer la maladie d'ensemble, l’attaquer patente et latente, s'en prendre à son principe même, au principe de ses déterminations actuelles et futures; c’est instituer, en cette visée, une médication de longue haleine, chronique à force d'être prolongée et seule suffisante à réaliser des effets préventifs, c'est-à-dire, à protéger le malade dans l'avenir, voire à le sauvegarder non pas seulement dans sa personne, mais jusque dans sa postérité — Il ajoute encore que : abandonnée à son évolution propre, à ses tendances naturelles, la syphilis est essentiellement féconde en dangers de divers genres. Îl ressort de l'expérience que ces dangers peuvent être atténués, amoïindries, voire conjurés sinon toujours, au moins, dans la très grande majorité des cas, par un ensemble de médication composant ce qu'on appelle le traitement de la syphilis.
Puisque négliger de traiter une syphilis, c’est exposer le malade à des accidents si divers et si graves que Fournier et autres ne craignent pas de blâmer fortement les médecins qui s’y opposent ; puisque la statistique fournie par Fournier est si alarmante, qu'il ne soit pas possible de n'y pas voir la vérité qu'il soutient, (voir son livre : traitement de la syphilis) il est du devoir du médecin de traiter toute syphilis et il y a tout intérêt, tout avantage pour les malades à bénéficier des ressour-
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14 __ SYPHILIS ET CÉLIBAY
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| ces thérapeutiques, s'ils veulent éviter les dangers J auxquels ils sont exposés.
Il ne nous appartient pas d'entrer en discussion avec les médecins qui ont émis et soutiennent des hypothéses toutes opposées les unes aux autres, car nous ne serions pas à la hauteur du sujet et nous n'avons pas à prouver où se trouve la vérité. Nous aurions bien mauvaise grâce de produire ici, un jugement en faveur de telle ou telle théorie, mais ’ nous serions bien maladroits de ne pas nous ranger du côté qui donne le plus de garanties d’une guérison assurée et d'une santé qui nous échapperait a coup sûr si nous abandonnions, avec indifférence, la maladie aux seules forces régénératrices de la nature.
Ce n’est pas tout de se traiter, mais il faut le faire avec intelligence et pendant la longue période consacrée par l'expérience et admise par les syphiligraphes comme étant ia seule, la vraie cure susceptible de non-seulement amélioïer: mais encore conjurer, paralyser, de tuer même le mal, jusqu’à permettre au malade de contracter un mariage où il n'aura plus rien à craindre. Il n’y a exception pour personne et un syphilitique est voué à poursuivre son traitement, pendant trois années consécutives, avant d’aspirer lévitimement au mariage. Nous avons déjà dit ces choses, mais nous ne pouvons jamais trop les répéter, car la syphilis est un inal si contagieux, que manquer d'en faire connaître tous les dangers, serait faillir à notre tâche et laisser s'étendre avec culpabilité, un mal qui ne pardonne pas, qui frappe partout et toujours et qui
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fait sans cesse et fatalement des victimes sur son passage.
Celui qui a suivi sagement son traitement spécifique ; qui a mené une vie régulière ; qui a pratijué une bonne hygiène, peut espérer beaucoup après trois années, si aucun accident n’est survenu depuis les derniers mois. Non seulement il doit espérer mais, n'ayant eu aucun accident depuis les derniers mois, il se sait en bon état de santé, il doit être assuré, par la voix de son médecin vigilant, que la maladie est sinon éteinte, au moins très amoindrie. Le virus alors, a rencontré dans l'économie, un champ peu propice pour y opérer ses ravages et non-seulement il s'y trouve affaibli, maïs aussi, impuissant et paralysé.
Dans ces circonstances, un syphylitique peut sans crainte de container son épouse, convoler dans l’état du mariage, sans cependant, perdre de vue, que des récidives ou des accidents pourraient encore survenir dens l'avenir. Car quoiqu'on lui dise qu’il est guéri, la syphilis est peut-être une maladie qui ne meurt pas tout-à-fait.
Si je vous crois guéri, dit Fournier, je le crois autant que scientifiquement j'ai le droit de le croire. Mais quoiqu'il advienne dans l'avenir, quel que soit le trouble qui puisse survenir dans votre santé, souvenez-vous de votre ancienne maladie, Accusez-là à votre médecin; ne négligez à aucun prix d'éclairer ce médecin, sur vos antécédents spéciaux Dites-lui bien, dites-lui dix fois plutôt qu'une qu'autrefois vous avez eu la vérole. IT est très probable certes, que ce renseignement lui sera inu-
16 SYPHILIS ET CELIBAY
tile ; mais il n'est pas impossible que telle circonstance se présente où ce renseignement aurait pour lui et pour vous surtout une utilité imujeure, capitale ; auquel cas, de l’aveu de vos antécédents, pourrait dépendre votre guérison, votre vie.
