NOCIVITÉ INTENSE DE L'HÉRÉDITÉ MATERNELLE
qui explique le haut degré de nocivité de l’hérédité mixte. Et cette raison, c’est le caractère malfaisant, pernicieux, malin, de l'hérédité maternelle, e’est la nocivité particulière, propre, . spéciale, de cette hérédité, nocivité bien plus intense que celle de l'hérédité paternelle, ainsi que je vais le démontrer.
Il ne faut pas croire en effet qu’en venant s’associer à lPhérédité paternelle, lhérédité maternelle réalise purement et simplement ce que réalise Padduon d'une unité à une unité semblable, ee que fait un affluent qui vient se jeter dans un affluent d’égale importance. Bien loin de là! Plus active et plus puissante que lhérédité paternelle, elle ne fait pas que doubler la nocivité de celle-ci en s’y ajoutant; elle la quadruple bien plutôt, dirai-je (approximativement, bien entendu). Pour continuer la comparaison, c’est une rivière qui se jette dans un ruisseau. Mais n’empiétons pas sur une démonstration qui va suivre et dont vous jugerez bientôt.
Et, à vrai dire, comment pourrait-il en être autrement? Comment l'hérédité dérivant de la mère pourrait-elle ne pas être plus nocive que l'hérédité dérivant du père? L'influence du père, en effet, n’est et ne peut être qu’une Influence héréditaire, au sens strict du mot, c’est-à-dire une influence de /écondation; tandis que celle de Ia mère, e’est d'abord, au même titre que pour le père, une influence d’hérédité, mais c’est aussi une influence de nu-
Fournier. — Syphilis et mariage. 8
trition, de développement. Celle de la mère s'exerce et se continue pendant toute la grossesse, puisque l'enfant vit et se nourrit de sa mère pendant neuf mois, tandis que celle du père cesse aussitôt après la fécondation. N'est-il pas manifeste conséquemment que les altérations de la santé maternelle doivent retentir sur le fœtus et deviennent ainsi susceptibles de renforcer, pour ainsi dire, Pinfection, de l’aggraver dans une certaine mesure?
Voilà ce que préjuge le bon sens. Eh bien, cette prévision, l’expérience la confirme, et deux ordres de faits vont nous servir à la démontrer.
I. — D'abord, il résulte de l’observation courante qu'il n’est aucune parité à établir, au point de vue des dangers encourus par Penfant entre les cas où la mère est saine et ceux où elle est syphilitique.
De vieille date on est arrivé à cette double conviction déduite de Pexpérience, à savoir : 1° qu’un enfant né d’un couple où la mère est saine à de nombreuses chances pour échapper soit à la syphilis, soit aux conséquences indirectes de la syphilis (c’est là un point que nous avons surabondamment établi dans ce qui précède); — 2° que tout au contraire un enfant né d’un couple où la mère est syphilitique est bien plus fréquemment et bien plus gravement menacé par l’influence héréditaire.
Cette influence pernicieuse de la syphilis maternelle a été attestée par une foule de statistiques, telles que les suivantes, par exemple.