‹ Syphilis et mariageChapitre 16 sur 82 · CONTAGION DIRECTE, COMMUNE · texte numérisé non relu

CONTAGION DIRECTE, COMMUNE

société parisienne ‘, se marie Aalgré mot après deux ans de syphilis. Grand fumeur, ilest souvent affecté de légères érosions labiales auxquelles il ne prend pas garde, qu'il s'obstine — toujours malgré moi — à ne pas regarder comme dangereuses et que, somme toute, 11 ne traite pas. Conséquence : il finit, de par une de ces érosions que j'avais considérée comme indubitablement syphilitique, par transmettre la syphilis à sa femme, sur laquelle, à un moment donné, je constate un chanere induré de la lèvre inférieure.

Un de nos confrères contracte la syphilis. Il se traite, se croit guéri, et se marie trois ans plus tard. Quelques mois après, je recois de lui une lettre désolée : « Une catastrophe, m'éerit-il, s’est abattue sur moi. Tout dernièrement j'ai eu le malheur de contagionner ma femme, une toute jeune femme de dix-neuf ans; et je l'ai contagionnée — c’est à

n'y pas croire — avec une misérable petite papule

1. Je note à dessein cette particularité, comme je la noterai encore à l’occasion. Et, en effet, nombre de personnes s’imaginent et répètent que ces transmissions de syphilis dans le mariage ne se rencontrent guère que « parmi les basses classes », comme un résultat de l'ignorance, de l’incurie, de la misère, etc. Or, c’est là une illusion, une erreur grave, contre laquelle proteste Ja pratique journalière. Les cas de ce genre se rencontrent à peu près également dans toutes les classes, depuis les plus humbles jusqu'aux plus élevées. Je déclare, pour ma part, en avoir observé un grand nombre dans la haute bourgeoisie, voire dans l’aristocratie, c’est-à-dire dans des milieux sociaux où l'éducation, la culture intellectuelle et morale, l'absence de besoins pécuniaires, l'indépendance de la personne, la libre satisfaction des désirs, etc., etc., sembleraient devoir exclure de telles hontes.

de la verge, papule érosive, il est vrai, mais minime, absolument minime, au point que je ne m'en étais pas aperçu tout d’abord et que plus tard je n’y pris pas garde! »

Et ainsi, Messieurs, de tant et tant d’autres cas du même genre que Je pourrais äccumuler ici, sans doute quelque peu variables comme forme, mais toujours identiques comme fond.

Ce premier mode de contagion, je le répète, est done fréquent, même dans le mariage. Et comment ne le serait-il pas, étant donnée l'extrême contagiosité des accidents secondaires de forme suppurative; — étant donnée la reproduction si facile et si fréquente des accidents de cet ordre chez les sujets syphilitiques imparfaitement traités; — étant donnée la multiplicité des rapports, des rapprochements, des contacts de tout genre, qui, dans la vie domestique, dans la vie de famille, exposent incessamment l'épouse à être contagionnée par l'époux ?

En lespèce, la dernière considération que je viens de produire est d'ordre principal, et je vous prie de la remarquer. La contagion, en effet, est rendue si facile par la communauté intime et permanente qui résulte du mariage, qu'elle devient presque fatale dans le mariage. De par l'expérience, il est absolument rare de voir une jeune femme vivre maritalement au contact d’un homme syphilitique sans être contaminée par lui. Ce qui a fait dire à un spirituel observateur, M. Dechambre :

SYPHILIS PAR CONCEPTION. Gi

« La vérole se partage entre époux eomme le pain quotidien » ,

II. — Le second mode suivant lequel s'opère la contagion syphilitique dans le mariage est tout différent de celui qui précède et absolument spécial, comme vous allez le voir. Il consiste en ce qu'on appelle la syphilis par conception.

Peu connue, ou tout au moins peu accréditée parmi nous, reniée même par un certain nombre de nos confrères, cette syphilis par conception doit trouver ici quelques développements, car elle fait partie essentielle de notre sujet”.

Comment se présente-t-elle en clinique? Comment s’impose-t-elle à l'observation? Le voici.

