ASSOCIATION DES MÉDICAMENTS
benzol, car nous avons remarqué que les iljsenlériques, en raison de leur fatigue, et surtout des altérations du tube digestif, du foie, supportent moins bien ce médicament^ ' que d’autres malades, surtout s’il s'agit de formes chroniques. De même, pour éviter tout trouble cardiaque, nous ne dépassons pas la dose de 0 gr. 08 d’émétine'; cependant en surVedlant attentivement le cœur, cette dose peut être ^ dépassée et atteindre 12 centigrammes comme l’a préconisée M. Chauffard. La qualité de l’émétine doit être rigoureusement surveillée.
Cette cure est très bien supportée par un adulte, ne présentant pas d’altération viscérale grave; il appartiendra au médecin d’en augmenter ou d’en diminuer l’intensité et la durée selon l’état de son malade ou le but qu’il poursuit.
Dans la crise dysentérique aiguë, les effets de l’émétine sont bien connus ; nous avons signalé ceux que donne le novarsénobenzol ; l’association des deux est encore plus remarquable sur la cessation des douleurs, la disparition du sang et de la diarrhée. Dès les premières injectio^ns de cette çure tous les phénomènes morbides disparaissent et l’appétit reparaît; il y a intérêt à alimenter aussi rapidement que possible un dyseiitérique et à augmenter sa résistance à l’amibe. Ces effets sont d autant plus nets que la maladie est plus récente ; dans certains cas anciens, les amibes sont devenus résistantes à tout médicament et nous envisagerons plus loin ce fait. La rapidité de l’action thérapeutique ne doit pas faire cesser le traitement; il doit être continué, alors môme que les symptômes morbides ont disparu : l’examen des selles montre, par la présence des kystes, que les parasites existent toujours; la prolongation systématique du traitement est la seule façon de les atteindre. Môme si l’examen des selles est négatif, nous savons par l’expéi’ience que, pour maintenir ces résultats, il faut avoir recours à des "curés d’entretien répétées systématiquement, à intervalles réguliers, pendant les premiers stades de l’affection. Si le retour des accidents ne les impose pas, elles doivent être reprises tous les deux ou trois mois en s’inspirant àe la formule
AMIIJIASk'.
précédente,-mais réduite dans ses proportions; tous les mois, par exemple, on pourrait pratiquer trois injections de novarsénobenzol et 9 piqûres d’émétine intercalées entre les premières. Ces cures d’entretien peuvent aussi plus simplement se faire par la voie buccale comme nous le verrons.
Dans les complicalions hépatiques de l'amibiase., la cure émétino-arsenicale peut rendre des services^très différents, selon la période à laquelle le diagnostic est posé.
S’il s’agit d’un gros abcès du foie, la guérison n’est généralement obtenue que par l’intervention chirurgicale; dans la suite l’émétine fait cesser plus rapidement la suppuration et son rôle thérapeutique est nettement établi. C’est à propos d’un abcès du foie ouvert dans les bronches, suivi de fistule bronchique avec suppuration abondante, que M. Chauffard ‘..montra pour la première fois en France les effets remarquables de ce médicament.
Quelquefois, l’opération a été évitée par l’évacuation par ponction et l’emploi de l’émétine injectée simultanément dans la cavité de l’abcès et sous la peau. Plusieurs observations ont été publiées par MM. Rouget, Dopter, Bauret Plisson, Carnot, etc. Les récidives sont assez fréquentes car chez deux malades traités par cette méthode, considérés comme guéris, nous avons dû recourir quelques mois après à.une intervention chirurgicale.
Cependant, dans certaines conditions, il est possible, si le diagnostié est précoce, d’obtenir par le seul traitement médical, la rétrocession de petits foyers locaux de suppuration hépatique. Il est assez délicat de fixer le moment où un abcès, reconnu par la ponction exploratrice, doit être traité chirurgicalement ou médicalement ; en dehors des signes cliniques permettant d’apprécier le mode d’intervention, l’état du pus peut donner des indications utiles. Déjà'M. Chauffard^ avait insisté sur l’aspect du pus