‹ Syphilis, paludisme, amibiaseChapitre 30 sur 54 · Chauffard. Loc. cil · texte numérisé non relu

Chauffard. Loc. cil

2. Chauffard. Abcès dyséntérique du foie avec vomiques successives. Traitement par ponctions évacuatrices et émétine. Société médicale des hôpitaux, 16 mai 1915.

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et montré qno la présence des j,dobules de gidisse était l’indice d’un abcès mort, alors que l étal Hémorragique est le signe typique de la présence d’amibes. Récemment, chez de nombrepx malades, nbus avons également déterminé par l’analyse du pus le stade évolutif de 1 abcès. En effet, tant que le pus est d’un rouge vif, de consistance pulpeuse, se coagulant rapidement en une masse caoutchoutée, tant qu’il contient des leucocytes bien conservés sans trace de dégénérescence graisseuse, il est possible d^obtenir la résorption de l’abcès parle traitement médical. Au contraire, la- présence d’éléments altérés, de globules srraisseux, de cristaux d’acides gras, l’absence d’amibes, Entrent qu’il ne faut pas différer l’intervention chirurgicale. En suivant cette règle nous avons saisi sur trois malades la phase médicale de trois petits abcès et obtenu leur rétrocession par le traitement purement medical; chez l’un deux l’abcès faisait saillie au creux épigastrique et nous avons assisté jour par jour à sa résorption'.

Mais l’amibiase hépatique n’aboutit pas toujours a la suppuration. Les congestions aiguës du foie au cours de la dysenterie amibienne sont bien connues; leur rétrocession est parfois extrêmement rapide sous 1 influence du traitement. D’autres fois, ces poussées hépatiques sont localisées et aboutissent à des délormations très limitées, formant des bosselures, aussi peut-on dire que le ioie amibien se présente souvent sous l’a'Spect dun véritable . foie bosselé - ». Nous venons d’en observer de nombreux cas et dans un mémoire prochain nous attirerons spécialement l’attention sur ces faits que nous voyons de plus en plus fréquemment en France. Chez ces malades dès eue s’est produite la métastase hépatique, la diarrhée s’atténue, puis les amibes et les kystes disparaissent des

1 P RaVaut et Fabaut. Abcès amibien du foie faisant saillie au Réunion de la Croix-Roiw^ Américaine Seance du 10 avril 1918.

selles, absolument comme, clans, la blennori-agie, le pus uréLral et .les gonocoques .cessent de se montrer dès que se forme l’orchite. De plus la ponction exploratrice étant négative, le diagnostic étiologique serait impossible, si le traitement, par la rapidité de sqn action, ne venait fournir la preuve de la nature amibienne de ces bosselures. Ces faits nous semblent assez fréquents pour qu’un traitement d’épreuve soit systématicjuement institué chez-tout analade présentant un point de côté net dans la région hépatique, de la déformation, du foie, une fièvre légère, même si la ponction exploratrice est négative, même çi le malade n’a jamais présenté de symptôme /dysentérique, et même si les selles ne renferment ni kystes ni amibes. D’ailleurs en présence d’une hépatite, c’est la règle de conduite suivie par certains médecins dans les pays 6ù l’amibiase est endémique et elle nous paraît aussi devoir s’imposer en France.

Si nous insistons sur ces complications hépatiques de l'amibiase, c’est pour montrer tout l’intérêt dn traitement médical chez des malades qui pourraient être destinés trop 'rapidement au chirurgien, alors que le traitement d’épreuve représente, dans quelques cas, l’élément le plus important du diagnostic. Dans ces conditions, le traitement mixte émétino-arsenical, tel que nous l’avons indiqué plus haut, nous a donné des résultats extrêmement rapides et précis : "aussitôt le point de côté disparaît, la bosselure s’e'fface ainsi que le montrent l’examen clinique et la radioscopie, la température tombe à la normale, l’appétit revient rapidement, le malade est'ti-ansformé; chez quelques-uns c’est une véritable résurrection. Nous ne saurions trop insister sur l’importance de ce traitement d’épreuve en pathologie hépatique, car il permet de rétablir en quelques jours l’état de malades dont l’affection a été méconnue et considérés souvent comme des , cachectiques ou des tuberculeux. Ces cas sont fréquents et nous venons d’en étudier plus de quinze en l’espace de trois mois.