Une jeune fille s'est mariée, pure et saine, avec un homme syphilitique, à syphilis non encore éteinte. Mandé près d'elle quelques mois plus tard, je suppose, vous la trouvez syphilitique; vous la trouvez, par exemple, affectée de symptômes secondaires évidents, tels que syphilides cutanées, plaques muqueuses buccales, eroûtes du euir chevelu, adénopathies cervicales, maux de tête, névraloies vagues, courbature, accès fébriles intermittents, alopécie, ete. Nul doute possible; cette femme est bel et bien svphilitique.

T. Si je ne traitais cette question d’une facon exclusivement incidente, je devrais citer ici les opinions et les travaux bien connus de MM. Depaul, Diday, Hutchinson, de Mérie, Melchior Robert, Bazin, etc., etc.

Cela constaté, vous vous mettez aussitôt à la recherche du pourquoi et du comment de cette syphilis. Comment la syphilis a-t-elle frappé cette jeune mariée; par quelle voie s’est-elle introduite; quel à été son accident initial; où a siégé le chancre, ete.? Voilà ce que vous vous demandez tout naturellement et ce que vous allez vous efforcer d’élucider.

Et alors, un double étonnement va commencer pour vous.

En premier lieu, pas de trace de ce qu’on appelle l'infection primitive. Nul vestige de chancre, nul souvenir d'une lésion localisée, ayant précédé de quelques semaines les accidents actuels. « Eh bien, passe encore pour le chancre, vous dites-vous; ear chacun sait que le chancre constitue souvent chez la femme une lésion minime, fugitive, qui peut facilement rester inapercue de la malade et n’être plus perceptible pour le médecin après un temps assez court. Mais du moins suis-je bien eertain de trouver le bubon; car le bubon n'est pas seulement le compagnon fidèle du chancre, suivant le mot de Ricord; c'en est aussi un {émoin posthume, qui lui survit longtemps, qui l’atteste longtemps encore après sa disparition en tant que plaie, après sa cicatrisation. » Vous recherchez done le bubon, vous le recherchez patiemment, longtemps, obstinément, et vous ne le trouvez pas. Nulle trace, en aucun point, d'une adénopathie primitive.

En un mot, rien autre que des accidents secon-

daires, comme si la syphilis s'était annoncée d’emblée sur la malade par des manifestations de ce genre, comme si elle n'avait pas eu de période primaire.

Cela, tout d’abord, est bien étrange, n'est-il pas vrai? Mais patience! Une seconde surprise vous attend tout aussitôt, et la voici.

La syphilis ainsi constatée chez la jeune femme, vous prenez à part le mari, qui vous confesse, si vous ne les connaissiez déjà, ses antécédents spéeifiques. Et alors vous lui demandez naturellement quels accidents zouveaux 11 a éprouvés depuis son: mariage, pour avoir ainsi Contagionné sa femme. Sur ce, protestations, protestations formelles de votre client : « Non, vous dit-il, je n’ai rien eu de nouveau depuis mon mariage, rien, absolument rien. Je connaissais mon état; j'avais été averti par mon médecin des dangers que pouvait encourir ma femme s’il me survenait quelque accident semblable à ceux que j al eus jadis. Or, je me suis tenu sur mes gardes, je me suis examiné, je me suis surveillé scrupuleusement; et je puis vous affirmer de la facon la plus certaine que rien de suspeet ne s’est produit sur moi depuis le jour de mes noces, pas même le moindre bobo, la plus légère écraillure. Cela, je vous en réponds absolument. »

Ces assertions toutefois n'étant guère de nature à vous satisfaire, vous procédez à un examen en règle de votre client, et cet examen reste encore négatif. Pas le moindre accident actuel sur la peau, non

FouRNIER. — Syphilis et mariage. 3

plus que sur les muqueuses; pas même le moindre indice d’une lésion quelconque récemment évanoue.

De sorte qu’à prendre les choses telles qu’elles se présentent, force est bien, en définitive, d'aboutir à ceci : que la jeune femme est devenue syphilitique au contact de son mari syphilitique, mais sans que celui-ci ait été affecté du moindre symptôme exterieur capable de la contagionner*.

