ORIGINE USUELLE DES CONTAGIONS CONJUGALES
Cela est tellement vrai que des malades aussi attentifs que possible à leur état de santé, s’observant, se surveillant avec la plus consciencieuse rigueur, ont pu se laisser surprendre par des contagions de ce genre. Mais 11 y a plus. Des médecins même, juges bien autrement compétents, n’ont pas échappé à ce danger dans leur propre ménage.
Je citerai comme exemple le cas suivant, intéressant à plusieurs titres.
Un médecin des plus distingués, un de ces hommes qui honorent notre profession autant par leur caractère que par leur talent, contracte la svphilis dans l'exercice de son art. Marié, 1l prévient sa femme aussitôt et s'observe avec un soin méticuleux. Chaque jour, matin et soir, il s’examine avec le plus grand soin. Et cependant, en dépit de toute sa vigilance, il n'aboutit pas moins à contagionner sa femme. D'ailleurs, écoutons-le nous raconter lui-même son malheur, dans une lettre qu'il m'a adressée à ce sujet.
« Un matin de l’année dernière, je fus épouvanté de constater à mon réveil, sur la rainure du gland, une petite tache à peine apparente, de la largeur d’une lentille, sèche dans presque toute son étendue, et seulement excoriative à son centre dans une surface comparable à une téte d'eépingle. Je fus épouvanté, vous dis-je, parce que, dans la nuit même qui précéda cette découverte, j'avais eu un rapport avec ma femme. Et cependant je n'étais examiné, comme de coutume, la veille au soir... Or, ce fut
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cette misérable tache, cet insignifiant 4obo, qui contagionna très certainement ma pauvre femme. Car, dans le délai classique, c’est-à-dire trois semaines plus tard, elle commençait à sentir « un bouton » à la vulve, et ce bouton devint un chancre.... Que mon exemple ne soit pas perdu! Profitez-en, vous, mon cher ami, qui vous occupez d’études spéciales, pour bien dire à ceux qui vous écoutent comment peut se produire la contagion dans le mariage, pour les convaincre que cette contagion peut s'exercer par la lésion la plus légère, la plus inoffensive, assez inoffensive, assez légère pour avoir pu tromper l'œil défiant d’un mari honnête homme et d’un praticien attentif et prévenu... »
Rien à ajouter, après ce triste et si instructif exemple.
IT. — Ce n’est pas tout, Messieurs. Un troisième point réclame notre attention.
Vous n'avez pas perdu de vue la situation dont nous poursuivons l'étude. Un homme marié est venu réclamer vos conseils pour des accidents de syphilis. D'abord, vous lui avez prescrit un traitement. En second lieu, vous venez de le mettre en garde contre les dangers encourus par sa femme, au point de vue d’une contagion directe. Votre tâche n’est pas achevée, car reste le danger d’une grossesse. Et cette grossesse, survenant dans de telles conditions, pourrait être l’occasion d’un double malheur, à savoir :