Langlebert, qui n'est pas une autorité négligeable, semble émettre une opinion très raisonnable à l’endroit de l'époque fixée pour le mariage d’un syphilitique ordinaire et nous ne pouvons résister au désir de la faire connaître à nos lecteurs : Je crois, dit-il, pouvoir établir que tout individu qui, ayant eu une syphilis bénigne ou de moyenne force, convenablement traitée pendant quinze à dix-huit mois, a passé une année sans être atteint d'aucun autre accident, peut être considéré comme guéri On pourrait donc, à la rigueur, lui permettre aussitôt de se marier. Mais, comme en pareille matière, on ne saurait prendre trop de précautions, j'ai pour habitude, quand rien ne s’y oppose, de demander, comme temps d'épreuve, une année de plus. Et quand le mariage est décidé, j'exige encore de mon client qu'il se soumette, " ante nuptias ", et pendant deux ou trois mois, à un nouveau traitement spécifique. Cette mesure de prudence est pour noi la conuition ‘ sine qua non, de mon adhésion dans cette circonstance, à tous les projets d’union pour lesquels je suis consulté.
Ces conditions remplies, j'affirme que l'individu, si c'est un homme et s’il jouit d’une bonne constitution, a les plus grandes chances, en se mariant, d'obtenir une progéniture intacte. Pour mon compte, dit-il, je n'ai jamais vu le contraire arriver, et
je pourrais citer bon nombre de mes clients qui, mariés de la sorte, n'ont jamais eu à’ regretter.
En effet, nous le croyons et si quelquefois une syphilis bénigne au début a présenté plus tard des accidents graves, quoiqu'on ait cru à sa guérison, cependant ces faits sont assez rares pour ne pas infirmer la règle : c'est-à-dire la curabilité de ln syphilis iégère ou de moyenne force, duns la généralité des cas.
Prendre ces faits exceptionnels comme prétexte pour interdire le mariage à tout homme qui a eu la syphilis serait, indépendamment du dommage social qui en résuit rait, faire preuve d'une pusillanimité excessive et sans raison.
Ajoutons avec Langlebert, qu'en obéissant à de tels scrupules, il n'y aurait aucun motif pour ne pas frapper de la même interdiction, tous les indidus qui, dans leur enfance, auraient eu quelques symptômes, si légers qu'ils aient été, de maladies constitutionnelles et héréditaires : dartres, scrofule, arthritis, etc., dont la guérison détinitive n'est jamais mieux assurée que celle de la syphilis. Une telle mesure, si elle était possible, protiterait assurément à la santé publique et au perfectionnement de l'espèce ; mais qui ne voit qu'elle réduirait peutêtre de moitié le chiffre de la population !
Syphilis et Mariage
La question que nous traiterons ici est très délicate. Il ne s’agit plus, en eftet, du syphilitique ayant à se prononcer en faveur du mariage, mais du syphilitique marié qui. fait gros de conséquences désastreuses, est exposé, s'il n'y prend pas garde, à contaminer son épouse et à procréer des enfants syphilitiques.
Maris vérolés, ue désespérez pas et ne regrettez nullement de vous être mariés, sous prétexte que bien inconsciemment vous pourriez encore contagionner vos épouses. Avec le mariage, vous régularisez mieux votre vie, vous amendez avantageusement vos habitudes extravagantes et vous prenez une phase de votre existence où 1l vous sera plus facile d’éteindre pour toujours, un mal qui persiste plus rebelle ou qui s’éveille promptement, dans un célibat imprudent, extravagant et irresponsable.