De même enfin dans des formes subaiguës de Vamibiase

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iiilosLinale, ce l[■altement (loiiiiera do bon» rcsullais si la , maladie n’est pas trop ancienne, s’il n’y a pas d’infection secondaire, si les dégénérescences de l’intestin ou des glandes ' annexes du tube digestif ne sont pas trop accentuées. Souvent, il n’est pas possible par l’examen des selles de prouver la. nature amibienne du trouble intestinal et l’épreuve thérapeutique permet seule cette détermination. Si dans ce but l’on a recours au traitement émétino-arsenical le résultat ne se lait pas attendre longtemps : il suffit de ti'ois injections de novarsénobenzol et de 9 piqûres d'émétine intercalées pour constater l’amélioration ou l’insuccès. Enfin dans certaines formes subaiguës d’amibiase, surtout chez dés malades traités depuis longtemps, ces cures émétino-arsenicales par injections peuvent être inefficaces, c’est alors qu’il faut changer le mode d’administration . des médicanjents et recourir à la voie buccale.

2“ Traitement par la voie buccale. — C’est le traitement de choix dans certaines formes chi’oniques, et c’est le plus souvent le seul qui amène la disparition des kystes, qu’il s’agisse d’amibiens ou de porteurs sains. C’est un second mode thérapeutique à essayer chez ceux qui n’ont pas été améliorés par le traitement précédent. C’est enfin un moyen pratique dans les cures d’entretien qui sont nécessaires, lorsqu’un malade a été blanchi par une cure d’injections d’émétine et de novarsénobenzol.

Les, deux médicaments l'es plus actifs que nous possédions sont l’iodure doublé d’émétine et de bismuth, et le novarsénobenzol dont nous avons montré plus haut les effets lorsqu’ils sont employés isolément. Leur association ' n’en diminue pas l’activité, bien ad contraire, et a l’avantage d’en augmenter la tolérance : c’est ainsi que les troubles intestinaux, les nausées, la dépression que détermine l’iodure d’émétine sont compensés par Faction de l’arsenic ; enfin en les employant alternativement un jour sur deux la tolérance est bien plus grande.

ha meilleure combinaison nous 'paraît la suivante : un

jour ioilure d'éméline à la dose de 0 gr. 03 à 0 «t. 20 ; le lendemain notiarsénobeiy.sol aux mêmes doses; pids le troisième jour, reprise de l’iodure d'émétine et ainsi de suite pendant 12 jours. Bien entendu, ces médicaments seront donnes sous forme de capsules en gélatine formolée ou de comprimés enrobés dans du gluten ou un corps résistant au suc gastrique et ne se dissolvant que dans l’intestin. Malgré ces précautions, l’iodure d’émétine détermine souvent des nausées, des vomissements, de là diarrhée, empêchant l’usage de doses supérieures à 0 gr. Oo par jour. Si l’on ne peut se procurer ces médicaments, l’ibdure d émétine peut être remplacé par les pilules de Segond et le novarsénobenzol par des pilules d’atoxyl aux mêmes doses. Pendant très longtemps nous avons eu recours à cette association de pilules de Segond et d’Atoxyl, mais depuis l’emploi de l’iodure d’émétine et son association au novarsébobenzol, les résultats sont bien plus constants et bien meilleurs.

Dans les formes d’amibiase chronique ou chez les malades qui n’ont pas été améliorés par les injections, ce traitement peut donner, sous.forme de cures répétées tous les mois ou les deux mois, des résultats appréciables mais quelquefois lents à constater. Souvent le rôle de l’amibe doit être relégué au second plan, aussi les traitements spécifiques n’ont pas d’effet immédiat. Ou bien l’àniibe est devenue résistante aux médicaments, ou bien du fait de la chronicité de la maladie, des lésions multiples se sont créées entraînant à leur suite de la sclérose des dégénérescences des glandes du tube digestif ou’ des ^glandes annexes. Ces altérations, bien plus que l’amibe, entretiennent les troubles intestinaux; aussi ne faut-il pas s’acharner à appliquer un traitement antiamibien si l’on constate qu’il est inefficace; dans ces conditions, il ne fait que fatiguer le malade alors que le régime ’ et l’emploi des ferments digestifs sont beaucoup plus indiqués. Aussi le choix du mode d’alimentation, la surveillance du régime sont-ils’ beaucoup plus importants dans les formes chroniques que dans les formes aiguës.