Ah! sans doute, Messieurs, si les cas de ce genre ne s’offraient à l'observation qu'une fois par hasard, d’une facon tout exceptionnelle, on aurait strictement le droit de les révoquer en doute et de dire : « Ce sont là des cas non avenus, incomplets, défectueux; ce sont là des cas où il y a eu erreur, soit de la part de la femme, qui n’a pas vu, qui n’a pas senti son chancre, qui l’a laissé passer inapercu, soit de la part du mari, qui se trompe ou qui nous trompe. Done, passons, sans accorder à de tels faits plus d'attention qn'ils n’en méritent. » Mais c'est que bien au contraire les faits de ce genre sont

1. Je ne mets pas en discussion ici la possibilité d’une contagion par le sperme. De vieille date il a été bien établi par l’observation clinique que le sperme d’un sujet syphilitique n’est pas susceptible de transmettre la contagion. D’autre part, l’expérimentation s’est prononcée récemment dans le même sens. On ainoculé à des sujets sains du sperme provenant de sujets syphilitiques, et, comme on devait bien s’y attendre, cette inoculation est restée sans résultat. (V. Mireur, Recherches sur la non-inoculabilité syphilitique du sperme, publiées dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie,

t. VIII, 1876-97, p. 423. — D' X..., communication orale.)

communs, vraiment communs; c'est qu'ils se présentent à l'observation avec une insistance significative; c’est qu'ils se présentent toujours identiques à eux-mêmes, toujours dans les mêmes conditions et avec les mêmes particularités; c’est enfin qu'ils s'imposent même parfois, dirai-je, avec toutes garanties d’une authenticité absolue.

D'autre part, il n’est pas en l'espèce que l’ordre des cas où l’on peut se réfugier derrière une fin de non-recevoir, où l’on peut exciper qu'on a eu affaire à un mari négligent, inconscient du danger, insouciant de sa personne, mauvais observateur, capable en un mot de laisser passer inaperçu sur lui-même un accident spécifique. Il est — et en bon nombre — des cas d’un tout autre genre, qui ont été recueillis sur des maris très attentifs à leur état de santé, serupuleux, consciencieux, prévenus des dangers qui pouvaient résulter pour leur femme de leur ancienne diathèse, et n'ayant jamais cessé de s’examiner, de se surveiller avec un soin minutieux. Il est des cas de même ordre, enfin, qui ont été observés par des médecins sur eux-mêmes et sur leur femme. J'en connais, et plusieurs, que malheureusement il m'est interdit de eiter'.

Or, quand des maris aussi sûrs d'eux-mêmes, quand des hommes de l’art viennent vous dire, vous répéter à satiété : « Non, je vous l’affirme, je n'ai rien eu comme accident depuis mon mariage; de-

1. Cf. J. Hutchinson, Medical Times and Gazette, décembre 1776, p. 643 et suiv.

puis mon mariage je n'ai présenté ni à la verge, mi à la bouche, ni ailleurs, la moindre érosion, la moindre éraillure, la moindre rougeur, capable de contagionner ma femme’ »; — lorsque de telles assertions vous sont fournies avec de telles garanties, et lorsque ces assertions se reproduisent d’une facon absolument identique dans une foule de cas

1. D'ailleurs, il est certains cas où le soupcon d’un accident inapereu sur le mari ou l’amant (c’est tout un en l’espèce) ne saurait subsister. Ces cas sont ceux où ledit mari ou ledit amant a été examiné immédiatement, le lendemain ou le jour du rapport que l’on aurait à incriminer.

Une observation de M. Gailleton mérité, à ce point de vue, d’être citée. En voici le résumé.

Une jeune fille de seize ans eut un seul coït avec un jeune homme, affecté de syphilis depuis six mois, mais traité régulièrement, et indemne de tout accident depuis un mois. Le lendemain mème, ce jeune homme fut examiné par M. Gailleton, qui ne découvrit sur Jui aucune lésion, ni sur le corps ni sur les organes génitaux.

Ce coït unique avait rendu la pauvre fille enceinte.

