DANGERS DE LA SYPHILIS DANS LE MARIAGE
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et à de certaines conditions auxquelles il est indispensable de satisfaire. »
Quelles sont ces conditions? C'est à ce que nous allons essaver actuellement de préciser.
Pour déterminer à quelles conditions 1l est permis médicalement et moralement à un sujet svphilitique de contracter une alliance, il nous faut rechercher tout d’abord comment et à quels titres cet homme peut devenir dangereux dans le mariage.
Tel est, naturellement, le point primordial à établir; car telle est la base de toute appréciation pour le problème qui va s'imposer à nous.
Or, à mon sens et comme je comprends la quesüon, un homme qui aborde le mariage avec des antécédents syphilitiques peut devenir dangereux dans le mariage des trois facons que voici
1° comme mari; — 2° comme père; — 3° comme chef de la communauté sociale constituée par le mariage.
En d’autres termes, il peut devenir dangereux :
1° Pour sa femme;
2° Pour ses enfants;
3° Pour les intérêts communs de sa famille,
Voyons ce que signifie ce programme, et envisageons tour à tour les trois termes de la proposition que je viens de formuler.
Premier point : Un homme qui aborde le mariage avec des antécédents syphilitiques peut devenir dangereux pour sa femme.
Cela est évident, cela ne souffre pas discussion, en vérité. Il est manifeste qu'une jeune fille saine, livrée a un homme syphilitique, peut subir le contrecoup de la syphilis de son mari. C’est là ce que dit le bon sens & priori, et c’est [à aussi ce que confirme l'expérience.
Et, en effet, que de fois n’a-t-on pas vu, qui n'a pas vu des cas répondant au schéma que voici : Une jeune fille se marie en parfait état de santé avec un homme qui a pris la syphilis dans sa vie de garçon; quelques mois plus tard, elle aussi se trouve en état de syphilis, et cela nécessairement, au-dessus de toute contestation possible, par le fait d’une contamination reçue de son mari.
Cette syphilis des jeunes mariées — spécifions le fait incidemment, puisque l’occasion s’en présente — est même fréquente, bien plus fréquente à coup sûr qu'on n'oserait le supposer. À preuve tant et tant d'observations que vous trouverez consignées dans les divers recueils; à preuve aussi la statistique suivante, qui m'est personnelle. Sur un total de 572 femmes syphilitiques qui se sont présentées à moi dans ma pratique de ville, je n’en trouve pas
DANGERS RELATIFS A LA FEMME. 2r7
moins de 8r qui ont contracté la syphilis de leur mart, dans les premiers temps de leur mariage (et cela, bien entendu, comme conséquence d’une syphilis du mari antérieure au mariage, ear 11 n’est question pour linstant que de ce seul ordre de contaminations). Or, ce chiffre, qui équivaut à 1/4 pour 100, est assez éloquent par lui-même, n'est-il pas vrai? pour n'avoir pas besoin de commentaires.
Avis done aux familles qui n'ouvrent pas assez l'œil sur la santé de leurs futurs gendres et qui négligent de protéger leurs filles contre ces hommes légers, indifférents ou cyniques, pour lesquels il est de médiocre souei d'importer la vérole au foyer conjugal.
Ainsi le fait est patent; fréquemment les jeunes mariées recoivent la syphilis de leur mari.
Ce fait, maintenant, 11 nous faut l'expliquer.
Comment les femmes recoivent-elles, dans ces conditions, la syphilis de leur mari? Comment un époux syphilitique peut-il devenir dangereux pour sa femme? Comment, en un mot, s'opère médicalement la contagion syphilitique du mari à la femme?
De deux facons. De deux facons, dont l’une est très simple, commune, banale, et dont l’autre est spéciale, mystérieuse, non démontrable matériellement, mais indéniable de par les résultats de lobservation. Je m'explique, et quelques développements vont être nécessaires 101.
I. — Le premier mode de contagion, celui qu’à l'instant je qualifiais de commun, de banal, consiste simplement en ceci : contamination de la femme par un accident de retour survenu chez le mart après le mariage.
Un mari syphilitique et non encore guéri de sa syphilis vient à être affecté d’une lésion spécifique sur tel ou tel point d’où la contagion est susceptible d'irradier. Il a rapport, à ce moment, avec sa femme. Tout naturellement il contagionne cette femme par la lésion qu'il porte actuellement. Cela va de SOI.
Rien que de très simple, rien que d’absolument normal dans ce mode de contagion, lequel, comme chacun le sait, constitue le mode usuel suivant lequel la syphilis se transmet, se propage, s'entretient.
Exemples du genre :
Un jeune homme se marie après quinze mois de syphilis. Il vient à présenter sur le gland deux érosions cireinées, du genre de celles qu'on appelle en langage technique syphilides papulo-érosives de forme annulaire. Considérant ces lésions comme des herpès (autre affection à laquelle d’ailleurs il est assez sujet), 1] continue à avoir rapport avec sa femme, et il lui communique ainsi la syphilis, qui débute sur elle par un chancere induré vulvaire, bientôt suivi d'accidents généraux.
Un autre jeune homme, appartenant à la haute