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Chez les porteurs de kystes, celle cure par voie buccale donne d’excellents résullals. Le plus souvent, pne seule série suffit à les faire disparaître, quelquefois deux sont nécessaires. On sait que les traitements par la voie veineuse ou sous-cutanée -sont très actifs' sur les amibes, mais le sont beaucoup moins sur les kystes. Leur persistance montre qu’il reste encore des amibes dans l’épaisseur de la,paroi ou dans la lumière de l’intestin, aussi faut-il souvent compléter les eflets d’une cure par injections en les faisant suivre d’une série de traitement par la voie buccale. De même, chez les porteurs sains, c’est la meilleure façon de faire disparaître ces éléments. Ge qu’il serait important de déterminer chez tous ces semeurs de kystes, c’est la durée pendant laquelle disparaissent les parasites ; les nécessités de la guerre ne favorisent pas ces recherches de longue haleine. Cependant, chez un médecin qui ne fut traité qu’avec des capsules de novarsénobenzol et suivi pendant plus d’un an, les kystes disparurent pendant tout ce temps. Nous ne pouvons pas affirmer s’il en est ainsi dans tous les cas ; nous en doutons même,’ et seules des observations longtemps prolongées nous fixeront sur ces faits.

Enfin, comme traitement d’entretien, cette cure par voie buccale nous a été très utile. Je connais plusieurs malades, avec lesquels je suis en correspondance, qui sont très satisfaits de ce mode de traitement ; ils le pratiquent systématiquement tous les deux ou trois mois.

ni* — LES DYSENTERIES RÉSISTANTES AU TRAITEMENT

Il est de. règle que le traitement anti-amibien, institué dans de bonnes conditions, détermine très rapidement une amélioration considérable dans l’état du malade. Cependant, quelquefois, la thérapeutique est tenue en échec, et le malade conserve des selles glairo-sanglantes renfermant des amibes vivantes. Il s’agit de parasites qui sont deve-

amibiasi-:. ■

nus résistants aux médicaments^e|, nous cn a^s observé quelques cas ; l’émétine, aussi bien que l’arseiS, étaient devenus inefficaces. Presque toujours, il s’agit de malades qui ont été insuffisamment traités au début de leur maladie, qui, sans méthode, ont essayé tous les médicaments et chez lesquels même l’emploi de corps'nouveaux devient rapidement inefficace. Il ne faut donfe pas croire, du moins avec ceux que nous employons actuellement, qu’il y ait intérêt chez ces malades à n’user que d’une thérapeutique et à se réserver la seconde en cas d’insuccès de la première. Une amibe qui résiste à l’émétine deviendra très rapidement résistante à l’arsenic et inversement Nous pensons, au contraire, dans ces conditions, qu’il laut faire au malade des séries de cures mixtes émétinoarsenicales, aussi vigoureuses qu’il pourra les supporter, et les repéter autant qu’il sera nécessaire, sans que ni le malade ni le médecin ne perdent patience. Avec un dosage méthodique des médicaments, les accidents d’intolerance ne .sont pas à.craindre. Sans se laisser hypnotiser par 1 état des .selles, et'même par la persistance des amibes il faut, à tout prix, que le malade reprenne 1 appétit et augmente de poids; il doit être suivi et traité sans aucune défaillance. Parfois même, il y a intérêt à provoquer, par des purgations légères au sulfate de soude ou au calomel, de petites poussées d’entérite, au cours du traitement; il semble que, dana ces conditions, les amibes soient plus facilement vulnérables.

Dans quelques cas, ayant observé, au moment des métastases hépatiques, une diminution des troubles intestinaux, nous avons mis en pratique cette constatation en provoquant, chez un dysentérique dont les amibes étaient rebelles au traitement, un abcès de fixation : or pendant tout le temps qu’évolua l’abcès, le sang et les am’ibes disparurent des selles.

Ces faits nous prouvent, une fois de plus, la nécessité d’attaquer la maladie précocement, aussi activement que possible, jans laisser à l’aipibe le temps de s’installer dans l’intestin et d’y organiser sa résistance.

MÊDICA T ION S AD J U VA N TE .ÿ.

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