V. - RENSEIGNEMENTS PRATIQUES SUR LE TRAITEMENT ARSENICAL
1° Le produit. — Les uovarsénobenzols ou néoarsénobenzols de marque française donnent d’excellents résultats et peuvent être employés à doses croissantes,. ^
Le galyl et le luargol ne peuvent être injectes qu a doses plus faibles.
20 La solution. — Aux solutions diluées nécessitant l’adjonction de sel marin, l’emploi d’eau distillée, dans des appareils spéciaux, le biatin même de l’injection etc., j ai proposé de substituer en février 1915 > les solutions concentrées dans 10 centimètres cubes d eau; 1 eau de 1 injection peut être préparée d’avance et conservée pendant des
mois dans des ampoules ordinaires.
Plus récemment, j’ai proposé^ de réduire cette quantité d’eau à 1 ou 2 centimètres cubes pour toutes les uoses, ce qui permet d’utiliser sans danger de l’eau stérilisée depuis longtemps ou simplement filtrée après une longue
Pour préparer la solution, il suffit de faire sauter à la lime le sommet de l’ampoule contenant le médicament ; verser dans l’ampoule même 1,5 à 2 centimètres cubes
d’eau stérile bien froide; faciliter la dissplution en inclinant
1 P Ravaut Nouveau procédé (l’injection intraveineuse du née-
. saivarsan. Société
Technique el réactions. Annales de Dermatologie et de syphili-
grap/da, avrU 191^ sinTplification de Ta technique des injec-
tio'nsIcoSrées. Prcs.(. médicale, n- 48, 11 octobre 1915.
l’ampoule et eij la roulant entre les doigts; dès que la solution est complète le liquide est aspiré dans la seringue et aûssüôt injecté.
'Il est bien préférable de faire la dissolution dans l’ampoule même et de limiter autant que possible les contacts avec l’air extérieur, car le médicament pourrait s’oxyder et devenir toxique.
O " Les instruments. — a) Tube de caoutchouc ou sonde molle et pince à forcipressure pour pratiquer une ligature momentanée permettant de faire saillir les veines ;
b) Une seringue en verre de 2 centimètres cubes;
c) Une aiguille en platine de 3 centimètres de long ; le calibre (10/10 de mm.) est un peu plus fort que celui d’une aiguille ordinaire, afin que le sang reflue plus facilemient dans la seringue.
Il ne faut jamais flamber l’aiguille, car il reste toujours 'de la matière organique qui, carbonisée, diminuerait rapidement le calibre.
•4“ Technique de l’injection intra-veineuse. — a) Le malade sera à jeun de préférence, mais cette condition n’est pas absolument nécessaire ;
b) L’injection peut être faite dans n’importe quelle veine. Celles du pli du coude sont les mieux disposées, surtout au bras droit ;
c) Comprimer modérément (pouls radia! toujours perceptible) le bras, au-dessus du pli du coude, au moyen du tube de caoutchouc maintenu en place par la pince à forcipressure ; attendre 1 à 2 minutes que les veines soient bien tendues; on peut augmenter leur turgescence en frottant la peau avec de l’ouate imbibée d’eau très chaude ou de xylol.
d) Dès que les veines sont gonflées, choisir celle qui donne au doigt la sensation la plus nette d’un cordon plein. •
Le doigt est préférable à l’œil pour le choix de la veine : il rèste le seul guide quand les veines ne sont pas visibles.
■ TRAITEMENT ARSENICAL.
e) Faire aussitôt la désinfection locale avec un peu d’alcool ou de teinture d’iode ;
f) Prendre ensuite la seringue préalablement chargée. Vérifier que l’aiguille est fortement ajustée. Tenir entre le pouce et l’index le corps de la pompe ; le médius, a cheval Lr le corps de la pompe et le piston, maintient celui-ci
en place ; , , . i • •
U) Perforer la peau au-dessus de la veine choisie, en maintenant la seringue le plus possible parallèle à la surface cutanée. '
Si la veine ne fuit pas devant 1 aiguille, la perforer
directement par un petit coup sec. ,
Si la veine fuit parallèlement, la poursuivre en 1 abor dant de flanc et, dès que la pointe de l’aiguille prend
contact avec elle, la perforer d’un coup sec. , ^
L’aiguille ayant pénétré dans la veine, le sang retlue dans la seringue presque aussitôt; sinon, par une légère aspiration du piston ; „ , , i
h] Lorsque le sang a nettement reflue dans le corps de pompe, enlever le lien en détachant la pince à forcipres-
sure, puis pousser très lentement 1 injection.
