PARALLÈLE DES TROIS HÉRÉDITÉS
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de nocivité. | de mortalité.
Hérédité paternelle (exclusive) , LP 28. 0 Hérédité maternelle (exclusive) . 84 % 60 9°} Hérédité nite. . U , : ... 92 © 68,5
C'est-à-dire (du moins d’après les faits qui se sont présentés à moi) que :
L’hérédité paternelle s’est montrée nocive en trente-sept cas sur cent’;
L’hérédité maternelle, en quatre-vingt-quatre cas sur cent;
L’hérédité mixte, en quatre-vingt-douze cas sur cent.
C'est-à-dire, de même, que ces trois hérédités se sont traduites par une mortalité de :
28 ‘|, pour l’hérédité paternelle ;
6o ‘/, pour lhérédité maternelle;
68,5 ‘|, pour l’hérédité mixte.
D’où il suit, en conséquence :
1° Que des trois modes possibles de Phérédité syphilitique, le mode paternel (c’est-à-dire lhérédité exelusive du père) est celui qui s'exerce le moins souvent et se traduit par la mortalité moindre ;
2° Que le mode maternel est au contraire tnfintment plus dangereux, puisque, d'une part, il s'exerce deux fois plus souvent que le mode paternel, et que, d’autre part, 11 comporte un indice de
mortalité plus que double.
L'hérédité de la mère est done (peut-on dire approximativement) deux fois plus fréquente et deux fois plus meurtrière que celle du père.
3° Que l’hérédité mixte ést celle qui atteint le maximum, l'apogée, tout à la fois comme indice de nocivité et comme indice de mortalité.
C'est elle qui fait le plus de victimes et qui en tue le plus.
Notons encore au passage un dernier point tres digne d'attention. C'est que, comme indice de nocivité et de mortalité, lhérédité mixte est bien plus voisine de Phérédité maternelle que celle-ei de Phérédité paternelle. Elle se rapproche de lhérédité maternelle, tandis qu’elle est énormément distante de l’hérédité paternelle. Voyez les chiffres.
Or, cela ne veut-il pas dire que des deux facteurs qui collaborent à l’hérédité mixte, c’est le facteur maternel qui confère à cette dernière son élément principal et prédominant de nocivité? Cela ne veutil pas dire plus simplement que, dans un ménage syphilitique, c’est la mère de qui dérivent les plus grands dangers pour l'enfant ?
Etne comprenez-vous pas tout aussitôt les applications, les enseignements pratiques, qui ressortent d’une telle notion? Ces ensergnements sont majeurs, commenous le verrons par la suite. Mais d'emblée laissez-moi vous en signaler un comme spécimen.
C’est la mère, venons-nous de dire et d'établir numériquement, qui est surlout menaçante pour
PARALLÈLE DES TROIS HÉRÉDITÉS. 125 PE RC PR MO l'enfant par son état de syphilis. Done, c’est la mère qu'il faudrait surtout traiter dans un ménage syphilitique (sans oublier le père, bien entendu); c'est la mère qu’il faudrait traiter avec assiduité, avee persévérance, avec acharnement. Or, telle est, précisément, l’indication qui se trouve le moins réalisée en pratique. L'expérience pratique apprend ceci, que, dans un ménage syphilitique, e’est toujours la femme, à savoir la future mère, qui est le moins traitée; c'est toujours la femme (et cela pour des raisons dont je vous parlerai plus tard) dont le traitement reste négligé, incomplet, tronqué, au total insuffisant. Et de là, sans nul doute, ces catastrophes héréditaires dont je vous ai déjà entretenus et qui sont si communes, si habituelles, dans les ménages où la femme est entachée de syphilis.
En conséquence, pour revenir à notre sujet — dont les considérations statistiques qui précèdent nous ont momentanément éloignés—, le pire danger, au point de vue héréditaire, qui puisse surgir dans un ménage où le mari est entré avec la syphilis, c'est que la femme vienne à être contaminée. Car, dans cette situation nouvelle, la vie ou la santé des enfants à venir se trouve compromise, menacée de la façon la plus sérieuse, la plus grave.
Troisième point: Un homme qui aborde le mariage avec une syphilis non éteinte peut devenir dangereux par lui-même pour les intérêts de la communauté, de la famille.
En d’autres termes, 1l peut devenir dangereux pour sa famille en raison même des dangers personnels auxquels il reste exposé de par sa maladie, de par sa diathèse persistante.
Avec ce troisième point, généralement négligé, oublié, sacrifié — je ne m'en explique pas la raison — nous allons toucher au côté le plus délicat, le plus difficile du problème que nous poursuivons. Ici, en effet, ce ne sont plus seulement des questions de pathologie pure que nous allons avoir à examiner et à débattre. La morale, la morale elle-même, va se mettre de la partie et entrer en ligne. Rassurezvous toutefois. Je sais à qui je parle, et je ne perdrai ni votre temps ni le mien à prêcher des convaincus. D'ailleurs, je n'aurai besoin, dans cette voie nouvelle, que d'évoquer certains principes, certaines obligations, certains devoirs, qui sont dans le cœur de tout honnête homme, qui sont indiscutés autant qu'indiscutables, et, le cas échéant, de les appliquer à notre sujet, dans la stricte mesure où ils lui seront indispensables.
Comme prémisses, je n’ai pas à rappeler, parlant
à des médecins, que la syphilis est une maladie grave, très grave, susceptible d'aboutir, alors qu’elle est abandonnée à elle-même ou insuffisamment traitée, soit à des affections importantes, soit à des infirmités sérieuses, soit même (et cela fréquemment, beaucoup plus fréquemment qu'on ne le ditet qu’on ne semble le croire) à une terminaison plus regrettable encore, c’est-à-dire la mort. Cela est de notoriété commune.
Mais ce que j'ai à spécifier, parce que cela intéresse directement notre sujet actuel, c’est que, sauf exceptions assez rares et d’un ordre spécial, la syphilis n'aboutit guère à ces accidents sérieux ou mortels qu'à échéance toujours plus ou moins éloignée, c'est-à-dire après quelques années ou après une longue série d'années, par exemple après trois, cinq, dix, quinze, vingt ans et plus. C’est, vous le savez, dans la période tertiaire, période presque indéfinie comme durée, que se placent les manifestations graves, les véritables catastrophes de la vérole*.
Done, en ce qui nous touche, cela veut dire que la syphilis, habituellement contractée dans les années de folle jeunesse, pendant la vie de garçon, n’a guère ses échéances graves que dans l'âge mür,
1. Voy., à ce sujet, mon travail sur les Echéances du tertiarisme
v nes È e . à Pre
(Congrès de syphiligraphie et de dermatologie de 1889, ou 4! chives générales de méd., 1889). 0
Dépouillant, au point de vue des échéances du tertiarisme, un
total de 2395 observations où la date d’invasion de manifestations
à savoir dans l’âge où le jeune homme léger d’autrefois s’est transformé en un homme sérieux, s’est métamorphosé en un mari, en un père de famille.
Telles se présentent bien les choses, de par la pathologie, n'est-il pas vrai ?
Or, s’il en est ainsi, voyez donc, je vous prie, ce que devient la situation d’un homme qui, ayant contracté la syphilis dans sa jeunesse et n'ayant pas
tertiaires de tout ordre a pu être déterminée d’une facon précise, j'ai abouti aux résultats suivants.