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v— On ne vous a pas permis de vous marier, sans
nt que vous ayiez satisfait aux exigences d'un traite-
ment rigoureux et quoique des médecins ultra-ri-
) L goristes, veuillent bannir du mariage, tout sujet
syphilitique, ils sont dans le tort, croyez-moi
et vous étiez justifiables, votre inédecin et
vous, de prendre la détermination que vous avez
| prise. L'expérience, la statistique, la science actu-
elle, prouvent qu'un sujet syphilitique bien guéri,
est parfaitement compatible avec le mariage, et
cette exclusion en masse des ultra-rigoristes, outre
qu’elle n’est nullement justifiée, est inapplicable,
sans cela, que de célibataires qui, cependant,
Eds auraient pu faire souche d’une nombreuse et saine
que lignée nr
us Un individu qui a eu la syphilis, une fois marié,
ot doit s'observer chaque jour minutieusemeut et
pas s’abstenir aussitôt de tout rapport avec sa femme,
das s'il constate le retour du plus léger symptôme
| d'apparence suspecte. Il doit consulter son méde-
oz cin qui ne manquera pas, dans la circonstance, de que lui donner les conseils les plus sages et de le sou- ë ve . mettre aussitôt à une cure bienfaisante. ! gu- Qu'un individu contracte mariage en pleine eu- période virulente; qu'un mari présente le moindre )re- signe suspect ou qu'il contracte la syphilis dans un era , moment d’oubli coupable, le premier devoir qui À
qui s'impose est de mettre tout en œuvre pour éviter
ent, s’il en est encore temps, que sa femme soit conta-
gionnée et dans la suite toute sa descendance. Une séparation de corps, aussi prolongée que possible est le meilleur remède à une pareille situa-
opt
tion ; à tout prix, il faut que le mari syphilisé et en état de contagion plausible trouve un prétexte pour éloigner sa femme, pour cesser toute relation. Il n’est pas nécessaire d’être couvert de plaques ou de boutons par tout le corps pour être en imminence de contagion; sous l'apparence souvent trompeuse d’une bonne santé, sous l'aspect le plus rassurant, les conditions les plus souriantes, une seule plaque, le moindre bobo dissimulé Sur une muqueuse ou sur la peau, fera le même mal et donnera tout aussi bien la syphilis que la contagion prise au contact d’une vérole en pleine évolution chancreuse ou secondaire. Il faut donc faire une inspection journalière, minutieuse de sa bouche, du pénis, et si l'on y découvre la mo:.dre érotion, quelle que soit sa nature, il faut s'abstenir de tout contact sexuel, avant que la cicatrisation soit complète. Aïnsi en est-il des plaques de la bouche qui peuvent très bien échapper à un examen même attentif de la part du malade. Regardez-y une fois, deux fois, dix fois, et si vous découvrez quelque chose, abstenez-vous de tout baiser sur les lèvres et réservez ces caresses aux régions cutanées que protège contre le virus l'épiderme résistant qui les recouvre
Ici, comme il a été dit pour le célibataire, il faut encore ajouter comme précaution primordiale, le soin que personne ne fera usage immédiatement après vous du verre, des objets de table, de la pipe qui viennent de vous servir.
Un homme marié syphilitique qui a souci de son honneur et de son devoir comme mari et comine citoyen, doit toujours avoir à l'esprit la
grande responsabilité morale qu’il a vis-à-vis de lui-même, de sa femme et de sa progéniture. Ilne doit pas oublier qu'une seule chance lui reste de procréer des enfants sains, et que cette chance est celle de ne pas contaminer sa femme ; car les enfants qui naissent d'un père et d’une mère syphilitiques, naissent presque toujours s syphilitiques. En repettant donc que le premier soin d'un mari doit être d'éviter de contagionner sa femme, il s’en suit comme faisant partie intégrante de cette précaution, qu'il doit entourer sa personne d’un soin jaloux et minutieux ; qu'il doit encore chaque année, avec es accidents ou non, faire une cure sérieuse du traitement spécifique, et pendant deux ou trois mois dont une moitié au printemps et l'autre à l'automne, afin d'éviter une récidive, quelque légère qu'elle soit, et de prévenir l’apperition souvent méconnue de plaques dont on connaît la contagiosité.
Quand le mari a contaminé sa femme, nous avons dit que les enfants qui en naissent, sont presque toujours syphilitiques. En effet c'est le cas, et quand les enfants naissent sans la syphilis, ce qui est bien l'équivalent, ils naissent avec une santé compromise, une débilité native, une constitution appauvrie, exposés à une mort rapide.
Si le mari n’a pas contaminé sa femme, un enfant peut encore naître syphilitique de par son père, et, peut-être, mourir en pleine évolution ou encore être susceptible de mourir à échéance plus ou moins rapprochée de la naissance. Mais quel que soit le bilan, si sombre qu'il soit, une bonne conduite de la part du mari, un traitement Judi-
Tone
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cieusement suivi, une attention toute particulière de sa personne et de sa santé, peuvent encore permettre de procréer des enfants sains et même vigoureux.