Or, qu’arriva-t-il? C’est, d’une part, qu’au bout de deux mois et demi cette femme était affectée de violents maux de tête, bientôt suivis de l’explosion d’une syphilide générale, avec plaques muqueuses à la vulve, mais sans adénopathie inguinale.

C’est, d’autre part, qu’elle accoucha neuf mois plus tard d’une petite fille qui, quinze jours après sa naissance, présentait des accidents non douteux de syphilis héréditaire (coryza, syphilide pustuleuse). — (Extrait de l'excellent article consacré à la syphilis congénitale par MM. Paul Diday et Émile Diday dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. XIV, 3° série, p:#606:)

Ainsi, au total : un seul rapport avee un homme syphilitique,

reconnu, dès le lendemain, exempt de toute lésion suspecte ; — grossesse ; — enfant syphilitique; — et, deux mois et demi après le rapport

fécondant, invasion sur la jeune mère d’une syphilis sans chancre, s’accusant d'emblée par des accidents généraux.

Quel exemple plus démonstratif pourrait être exigé à l'appui de la doctrine de la syphilis par conception?

du même genre; — lorsqu'en un mot, si inexplicable, si extraordinaire qu'il puisse paraître, un fait ne cesse de s'affirmer par une série de témoignages concordants ; — en de telles conditions, force est bien de se rendre, de se départir d’une incrédulité d’ailleurs légitime et de dire finalement : « Eh bien, soit! voilà done une femme qui, d’une part, a la syphilis sans avoir présenté les symptômes usuels de l'infection initiale, et qui, d'autre part, a été contagionnée par son mari sans que Ce Mmart ait rien présenté de contagieux. Mais alors, s’il en est ainsi, quel est done ce mystère? »

Eh bien, ce mystère, Messieurs, en voici Pexplication.

C'est que la femme devenue svphilitique de la sorte, sans accident initial, sans chancre, et devenue syphilitique au contact d’un mari exempt de toute lésion contagieuse, c’est, dis-je, que cette femme est une femme ENGEINTE et qu’elle a pris la syphilis PAR CONGEPTION. |

Dans les cas de ce genre, en effet, Messieurs, 1l y a toujours un élément spécial qui intervient pour compliquer l’ensemble morbide, et cet élément nouveau, surajouté, c’est une grossesse. En pareille situation, {a grossesse ne fait jamais defaut. Si vous arrive (et cela vous arrivera plus d’une fois dans votre pratique) de rencontrer une femme qui ait pris la syphilis sans présenter d'accidents primitifs et, de plus, qui ait pris la syphilis d’un con- Joint depuis longtemps exempt de tout symptôme

suspect, portez toujours votre attention du côté d’une grossesse; interrogez, examinez la femme à ce point de vue, et infailliblement vous arriverez à constater ceci :

Ou bien cette femme est enceinte actuellement, au moment de votre visite ;

Ou bien elle a été enceinte récemment, et vient soit d’accoucher, soit de faire une fausse couche.

Ah! s’ilen est ainsi, si toujours et invariablement les faits en question se présentent de la sorte, c’està-dire avec l'addition indispensable d’une grossesse, ceci devient pour nous un trait de lumière, et nous voici conduits à raisonner comme il suit :

Puisque les cas qui échappent aux lois usuelles de la contagion syphilitique se compliquent toujours d’un élément spécial qui y intervient d’une facon constante, est-ce que cet élément ne pourrait pas être cause de ladite anomalie ? Est-ce que par hasard la conception ne jouerait pas un rôle, en l'espèce, pour déterminer cette dérogation aux procédés usuels de la contagion? Est-ce que cette femme, qui paraît devoir la syphilis à son mari, ne la tiendrait pas en réalité de son enfant, de cet enfant qui séjourne dans le sein maternel avee la syphilis qu’il a reçue de son père?

Eh bien oui, Messieurs ; et telle est, à n’en pas douter, l’origine de l’infection dans l’ordre des cas qui nous occupent. Oui, la femme-mère infectée de la sorte, c’est-à-dire devenue syphilitique sans accident initial et devenue syphilitique au

contact d'un mari depuis longtemps indemne de tout accident extérieur, est une malade qui tient la syphilis non de son mari, mais de son enfant.

