‹ Syphilis, paludisme, amibiaseChapitre 28 sur 54 · lodure double d'émétine et de bismuth. — Les · texte numérisé non relu

lodure double d'émétine et de bismuth. — Les

nombreux insuccès de ■ l’éméline, injectée sous la peau, dans les formes chroniques de l’amibiase elchez les porteurs de kystes ont amené un chimiste anglais Du Mey‘ à essayer, par la joie buccale, l’emploi de deux composés nouveaux devant, selon lui, mettre en liberté dans l’intestin de l’émétine à l’état naissant ; l’iodure double d’émétine et de bismuth et l’iodure double d’émétine et de mercure. Le premier de ces produits a été expérimenté en Angleterre par Dale, Low et Dobell et en France par Lebœuf. Pour être toléré par l’estomac, il est nécessaire de l’enroljer, sous forme de cpmprimés, dans du gluten ou de la gélatine formolée. Les doses qu’ils ont fixées sont de 18 cehtigrammes par jour en trois fois et pendant 12 jours consécutifs. Souvent ce médicament est mal toléré surtout au début du traitement et les doses doivent être réduites à 0 gr. t)5 par jour.

Des observations publiées par ces auteurs, et en particulier de celles de Lebœuf, il résulte que « tous les amibiens, quelle que fût la forme clinique de leur infection (épisodes aigus ou sequelles chroniques) qui ont pris régulièrement 18 centigrammes d’iodure double, pendant 12 jours ont vu disparaître leurs amibes ou leurs kystes^ ». 11 n’a constaté qu’une rechute et sur deux raalades. qu’il a pu observer 52 et 60 jours après ce traitement, les amibes ou les kystes n’avaient pas reparu.

Depuis plus d’un an j’ai essayé ce médicament chez de nombreux malades. Il m’a rendu de grands services dans .quelques formes chroniques, mais surtout chez les porteurs de kystes : chez plusieurs d’entre eux qui avaient résisté à diverses thérapeutiques, j’ai obtenu la disparition des kystes, mais au prix quelquefois de troubles intestinaux déterminés par le médicament. Dans les formes aiguës, les résultats sont bien moins bons, car l’iodure .

t. A. Du Mey. Deux composés do Ijéaiotine pouvant rendre service dans le traitement de l’amibiase, Philippine Journal of Tropical mc.dicine. Vol tl, janvier 1015.

2. Leboeuf. Le traitement de l'amibiase intestinale par l’iodure double d’émétine et de bismuth. /Vei.se )?iédica/e, n° 28,9 juillet 1917.

ASSOCIA riON DES MÉDICAMENTS.

double est mtd toléré et déprime beaucoup le malade; les injections d’émétine et de novarsénobenzol sont dans ces cas bien supérieures. Il me paraît impossible d’avoir en ce moment une opinion définitive, bar, pour des nécessités de service, les malades ne peuvent pas passer dans les hôpitaux le temps suffisant pour une observation longtemps suivie; néanmoins, nous avons pu constater avec assez de netteté l’action de ce médicament pour juger la place qu’il doit prendre dans la thérapeutique de l’amibiase.

IL — ASSOCIATION DÉ CES MÉDICAMENTS. LES CURES MIXTES ÉMÉTINO-ARSENICALES PAR INJECTIONS OU PAR VOIE BUCCALE : LES RÉSULTATS

Les considérations développées au début de ce chapitre montrent que la guérison de l’amibiase, ou tout au moins son atténuation, est d'autant plus durable que le traitement est institué précocement et avec l’intensité suffisante. Comme dans les affections précédentes la cure d’attaque est donc très importante, car elle peut parfois réaliser une véritable stérilisation. Nous devons donc nous efforcer de lui donner son maximum d’efficacité et dans ce but nous avons proposé ‘ l’association de deux médicaments doués chacun d’une efficacité incontestable : l’émétine et le novarsénobenzol. La cure est pratiquée sous forme d’injections sous-cutanées et intraveineuses; elle est d’une efficacité remarquable sur les formes aiguës ou subaiguës, sur les complications hépatiques récentes, mais elle doit être bien réglée et suffisamment prolongée si l’on veut obtenir un résultat durable. Trop souvent le traitement de l’amibiase est commencé par quelques injections d’émétine, faites sans règle déterminée, et interrompues dès que les symptômes cliniques ont disparu; c’est là le plus souvent la cause des rechutes successives et de

1. P. Ravaut et Krolunitskv. Le traitement mixte de la dysenterie amibienne par les cures mixtes émétino-arsenicales. Paris médical, n" 1, fl janvier IflU.

■ AMIBIASE.

la persisLance parlois indéfinie de la maladie. 11 lauL au contraii'e profiter de la période d’acuité, pour traiter aussi complètement que possible le malade; parfois même, il est bon de provoquer artificiellement une crise dysentérique, car à cette période, les médicaments ont une prise’beaucoup plus grande.

Plus tard, lorsque l’affection est devenue chronique, ces mômes agents thérapeutiques ont beaucoup moins d’action, et les parasites leur résistent beaucoup plus.

Il faut alors renoncer au traitement par les injections et recourir à l’administration des médicaments par la voie buccale : c’est la seule façon d’agir sur certains troubles entéritiques chronique d’origine amibienne et surtout sur les kystes. C‘est de cepointde vue que j’étudierai le traitement de l’amibiase, insistant sur la cure d’attaque initiale et ses résultats.

1" Traitement par injections intraveineuses et sous-cutanées. Cure d'attaque ow de blanchiment. — C’est le traitement de choix dans les crises aiguës dysentériques qui n’ont» pas encore été traitées, dçns les complications hépatiques récentes et dans les formes subaiguës : par son action rapide, cette cure peut servir d’épreuve thérapeutique et permettre de vérifier l’exactitude du diagnostic.

Nom pratiquons une première série de 4 injections intraveineuses de 0 gr. 30 de novarsënobenzàl à 4 joitrs d'intervalle; chacun des trois jottrs intermédiaires, nous injectons l'émétine aux doses croissantes de 4, 6, 8 centigrammes. Puis nous suspendons l'émétine et continuons les injections de novœrsénobenzot aux doses de 0 gr. 30 tous les 4 jours jusqu'à concurrence de 10, mais à partir de la P nous reprenons de nouveau l’émétine et intercalons trois nouvelles séries (Témétine aux .doses de 4, 6, 8' centigrammes eptre les trois dernières injections de novarsénobenzol. Le malade a reçu en 40 jours, 10 piqûres de novarsénobenzol et 18 injections d’émétine. ,

^ Nous ne dépassons pas la dosedeO gr. 50 de novarséno-

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