La syphilis habituellement contractée, dit Fournier, dans les années de folle jeunesse, pendant la vie de garçon, n’a guère ses échéances graves que dans l’âge mur, c'est-à-dire, quand le jeune homme s'est transformé en un homme sérieux, s’est métamorphosé en un mari, en un père de famille. Cette vérité, pour être alarmante, ne doit pas cependant faire perdre toute espérance d'un avenir meilleur, car avec un bon traitement et une vie réglée sur la morale et sur l'hygiène, l'influence syphilitique du père sur les enfants diminue à mesure que vieillit la diathèse ; le temps use cette influence, il l'amoindrit, l’atténue, il finit même par l’annihiler complètement.
Malgré toutes les précautions qu'un mari prend pour ne pas contaminer sa femme et quoiqu'il soit moralement convaincu de ne pus l'avoir contaminée, cependant s'il l’a rendue enceinte, il doit aussitôt consulter son médecin afin d’instituer, s’il y a lieu, un traitement préventif pour la mère et pour l'enfant. Evidemment, ne sachant pas si un premier enfant sera syphilitique (car un enfant peut naître sain d’un père syphilitique) le médecin s'en tiendra à l’expectative. Mais quand l'influence hérédo-syphilitique du père sera établie par une grossesse précédente, il y aura alors indication à une grossesse subséquente de prévenir un nouveau malheur, en instituant le traitement spécifique
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chez la mère, malgré qu'elle n'ait FE aucun signe de syphilis. Serions-nous positifs que la mère n'est pas syphilitique, il faudrait encore la soumettre au traitement pour pouvoir atteindre l'enfant qu'elle porte dans son sein et qui est voué à une mort certaine si le médecin n’a pas prévenu et conjuré les accidents par un traitement approprié.
Jamais un mari ne prend trop de précautions et trop de soins dans ses rapports conjugaux et s’il vaut mieux qu'il ait la syphilis au lieu de sa femme quand l'un des deux doit l'avoir, cependant les effets sont encore beaucoup trop désastreux, puisque le danger le plus commun, le plus usuel auquel expose, dans le mariage, un mari syphilitique, c’est l'avortement, la mort de l'enfant. Il est déjà navrant que la syphilis ait établi ses quartiers dans un ménage, mais comine toutes les peines ont leur consolation, il est heureux que ce soit, en général, le mari qui en soit la victime, car sa syphilis peut être moins chargée de conséquences funestes et l'hérédité paternelle est la moins nocive. D'autant plus qu’un homme qui se marie longtemps après le début de sa syphilis — trois ans —et qui a suivi pendant longtemps et méthodiquement le traitement n’est jamais un père dangereux pour ses enfants.
Un imari qui, par accident, se surmène, se fatigue dans un travail du corps ou de l'esprit, qui fouette un peu trop énergiquement son organisation par des excès trop rapprochés, devra être très prudent dans ses caresses, car l'ennemi qu'il ren-
monnmmesensnnnsnnnensnnnnnese sense ess snnnnnen sms sense sne sense nee nm in ne en nn nn nn nee een see eq,
ferme dans son être a certainement gagné en puissance et dans des rapports sexuels, si le mari rendait sa femme enceinte, cette fois le produit conçu aurait toutes les chances d’être syphilitique. Il n'est pas besoin que la syphilis des géniteurs soit en action et qu'à l'instant de la procréation ceux-c1 soient affectés d'accidents spécifiques pour procréer des enfants syphilitiques, il suffit qu’elle soit en puissance. Il faut attendre qu'une accalmie révénératrice ait suivi cette période trop échauffante du travail ou des écarts pour reprendre avec sûreté et douceur une vacance quelquefois trop longue. Il y a moins de danger de l’hérédité syphilitique pour l'enfant, s'il est procréé au cours de ces stades d'accalmie où le ferment morbide semble assoupi depuis quelque temps.
Il n'y à qu'une façon de résister à la syphilis, dit Fournier, c'est de l'avoir. En eftet, et quoiqu'une mére ne présente aucun signe dé la maladie, qu'elle semble parfaitement indemne, si elle a donné naissance à un enfant syphilitique de par le père, dans la circonstance elle est ou elle n’est pas syphilitique. Si elle l’est, elle peut fort bien, ce qui est extraordinaire, n'en présenter aucun signe et demeurer avec une santé relativement bonne et sans suivre le moindre traitement. C'est que sa syphilis demeure à l’état latent et il faut qu'elle l'ait prise, ou de son mari par le fait de la conception, ou de son enfant pendant la gestation.
