‹ Syphilis et mariage (volume 2)Chapitre 7 sur 24 · UNE QUESTION PRÉALABLE · texte numérisé non relu

UNE QUESTION PRÉALABLE

mariage sur des raisons extra-médicales aboutissait à importer la vérole dans son ménage. Qu’aurions-nous à répondre si, dans ces conditions, on nous Jetait ceci à la face : «Quoi! Vous jugiez ce jeune homme médicalement impropre au mariage, dangereux pour le mariage ; et, parce qu'il a fait valoir à vos veux des questions de convenance, de position, de besoins pécuniaires ou de sentiments, vous l'avez autorisé à courir Île risque d'introduire la vérole au foyer conjugal ! »

Tenons-nous donc en garde contre la possibilité de telles récriminations. Tenons-nous en garde contre une faute grave, à laquelle (l'expérience me permet de le dire) on ne se laisse aller que trop bénévolement, trop facilement. D'autant que, pour l’éviter, nous avons un moyen facile, à savoir : ne pas sortir du rôle qui nous est naturellement assigné par notre profession.

En un mot, consultés dans de telles conditions, restons médecins etne jugeons qu’en médecins la situation qui nous est soumise. Pas de concessions aux arguments d’un ordre étranger; pas de condescendances

que nous puissions plus tard amèrement regretter et

qui, sans bénéfice pour personne, risquant même d’être préjudiciables à tous, compromettraient gravement et notre autorité et notre dignité.

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Ces préliminaires établis, abordons maintenant notre sujet principal.

Et, tout d’abord, examinons une question préalable qui, si elle était résolue affirmativement, exclurait toute discussion ultérieure, en rendant inutile ce qui va suivre.

La syphilis constitue-t-elle une interdiction formelle, un obstacle absolu au mariage?

Sans doute, Messieurs, vous avez plus d’une fois entendu ce propos banal : « Avec la vérole, il faut rester garçon ». C’est là ce que vont répétant et colportant comme un axiome signé de toutes les Facultés nombre de gens du monde, qui d’ailleurs, pour parler plus à l'aise de telles choses, n’ont jamais pris souci de les étudier. C’est là aussi (et je les en excuse) ce qu'affirment d’une façon bien autrement énergique encore les familles qui ont été intéressées dans la question et qui ont vu la syphilis s’introduire à leur foyer sous le couvert d’un mariage. Ges familles n’ont pas assez de réprobation pour tout homme qui, avec la syphilis, oserait aspirer jamais au titre d’époux. Pour elles et pour tous ceux qui ont été victimes de calamités semblables, la vérole est radicalement « incompatible avec le marage ».

Mais il y a plus, et voici qui devient autrement sérieux. Pour quelques médecins, la syphilis serait une contreindication formelle au mariage. Je me suis plu à causer de cette question, qui me préoccupe depuis de longues années, avec nombre de nos confrères, et j'ai entendu plusieurs d’entre eux me dire ceci, en propres termes : «On ne se marie pas, on ne doit jamais se marier, quand on a eu le malheur de contracter la vérole». Je pourrais même citer deux de nos plus estimables con-

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