L ANNONCE DU DIAGNOSTIC
îmmédîatement pris de la crainte et du remords d^avoîr contagionné sa femme< Pour être en mesure de répondre aux questions qu'il ne manquera pas de s'entendre poser, le médecin doit, avant d'émettre son diagnostic ou même de le laisser soupçonner, avoir recherché s*il existe ou s*îi a existé des lésions contagieuses sur les organes génitaux, la bouche, les parties découvertes, et avoir exactement déterminé le siège ^— génital ou extra-géniUl — de raccident initial; l'enquête, sur ce dernier point, est parfois difOcile, mais pour peu qu'elle soit conduite avec méthode, elle est plus souvent fructueuse qu'on ne serait tenté de croire au premier abord*
Les lésions tertiaires constituent parfois la première manifestation apparente ou reconnue d*une syphilis ignorée. Le malade qui en est porteur apprend donc, à propos d elle, Texistence d'une maladie qui remonte à une date souvent éloignée et qui a dépassé les phases contagieuses. Au cours de Tinterrogatoire, le médecin, pour étayer son diagnostic, souvent plus épineux que celui des lésions secondaires, a dû, le plus ordinairement, revenir avec insistance sur les antécédents et poser une série de questions qui ont nécessairement éveillé l'attention du patient. Celui-ci n'est plus surpris lorsque le médecin lui fait connaître son diagnostic; parfois il en est effrayé pour lui, parce qu^il craint d'avoir laissé aller trop longtemps sans traitement une maladie qu'il aurait pu guérir ; plus souvent, il craint d'avoir transmis la maladie à ses enfants, s'accuse de son ignorance, mais bien souvent aussi il ne peut comprendre comment la syphilis a pu rester si longtemps ignorée, ne sa traduire par aucun symptôme
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5¥PHILIî$ ET DEONTOLOGIE,
dans ses périodes initiales» il accumale toute une série d*argumeûts pour combattre le diag^nostic. Il importe donc que, avant de formuler ce diagnostic, le médecin en ait recueilli tous les étèmenls, ait fail porter son enquête sur l'état de santé des enfants et de la femme, et se soit documenté pour répondre à toutes les objections de son client. Mais il n*est guère de circonstances — sauf chez la femme — où le diagnostic doive être dissimulé, ni même où il y ait avantage à différer de le faire connaître à un syphilitique tertiaire.
Dans les cas où la nature syphilitique d'une lésion tertiaire est douteuse et ambiguë, il faut encore faire connaître au malade la supposition faite; le nom des médicaments employés dans le traitement de la syphilis est de connaissance trop banale pour qu'il en fasse usage sans soupçonner le motif qui les a fait prescrire.
D'autre part, pour obtenir que le malade suive régulièrement le traitemenl, condition indispensable tout à la fois pour qu'il agisse suffisamment et pour qu'il remplisse son office de critérium diagnostique, il faut nécessairement qu'il soit édifié sur l'utilité de ce traitement et sur le profit considérable qu'il peut en tirer*
Il est, nous venons de le voir, des circonstances où les syphilitiques doivent être laissés dans 1 ignorance de la nature réelle de leur maladie ; il en est même où ils ne doivent pas être amenés à la soupçonner, il en est encore où ils doivent être temporairement laissés dans le doute; mais, en terminant ce chapitre, il faut afliimer que ces circonstances sont, en réalité, et doivent rester, en pratique, l'exception.
Dans rinimeiîse majorité des cas, le syphililicjug