LA RÉACTION DE BORDET-WASSERMANN DANS LES ENDOCARDITES INFECTIEUSES
La réaction de Bordet-Wassermann, chez les malades atteints d'endocardite prolongée, est souvent positive, à peu près dans la moitié des cas suivant Lauben, Blein, Landeau. |
M. Achard écrit : « Comme fort souvent les antécédents syphilitiques font défaut, il semble qu'il s'agisse d’un caractère un peu spécial du sang confme on en constate aussi dans la scarlatine par exemple ».
Cette opinion émise à propos de l’endocardite lente ne perd rien de sa valeur quand on considère les endocardites infectieuses.
Il est des cas où tous les signes cliniques sont en faveur d’une syphilis nette alors que la réaction de Bordet- Wassermann reste négative ; et inversement, on & pu voir le Bordet-Wassermann positif alors qu’on ne trouvait aucun stigmate de syphilis ancienne, aucun signe de syphilis évolutive et il est également des cas où le Bordet- Wassermann donne des résultats tantôt positifs, tantôt négatifs, quels que soient les antécédents syphilitiques avérés ou non.
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Il est certain qu'une technique extrêmement précise et surtout toujours la même doit être employée pour ces examens sérologiques et que souvent on devrait contrôler la réaction de Bordet-Wassermann par plusieurs méthodes. Un inconvénient majeur se présente à l'esprit et aussi à la pratique, c’est la longueur, l’instrumentation compliquée, les causes d'erreur qui peuvent résulter de la multiplication des procédés.
Pourtant, nous apportons trois observations sur quatre où le Wassermann est positif.
Il semblerait que.ces faits puissent être en faveur de la théorie du rôle actif de la syphilis dans l’éclosion d’une endocardite infectieuse.
Mais le nombre des observations est certainement insuffisant pour conclure à la valeur positive de la réaction même si cette positivité accompagne les signes cliniques. On sait trop, en effet, la fréquence des endocardites développées sur tel ou tel terrain particulier, sans qu'on puisse incriminer tel ou tel microbe précis.
Du reste, Achard se garde bien de conclure également et pense que dans les endocardites surviennent des modifications sanguines susceptibles d'expliquer très largement la variabilité des réponses de la réaction de complément.
Thayer, de son côté, ne parle pas de la réaction de Bordet-Wassermann, en aucun chapitre de son travail ; et l'importance de celui-ci permet de supposer que s’il avait pu en tirer un parti utile pour le diagnostic, pour le traitement et pour la pathogénie, il n’eut pas manqué:
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de mettre en valeur les résultats fournis par les examens de sang.
Landau et Held se sont aussi attachés à ce problème ; eb leurs conclusions sont sensiblement identiques. Ils sont formels et disent : « il ne faut pas tenir compte d’un Bordet-Wassermann positif, pas plus d’ailleurs que d’un Bordet-Wassermann hégatf » et ils ajoutent : « l’endocardite favoriserait un certain état du milieu sanguin pour lequel la réaction de déviation du complèment ne joue plus seulement dans les cas de syphilis. »
Il nous semble donc que, contrairement à l'opinion de Gérald qui accorde une grande valeur à la réaction de Wassermann positive accompagnant des antécédents ou des signes nets de syphilis, on ne peut absolument pas conclure de l’examen du sang fait dans ce sens au cours de l’endocardite infectieuse qui semble évoluer pour elle-même, indépendamment du tréponème.