‹ Syphilis et mariage (volume 2)Chapitre 12 sur 24 · HÉRÉDITÉ MIXTE. — AVORTEMENT · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ MIXTE. — AVORTEMENT

Quelle situation! Quel deuil pour un jeune ménage, quel chagrin pour les familles! Et, à un autre point de vue, quelle calamité sociale !

Voilà, Messieurs, ce que fait ou ce que peut faire la vérole, alors que l'influence paternelle et l'influence maternelle se trouvent associées, alors que toutes deux conspirent à l’unisson contre le produit de la grossesse.

Et ces tristes résultats, je ne vous les donne pas seulement comme éventuels, comme simplement possibles ; je vous les donne, sinon comme constants (car en fait d’hérédité il n’est rien de constant), du moins comme très-fréquents, très-communs, absolument habituels.

Mais insistons, car le sujet en vaut la peine, et légitimons les données sommaires qui précèdent.

1° Je vous disais à l'instant que l'enfant né d'un père et d’une méresyphilitiques est presque nécessairement voué à telle ou telle de ces trois alternatives que je viens de spécifier, et qu'il nous reste maintenant à étudier en détail. |

La première est la mort in utero; d'où l’avortement, ou l’accouchement avant terme.

Sur ce premier point, pas de contradiction possible. Ici la science est fixée et bien fixée, de par l'unanimité des praticiens.

Ouvrez vos livres, en effet, parcourez les observations contenues dans les traités classiques, dans Îles recueils spéciaux, et vous trouverez non pas des centaines, mais des milliers de cas qui, au point de vue dont nous parlons, témoignent tous dans le même sens et semblent copiés les uns sur les autres. Partout et

toujours, c’est identiquement lamême observation, pour ainsi dire stéréotypée, se reproduisant dans les mêmes termes et se résumant en ceci :

«Un homme se marie en état de syphilis. D'une façon ou d’une autre il contagionne sa jeune femme. Celle-ci devient enceinte et avorte à quelques mois, ou bien accouche avant terme d’un enfant mort. »

Mort intra-utérine du fœtus issu de parents syphilitiques, voilà à coup sûr la forme la plus habituelle de l'influence héréditaire de la diathèse.

En vérité, ce fait est si vulgaire, si banal, si formellement attesté par quantité d'observations, que je me bornerai à l’énoncer. Ce serait abuser de votre temps que de m'arrêter à produire ici des cas particuliers.

Et là ne se borne pas toujours, en semblable situation, l'influence pernicieuse de l’hérédité syphilitique mixte, c'est-à-dire provenant des deux conjoints. Trèssouvent encore cette influence se continue, se prolonge dans une série de grossesses ultérieures.

C'est ainsi qu’on à vu en maintes et maintes occasions de malheureuses femmes syphilitiques, devenues enceintes au contact d'hommes svphilitiques, aboutir deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, six fois, et jusqu’à sept fois de suite, soit à l'avortement, soit à l'expulsion avant terme d'enfants morts ou moribonds.

Aujourd'hui même, précisément, je puis vous montrer dans nos salles un cas de ce. genre. La malade couchée au lit n° 35 de la salle Saint-Thomas a reçu, il y à quelques années, la syphilis de son mari. Depuis lors, cette femme est devenue enceinte sir fois. Or,

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