‹ Syphilis et déontologieChapitre 22 sur 29 · SAGES-FEMMBS ET SYPHILIS · texte numérisé non relu

SAGES-FEMMBS ET SYPHILIS

pcodaiiL rexamen et raccouchemenl des femmes syphilitiques; elles peuvent eocore être contaminées parles Douveau-nés syphilitiques qu'elles soignent, pansent et habillent, parfois en pratriquant la respiration arlificielle par insufllation que quelques-unes effectuent encore de bouche à bouche, ou encore par les nourrices dont elles <f font » les bouts de sein.

En raison du mode habituel d'inoculation, le chancre des sages-femmes occupe presque toujours les doigts ou le dos de la main.

Comme Faccouchéur, la sage-femme atteinte de chancie syphilitique de la main doit suspendre complètement l'exercice de sa profession et la suspension doit durer au moins tant que le cli ancre ne sera pas renj placé par une cicatrice solide, incapable de se rompre dans un mouvement ou pendant le brossage des mains.

Au cas où elle ignorerait cette obligation, il appartient au médecin qui constate Texislence de ce chancre — je dis constate, car il ne faut pas attendre que la sage-femme demande un avis sur une ulcération du doigt pour réclairer sur la nature de cette ulcération *— de la lui rappeler et de lui montrer quelle respon.sabililé morale et pécuniaire elle encourt en continuant de toucher et d'accoucher des femmes, de soigner des enfants,

A la période secondaire et pendant toute la durée de la phase contagieuse, la sage-femme syphilitique devra encore prendre des précautions minutieuses pour ne pas conlagionner ses clienles et leurs enfants. Sur toutes les causes de danger^ lésions suintantes des

S\TJHLIS ET DÉONTOLOatE,

muqueuses ou de la peau, croûtes du cuir chevelu, sang des règles, sang issu d'un traumatisme, le médecin devra réclairer positivement^ avec autant de àékih que s'il s'agissait d'une personne complètement étrangère aux choses de la médecine : son éducation peut être et est souvent incomplète, il faut doue la faire entière.

Bien qu'aucune disposition légale nlnterdise aux sages-femmes syphilitiques l'exercice de leur profession, elles n'en seraient pas moins passibles d'une responsabilité pécuniaire si elles venaient à transmeltre la syphilis dont elles sont atteintes.

Un médecin ou un accoucheur place une sagefemme auprès d'une de ses clientes syphilitique en pleine période contagieuse; doit-il avertir la sagefemme de l'état de sa cliente, lui révéler qu'elle est syphilitique, alors même qu'elle ne présente aucune manifestation apparente?

Je connais des accoucheurs qui, craignant une indiscrétion, préfèrent garder le silence, quitte à le rompre s'il survient un accident révélateur.

Je ne puis, pour ma part, souscrire à cette manière de voir et de faire. Je considère comme de stricte obligation pour le médecin de faire connaître à la sagefemme (1) qu'elle est en présence d'une femme syphi

(1) J'ajoiïterûi même h toute garde qu'il place auprès d'une remrne en période conlagieuse de la syphilis, La sîluaUon en pareil cas «st assez grave et assez délicate pour qiio Taccoucheur ne place pas la première garde venue, dont il ne sait nî la valeur niorale ni la diserétion : c'est à lui de choisir une personne en qui il puisse mettre sa confiance. Si la garde lui est imposée par la dienle» il doit encore la prévenir. Bieu entendu, cette révélation ne peut avoir lieu quavec Fasseatimeal de la cliente ou de son mari, dans les

Page 1