‹ Syphilis et tuberculoseChapitre 4 sur 15 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Qui traitera de l'association des deux maladies et pourrait être intitulée

La syphilis et la tuberculose sont incontestablement, dans nos pays, les deux plus répandues des maladies contagieuses chroniques. Elles ne sont point incompatibles, contrairement à l'opinion soutenue autrefois par Hunter. Aussi bien n'esl-il pas étonnant que le médecin les trouve fréquemment associées chez le même individu.

De cette association résultent des conditions pathologiques nouvelles. En effet, quel que soit l'ordre de succession, cette association, dès qu'elle existe, constitue, à proprement parler, un surcroit de maladie. Délinir l'avenir réservé au syphilitique tuherculisé ou au tuberculeux syphilisé, établir les bases de la thérapeutique dont l'un et l'autre sont justiciables, tel sera le but de cette seconde partie. Mais ce but ne peut être que la conclusion d'une étude complète des relations étiologiques qui unissent la syphilis à la tuberculose et du retentissement qu'elles exercent l'une sur l'autre dans leurs différents modes d'association, soif qu'elles se fixent simultanément en un même point, de façon à réaliser l'une de ces lésions hybrides auxquelles Ricord a donné le nom de scrofuiates de vérole, soit qu'elles évoluent isolément sur le même individu, telle la tuberculose pulmonaire chez un syphilitique par exemple.

Je n'entreprendrai pas de faire, dans un chapitre spécial, l'historique des travaux qui ont été publiés sur ce

sujet. Outre que la tâche serait fastidieuse, elle n'aboutirait qu'à un résultat trompeur. En effet, les rapports de la syphilis et de la tuberculose n'ont jamais été envisagés à un point de vue général ; tel auteur s'est attaché à étudier les caractères particuliers qu'affecte la tuberculose pulmonaire chez les syphilitiques, tel autre a surtout eu en vue l'influence de la scrofule sur les déterminations de la syphilis. Chemin faisant, à propos de chaque groupe de faits, je discuterai les opinions et les doctrines soutenues dans les traités ou les monographies spéciales. Ce sera, à mon sens, la meilleure façon de passer utilement en revue les documents épars sur cette question.

Relations étiologiques générales de la syphilis et de la tuberculose.

La tuberculose, la phtisie pulmonaire tout au moins, ne crée vis-à-vis de la syphilis aucune prédisposition. Il est même permis d'admettre qu'elle prémunit, dans une certaine mesure, le malade, en l'invitant à espacer les chances de contamination vénérienne. A ce propos, il est curieux de rappeler que Louis, dans son article » Phtisie » du Dictionnaire de médecine (t. XXIV, p. 549), remarque qu'il n'a point constaté chez les phtisiques cette exaltation des fonctions génitales qui a été si généralement admise; il pense que ces fonctions participent chez eux à la faiblesse générale.

Toutefois la tuberculose ou plutôt les tuberculoses locales peuvent constituer des portes ouvertes pour la sy-

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