La syphilis de cette femme-mère, ce n'est pas une syphilis transmise par contagion, à la facon des cas usuels, des cas courants; c’est une syphilis spéciale, conçue {7 utero, importée par l'enfant dans le sein de la mère, et communiquée à la mère par cet enfant; c’est là, en un mot, ce qu’on a appelé la SYPHILIS PAR CONCEPTION.

Ce serait sortir de mon sujet que d'aborder ici l'étude clinique de cette syphilis par conception, si différente de la syphilis ordinaire et par son origine et par son évolution primordiale‘. Mais il importe que je ne vous laisse aucun doute sur son authenticité, et c’est dans ce but que j'ajouterai les

quelques considérations suivantes.

1° D'abord, si l’on récusait cette pathogénie de l'infection transmise à la mère par le fœtus dans l’ordre de cas que nous avons en vue, la syphilis de ces jeunes mariées qui, d’une part, ne présentent jamais d'accident primitif, de chancre, et qui, d'autre part, recoivent ou semblent recevoir la contagion d’un mari non contagieux, cette syphilis,

1. Je me permets de renvoyer le lecteur, sur ce point, à une série de lecons que j'ai consacrées à l'étude de l’hérédité syphilitique et de La syplhilis par conception. — Voy. Bulletin médical, 1889, et Semaine médicale, 16 janv. 1889.

dis-je, resterait absolument incompréhensible, absoument inexplicable.

Et, je vous le répète encore, les cas de ce genre sont à la fois trop nombreux et trop catégoriques pour qu'on puisse leur opposer une fin de nonrecevoir, ou qu'on songe à les interpréter par des erreurs matérielles d'observation. Ces cas s’imposent véritablement en pratique, et il faut les subir en tant que faits indéniables, irrécusables.

2° Ces mêmes cas, qui dérogent aux lois générales de la syphilis vulgaire, n’y dérogent jamais qu'avec l'addition d’un élément spectral, qui n’est autre que la grossesse. Toujours, invariablement, ils sont relatifs à des femmes enceintes ou récemment accouchées. Cela n'est-il pas significatif? Cela n’implique-t-il pas en toute évidence que la grossesse vient jouer ici un rôle special, pour modifier les conditions usuelles de la contamination syphilitique ?

D'ailleurs, en lespèce, il est certains cas plus probants encore, si c’est possible. Ces cas se résument en ceci :

Une femme saine est unie à un homme syphili- Lique;

tant qu'elle ne devient pas enceinte, elle reste indemne; — mais elle devient enceinte, et voilà tout aussitôt que la syphilis fait explosion sur elle.

Or, pourquoi cette immunité avant la grossesse, dans l’état de vacuité utérine, et pourquoi cette infection se produisant avec la grossesse, si la con-

ception restait indifférente, si elle n'avait aucune part dans la contamination spécifique ?

3° Un troisième argument ressort des conditions morbides de l'enfant. Je m'explique.

Qu'advient-il de lenfant dans l’ordre de faits dont nous parlons actuellement ? Le plus souvent, à la vérité, il meurt avant de naître. Était-il ou n'était-il pas syphilitique ? Nous n’en savons rien dans ce cas, et nous n'avons rien à en préjuger, quoique cependant le fait seul de sa mort, en tant. que terminaison habituelle de la grossesse, constitue une présomption en faveur de la syphilis. Mais d’autres fois il arrive à la vie, et toujours alors la syphilis s’atteste sur lui par des symptômes non équivoques, toujours il'est syphilitique. C’est ainsi que, sur sept enfants nés dans ces conditions, M. Diday a constaté la syphilis sur tous ces enfants, sans exception”. Tel est de même le résultat de mon observation personnelle.

Or, si l'enfant, dans ces conditions, est entaché de syphilis, qu'y a-t-1il d’impossible ou d’extraordinaire à ce qu'il transmette à sa mère, pendant sa vie intra-utérine, la maladie dont il est affecté?

Si la syphilis maternelle a la faculté (ce que tout le monde admet) de se réfléchir sur l'enfant, pourquoi la syphilis de l'enfant ne se réfléchirait-elle

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