ROLE PRÉCIS DU MÉDECIN
qu'il faut avoir présentes à l’esprit au moment où, dans un sens ou dans l’autre, vous formulez votre réponse, disons mieux, vous prononcez votre arrêt.
Jugez donc par ce peu de mots, Messieurs, d’une part quel rôle important et élevé vous confère votre qualité de juges en pareille matière, et, d'autre part aussi, j’insiste à nouveau sur ce point, quelle responsabilité vous incombe dans les événements qui peuvent suivre. Jugez quel service vous êtes appelés à rendre à votre client dans l'une et l’autre alternative, soit que vous lui permettiez le mariage, s’il y a lieu, soit mieux encore, au cas contraire, que vous l’éclairiez sur les conséquences possibles de son état (conséquences que peut-être il ignore ou dont tout au moins il n’a pas la mesure), et que vous le préserviez ainsi de la situation effroyable où 1l allait s'engager.
Et notez encore ceci : Au moment où vous rendez votre sentence, ce n’est pas votre client seul dont vous tenez en main les intérêts ; votre office tutélaire s'étend au delà de lui, s'étend plus loin. Car derrière ce client, il y a une jeune fille, il y a des enfants à naître, il y a une famille, il y à la société, que votre prohibition va sauvegarder du même coup.
Voyez donc combien grandit et s’élève la mission du médecin, alors que de la sorte il devient l'arbitre de tant d'intérêts réunis.
Avant d’entrer au cœur de la question et d'aborder la discussion des différents problèmes qui feront l’objet de cet exposé, posons d’abord un principe, en essayant de préciser nettement la situation, telle qu’elle se présente en pratique, et de déterminer exactement le rôle qui nous est assigné.
Alors qu'un client vient requérir notre avis, nous demander conseil sur la possibilité d’un mariage en dépit d’antécédents syphilitiques, c’est comme médecin, comme médecin exclusivement, que nous sommes consultés. Donc, notre rôle est nettement. déterminé p ar cela seul. C’est comme médecin que nous avons à répondre. En d’autres termes, c’est et ce n’est qu'une question de pathologie que nous sommes appelés à juger, etnotre devoir, notre devoir absolu, est den juger que sur de seules données pathologiques, sa nous laisser influencer par des considérations d'autre genre, quelles qu’elles sorent.
Mais, allez-vous me dire, pourquoi cette entrée en matière ? Pourquoi cette règle de conduite posée en vedette au début de cet exposé ? — Le voici.
En pratique, Messieurs, il faut voir. des choses comme elles sont et les hommes pour ce qu ils sont. Or, apprenez ceci, à supposer que vous ne le sachiez déjà. Parmi les nombreux clients qui viendront vous consulter sur la possibilité d’un mariage dans les condi-
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