ORIGINE USUELLE DES CONTAGIONS CONJUGALES
2° Presque invariablement, aussi, ces contagions dérivent d'accidents secondaires de forme super-. ficielle, tRoSIVE où exulcéreuse, tout au plus papulo-érosive, c’est-à-dire d'accidents essentiellement bénins d'allure, presque insignifiants en raison de leur bénignité apparente, au total sans importance, et éminemment susceptibles pour cette raison ou bien d’être méconnus comme nature, ou bien même de passer inaperçus.
Et cela se conçoit, et cette double proposition ressort de l’essence même des choses.
Car, d’une part, la syphilis est infiniment plus dangereuse à son étape secondaire qu'à toute autre période, en raison de la multiplieité et de la dissémination de ses accidents. — Et, d'autre part, les contagions qui se produisent dans le mariage ne peuvent être, ne sauraient être que le résultat de lésions assez peu importantes pour qu'un mari conscient de son état les juge indifférentes, n’y prenne pas garde ou même en méconnaisse Jusqu'a l’existence. Un mari, en effet, ne contagionne pas sa femme à la facon dont une prostituée, qui se sait malade, contagionne un passant; un mari ne transmet jamais la syphilis à sa femme que par mégarde ou par surprise. Done, il ne la lui transmet, il ne peut la lui transmettre que par l'intermédiaire d’accidents assez minimes, assez bénins, pour qu'il n’en ait pas soupçonné la nature véritable ou même pour qu'il n’en ait pas eu conscience.
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Je l'ai dit bien souvent et je ne me lasserai pas de le répéter, tant le fait a d'importance, ce sont les accidents les plus légers de la période secondaire qui sont les plus dangereux au point de vue de la contagion. Et ce sont les plus dangereux en raison même de leur bénignité apparente. Ils semblent si peu de chose, ils ont une apparence tellement inoffensive qu'on n’y prend pas garde, qu'on n’en soupconne pas la nature; et conséquemment on s'expose à les communiquer. Ajoutons encore, d’ailleurs, qu'ils peuvent fort bien passer complètement inaperçus.
Les petites érosions secondaires des lèvres, de la langue, de la verge, voilà les intermédiaires les plus habituels de la contagion dans le mariage.
Rappelez-vous, comme exemple, deux observations que je vous citais au début de cet exposé. Dans l’une, la contagion à été transmise par des érosions secondaires du gland qu'on avait prises pour des herpès; dans l’autre, elle fut le résultat d’érosions minimes des lèvres, érosions à peine desquamatives et tout à fait comparables à ces exfoliations épithéliales que produit l'abus du tabac. Eh bien, à ces deux cas j'en pourrais joindre pour le moins cinquante autres déposant tous dans le même sens. |
Le plus souvent, done, et de beaucoup, e’estpar des lésions minimes, par des syphilides secondaires simplement érosives, que Ja svphilis passe du mari a la femme.