‹ Syphilis et mariage (volume 3)Chapitre 20 sur 21 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

I. — Importance considérable du sujet. — Comment se pose en pratique et pour le médecin la question du mariage des syphilitiques. — Responsabilité grave encourue par le médecin. — Résultats déplorables d'une erreur commise en pareille circonstance 3

IL — Rôle précis du médecin consulté à ce sujet. — Deux catégories très-différentes de consultants. — Nécessité absolue pour le médecin de juger la question à un point de vue exclusivement médical, sans se laisser influencer par des considérations étrangères. 8

III. — Une question préalable. — La syphilis constitue-t-elle une interdiction formelle, un obstacle absolu au mariage? — Opinions diverses. — Recours à l'observation. — Sauf exceptions rares d'ordre spécial, la syphilis ne constitue qu'une interdiction temporaire au mariage , 13

IV. — Dangers importés par la syphilis dans le mariage. — Trois ordres de dangers. — Division du sujet 18

V. — Dangers relatifs à la femme. — Fréquence de la syphilis des jeunes mariées. — Statistique. — Deux ordres de contamination possible pour la femme. — 1° Contagion directe, ou transmission à la femme d'un accident contagieux survenu chez le mari après le mariage. — Exemples cliniques. — 2° Syphilis par conception. — Comment se présentent en pratique les cas de syphilis reconnaissant cette origine spéciale. —Leur authenticité indéniable. — Leur fréquence. — Dérogation apparente aux lois habituelles de l'infection syphilitique expliquée par l'intervention d'un élément spécial, la grossesse. — Cette syphilis par conception n'est, en somme, que l'analogue de la syphilis qui, dans le cours d'une grossesse, se réfléchit en sens inverse de la mère à l'enfant 19

VI. — Dangers relatifs aux enfants. — Doctrines récentes tendant à restreindre, voire à annihiler l'influence héréditaire de la syphilis

paternelle. — Exagérations et erreurs de telles doctrines. — Discussion. — Induction théorique. — Données fournies par l'observation. — Il est absolument vrai que des sujets syphilitiques engendrent fréquemment des enfants sains, alors que leurs femmes sont restées saines. — Exemples. — Et même des enfants peuvent naître sains de pères syphilitiques présentant encore des symptômes syphilitiques à l'époque de la conception ou devant en présenter plus tard. — Mais très souvent aussi l'influence paternelle s'exerce sur l'enfant, et cela suivant des modes divers, à savoir : 1° Quelquefois, transmission directe de la syphilis; 2° Bien plus fréquemment, mort de l'enfant, par inaptitude à la vie. — Avortement. — Avortements successifs. — Mort immédiate ou rapide après l'accouchement; 3° Dégénérescences natives du germe, se traduisant ultérieurement

sous des formes morbides très variées 34

En outre, un sujet syphilitique est dangereux pour ses enfants par la syphilis qu'il court risque de communiquer à sa femme. — Conséquences néfastes pour l'enfant d'une contagion transmise à la mère. — Dans ce cas, sort de l'enfant compris dans les trois alternatives suivantes :

1° Mort in utero. — Avortement, accouchement avant terme. — Avortements multiples; 2° Syphilis héréditaire ;

3" Hérédité syphilitique à formes morbides dissemblables. — Débilité native. — Mort subite, inexplicable. — Aptitudes morbides héréditaires. — Prédisposition aux affections du système nerveux. — ' Convulsions. — Méningites. — Enfants arriérés, imbéciles ou idiots. — Hydrocéphalie. — Lymphatisme, scrofule. — La scrofule n'est pas, comme on l'a dit, une dégénérescence de la syphilis ; mais à coup

sûr la syphilis est un des affluents de la scrofule 53

Parallèle entre la syphilis paternelle et la syphilis maternelle au point de vue de leur influence héréditaire. — L'influence syphilitique de la mère est véritablement pernicieuse pour le fœtus. — Deux statistiques personnelles. — Autres statistiques à résultats concordants.

Conclusion : le pire danger que puisse courir l'enfant à naître de l'union d'un sujet syphilitique avec une femme saine, c'est que

cette femme vienne à contracter la syphilis de son mari 7o

VIL — Dangers personnels du mari. — Comment les intérêts de la ; communauté constituée par le mariage peuvent se trouver gravement compromis par les risques personnels du mari. — Catastrophes, calamités sociales résultant, dans le mariage, de la syphilis du mari. — Exemples divers. — Un homme a-t-il le droit d'associer autrui, c'est-à-dire une femme et des enfants, aux dangers d'avenir d'une syphilis insuffisamment traitée? — Le mariage en de telles conditions constitue une action coupable que réprouve la morale.

Devoir pour le médecin de renseigner les gens du monde sur les dangers que comporte à longue échéance, par rapport au mariage, la syphilis non traitée.

