‹ Syphilis et mariageChapitre 33 sur 82 · HÉRÉDITÉ MATERNELLE EXCLUSIVE. I12I · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ MATERNELLE EXCLUSIVE. I12I

au cours des années suivantes, et avorte quatre fois.

Une nourrice, mère d’un enfant sain, est infectée par un nourrisson syphilitique. Du fait de son mari, resté indemne, elle devient enceinte six fois, et ces six grossesses se terminent ainsi : les trois premières par avortement, et les trois dernières par naissance d'enfants étiques qui succombent à brève échéance.

Plus instructive encore est la navrante histoire d’une de mes clientes.

Mariée à un homme sain, elle commence (notez ceci, car C’est Intéressant comme contraste) par avoir deux beaux enfants, âgés aujourd'hui de dix-neuf et dix-sept ans. Elle reçoit alors la syphilis de son mari, et, un an après, accouche d’un enfant syphilitique qui succombe à trois mois.

Puis, devenue veuve, elle se remarie bientôt avec un homme sain, sur lequel je n’ai jamais constaté le moindre symptôme suspect. De ce second mari elle à six enfants, qui tous meurent dans les conditions que voici :

Mort à six semaines.

Premier enfant. Syphilitique.

Deuxième enfant. Syphilitique. — Mort à cinq mois. Troisième enfant.— Syphilitique.— Mort à quatre mois et demi. Quatrième enfant. — Syphilitique. — Mort à cinq mois. Cinquième enfant. — Syphilitique. — Mort à quatre mois. Sixième enfant. — Syphilitique. — Mort à neuf mois!.

: Fr ANR PRET 1. Trois ans après la naissance de ce sixième enfant, J al été con sulté par sa mère, alors affectée d’une gomme du voile palatin,

avec début de perforation.

Quelle nocivité, quelle perniciosité! — Eh bien, c’est là ce que réalise, non pas toujours, assurément, mais d’une facon assez commune, l'influence hérédo-syphilitique de la mère, même non associée à celle du père; et c’est là ce qui la rend si particulièrement dangereuse pour l'enfant.

Il serait curieux, certes, d’étayer de chiffres les résultats et les considérations que je viens d’énoncer d’une facon générale.

Eh bien, c’est là ce que j'ai essayé de faire, en consultant à ce propos les nombreuses observations que de vieille date j’ai accumulées sur le sujet.

IL s'agissait d’abord d'établir sur des bases numériques les deux points que voici :

1° Quelleest, pour les trois hérédités syphilitiques (hérédité paternelle, hérédité maternelle, hérédité mixte), la proportion des cas dans lesquels chacune d'elles à été inoffensive ou nocive ?

2° Quelle est, de même, la proportion des cas dans lesquels chacune d’elles a été mortelle ?

Puis, de la solution de ces deux points dérivait la possibilité de constituer pour chacune des trois hérédités susdites ce qu’on peut appeler son INDICE DE NOCIVITÉ et SON INDICE DE MORTALITÉ.

Or, voici ce à quoi j'ai abouti, sur un total de plus de cinq cents cas :

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