‹ Syphilis et Paralysie GénéraleChapitre 10 sur 24 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Paralysie générale chez laculte

Cette étude, reprise si souvent, m'avait intéressé dans le courant de mes années d'’internat à l'asile de Maréville, mais à chaque pas je rencontrais de nouvelles difficultés créées par le peu de valeur de mes documents. À Maréville, comme dans beaucoup d’autres asiles, où le mouvement de la population est considérable, les malades arrivent accompagnés de renseignements trop fréquemment incomplets.

Le médecin qui demande le placement n'établit souvent qu'un certificat constatant l’aliénation mentale et la nécessité d’interner le malade, sans fournir à son confrère de l'asile, aucun détail sur les commémoratifs et les antécédents.

Comment l’aliéniste établira-t-1l l’étiologie de l’affection ? Ce n’est certes pas le malade qui pourra l'éclairer, car les trois quarts des paralytiques n'entrent dans les asiles que lorsqu'ils sont arrivés à la période de démence. A ce moment, la déchéance intellectuelle est déjà trop complète pour qu'ils puissent aider les recherches du spécialiste qui s'adresse alors à la famille. Mais celle-ci ignore le plus souvent les écarts de jeunesse de son malade

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et les accrocs qui en sont résultés, ou si elle les connait, elle les cache. Toutau plus les parénts avoueront-ils qu’il y à eu dans la famille un oncle aliéné. une tante nerveuse, un frère idiot ou épileptique et encore le médecin sera-t-il obligé de revenir souvent à la charge pour obtenir un aveu. S'il tient absolument à compléter ses investigations, il examinera le malade, recherchera sur le corps des stigmates de syphilis et ne trouvera rien dans la majeure partie des cas. Il est un fait d'observation que ce sont les syphilis dites bénignes qu'on rencontre ordinairement dans les antécédents des paralvtiques.

Il en résultera que dans nombre de cas la cause de l'affection restera inconnue, que dans un nombre plus restreint la cause invoquée sera l’hérédité. C’est cette insuffisance de renseignements qui ma fait écarter les données qu'aurait pu fourair l'asile de Maréville et chercher ailleurs les matériaux qui ont servi de base à ce travail.

M. le professeur Spillmann a bien voulu me permettre de disposer des observations des paralytiques qui se sont présentés à la clinique et me communiquer les résultats

de sa pratique privée.

OBSERVATION I {Syphilis)

G... Edouard, 44 ans, facteur de pianos. Entré à l’hôpital le 6 décembre 1886, sort le 6 juin 1887.

Antécédents : Pas d’hérédité, pas d’alcoolisme.

A contracté en Afrique la fièvre intermittente.

Il y a onze ans, sa femme a avorté à 2 mois et demi et n’a plus eu

d'enfants depuis cette époque. Depuis un an environ, le malade a de

AG

fréquents cauchemars, de la lourdeur de tête, des somnolences, des céphalées nocturnes. À eu à diverses reprises des attaques apoplectiformes quéries par le traitement spécifique. Mais depuis un mois son intelligence a baissé, nous dit sa femme, sa parole est hésitante ; il a parfois des idées de suicide, mais le plus souvent il est satisfait et content de lui. ‘

Sur le prépuce, on voit une tache cicatricielle, lenticulaire ; sur les tibias. des taches cuivrées d’ecthyma et cependant le malade nie la syphilis.

À l'entrée. — La figure du malade a un air de suprême béatitude. Inégalité pupillaire. tremblement fibrillaire des muscles de la langue. Embarras très prononcé de la parole. Impossibilité d'écrire à cause du tremblement des mains. Incoordination marquée des mouvements. Frémissements musculaires dans tous les membres. Exagération du

réflexe rotulien. Troubles de la sensibilité générale. Anesthésie à

droite.

Troubles psychiques. — Idées de satisfaction et de richesse. L'hôpital lui appartient, on y mange bien....., etc.

Traitement: Hg et IK.

Janvier. — Les phénomènes d’incoordination se sont un peu amendés, mais les troubles psychiques subsistent ainsi que les signes somatiques de paralysie générale.

Du 3 au 10 janvier. — Convulsions épileptiformes fréquentes.

Du 25 au 31 janvier. — Les troubles psychiques s’accentuent. Idées de persécutions, menaces de mort, idées de satisfaction personnelle. divagations ambitieuses. |

Février. — Un peu d'amélioration. La famille du malade l’emmène à la campagne, d’où on le ramène plus malade que jamais le 8 mai.

8 mai. — L'intelligence est tres affaissée, cependant le malade a toujours des idées de persécution et de richesse. Facies béat. Les signes somatiques subsistent ; le malade gâte.

Juin. — Il est retiré dans cet état par sa famille. Nous le perdons de vue.

Procre

OBSERVATION IT (Syphilis très probable)

S..., Amélie, 27 ans, fille publique. Entrée le 28 avril 1887. sortie 16 juin 1887.

Antécédents. — Orpheline de bonne heure. A eu la fièvre typhoide dans son enfance. À passé quatre ans dans une maison de prostitution. d’où elle à été renvoyée le 8 avril à cause de crises nerveuses (?) auxquelles elle est sujette depuis deux mois. Nie tout antécédent syphilitique {?). Depuis cinq mois, la parole est hésitante et embarrassée. À tenté de se suicider par submersion.

Etat à l'entrée. — Physionomie hébétée, empâtement de la face. Tremblement fibrillaire des muscles de la langue, trémulation des lèvres, quand la malade veut parler. Parole lente et embarrassée. Pupilles égales, mais ne réagissant pas à la lumière. Tremblement des membres supérieurs et inférieurs. Parésie des membres inférieurs,

marche chancelante.

Troubles psychiques. — Obnubilation intellectuelle marquée. Affaiblissement de la mémoire et de la volonté. Emotivité etsensiblerie.

Traitement : Hg et IK.

Avril. — Même état.

Mai. — Idées de persécutions : les malades de la salle veulent remplacer sa tête par une tête de veau. À essayé de se jeter par la fenêtre. Le traitement est supprimé, vu soninefficacite.

Juin. — Même état. Affaiblissement de l'intelligence. Troubles vésicaux. Sort le 16 juin. Perdue de vue.

OBSERVATION III (Syphilis)

M... Charles, 43 ans, cordonnier. Entré le 19 novembre 1887. Sort le 9 décembre 1887.

Antécédents. — Mère morte d'hémorrhagie cérébrale.

À eu un chancre avec adénopathie bi-inguinale en 1877. Que:ques

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