Ces deux ér. ve sont que deux hypothèses, car l’expéri: :* :. rauve que le sperme n’est
pas contagiec : «1core n'a pu prouver que
l'enfant dans le sein de sa mère arrivait à la contaminer par la circulation qui sert aux deux. Cependant pour ne pas donner l'explication de l'infection de la mère, nous sommes bien forcé de l’admettre, puisque dans un cas, elle présentera dans un avenir plus ou moins rapproché, des manifestations de la maladie, sans avoir jamais remarqué le moindre chancre induré, et dans un autre cas, le plus incompréhensible, elle pourra allaiter son enfant syphilitique sans qu'elle soit contagionnée par lui. Colles et Barmès disent qu'une mère doit toujours allaiter son enfant syphilitique ou non, même si elle n’a jamais présenté le moindre accident syphilitique, car, disent-ils, elle ne prendra pas la syphilis de son enfant.
Cette règle n'est pas absolue, car une mère peut avoir un enfant syphilitique de par le père, et demeurer saine, soit qu'au moment de la conception le mari, étant soumis à son traitement, ne transmette que de faibles quantités du principe infectieux, pouvant produire une maladie atténuée chez le produit dont la mère a évité le contage en se soumettant elle-même au traitement antisy philitique. Si elle n'est pas contaminée et qu'elle puisse rester dans une immunité complète tout en don-
nant uaissance à des enfants syphilitiques de par le père, elle pourra encore après deux, trois accouchements successifs, dont elle sera demeurée saine, contracter des chancres au mamelon, au sein, en allaitant ses enfants.
En prévision même de cette contamination, une mère ne devrait pas s'abstenir d'alkuter son enfant,
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car quoiqu'elle paraisse indemne, il est reconnu que l'infection due à l'allaitement est une chose excessivement rare et que les femmes non contaminées sont une exception.
Ces lois établies par Colles et Barmés sont reconnues comme vraies et fortement appuyées par Fournier qui est aujourd'hui l'autorité la plus compétente dans la matière. Nous avons voulu mettre le public au courant de ces lois afin non seulement de lui montrer jes dangers qu'il y a de négliger ou de mal traiter une syphilis toujours grave dans ses conséquences nombreuses, mais aussi de lui indiquer le devoir de recourir aux sources de l'art pour sauvegarder de l'infection et la femme et les enfants.
Nous voulons encore faire connaître la statistique néfaste prélevée dans des ménages où le mari et la femme sont tous deux syphilitiques, pour faire ressortir davantage la responsabilité d'un homme vérolé qui se marie trop tôt ou qui néglige de se traiter ou qui colporte avec une incurie criminelle son mal patent dans le sein vierge et indemne de son épouse; pour choquer énergiquement, nous l'espérons, les hommes indifférents et inhumains qui, en contaminant leur femme par leur imprudence, vouent leur famille sinon à une mort certaine, au moins à une existence chétive et inutile probable,
Cette statistique est fournie par Fournier et veuillez en croire l'authenticité. C’est navrant, il faut le dire, de constater une aussi aveugle fatalité mais espérons que le monde, devenant meilleur à
force de civilisation et pris d’un sentiment humanitaire nouveau, finira enfin par suivre sagement les dictées de la science. Le plus coupable, le seul coupable, peut-être, c'est l'homme, le mari, car il est presque toujours celui qui apporte la vérole dans le ménage.
Sur 500 ménages syphilitiques,
223 ont produit des enfants sains ;
175 ont eu des enfants contaminés ;
102 ont eu des enfants syphilitiques devenus plus tard inoffensifs.
D'où 277 sur 500 qui sont nés syphilitiques.
C’est donc que dans un ménage entaché de la tare syphilitique il y a plus de 50 7 de risque pour que la disposition morbide des parents se réfléchisse sur le produit de conception.
C'est énorme, et pour qu'un homme demeure insensible à autant de ravages et de pertes, il faut qu'il soit un ivrogne, un vagabond, un sans-cœur, une brute. Ilest la cause de ces désastres, et il sera bien chanceux si quelqu'un de ses enfants, survivant au terrible mal, ne lui fait pas subir sur ses vieux jours l'organisation bâtarde et maladive qu'il lui aura léguée, en le procréant syphilitique.