Conclusions 76-88

A quelles conditions un malade affecté de syphilis devient-il médicalement admissible au mariage? — Programme de l'auteur. — Cinq conditions majeures , 89

I. — Absence d'accidents spécifiques actuels. — Incroyable audace de certains sujets se présentant au mariage avec des accidents actuels de syphilis. — Mobiles variés présidant à cet acte révoltant du mariage en pleine vérole. — Cas de mariage en incubation de syphilis 92

II. — Age avancé de la diathèse. — Principe général: plus jeune es la syphilis de l'époux, plus nombreux et plus grands sont les dangers qu'il apporte dans le mariage. — Corollaire: A tous égards l'âge avancé de la diathèse constitue une sécurité pour le mariage. Ainsi:

1° Au point de vue des risques de contagion, c'est la syphilis jeune qui est surtout dangereuse par le caractère de ses accidents, leur multiplicité habituelle, leurs récidives fréquentes, leurs localisations communes vers la bouche et les organes génitaux, leur bénignité apparente, etc.

2° Influence atténuante et corrective du temps par rapport à l'hérédité. — Décroissance graduelle, puis extinction finale de la réaction syphilitique des parents sur les enfants. — Exemples probants.

3° Garantie relative résultant de l'ancienneté de la diathèse par rapport aux risques personnels du mari.

Toutefois, l'âge d'une syphilis n'est pas la seule donnée d'après laquelle on puisse déterminer l'admissibilité ou la non-admissibilité au mariage. — Autres facteurs à consulter.

Difficultés pour préciser l'époque exacte où un sujet affecté de syphilis devient admissible au mariage. — Durée minima à exiger de lui : trois à quatre années, utilement consacrées à un traitement méthodique. — Garanties plus sérieuses offertes par une échéance plus reculée 97

III. — Stade d'immunité suffisamment long au delà des dernières manifestations spécifiques. — Signification pronostique de cette période d'immunité. — Sécurité plus grande dérivant d'une immunité prolongée en dehors de toute intervention thérapeutique. — Quelle durée assigner à cette période d'immunité? — Minimum strictement exigible en vue du mariage 111

IV. — Caractère non menaçant de la diathèse. — La bénignité originelle d'une syphilis constitue à coup sûr une condition favorable pour le mariage. — Mais elle ne supplée pas par elle seule aux autres exigences du programme sus-indiqué. — Pourquoi? — Cas de syphilis originairement bénignes aboutissant plus tard à des accidents graves et devenant dangereuses pour le mariage en raison des risques personnels du mari 116

Groupe de syphilis particulièrement redoutables pour le mariage.

— Syphilis à poussées secondaires récidivantes. — Syphilis graves de diverses formes. — Syphilis faisant élection sur quelque organe de premier ordre, œil, cerveau, moelle. — Contre-indication formelle au mariage résultant de certaines formes d'accidents cérébraux.

Appréciation nécessaire du pronostic intrinsèque de chaque cas

particulier 121

V. — Traitement spécifique suffisant. — Condition majeure par excellence. — C'est le traitement qui confère la garantie la plus valable, la plus sérieuse, par rapport à l'aptitude au mariage, et cela pour trois raisons: 1° en constituant la meilleure sauvegarde contre les risques personnels qu'apporte l'époux dans la communauté du mariage ; — 2° en diminuant et supprimant les chances de contagion ; — 3° en diminuant et supprimant les dangers d'hérédité. — Influence du traitement spécifique sur l'hérédité paternelle, sur l'hérédité maternelle, sur l'hérédité mixte. — Une influence, même provisoire, du traitement peut suffire à conjurer provisoirement les effets de l'hérédité syphilitique.

Quel traitement offre en l'espèce, sinon une sécurité absolue, du moins des garanties sérieuses? — Déplorables résultats des traitements écourtés. — A maladie chronique traitement chronique. — Plan général d'un traitement suffisamment protecteur pour le présent et l'avenir 130

Les eaux sulfureuses. — Prétendu critérium de guérison offert par les thermes sulfureux. — Cures dites révélatrices. — Quel degré de confiance accorder à ce « jugement des eaux »? 113

Conclusions 148

Pietour sur le programme précédent. — Réflexions et critiques. — Impossibilité de constituer un programme qui réponde à toutes les éventualités possibles. — Simple calcul de probabilités à établir sur des données d'appréciation essentiellement difficile et délicate. — Pourquoi néanmoins l'intervention médicale offre-t-elle aux malades et à la société les garanties les plus sérieuses ? — Comment se pose pour le médecin la question d'aptitude ou de non-aptitude au mariage. — Piègle de conduite à strictement observer. — Confirmation empirique des données précédentes 150

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