Plus la dose de médicameut est élevée, plus l’injection doit être poussée lentement, afin de permettre au médicament de se diluer dans le sang.
L’injection doit être absolument indolore. Si la seringue fonctionne bien, la pression sur le piston doit être extrêmement légère et il ne doit se produire aucun œdeme autour de la piqûre ; . , , . •
i) Si une partie de l’injection pénétrait dans le tissu cellulaire, il se produirait au bout de quelques heures de la douleur et de l’œdème. Le nodule qui en résulte alors, s’indure de plus en plus et est très long à se résorber;
' parfois même, il peut à la longue se former une escarre. Pour éviter cet accident, il est préférable de pratiquer, aussitôt après la piqûre malheureuse, une petite incision suivie de curetage. C’est le seul accident à craindre, il est facilement évité en suivant rigoureusement la technique indiquée.
.32 ■ svpmus.
5» Les doses et leur proffression. — a) Commencer le traitement par une faible dose ; 0 gr. 15 à 0 gr. 50.
b) Si le malade est en pleine période secondaire ou présente des accidents nerveux, faire précéder la première injection arsenicale d’injections mercurielles de sels solubles pendant quatre jours et ne commencer que par 0 gr. 15 de sel arsenical.
c) Si cette injection est bien tolérée, pratiquer la seconde six jours après, avec une dose supérieure.
Puis, augmenter chaque fois la dose jusqu’à celle de 0 gr. 90, que l’on ne dépasse pas dans les injections sui vantes. Chez quelques sujets très tolérants les doses de 1 gr. 05 et 1 gr. 20 peuvent être atteintes.
d) Si des signes d’intolérance se manifestent après l’injection et ont disparu le sixième jour, on pourra pratiquer 1 injection suivante, mais alors sans augmenter la dose.
e) Si au bout de six jours les signes d’intolérance persistent, il sera prudent de diminuer la dose ou de différer 1 injection jusqu à la disparition de ces signes.
f) ,11 sera prudent de cesser le traitement arsenical et de n’employer que le mercure, si les signes d’intolérance se reproduisent malgré la diminution des doses.
6" Les siffnes d’intolérance. — Ce sont aussitôt après ,1 injection : les nausées, les vomissements, la congestion de la face, la céphalée, la crise nitritoïde. On les évitera, en partie, ou on les fera cesser par l’absorption ou des injections d’adrénaline ; de 1 à 4 milligrammes (Milian).
L’élévation de la température peut suivre la première injection, mais doit disparaître aux suivantes.
Ce sont au cours du traitement : la céphalée persistante les réactions fébriles, la perte de l’appétit, l’amaigrissement, la diarrhée, le prurit, les érythèmes. Tout spé- ' cialement les réactions nerveuses (céphalée, vomissements, élévation de la température, amaigrissement) doivent être surveillées, et dans le doute la ponction lombaire peut donner de très utiles renseignements.
Les premières manifestations de 1 infection par 1 Hématozoaire de Laveran se traduisent par des symptômes fébriles plus ou moins continus, mal déterminés, souvent d’allure typhoïde : ils sont les signes principaux du paludisme primaire. Cette période de la maladie s observe surtout dans la zone d’infestation- avant I évacuation du soldat sur la métropole. Puis ensuite, au boùt de quelques jours, l’affection revêt son véritable aspect de fièvre intermittente survenant par accès : à ce moment débute la période secondaire. C’est à ce stade que nous observons en France, dans les hôpitaux, les paludéens évacués d’Ofient ou de nos colonies.
■ Cette distinction est surtout importante en matière de thérapeutique, car il est possible, à la preniière période, d’obtenir par un traitement précoce et énergique la stérilisation de la maladie, alors qu’au contraire la constatation des symptômes de la période secondaire fait disparaître cet espoir. Nous étudierons séparément ces deux étapes car, les buts à poursuivre étant différents, les modes de traitement le sont également. ‘