Si le père seul est syphilitique, l'enfant pourra toujours naître sain, bien entendu si le père se traite bien. En supposant que la mère seule serait syphilitique, ça se voit, l'enfant a beaucoup moins de chances de ne pas devenir syphilitique, car quoique la mère suive avec sagesse le traitement spécitique, il ne faut pas oublier qu'elle porte son enfant pendant neuf mois: que tous les deux se
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nourrissent des mêtnes choses ; que le même sang circule dans les deux êtres et que le virus, profitant de la moindre occasion, imprégnera du coup la jeuné organisation en voie de formation. Si le mari ét la femme sont syphilitiques, l'enfant est voué presque à coup sûr sinon à une mort prématurée ou prochaine, au moins sûrement à une santé frêle, amoindrie ét éphémère.
Le grand Pasteur, cet illustre chimiste et bactériologiste est disparu et toute une phalange de médecins distingués, tous ses élèves, marchant sur ses traces vont à la conquête des maux qui ont décimé des populations entières. Le monde entier a élevé dans son âme un monument de reconnaissance à Pasteur et il continue d'acclamer, dans ses successeurs, des savants qui soulagent et guérissent la pauvre humanité mourante. Honneur à ces grands bienfaiteurs et bénie soit leur existence écoulée dans l'étude de la science, au bénéfice des malheureux et qu'ils trouvent leur récompense,
non seulement dans: leurs succès, mais encore dans
ce fait distingué. et admirable qu'ils sont les enfants du plus grand homme du siècle.
Malgré les belles découvertes des Roux, des Yersin, des Marmorek, des Paquin et d'autres, on craint encore comme la peste, la diphtérie, la rage, le choléra, la picote, peut-être parce qu'ils sont plus
rapidement mortels ; mais on fait peu de cas de la
syphilis, parce qu’elle ne tue pas immédiatement. Mais la syphilis, mes chers lecteurs, pour ne pas faire des ravages aussi immédiats, est certainement la maladie la plus grave et la plus désastreuse qui
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puisse exister. Voyez-vous tout ce que peut faire une syphilis ? pensez-vous à tous les dégâts qu'elle peut faire en peu de temps ? Transportez- -VOous donc par l'imagination dans un de ces ménages où l'atmosphère est remplie de l'humeur menaçante de la syphilis ; regardez l'apparence souffrante des figures étiolées : comptez le nombre des enfants groupés autour de la table ; en comptez-vous beaucoup et le nombre qui demeure vous semble-t-il des êtres bien armés contre l'existence si nécessiteuse ?
Quel mal terrible s'il est négligé, et combien docile et inoffensif il devient s’il est bien combattu ! Si terrible dans ses coups que toute une descendance y succombe ou y résiste misérablement ; doux dans son accalinie ou mieux encore dans son état latent et son impuissance, que tout renaît à l'espérance, à la vie et au bonheur. Comment donc ne pas reconnaître l'immense importance de combattre un mal si grand qu'il cause bien vite un fléau, une calamité, une ruine, une extermination sans merci, laissant sur son passage, une trace indélébile, comme étant le dernier rejeton d’une race qui n'a plus la force de revivre.
Si l’homme réfléchissait un peu plus sur les résultats néfastes de son inconséquence ; s’il recueillait un moment sur la responsabilité qu'il a devant la société et sa famille; s'il regardait dans l'avenir le fruit de son oeuvre se débattre misérablement dans la vie; s’il observait un peu sérieusement tous les désastres dont il peut être l’auteur coupable, il s'amenderait sans doute et chercherait,
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par une conduite meilleure à réparer un passé orageux qu'il est toujours temps de refaire ou d améliorer par le traitement, l'hygiène et un meilleur régime,
C'est bien là le monde, en général, de s'aveugler jusqu'à ne point voir les dangers qui le menacent et de crier au secours, si une petite douleur vient assombrir son humeur joviale et rider son front serein. Vite un calmant pour conjurer un mal temporaire, mais rien pour combattre une maladie silencieuse aujourd'hui, mais peut-être meurtrière demain.
Syphilitiques célibataires ou mariés, pensez donc au noble rôle que vous devez jouer dans le monde et remplissez donc honnêtement et honorablement votre destinée. Rappelez-vous que par votre indiftérence, votre incurie coupable à vous traiter sérieusement, vous serez, un jour, les pères de générations qui, allaut en s'étiolant toujours de plus en plus, tomberont irrévocablement dans un atavisme peu enviable et dans un abrutissement voisin de la démence.